Décryptage
Benoît XVI serait-il autiste ?
20 Mars 2009 |
Le déchaînement médiatique contre Benoît XVI a quelque chose d’indécent. Ce n’est pas la première fois et on l’avait déjà vu à propos du discours de Ratisbonne sur l’islam, où le Pape, à partir d’une citation ancienne, posait une vraie question sur le lien entre islam et raison. On vient ces jours-ci de franchir un nouveau palier.
Mais voici que la classe politique s’en mêle (y compris certains ministres, qui feraient mieux de s’occuper des affaires de la France). Alain Juppé en est un bon exemple : « Ce pape commence à poser un vrai problème. » Il dénonce une « contre-vérité » venant après la levée d’excommunication d’un évêque « apôtre du négationnisme » et « l’absence de charité extraordinaire » dans l’affaire de l’avortement d’une jeune brésilienne. Bref, M. Juppé a l’impression que le pape « est dans une situation d’autisme total ». Mon point de vue, c’est que c’est M. Juppé et de nombreux hommes politique qui sont autistes et ne savent pas écouter le pape.
Sur la levée de l’excommunication des quatre évêques de la Fraternité Saint-Pie X, tout a été dit dans la belle lettre du Pape aux évêques. Les quatre évêques avaient été excommuniés non pour leurs idées, mais pour avoir été ordonnés sans l’accord du pape. Leur supérieur a fait un pas vers l’Église et a demandé, pour entamer la discussion sur le fond (les questions de doctrine) que le Vatican fasse un geste en levant les excommunications, ce qu’a fait Benoît XVI. On n’en est qu’au début du processus. Ils n’ont aucune fonction au sein de l’Église pour l’instant. Le pape n’a en rien approuvé certaines de leurs idées en matière de doctrine et encore moins en matière politique ou historique, ce n’est pas le sujet. Il n’a donc pas levé l’excommunication « d’un évêque négationniste », mais de quatre évêques, parce que son rôle est d’éviter un schisme et d’être le gardien de l’unité. Pourquoi cette question des évêques est-elle si importante ? Parce qu’aucun schisme ne peut se développer et survivre durablement s’il n’y a pas d’évêques, puisque eux seuls peuvent ordonner prêtres et évêques. Il était donc essentiel de tout faire pour qu’ils reviennent vers l’Église. Cela n’a aucun rapport avec les propos abominables et surtout inexacts de Mgr Williamson.
Sur la question de la jeune brésilienne, d’abord elle n’a évidemment pas été excommuniée, comme on l’a dit partout, puisqu’elle est la victime innocente. Sa mère et les médecins l’ont été, a dit l’évêque du lieu, parce que l’avortement entraine une excommunication automatique, latae sententiae selon la formule du droit canon. Le pape n’a rien dit lui-même, seul un cardinal a rappelé la règle ; les évêques du Brésil ont désapprouvé. Il faut replacer cela dans le contexte de la pression énorme en faveur de l’avortement dans ce pays. Il n’en reste pas moins que le pape n’est en rien en cause dans cette affaire. On peut soutenir, comme l’a fait le président de l’Académie pontificale pour la vie, que la première chose à faire aurait été de soutenir cette pauvre enfant, innocente en tous points ; de condamner clairement le violeur ; et surtout de se taire : on ne fait pas un exemple, surtout dans une campagne d’opinion délicate en raison du forcing des pro-avortement, sur un cas extrême, qui appelle du silence ou des paroles d’amour et de compassion, plus qu’un rappel froid et sec de la règle, même si la règle doit être rappelée. Cet appel à la compassion a été repris par beaucoup et notamment par de nombreux évêques.
Désinformation
Sur la question du préservatif, la désinformation est à son comble. On croirait que le pape a dit « faites l’amour avec qui vous voulez, comme vous voulez, du moment que c’est sans préservatif, qui est le péché suprême ». Il a d’abord parlé avec amour des malades, soulignant la compassion nécessaire, l’action des organismes catholiques, et il en a d’ailleurs rencontré des responsables pendant son séjour. Il a même réclamé en Afrique la gratuité des soins pour cette maladie. L’Église est très présente dans la lutte contre le Sida. Il a ensuite rappelé quel était l’enseignement de l’Église. Tout le monde n’est pas obligé d’être d’accord, mais c’est la doctrine de l’Église. L’Église condamne le vagabondage sexuel et pense qu’un accent exclusif sur le préservatif favorise ce vagabondage, sans apporter une sécurité absolue. La sécurité absolue et la conception de l’Église de la sexualité passent par la monogamie, la fidélité, et sinon l’abstinence en dehors du mariage. C’est exigeant. Mais que voulez-vous qu’un pape dise d’autre ? Tout le monde n’approche pas cet idéal. Tout le monde ne partage pas la morale catholique. C’est un fait. Et si l’on n‘y est pas fidèle, mieux vaut en outre ne pas risquer ou donner la mort. Mais le discours qui consiste à dire, avec le préservatif tout est permis, est également faux, médicalement faux, car rien n’est sur à 100%, et moralement faux.
