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| Décryptage |
| 07 déc. |
Actualité
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Le Fil de la semaine
Fondation de Service politique
La laïcité-vérité selon le cardinal Vingt-Trois ; Nicolas Sarkozy s’attaque au jour du Seigneur ; Téléthon, la conscience des cathos à l’épreuve ; USA : le jeu très ouvert des présidentielles… voici le “Décryptage” express de la semaine qui vient de s’écouler par la Fondation de Service politique.
 Semaine précédente |
FRANCE
ONG : sortir de la logique relativiste
■ Le 1er décembre le pape a reçu les participants au Forum des Organisations non gouvernementales (ONG) d'inspiration catholique réunies à Rome pour chercher les moyens de mieux coopérer, en étroite relation avec le Saint-Siège, et en association avec les Nations-unies. Selon le service d’information du Vatican (VIS), le pape s’est félicité du travail réalisé par les ONG catholiques, mais a déploré les conséquences du relativisme moral qui a cours dans les relations internationales : « Les discussions internationales semblent souvent marquées par une logique relativiste qui considérerait comme unique garantie d'une cohabitation pacifique entre les peuples, le refus d'admettre la vérité sur l'homme et sa dignité, tout en refusant la possibilité d'une éthique basée sur la reconnaissance de la loi naturelle morale. » Et le pape déplore « les fruits amers de cette logique relativiste », en particulier « la tentation de considérer comme des droits de l'homme les conséquences de certaines formes de vie égocentriques, l'absence d'intérêts pour les nécessités économiques ou sociales des nations les plus pauvres, la non considération des lois humanitaires et une défense sélective des droits de l'homme ».
Il souhaite que « la doctrine sociale de l'Église soit mieux connue et acceptée », et encouragé les ONG catholiques à « combattre le relativisme par la présentation des grandes vérités sur la dignité innée de l'homme et des droits qui en découlent et qui permettra ensuite de mettre en pratique des initiatives spécifiques caractérisées par un esprit de solidarité et de liberté » : « Ce qui est nécessaire c'est un esprit de solidarité qui permet de considérer ces principes éthiques comme un tout, qui par leur nature même et par leur rôle comme base de la vie sociale, restent non négociables. Un esprit de solidarité... qui conduit à une meilleure appréciation des d'initiatives des autres et un plus grand désir de coopérer avec eux. »
Il faut collaborer avec tous, a conclu le Saint-Père, « dans un authentique esprit de liberté... qui soutiendra les initiatives des membres des organisations non gouvernementales à créer une ample gamme de nouvelles approches et solutions concernant les affaires temporelles que Dieu a laissé au libre arbitre de tout individus. Quand le légitime pluralisme et la diversité sont vécus dans la solidarité, ils ne conduisent pas à la division et la mésentente mais à une majeure efficacité ». T.B.
Indulgence plénière pour le jubilé de Lourdes
■ Le 5 décembre, le Saint-Siège a publié le décret accordant une indulgence plénière à l’occasion de l’année jubilaire. Il est signé du cardinal James Francis Stafford, Grand Pénitencier, et de Mgr Gianfranco Girotti, régent de la Pénitencerie apostolique.Voici le texte intégral de ce décret :
« La commémoration de la révélation que la Sainte Vierge fit à Bernadette Soubirous qu'elle était l'Immaculée Conception et de sa volonté de voir bâti un sanctuaire au lieudit Massabielle, permet d'évoquer les innombrables prodiges dus à la bonté de Dieu au bénéfice de la vie des âmes et de la santé des corps. En vénérant la Vierge Marie là où elle posa les pieds, les fidèles s'alimentent aux sacrements, s'engagent à conduire une vie chrétienne plus fidèle, perçoivent mieux le sens de l'Église... L'enchaînement dans le temps d'évènements merveilleux permet de percevoir la double action de Marie et de l'Église.
C'est en 1854 que fut proclamé le dogme de l'Immaculée Conception de Marie et en 1858 qu'elle manifesta sa douceur maternelle à Bernadette, à laquelle elle se présenta par la formule dogmatique même : “Je suis l'Immaculée Conception.”
