Robert Schuman

La déclaration du 9 mai 1950 est un moment fondateur de l’intégration politique et économique de l’Europe. Soixante deux ans après, retour sur une figure clé.

« D’où venait cette étonnante maîtrise qui demeure pour ceux qui l’ont connu un bel exemple d’achèvement humain ? » interroge François Mitterrand au sujet de « cet homme discret et bon qu’inspirait sa foi profonde », Robert Schuman. (1886-1963)

Le ciel dans la vie sociale                                                                                

Un ouvrage consacré à Robert Schuman est né à la suite d’une journée d’étude, le 20 novembre 2004  à Nancy. Elle s’intitule « Homme d’Etat, citoyen du ciel ». Les deux dimensions de cet homme qui a œuvré pour l’Europe sont prises en compte. L’Europe a, de ce fait, une responsabilité spirituelle. « Il faut qu’elle devienne aussi une sauvegarde pour tout ce qui fait la grandeur de notre civilisation chrétienne ; dignité de la personne humaine, liberté de l’initiative, individuelle et collective, épanouissement de toutes les énergies morales de nos peuples. »

Un homme d’Etat en phase avec ses contemporains

Tout au long de cet ouvrage sont évoqués les liens étroits qu’entretient Robert Schuman avec ses contemporains. Edouard Husson (enseignant à Paris IV et Sciences Po) décrit l’amitié de R. Schuman et de Konrad Adenauer. Ces hommes de la même génération « sont les artisans d’un renouveau moral de leur nation ». Il évoque de Gaulle qui « a toujours dit qu’il n’y aurait pas eu de réconciliation franco-allemande sans la main tendue par Schuman au nom de la France au printemps 1950. » R. Schuman « s’exprime aussi bien en allemand qu’en français » comme le souligne l’historien François Roth. En 1918, âgé de 32 ans, il devient Français. Son engagement politique est continu de 1919 à 1962.

Au service de l’Europe   

Dans son ouvrage intitulé Pour l’Europe, il consacre un chapitre à l’Europe comme « mise en œuvre d’une démocratie généralisée dans le sens chrétien du mot ». Selon François Roth, il entend participer à «  une mobilisation de l’action politique pour le bien de l’homme ». Les maîtres-mots demeurent : Solidarité- esprit de justice- fraternité. La politique européenne qu’il préconise « à base de solidarité et de confiance progressive ».

Le citoyen du ciel          

Guy Villaros, président de la commission théologique de la cause de béatification de Robert Schumann, loue « le rayonnement, l’attitude, le regard, la façon d’être » de celui qui adopte une « vision chrétienne de la personne humaine ». G. Villaros note ainsi la capacité de Robert Schuman à « aborder toute personne avec le respect et la dignité qui lui sont dus. » Son ancien collaborateur et conseiller d’Etat honoraire, Michel Massenet, n’hésite pas à évoquer, à deux reprises, « un homme traversé par Dieu ». Il fait allusion à son humour, auquel il attribue la note de 20/20 qui lui « servait à dissimuler ses vertus.

« Une action de parlementaire et de ministre au cœur d’une réflexion sur l’avenir de la construction européenne ». La conclusion revient à Edouard Husson. On retiendra que Robert Schuman est « un homme de conciliation, de paix, un homme enraciné dans l’expérience catholique qui est la sienne ». « Une réflexion théologique et intellectuelle » est assurément le moteur de sa réflexion politique. Avec « une prise au sérieux de ce qu’est la démocratie : un service du peuple assumé par certains », il redonne au mot DEMOCRATIE tout son sens politique.