Tout ceci est compliqué, nuancé, délicat à expliquer. Cela ne se résume pas en trente secondes à la télévision. La conférence donnée par le pape dans l’avion comportait de très nombreuses questions, y compris sur la crise économique et les réponses de la prochaine encyclique sociale. On a préféré retenir la seule question du Sida et dans cette question la phrase sur le préservatif, écartant tout le reste. Le Pape n’avait pourtant fait que dire que la distribution systématique de préservatifs ne permet pas de dépasser le problème du Sida, mais peut l’aggraver, en donnant le sentiment que tout est possible, tout est permis.
La pensée de l’Église en général et de Benoit XVI en particulier est nuancée, complexe, riche. Elle ne se résume pas en deux ou trois slogans, reprenant des bouts de phrases sorties de leur contexte. Certes, personne n’est obligé d’être catholique ou d’avoir la foi et de partager les idées de l’Église. Mais tout le monde a un devoir d’honnêteté. Transformer le pape en bouc émissaire universel est une malhonnêteté. Prétendre l’opposer à Jean-Paul II est un mensonge. Quant aux catholiques, au lieu de crier avec les loups, ils feraient mieux de serrer les rangs et d’aider à faire connaitre l’extraordinaire richesse de ce grand pape.
*Jean-Yves Naudet est président de l’Association des économistes catholiques. Il ouvrira le colloque du 4 avril « L’Église et la crise : comment moraliser le capitalisme ? » , organisé avec la Fondation de Service politique (renseignements et inscriptions ici).
***
Commentaires (28)
vincent (20/03/2009):
Sur le fond, vous avez raison. Lorsqu'on prend le temps de lire la réponse de Ben16, il n'y a pas d'ambiguïté. Néanmoins, il serait temps que l'Eglise, notamment romaine, comprenne comment l'information est reprise dans les média et donc comment il faut s'adresser à eux (et à travers eux, au monde) pour que le message puisse être audible.
etienne (20/03/2009):
quoiqu'on dise quoiqu'on fasse de toute façon la désinformation fonctionne à plein régime, le moment de grâce au moment de la visite en France ne pouvait pas durer. Ce pape si bon si humble est une offense à l'esprit du monde.
Le pape est là pour dire les choses il doit les expliquer et ne s'en prive pas, le problème ne vient pas de lui mais véritablement d'un certain nombre de média, de journalistes malhonnètes toujours prêts à tirer sur le pape.
La russie sovietique étatit friande de ces procés truqués nous sommes dans une forme différentes dans le même mensonge.
Notre seul ^mission, expliquer aux gens de bonne volonté non informés, prier bcp pour ce pape que les loups voudraient bien dévorer.
Le pape est là pour dire les choses il doit les expliquer et ne s'en prive pas, le problème ne vient pas de lui mais véritablement d'un certain nombre de média, de journalistes malhonnètes toujours prêts à tirer sur le pape.
La russie sovietique étatit friande de ces procés truqués nous sommes dans une forme différentes dans le même mensonge.
Notre seul ^mission, expliquer aux gens de bonne volonté non informés, prier bcp pour ce pape que les loups voudraient bien dévorer.
Régis Gaignault (20/03/2009):
Merci à Jean-Yves Naudet d’écrire : « Si l’on n‘y est pas fidèle, mieux vaut en outre ne pas risquer ou donner la mort. »
C’est cela que l’on n’entend pas assez dans le discours de l’Eglise sur le préservatif, et il me semble qu’une grande partie du scandale vient de là.
Comme le dit Vincent, il y a un sujet autour de la façon de communiquer, de s’adresser au monde.
Le vagabondage et le préservatif étant l’un et l’autre condamnés par la doctrine, beaucoup concluent qu’un rapport illicite et « protégé » constitue une double faute aux yeux de l’Eglise.
Peut-être faut-il juste oser dire à ceux qui sortent de l’épure de la chasteté : certes nous pensons que votre mode de vie n’est pas le meilleur pour vous, mais il vous regarde. En revanche, par pitié, n’ajoutez pas le crime à la faute, s’il y a un risque dans votre relation, le préservatif est un moindre mal.
Il me paraît possible d’articuler un discours :
1. Rappelant l’idéal d’une sexualité pleinement humanisée, fondée sur l’amour et la fidélité, qui constitue de façon incidente un très bon rempart contre les MST.
2. Appelant à la promotion des actions et politiques favorisant les comportements répondant à cet idéal.
3. Invitant ceux qui s’écartent de cet idéal (ce qui est leur droit, même si on peut le regretter) à avoir au minimum un comportement responsable, au besoin en recourant au pis-aller du préservatif.
Est-ce si « compliqué, nuancé, délicat à expliquer » ?
C’est cela que l’on n’entend pas assez dans le discours de l’Eglise sur le préservatif, et il me semble qu’une grande partie du scandale vient de là.
Comme le dit Vincent, il y a un sujet autour de la façon de communiquer, de s’adresser au monde.
Le vagabondage et le préservatif étant l’un et l’autre condamnés par la doctrine, beaucoup concluent qu’un rapport illicite et « protégé » constitue une double faute aux yeux de l’Eglise.