Afin que ce jubilé porte des fruits de sainteté abondants, Benoît XVI a décidé d'accorder l'indulgence plénière aux fidèles aux conditions habituelles de la repentance, de la confession, de la communion et de la prière aux intentions du Pape. En voici les modalités :
A — À partir du 8 décembre 2007 et jusqu'au 8 décembre 2008 compris, visite spirituelle selon un ordre préférentiel : 1/ fonts paroissiaux de Lourdes où Bernadette fut baptisée, 2/ maison Soubirous dit le Cachot, 3/ la grotte de Massabielle, 4/ la chapelle de l'hospice où elle fit sa première communion. À chaque fois, un moment de recueillement et de méditation conclu par le Pater, la Profession de foi, la prière jubilaire ou une autre prière mariale.
B — À partir du 2 février 2008 et jusqu'au 11 février suivant, fête liturgique de Notre-Dame de Lourdes et 150e anniversaire de l'apparition, visite spirituelle de toute église, chapelle ou oratoire consacré à l'Immaculée : exercice de dévotion mariale devant son image ou recueillement et médiation aux mêmes conditions que A.
En cas de maladie ou d'empêchement légitime de quitter sa résidence, le fidèle pourrait obtenir l'indulgence plénière sur place après un acte de contrition et un engagement à accomplir dès que possible les conditions habituelles entre le 2 et le 11 février : visite spirituelle des lieux indiqués, récitation des prières et offrande de leurs souffrances à Dieu par l'intercession de Marie. »
La Bible à prix discount
■ La Bible fait un tabac en supermarché. Réforme révèle que la société biblique de Genève a décidé de vendre la bible à 1,5 € dans les supermarchés. Colère chez les éditeurs catholiques et protestants. Auchan en a commandé 11 000, Leclerc 650. Sophie de Ravinel a recueilli les explications du patron de la Société biblique de Genève, Jean-Pierre Bezin, dans le Figaro : « En diffusant dans les supermarchés nous cherchons l’achat instinctif. »
Pour le directeur des éditions catholiques du Cerf, « cette Société biblique de Genève est fondamentaliste… Ce sont des dissidents des sociétés bibliques protestantes internationales et ils veulent déstabiliser tout un marché… C’est du n’importe quoi commercial pour faire triompher des idées d’intégristes…» Mais cela n’empêche pas le réseau de la Procure de la vendre et à La Croix et Famille Chrétienne d’en faire la publicité.
Du côté des éditeurs protestants, on n’est guère plus satisfaits. Bernard Coyault, directeur de l’Alliance biblique française, avoue à Sophie de Ravinel que « vendre la Bible à 1,50 €, c’est sous-estimer le travail intellectuel qui se trouve derrière les traductions », et « c’est faire de la Bible un produit de grande consommation ». Question : la Parole de Dieu est-elle faite pour demeurer sous le boisseau ? T.B.
La laïcité-vérité selon le cardinal Vingt-Trois
■ À l’occasion du consistoire du 24 novembre, au cours duquel il a été élevé à la dignité cardinalice, Mgr André Vingt-Trois s’est adressé à Mme Michèle Alliot-Marie, représentant le gouvernement, pour lui faire part de sa conception de la laïcité. Dans les salons de la Villa Bonaparte, le nouveau cardinal a répondu aux voeux du ministre de l’Intérieur et des cultes, en se félicitant de l’évolution du climat des relations entre l’État français et l’Église.
