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La nouvelle position de l’UMP qui rompt avec la tradition du Front républicain a suscité cette semaine de nombreuses réactions et commentaires. 

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« Pas question d'appeler à voter pour le Front national ni d'appeler à voter pour le candidat socialiste, qui fait alliance avec le Front de gauche », a lancé lundi le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, lors du bureau politique du parti lundi 11 juin. La nouvelle ligne de l’UMP est celle du ni-ni dans les circonscriptions où un candidat de gauche se retrouve seul en lice face à un candidat d'extrême droite. 

Une position légèrement différente de celle de Gérard longuet qui avait déclaré sur i. Télé : « le FN de Marine Le Pen n’est pas celui de son père ». Une manière d’ouvrir une porte qu’il a lui-même refermée sur Public Sénat : « Il n'y aura pas de dialogue avec le FN, ni maintenant, ni jamais et surtout pas entre les deux tours.», ou de Nadine Morano qui en appelle « aux électeurs du Front National qui partagent nos valeurs ». Déclaration qui lui a immédiatement valu les reproches d’Alain Juppé et de Pierre Lellouche : « Évitons de dire que nous avons les mêmes valeurs que le FN ».

Fin du Front républicain

La décision du bureau politique de l’UMP consacre donc la rupture avec la stratégie du Front républicain de l’ère chiraquienne. François Copé l’a justifié ainsi sur Europe I : "Quel est le sens d'appeler à voter pour le PS qui, lui, s'allie avec l'extrême gauche de Mélenchon ?".

Et selon Libération, il « demande à François Hollande comment il ne «rougit pas de honte» lorsqu’il envisage une «alliance scélérate» avec «le trotskiste» Jean-Luc Mélenchon, l’homme qui «préfère le drapeau rouge au drapeau tricolore», ne tient pas Castro pour un dictateur et «déroule le tapis rouge devant l’antisémite grec Mikis Théodorakis». Sur ce point, le patron de l’UMP promet qu’il ne «lâchera plus les socialistes». Au risque, avec ses diatribes contre Mélenchon le bolchevique, de désinhiber ceux qui sont tentés de «parler» avec Marine Le Pen. »

L’UMP a donc logiquement demandé  « formellement » à tous ses candidats en situation de se maintenir de le faire. La consigne semble respectée

Selon Libération, « Dans la 6e de Moselle, Pierre Lang (24,02%) qui n’a pas pu se maintenir dimanche dernier, ne se prononce pas dans le duel opposant Laurent Kalinowski (PS) en tête (37,45%) et le porte-parole du FN, Florian Philippot, (26,34%). «Je ne partage pas les idées du FN, sur l’euro ou la stigmatisation de certaines populations, et je m’oppose au programme trop laxiste du PS sur l’économie, l’immigration, la délinquance. Je laisse mes électeurs faire ce qu’ils veulent.» Idem pour l’UMP Sylvie Thomas-Jaminet, distancée par le PS et le FN dans la 8e de Moselle: «Je ne donne pas d’ordre à mes électeurs qui sont majeurs et vaccinés.» A Orange, dans la 4e du Vaucluse, où Jacques Bompard (ex-FN, Ligue du sud) talonne le socialiste d’1,5 point, Bénédicte Martin (UMP), éliminée, reste aussi neutre. «Dans notre département où on a un vote assez radical à droite, il faut être lisible. Donner une consigne perturberait certains de nos électeurs», avoue-t-elle. 