Peut-être faut-il juste oser dire à ceux qui sortent de l’épure de la chasteté : certes nous pensons que votre mode de vie n’est pas le meilleur pour vous, mais il vous regarde. En revanche, par pitié, n’ajoutez pas le crime à la faute, s’il y a un risque dans votre relation, le préservatif est un moindre mal.
Il me paraît possible d’articuler un discours :
1. Rappelant l’idéal d’une sexualité pleinement humanisée, fondée sur l’amour et la fidélité, qui constitue de façon incidente un très bon rempart contre les MST.
2. Appelant à la promotion des actions et politiques favorisant les comportements répondant à cet idéal.
3. Invitant ceux qui s’écartent de cet idéal (ce qui est leur droit, même si on peut le regretter) à avoir au minimum un comportement responsable, au besoin en recourant au pis-aller du préservatif.
Est-ce si « compliqué, nuancé, délicat à expliquer » ?
Jacques Coppin (20/03/2009):
Les paroles simples, humbles et totalement vraies de notre papa Benoit XVI font se dévoiler la réalité des coeurs et des convictions .
Après la phase de brouillage, voire de lynchage médiatique, une phase de véritable approfondissement s'est engagé avec les interlocuteurs vraiment respectueux et désireux de dialogue en profondeur : ce fut le cas avec les musulmans après le discours de Ratisbonne, avec les juifs après l'affaire williamson, c'est aujourd'hui le cas avec les Africains en plein accord avec Benoit XVI sur le sida (lesquels africains montrent ainsi aux occidentaux un magnifique exemple de dignité morale).
Sur le fond, il me semble que plus la Vérité du Salut en Jésus proclamée sans détours par le Saint Père ouvre les coeurs et les intelligences des hommes de bonne volonté, plus le prince du mensonge et de la division, satan, tente avec violence, grâce aux faiblesses et aux passions des hommes, de s'opposer à cette proclamation et son écoute.
Prions ,pour nous aussi , nous Tenir fermes au côté du successeur de St Pierre.
Merci à Yves Naudet pour son article .
Après la phase de brouillage, voire de lynchage médiatique, une phase de véritable approfondissement s'est engagé avec les interlocuteurs vraiment respectueux et désireux de dialogue en profondeur : ce fut le cas avec les musulmans après le discours de Ratisbonne, avec les juifs après l'affaire williamson, c'est aujourd'hui le cas avec les Africains en plein accord avec Benoit XVI sur le sida (lesquels africains montrent ainsi aux occidentaux un magnifique exemple de dignité morale).
Sur le fond, il me semble que plus la Vérité du Salut en Jésus proclamée sans détours par le Saint Père ouvre les coeurs et les intelligences des hommes de bonne volonté, plus le prince du mensonge et de la division, satan, tente avec violence, grâce aux faiblesses et aux passions des hommes, de s'opposer à cette proclamation et son écoute.
Prions ,pour nous aussi , nous Tenir fermes au côté du successeur de St Pierre.
Merci à Yves Naudet pour son article .
beatrice (21/03/2009):
@Regis Gaignault
Votre vision des choses est compréhensible et sûrement perçue de la même façon par plein de bons catholiques emplis des meilleurs sentiments. Mais, il faut se garder d'être naïf. Nous avons, en face de nous, le Mensonge. Nous pourrions toujours trouver les contre-arguments pleins de raison raisonnable, pleins de prise en compte de la mentalité ambiante, et des façons les plus astucieuses de la contrer en présentant les choses de la manière la plus audible, ça ne sert pas à grand-chose. Pour avoir pratiqué professionellement le monde médiatique, je sais que ça ne sert strictement à rien. Quand on veut vous clouer au piloris, on vous cloue, quoique vous puissiez dire. Regardez simplement l'histoire de Jésus-Christ. On pourrait toujours arguer qu'au lieu de se taire quand Pilate lui posait ses questions, il aurait mieux fait de s'expliquer : "ouais, euh, en fait, moi, je parle du Royaume des Cieux... tout ça..." Il ne l'a pas fait. ça donne à penser. A la maison, j'ai trois jeunes adultes, mes enfants. Tout à fait dans le siècle, tout à fait perméables (plus ou moins selon les caractères) aux idées développées par les médias français. La mentalité "canal plus", comme je l'appelle, ils commencent à prendre du recul par rapport à elle, mais, ce ne sont pas des piliers de sacristie, ils resssemblent bien à la jeunesse d'aujourd'hui. Le seul rempart face à ce qui se dit, pour moi, c'est :
1) la prière pour que mes enfants ne soient pas les victimes de la désinformation (du Menteur)
2) les explications que je peux leur donner pour leur donner une lecture "autre" des évênements
3) la cohérence de ma vie, en accord avec ma foi : super-stimulus pour ne pas être une occasion pour eux de tomber avec les autres. C'est mon amour pour eux, mon envie qu'ils suivent les bonnes recettes de l'Eglise pour atteindre le bonheur, qui m'obligent à être d'une certaine façon exemplaire, (et modeste aussi ), autant que le secours de l'Esprit Saint et mes forces me le permettent (bon, c'est vrai, pas super-top-efficace, j'ai de nombreuses occasions de me présenter à la confession)... La conscience de mes faiblesses personnelles me rend dubitative sur l'efficacité de ce troisièmement. Pourtant l'enseignement de l'Eglise me dit que c'est justement par mes actes que mon action serait la plus efficace. Alors j'essaie de ne pas me décourager.