L’archevêque de Paris observe une meilleure prise en compte du fait religieux dans la vie sociale, et de la part prise par le catholicisme dans la naissance de notre civilisation. Finement, il a montré qu’une saine laïcité ne pouvait se concevoir comme une forme de neutralité, tout « hypocrite » — de part et d’autre. « On peut se réjouir que la laïcité ne se réduise plus chez nous à une interdiction des références religieuses. Nous reconnaissons de plus en plus que la richesse de la vie sociale ne s’accommode pas des mesures destinées à refouler dans le secret ou l’intimité de la vie privée l’expression des convictions de foi. Celles-ci, en effet, fondent largement nos moyens de vivre en paix dans la société. S’il arrive que des mesures soient nécessaires contre des groupes fanatiques ou sectaires, nous ne devons jamais oublier que le meilleur antidote à l’aliénation des libertés n’est pas d’interdire les croyances et leurs expressions, mais de soutenir et d’encourager celles et ceux qui conjuguent heureusement la foi et la raison, l’adhésion convaincue et le dialogue. Mais pour le cardinal, « le respect de la liberté de conscience ne doit pas aboutir à une sorte de double jeu hypocrite selon lequel l’expression des différentes religions serait censurée au nom de la neutralité de l’État laïc alors que licence serait laissée au contraire à l’expression de toute conception de la vie de l’homme, quel que soit son contenu, pourvu qu’elle ne soit pas confessionnelle ».
Le cardinal a achevé son discours en appelant les catholiques à s’investir « dans l’enseignement public et privé, dans les moyens d’information, dans les manifestations de la vie sociale, pour que le fait religieux soit mieux pris en compte selon sa vérité et non selon une unanimité de façade réduisant toute différence à un plus petit dénominateur commun. » P.S.-G.
FRANCE
Nicolas Sarkozy s’attaque au jour du Seigneur
■ En annonçant, dans son entretien télévisé du 29 novembre 2007, que « les salariés pourront travailler le dimanche sur la base du volontariat et seront payés le double ce jour-là », le président Nicolas Sarkozy a élargi dangereusement une brèche dans l’un des fondements de notre civilisation judéo-chrétienne. L’Église a toujours défendu le repos dominical, dont la mise en cause est une trahison d’un des piliers de l’enseignement de la Bible. Celle-ci serait une atteinte à Dieu lui-même, et aux hommes.
Citons tout d’abord le troisième commandement du Décalogue : « Tu respecteras le Jour du Seigneur », commun aux juifs et aux chrétiens (cf. Exode 20, 8-10). Traduction du Catéchisme de l'Église catholique (n. 2180) : « Le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les fidèles sont tenus par l'obligation de participer à la Messe.» Ce précepte signifie que les fidèles doivent s'abstenir de se livrer à des travaux ou à des activités qui empêchent le culte rendu à Dieu, la vie de famille, la pratique des œuvres de miséricorde et la détente convenable de l'esprit et du corps (cf. CEC, n. 2184-2187).
Mais la remise en cause du caractère sacré du dimanche n’est pas seulement une atteinte contre le Créateur. C’est aussi une atteinte contre le prochain :- Elle exposerait insidieusement les citoyens de notre pays — en particulier les plus exposés : les pauvres, les immigrés, les mères de famille et les jeunes — à enfreindre les Commandements de Dieu et de l'Église en promettant une récompense matérielle substantielle — le doublement du salaire journalier — ce qui aurait pour conséquence de les détourner de l'obligation que leur dicterait leur conscience.
- Elle accentuerait aussi l'injustice sociale en s'attaquant à l'une des grandes conquêtes du mouvement ouvrier. Il s'agit d'un droit essentiel, l'un des plus anciens reconnu par la législation du travail. Elle fragiliserait la famille, fondement de la société — et donc les personnes qui la composent — déjà si éprouvée.
- Enfin, elle remettrait en cause le droit à la liberté religieuse et de conscience (CEC, n. 2188), que le Parlement européen a lui-même précisément reconnu : « En adoptant une résolution commune des groupes PSE, PPE, UPE, GUE/NGL et Verts sur le travail du dimanche, le Parlement européen invite les Etats membres et les partenaires sociaux à reconnaître le caractère spécial du dimanche comme jour de repos et réaffirme le droit des travailleurs à un repos hebdomadaire » (Résolution du 12 décembre 1996).
Faire valoir la « laïcité » à l'encontre de ces observations est un argument qui ne tient pas. Au lendemain de la déclaration du président de la République, Benoît XVI promulguait l'encyclique Spe Salvi (nn. 16-23), dans laquelle il rappelle, à propos des concepts de « raison » et de « liberté », que la vraie laïcité est celle qui respecte les droits de la personne humaine dans toute sa dignité. Au contraire, le « laïcisme » est une doctrine qui, conjuguée au rationalisme et au libéralisme philosophique, livre les droits humains à l'arbitraire. P.S.-G.