Le cas Roland Chassain

Mais il y a aussi les candidats de  l’UMP qui sont qualifiés en troisième position et sont tentés de se désister en faveur du candidat du FN pour barrer la route au PS. Ainsi, « dès lundi, Roland Chassain, qualifié dans la 16e circonscription des Bouches-du-Rhône, s'est retiré du second tour pour tenir sa "position" du "tous contre Michel Vauzelle" (PS), dont il espère qu'il sera battu par la candidate FN.
 Il pourrait être imité, dans la 2e circonscription du Gard, par le député UMP sortant Etienne Mourrut, qui "réfléchit encore" et annoncera sa décision mardi. Son retrait, "très probable" selon un proche, rendrait quasi-inéluctable la victoire de Gilbert Collard (FN) » rapporte Le Parisien (Ce qui ne sera pas finalement le cas pour Etienne Mourrut). Et le journal ajoute : « M. Copé a "condamné" le retrait de M. Chassain tout en accusant la presse d'en faire "une véritable vedette" en se "focalisant" sur sa circonscription. ». Il a même annoncé qu’il demanderait son exclusion de l’UMP… De son côté « Le PS a mis la pression sur l'UMP en demandant, lui, à sa candidate de se retirer dans la 3e du Vaucluse pour "faire barrage au FN", représenté par Marion Maréchal-Le Pen. Une décision dont M. Copé s'est contenté de prendre "bonne note". »

La réponse du FN

Quant à la réponse du FN, elle ne s’est pas fait attendre. Marine Le Pen a pris acte de la décision que Jean François Copé a imposée au bureau politique de l’UMP :« il a quand même fait des progrès en soutenant avec vigueur la consigne ni-ni qui n'est pas la liberté que nous donnons aux électeurs mais qui est moins pire, il faut bien le dire, que l'infect front républicain que nous avons subi depuis des décennies ».

Marine Le Pen ne donne donc pas de consigne de vote dans les circonscriptions où le FN est absent au deuxième tour, ce qui ne l’a pas empêchée de dresser selon le Figaro une liste de candidats à faire battre, quatre de droite, quatre de gauche  « À savoir trois candidats PS, un vert, et quatre candidats UMP, dont Nathalie Kosciusko-Morizet, en lice dans la 4ème circonscription de l'Essonne.
 
 Sont également dans le viseur du FN, Georges Tron (Essonne), Xavier Bertrand (Aisne), Manuel Aeschlimann (Hauts-de-Seine) à l'UMP, François Pupponi (Val-d'Oise), Jack Lang (Vosges) et Ségolène Neuville (Pyrénées-Orientales) au PS. Le candidat vert Slimane Tir (Nord) a également été nommé. » 

Rompre avec l’analyse idéologique

Sous la pression de sa base, la direction nationale de l’UMP a donc modifié sa position au grand dam du PS.

Pour le Nouvel Observateur, qui tente une explication,  « le ni-ni de Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, exprime le désarroi dans lequel se retrouve le chef face à des troupes qu’il ne contrôle plus vraiment. Dans la perspective d’une victoire nette de la gauche dimanche prochain, la tentative désespérée de maintenir un semblant d’unité ne peut se faire qu’au prix de concessions sur les valeurs républicaines dont se revendique encore le mouvement dit gaulliste. » 

Et l’hebdomadaire de gauche ,qui dénonce la stratégie de harcèlement menée par Jean Luc Mélenchon, ajoute : « L’enracinement du Front national dans la vie politique française n’est évidemment pas fortuit. L’existence d’un fort courant d’extrême droite refusant la révolution française, puis la République, existe au moins depuis le XIXe siècle et a pu trouver, en fonction des circonstances historiques, des débouchés politiques. C’est notamment le cas, depuis le milieu des années 1980, avec les succès électoraux du Front national. ».

Reste à savoir si le FN d’aujourd’hui est représentatif d’un courant maurassien et/ou vichyste  comme le prétendent la gauche et une partie de la droite. Il serait plus réaliste de reconnaître qu’un grand nombre de français originaires de la gauche comme de la droite ont des aspirations et des inquiétudes à propos de la crise, de l’immigration ou de la sécurité, voire de la famille ou de l’éducation qui n’ont rien à voir avec 1789 ou 1940 mais sont tout à fait d’aujourd’hui. Le FN leur apporte une réponse. La droite est partagée, la gauche ne veut pas les entendre. Pour de plus en plus de français la question des alliances entre l’UMP et le FN est secondaire et la notion de front républicain totalement creuse. En revanche on peut parier que ceux qui gouverneront la France dans cinq ans seront ceux qui auront entendus l’appel des français, à condition de ne pas les bonimenter comme ils ont compris que Nicolas Sarkozy  l’avait fait en 2007.