Mais en tous cas, je ne compte pas sur une super-efficacité de la maîtrise de la communication, de la part des ministres de l'Eglise, pour atteindre mon but.
Votre vision des choses est compréhensible et sûrement perçue de la même façon par plein de bons catholiques emplis des meilleurs sentiments. Mais, il faut se garder d'être naïf. Nous avons, en face de nous, le Mensonge. Nous pourrions toujours trouver les contre-arguments pleins de raison raisonnable, pleins de prise en compte de la mentalité ambiante, et des façons les plus astucieuses de la contrer en présentant les choses de la manière la plus audible, ça ne sert pas à grand-chose. Pour avoir pratiqué professionellement le monde médiatique, je sais que ça ne sert strictement à rien. Quand on veut vous clouer au piloris, on vous cloue, quoique vous puissiez dire. Regardez simplement l'histoire de Jésus-Christ. On pourrait toujours arguer qu'au lieu de se taire quand Pilate lui posait ses questions, il aurait mieux fait de s'expliquer : "ouais, euh, en fait, moi, je parle du Royaume des Cieux... tout ça..." Il ne l'a pas fait. ça donne à penser. A la maison, j'ai trois jeunes adultes, mes enfants. Tout à fait dans le siècle, tout à fait perméables (plus ou moins selon les caractères) aux idées développées par les médias français. La mentalité "canal plus", comme je l'appelle, ils commencent à prendre du recul par rapport à elle, mais, ce ne sont pas des piliers de sacristie, ils resssemblent bien à la jeunesse d'aujourd'hui. Le seul rempart face à ce qui se dit, pour moi, c'est :
1) la prière pour que mes enfants ne soient pas les victimes de la désinformation (du Menteur)
2) les explications que je peux leur donner pour leur donner une lecture "autre" des évênements
3) la cohérence de ma vie, en accord avec ma foi : super-stimulus pour ne pas être une occasion pour eux de tomber avec les autres. C'est mon amour pour eux, mon envie qu'ils suivent les bonnes recettes de l'Eglise pour atteindre le bonheur, qui m'obligent à être d'une certaine façon exemplaire, (et modeste aussi ), autant que le secours de l'Esprit Saint et mes forces me le permettent (bon, c'est vrai, pas super-top-efficace, j'ai de nombreuses occasions de me présenter à la confession)... La conscience de mes faiblesses personnelles me rend dubitative sur l'efficacité de ce troisièmement. Pourtant l'enseignement de l'Eglise me dit que c'est justement par mes actes que mon action serait la plus efficace. Alors j'essaie de ne pas me décourager.
Mais en tous cas, je ne compte pas sur une super-efficacité de la maîtrise de la communication, de la part des ministres de l'Eglise, pour atteindre mon but.
Bernard (21/03/2009):
Ceque vous dites est très intéressant. Quant à l'incompréhension des hommes politiques elle est déconcertante. Si le gouvernement de notre pays est vraiment de droite, il n'a rien à voir avec la droite traditionnelle. Lorsque Madame FERRARI ademandé à Monsieur FILLION sur TFI ce qu'il pensait des déclarations du Pape, ce dernier à répondu en substance :"C'est un théologien ce n'est pas un réaliste". Je m'inscris en faux contre cela : notre Premier Ministre n'a rien compris au christianisme : le ministère de Pierre est une netreprise concrète, profondément humaine. cette tâche n'a rein à voir avec des spéculations. Il faut qu'il relise le Nouveau Testament.
Rémi Perrin (21/03/2009):
Je souscris complètement au commentaire de Régis Gaignault. Et je pense que le propos de Jean-Yves Naudet aurait plus de poids s'il reconnaissait ne serait-ce qu'une erreur de communication de la part de Benoît XVI. Pour la première fois, un pape parlait explicitement du préservatif. Un discours construit aurait mieux valu que quelques mots, immédiatement exploités, comme il fallait s'y attendre, par les medias.
Je reconnais les richesses apportées par Benoît XVI. Je garde en mémoire son voyage bienfaisant en France. Je veux bien serrer les rangs. Mais que Dieu me garde d'être papolâtre.
Je reconnais les richesses apportées par Benoît XVI. Je garde en mémoire son voyage bienfaisant en France. Je veux bien serrer les rangs. Mais que Dieu me garde d'être papolâtre.
Laurence (21/03/2009):
Y'en a marre du politiquement correct ! Merci pour votre analyse ! Comment se fait-il que le commun des mortels ne réfléchisse pas un peu et fonde toutes leurs idées sur le diktat des médias !
Nicole (21/03/2009):
Tous les médias, toutes les caisses de résonances a l'oeuvre dans les attaques contre le catholicisme, car c'est bien de cela qu'il s'agit, sont aux mains de lobbys qui ont intérêt à démolir le Saint Père. N'étant ni catholiques, ni croyants, que peut leur faire les exigences de la religion catholique, ce n'est pas leur problème.
Mais que des catholiques hurlent avec les loups, alors là c'est vraiment un comble. Il serait temps de reprendre les Evangiles pour la plupart de ces catholiques et de relire les paroles du Christ.
