Migrants : le Pape, l’urgence et l’équilibre

L’éditorialiste de France catholique appuie l’appel du pape en faveur d’une assistance humanitaire et caritative, d’une urgence absolue, mais il faut garder la tête froide. Il est aussi urgent de savoir quels moyens nous prendrons pour rétablir l’équilibre autour de la Méditerranée.

[France catholique, Psychologiquement, la situation se tend en France et en Europe, devant ce que certains appellent « la déferlante migratoire ». Le pape François demande à toutes les paroisses et communautés catholiques d’accueillir chacune une famille, alors que le même jour à Marseille, Marine Le Pen se montre absolument intraitable. Il semble qu’une grande partie de l’opinion publique française soit du même avis, malgré diverses initiatives qui vont dans le sens de l’appel du Pape.

Il est probable que dans les jours qui viennent, les porte-parole des deux positions antagonistes vont continuer à s’opposer et il est prévisible qu’à l’occasion des élections régionales le ton va encore monter et que le problème de l’immigration dominera tous les autres dans les affrontements.

Tête froide

Il est quasiment impossible de parler d’un pareil sujet la tête froide. Certes, j’entends bien l’avertissement de cet excellent observateur qu’est le sociologue Jean-Pierre Le Goff, qui nous prie instamment de ne pas nous laisser prendre par une émotion qui bride la raison. Mais au-delà de l’image d’un petit garçon mort sur une plage qui a fait le tour de la Terre, il y a cette réalité incontestable de tout un peuple à la dérive.

J’ai affirmé ici à maintes reprises qu’il fallait secourir cette détresse d’urgence. Cela suppose donc des mesures d’accueil en proportion de la masse de ces pauvres gens qui nous tendent la main. Mais il serait irresponsable de ne pas penser sur le champ à la suite des événements.

La suite des événements

Ces réfugiés vont-ils s’installer durablement chez nous ? Est-ce souhaitable pour eux-mêmes et pour leurs pays d’origine ? Mgr Pascal Gollnisch, responsable de l’Œuvre d’Orient, est d’avis qu’il faut songer d’ores et déjà à leur réinstallation dans les pays d’origine, notamment en Syrie et en Irak. Mais on sait comment ils ont été chassés, du fait de la guerre impitoyable menée par Daesh. Ce retour suppose un renversement de situation encore problématique.

Les politiques comme les militaires hésitent devant la perspective d’intervenir directement au sol contre l’État islamique. Or c’est là que se trouve la source de l’énorme séisme humain auquel nous assistons. L’assistance humanitaire et caritative est d’une urgence absolue mais il est aussi urgent de savoir si nous aurons les moyens de rétablir l’équilibre de notre Mare Nostrum, notre chère Méditerranée.

 

Gérard Leclerc

 

 

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