Prions pour le Saint Père, qui a besoin de notre soutien et de nos prières.
La vertu capitale de prudence s'impose avant de lire certains journaux ou d'écouter la télévision.
Mais que des catholiques hurlent avec les loups, alors là c'est vraiment un comble. Il serait temps de reprendre les Evangiles pour la plupart de ces catholiques et de relire les paroles du Christ.
Prions pour le Saint Père, qui a besoin de notre soutien et de nos prières.
La vertu capitale de prudence s'impose avant de lire certains journaux ou d'écouter la télévision.
lesgalon (21/03/2009):
Tout à fait d'accord sur le contenu de votre article. Ceci dit je me pose une question (et je n'ai pas de réponse): l'Eglise ne devrait-elle pas apprendre à communiquer dans ce monde hyper médiatique. Sans rien céder sur le fond, n'existe-t-il pas d'autres manières de formuler une position pour prévenir ce que nous voyons depuis plusieurs semaines ?
(Quant à M. Juppé, homme intelligent sans aucun doute, qu'est ce qui lui prend ? Encore une question sans réponse)
(Quant à M. Juppé, homme intelligent sans aucun doute, qu'est ce qui lui prend ? Encore une question sans réponse)
LJ (21/03/2009):
La réponse de Vincent concernant le manque de finesse dans la parole du Vatican vis-à-vis des médias, ce qui ferait que les paroles du Pape soient toujours mal interprétées, rate un point fondamental : le problème ne réside pas dans un problème de communication du Vatican, quand bien même il existerait, mais dans une volonté claire et voulue de très nombreux journalistes de par le monde de déformer sciamment les propos du Pape. Eux mêmes comprennent très bien les propos du Pape et des évêques mais n'ont aucune envie de les retranscrire mot pour mot dans leurs articles. Cela obligeraient le français lambda (mais aussi le citoyen du monde lambda) à lire les propos en entier et il en viendrait alors à réfléchir et se dire que tout n'est pas idiot dans ces propos. Je crois fermement que nous assistons à une réelle politique de déformer les propos de l'Eglise par les médias. Ne pas voir cela c'est se voiler la face. Que reste-t-il à faire ? En effet cela ne changera pas du jour au lendemain... Prier il me semble.
carré claude (22/03/2009):
Je pense que c'est effectivement plus "compliqué et délicat à expliquer" que ne le pense notre ami !
D'abord, c'est ce que fait et dit le plus souvent l'Eglise sur le terrain, devant les cas de détresse quotidiens auxquels elle se trouve confrontée en Afrique ou ailleurs. Chacun dans son rôle et à sa place, le Pape, les évêques, les prêtres, les laïcs de la santé ou ou non. Ils sont tous l'Eglise !
Mais ce n'est pas si simple. Car si le discours du Pape peut être mal compris, le discours que nous propose ce lecteur peut l'être tout autant, voire détouné intentionnellement ou non.
Quand un prêtre médiatique déclare: "je distribue des préservatifs à mes loubards", que cela soit vrai ou faux, il sait que cela sera traduit, et pas uniquement dans les médias, par: "Untel est pour le présevatif" ! C'est donc cela LA solution et que le Pape a tort !
Le "pape autiste". On veut sans doute lui reprocher de trop rester "droit dans ses bottes" ? Une histoire de "paille et de poutre" peut-être !
D'abord, c'est ce que fait et dit le plus souvent l'Eglise sur le terrain, devant les cas de détresse quotidiens auxquels elle se trouve confrontée en Afrique ou ailleurs. Chacun dans son rôle et à sa place, le Pape, les évêques, les prêtres, les laïcs de la santé ou ou non. Ils sont tous l'Eglise !
Mais ce n'est pas si simple. Car si le discours du Pape peut être mal compris, le discours que nous propose ce lecteur peut l'être tout autant, voire détouné intentionnellement ou non.
Quand un prêtre médiatique déclare: "je distribue des préservatifs à mes loubards", que cela soit vrai ou faux, il sait que cela sera traduit, et pas uniquement dans les médias, par: "Untel est pour le présevatif" ! C'est donc cela LA solution et que le Pape a tort !
Le "pape autiste". On veut sans doute lui reprocher de trop rester "droit dans ses bottes" ? Une histoire de "paille et de poutre" peut-être !
PERICLES (22/03/2009):
Mr Vincent, le Pape devrait-il, au nom de l'efficacité, remplacer la bonne parole par la communication, les slogans et la propagande ? La forme est-elle plus ou aussi importante que le fond ? Ne serait-ce pas vendre son âmes à la modernité, destructrice de toute spiritualité ? Ne serait-ce pas reconnaître que les moyens (manipulations, mauvaise fois, partie pris, mensonges...) utilisé par les médias sont légitimes ? Le Pape fait "un pari" sur l'intelligence et sur le cœur de l'homme, et donc sur sa divinité, au lieu de sombrer dans l'illusion matérialiste si chère au monde moderne (si but=efficacité et homme=animal donc moyen le plus approprié=conditionnement=communication/propagande/manipulation...) .
Ces évènements peuvent sembler anecdotiques mais il sont pourtant essentiels pour l'avenir du Christianisme : c'est la parfaite illustration du mythe de Faust !
Jésus aurait-il dû adoucir et adapter son propos pour complaire aux pharisiens, et rendre plus efficace son message ? D'ailleurs recherchait-il l'efficacité ?
Ces évènements peuvent sembler anecdotiques mais il sont pourtant essentiels pour l'avenir du Christianisme : c'est la parfaite illustration du mythe de Faust !
Jésus aurait-il dû adoucir et adapter son propos pour complaire aux pharisiens, et rendre plus efficace son message ? D'ailleurs recherchait-il l'efficacité ?
henri faucon (22/03/2009):
Un grand merci pour cette analyse très pertinente. Il appartient à chaque catholique de ne pas se montrer lâche, de savoir s'engager et de défendre la pensée claire et juste de notre pape. Commençons à le faire auprès de ceux qui nous entourent. La solidité de la foi -car c'est bien de cela qu'il s'agit- rassure, le manque de courage déstabilise. "N'ayons pas peur!"
Jean-Louis Couvreur (23/03/2009):
Tout à fait d'accord avec ces propos de Mr Naudet. Il y a une sorte de surenchère de la provocation de la part de presse, qui cherche d'abord à vendre plutôt qu'à informer. Quant aux hommes politiques, ils s'empressent (à quelques trop rares exceptions près) d'hurler avec les loups en pensant toujours aux prochaines élections.
Aristote (23/03/2009):
Peut-être que les deux sont vrais. "La communication du Vatican est loin d'être ce qu'elle pourrait être sans trahir le moins du monde le message" ET "même si le Vatican faisait des progrès en communication, le monde ferait tout pour déformer ce message."
Cela n'enlève rien à la responsabilité du Vatican de travailler un peu sa façon de communiquer.
Cela dit, ce n'est pas au Pape de s'étendre sur la casuistique du moindre mal, le C de ABC, c'est aux pasteurs de terrain de le faire.
Cela n'enlève rien à la responsabilité du Vatican de travailler un peu sa façon de communiquer.
Cela dit, ce n'est pas au Pape de s'étendre sur la casuistique du moindre mal, le C de ABC, c'est aux pasteurs de terrain de le faire.
Henry de Danne (23/03/2009):
Je partage totalement votre analyse.
Je ne comprends pas pourquoi vos (nos) positions ne sont pas publiquement exprimées par les représentants de l'Eglise de France, seul pays où la haine de Benoit XVI s'exprime.
J'ajoute à votre analyse, que ces attaques quelque peu démoniaques (peut-on le dire ?) ont sans doute aussi pour objectif subliminal de faire payer à Sarkozy son discours du Latran.
Je ne comprends pas pourquoi vos (nos) positions ne sont pas publiquement exprimées par les représentants de l'Eglise de France, seul pays où la haine de Benoit XVI s'exprime.
J'ajoute à votre analyse, que ces attaques quelque peu démoniaques (peut-on le dire ?) ont sans doute aussi pour objectif subliminal de faire payer à Sarkozy son discours du Latran.
PERICLES (23/03/2009):
Peut-être avez-vous raison Aristote, mais mon intuition me dit que lorsque l'on désire dîner avec le Diable, il vaut mieux se munir d'une longue cuillère !
Damien (24/03/2009):
merci pour cet article, merci au Saint Pere pour sa franchise, de toute facon "les chiens aboient la caravane passe". Quand aux histoires de communication même si le Vatican peut faire des progres dans le domaine, à l'instar de chaque chretien, le Christ qui n'etait pas "si mauvais en terme de com" s'est pourtant fait lyncher...De toute facon il n'y a qu'en France (qui se croit au centre de l'univers) que cette affaire de capote fait autant de bruit ( j'habite en Amerique centrale où les propos du Pape n'ont guère suscité de polemique, France seul pays où nos ediles et nos pseudos intellos participent au lynchage de nos valeurs defendues mollement par des pseudos cathos. Serrons les rangs !
Sébastien D. (24/03/2009):
Deux courtes remarques sur ces délicates "affaires".
_La première, notre tâche en ce monde n'est pas d'annoncer la morale de l'Eglise mais la Bonne Nouvelle du Salut. C'est quand on a rencontré le Christ qu'on s'approche de la "morale" de l'Eglise. Sans le Christ, notre morale est incompréhensible. Ne dépensons donc pas d'énergie à travailler "à l'envers". D'abord le Christ !
_La seconde pour noter que ce sont bien les médias français qui se déchaînent (les propos du pape ne sont pas rapportés de la même façon partout). Coïncidences (?) c'est aussi en France (uniquement) que naissent les plus belles divisions au sein de l'Eglise (Marcel Lefebvre ou la Fédération du Scoutisme dit "Européen").
NE SOMMES-NOUS PAS, PAR NOS QUERELLES "ENTRE CATHOLIQUES", LES PREMIERS RESPONSABLES DE L'ATTITUDE DES MEDIAS FRANCAIS ?
Qu'est-ce qu'un journaliste peut entendre du pape ? Sa formation le fait rechercher des images donc il va voir le catholique le plus "visible" (soit pour son blouson en cuir, soit pour la soutane noire). S'il veut voir "un scout", il cherche soit le plus débraillé des Scouts de France soit le chech le plus blanc des scouts d'Europe. Et qu'entend-il à chaque fois ? Dire du mal des autres catholiques.
Soyons "Un" pour que le monde croit ou encore "c'est à l'amour que vous aurez les uns pour les autres, etc..."
Une résolution de carême ?
Pour "défendre" la position du pape sur le préservatif aujourd'hui, je fais un geste : j'apprends à aimer mes frères dans la foi. Ainsi se réalisera la prière du Christ et son "message" passera mieux.
Simpliste ma vision ?
_La première, notre tâche en ce monde n'est pas d'annoncer la morale de l'Eglise mais la Bonne Nouvelle du Salut. C'est quand on a rencontré le Christ qu'on s'approche de la "morale" de l'Eglise. Sans le Christ, notre morale est incompréhensible. Ne dépensons donc pas d'énergie à travailler "à l'envers". D'abord le Christ !
_La seconde pour noter que ce sont bien les médias français qui se déchaînent (les propos du pape ne sont pas rapportés de la même façon partout). Coïncidences (?) c'est aussi en France (uniquement) que naissent les plus belles divisions au sein de l'Eglise (Marcel Lefebvre ou la Fédération du Scoutisme dit "Européen").
NE SOMMES-NOUS PAS, PAR NOS QUERELLES "ENTRE CATHOLIQUES", LES PREMIERS RESPONSABLES DE L'ATTITUDE DES MEDIAS FRANCAIS ?
Qu'est-ce qu'un journaliste peut entendre du pape ? Sa formation le fait rechercher des images donc il va voir le catholique le plus "visible" (soit pour son blouson en cuir, soit pour la soutane noire). S'il veut voir "un scout", il cherche soit le plus débraillé des Scouts de France soit le chech le plus blanc des scouts d'Europe. Et qu'entend-il à chaque fois ? Dire du mal des autres catholiques.
Soyons "Un" pour que le monde croit ou encore "c'est à l'amour que vous aurez les uns pour les autres, etc..."
Une résolution de carême ?
Pour "défendre" la position du pape sur le préservatif aujourd'hui, je fais un geste : j'apprends à aimer mes frères dans la foi. Ainsi se réalisera la prière du Christ et son "message" passera mieux.
Simpliste ma vision ?
crevant (24/03/2009):
Hier soir encore, après une journée passablement lourde, un diner qui devait être léger et amical a tourné comme suit : "vous avez pas envie de vous débaptiser?"
L'auteur est médecin, de bonne volonté, dit essayer de suivre le message de l'Eglise (sans toutefois faire l'effort de se renseigner). Et nous (jeunes mariés) en "face" sommés de répondre de l'Eglise. J'ai à cette occasion touché du doigt mes limites sur le fond comme sur la forme. Je trouve sur ce site des ressources précieuses pour nourrir ma réflexion. Néanmoins, ce défi d'évangélisation ou ad minima de compréhension globale des enjeux et de la doctrine est trop lourd seul. En outre, il n'est pas facile de ne rien céder ni sur la vérité ni sur la charité dans cet exercice. Ce matin, je vous confie ma tristesse d'avoir échoué et plaide pour la constitution dans nos paroisses de cellule de veille ou que sais-je. Peut-être que ce contexte a ceci de positif qu'il oblige chacun à s'extraire de sa propre médiocrité. Enfin, je souscris totalement à ce que vient d'exprimer Sébastien.
L'auteur est médecin, de bonne volonté, dit essayer de suivre le message de l'Eglise (sans toutefois faire l'effort de se renseigner). Et nous (jeunes mariés) en "face" sommés de répondre de l'Eglise. J'ai à cette occasion touché du doigt mes limites sur le fond comme sur la forme. Je trouve sur ce site des ressources précieuses pour nourrir ma réflexion. Néanmoins, ce défi d'évangélisation ou ad minima de compréhension globale des enjeux et de la doctrine est trop lourd seul. En outre, il n'est pas facile de ne rien céder ni sur la vérité ni sur la charité dans cet exercice. Ce matin, je vous confie ma tristesse d'avoir échoué et plaide pour la constitution dans nos paroisses de cellule de veille ou que sais-je. Peut-être que ce contexte a ceci de positif qu'il oblige chacun à s'extraire de sa propre médiocrité. Enfin, je souscris totalement à ce que vient d'exprimer Sébastien.
Jacky BROUSSEAU (24/03/2009):
Mille mercis à votre site pour la clarté des articles et leur pertinence
Régis Gaignault (24/03/2009):
@ béatrice.
La façon de communiquer fait partie du témoignage que nous donnons au monde et que nous lui devons. Le fait d’avoir en face de nous des adversaires acharnés, parfois malhonnêtes, et une foule d’indifférents n’est pas une raison suffisante pour renoncer à présenter le mieux possible ce qu’implique notre foi, à en faire entrevoir la richesse, la valeur, la justesse aux hommes qui examinent sincèrement les choses selon la lumière naturelle.
Le dialogue entre foi et raison n’est pas une option, mais une nécessité interne de notre religion. Nous devons le conduire en nous sans concession et le traduire à l’extérieur, « pour le salut du monde ». [1]
Certes, le fonctionnement des médias fait de cette exigence une gageure, puisque l’analyse et le débat d’idées y sont relégués (de plus en plus) à l’arrière-plan, au bénéfice de l’image et de l’émotion. Il est d’autant plus indispensable de tenir compte des attentes et des réactions prévisibles des principaux canaux qui « font » l’information, à savoir les télés, internet et les agences de presse. Si l’on ne réussit pas à passer les meilleurs messages, ce n’est pas toujours à cause de la perversité ou de l’incompétence des journalistes. Ce peut être aussi parce qu’on n’a pas mis en œuvre les techniques qui auraient permis d’éviter tel piège, ou qu’on ne s’est pas assez préparé.
Dans un monde d’une complexité inédite, où le besoin de sens et de clarté se fait plus fort que jamais, la communication peut s’envisager, au choix, comme un outil précieux ou juste comme une arme aux mains de nos adversaires. Et la vision que l’on a du sujet n’est pas sans conséquences.
Pour autant, ce qui compte surtout, et là je vous rejoins entièrement, ce sont nos vies elles-mêmes. Votre message empreint de bonté m’a touché. Merci, et pardon de cette réponse tardive.
[1] « Sans le Christ, notre morale est incompréhensible », écrit Sébastien ci-dessus. Son affirmation implique un « dualisme » contestable. Ce qui est vrai au plan humain ne l’est pas moins au plan spirituel, et réciproquement. La morale théologique et la morale philosophique convergent. Il n’y a pas d’hétérogénéité radicale entre la nature et la surnature. L’éclairage de la raison et la lumière de la foi, loin de s’opposer, se conjuguent pour montrer le chemin aux hommes. Partir de la personne du Christ, bien sûr… mais en faisant pleinement droit à la raison. Ou l’on s’égare.
La façon de communiquer fait partie du témoignage que nous donnons au monde et que nous lui devons. Le fait d’avoir en face de nous des adversaires acharnés, parfois malhonnêtes, et une foule d’indifférents n’est pas une raison suffisante pour renoncer à présenter le mieux possible ce qu’implique notre foi, à en faire entrevoir la richesse, la valeur, la justesse aux hommes qui examinent sincèrement les choses selon la lumière naturelle.
Le dialogue entre foi et raison n’est pas une option, mais une nécessité interne de notre religion. Nous devons le conduire en nous sans concession et le traduire à l’extérieur, « pour le salut du monde ». [1]
Certes, le fonctionnement des médias fait de cette exigence une gageure, puisque l’analyse et le débat d’idées y sont relégués (de plus en plus) à l’arrière-plan, au bénéfice de l’image et de l’émotion. Il est d’autant plus indispensable de tenir compte des attentes et des réactions prévisibles des principaux canaux qui « font » l’information, à savoir les télés, internet et les agences de presse. Si l’on ne réussit pas à passer les meilleurs messages, ce n’est pas toujours à cause de la perversité ou de l’incompétence des journalistes. Ce peut être aussi parce qu’on n’a pas mis en œuvre les techniques qui auraient permis d’éviter tel piège, ou qu’on ne s’est pas assez préparé.
Dans un monde d’une complexité inédite, où le besoin de sens et de clarté se fait plus fort que jamais, la communication peut s’envisager, au choix, comme un outil précieux ou juste comme une arme aux mains de nos adversaires. Et la vision que l’on a du sujet n’est pas sans conséquences.
Pour autant, ce qui compte surtout, et là je vous rejoins entièrement, ce sont nos vies elles-mêmes. Votre message empreint de bonté m’a touché. Merci, et pardon de cette réponse tardive.
[1] « Sans le Christ, notre morale est incompréhensible », écrit Sébastien ci-dessus. Son affirmation implique un « dualisme » contestable. Ce qui est vrai au plan humain ne l’est pas moins au plan spirituel, et réciproquement. La morale théologique et la morale philosophique convergent. Il n’y a pas d’hétérogénéité radicale entre la nature et la surnature. L’éclairage de la raison et la lumière de la foi, loin de s’opposer, se conjuguent pour montrer le chemin aux hommes. Partir de la personne du Christ, bien sûr… mais en faisant pleinement droit à la raison. Ou l’on s’égare.
Laurent (27/03/2009):
Heureux les persécutés pour la justice.
la Parole de Jésus n'est pas ironique, et il faut aussi se réjouir de la persécution médiatique dont notre Pape, et à travers lui toute l'Eglise, fait l'objet.
Cette réaction si violente révèle en contrepoint la détresse de nos contemporains et leur secrète envie d'avoir une parole aussi libre. Prions surtout.
la Parole de Jésus n'est pas ironique, et il faut aussi se réjouir de la persécution médiatique dont notre Pape, et à travers lui toute l'Eglise, fait l'objet.
Cette réaction si violente révèle en contrepoint la détresse de nos contemporains et leur secrète envie d'avoir une parole aussi libre. Prions surtout.




Cette phrase résume toute ma pensée, et toute votre recherche sur l'information la plus juste est un bien très précieux.