Vincent Humbert : réponses à quelques questions
■ Les révélations d’Hervé Messager sur les circonstances de la mort de Vincent Humbert ont donné lieu à des attaques insidieuses, parfois très violentes, pour tenter de discréditer son témoignage. Certaines précisions s’imposent, en réponses à des questions légitimes.- Pourquoi ce témoignage seulement maintenant ? Hervé Messager a écrit dès la mort de Vincent dans Le Réveil de Berck : il a publié deux tribunes dont l’une est reprise dans le témoignage complet qu’il a donné sur le site
Sosfindevie.org, puis, un an après dans La Croix. Il a voulu parler à nouveau avant le téléfilm mensonger diffusé par TF1. L’AFP l’a toujours censuré, de même que les « contre-témoins » de cette affaire.
- Le kiné a-t-il été empêché de parler au moment des faits et du procès ? Il a parlé mais n’a pas été entendu. Il n’a pas été interrogé par la police. Il n’y a pas eu procès mais « non lieu ».
- Ce témoignage est isolé, donc fragile. N’y avait-il pas d’autres employés de l’hôpital en contact avec Vincent, pourquoi le silence des autres ? D’autres membres du personnel soignant ont témoigné (deux médecins, une ergothérapeute) mais ils se sont avoué écœurés par les par la mauvaise foi des parties prenantes, et l’hypocrisie de nombreux médias, au point de ne plus vouloir parler à la presse. Seul le Dr Dauzé a continué à s’exprimer ; il a soutenu à nouveau publiquement Hervé Messager cette semaine.
Vraiment, la mort de Vincent n’était pas une fatalité… P.S.-G.
Téléthon : la conscience des cathos à l’épreuve
■ Pour de nombreux observateurs, la controverse de 2006 sur l’emploi des fonds recueillis par le Téléthon, a porté ses fruits. Mais chez beaucoup, la conscience est encore troublée, avec ou sans remords, comme le révèle une enquête de La Croix. D’ores et déjà, « le ton a changé », a noté Jean-Yves Nau, le chroniqueur médical du Monde. Pour le professeur Jacques Testard, qui critique pourtant la position de l’Église, « rien ne sera plus comme avant ». Chez les catholiques, justement, même remarque. Dans l’édition du jour de La Croix, l’homme par qui le scandale est arrivé se félicite. Voici ce que déclare Pierre-Olivier Arduin, responsable de la commission bioéthique du diocèse de Toulon : « Pour nous, l’impact est très positif. C’est un réveil des consciences. Notre but n’était pas de faire baisser les dons du Téléthon, mais d’alerter les consciences sur des problèmes très graves. Les autorités morales de l’Église se sont emparées du sujet, des personnalités politiques et éthiques ont commencé à s’exprimer sur la question. » Le quotidien a enquêté : des chrétiens ont pris conscience du danger. Christophe Creusat, président des AFC de la Meuse et médecin, explique : « Au début, je trouvais cette idée de collecte nationale intéressante, très généreuse, et on a acheté des bougies. Mais parce qu’on a commencé à parler de tri des individus sur leurs gènes, je n’ai pas envoyé de chèque. En tant que médecin, je ne pourrais pas accompagner mes malades myopathes ou trisomiques tout en ayant donné de l’argent pour qu’ils ne soient pas là. Je donnerais au Téléthon si cette organisation s’engageait dans une charte à ne pas affecter cet argent dans le sens que je désapprouve. » Le responsable du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) à Nantes, René Ridel, estime lui non plus ne pas pouvoir soutenir les moyens mis en œuvre par l’AFM : « L’Évangile dit “Quand tu fais l’aumône, fais le discrètement”, souligne ce militant catholique. Avec le Téléthon, on est plutôt dans le pain et les jeux.» Par souci de « cohérence », ses dons iront au Secours catholique.
En revanche, l’enquête du journal catholique met en évidence (sans prendre position) la confusion relativiste qui imprègne les esprits. Sous l’autorité de la commission « Éthique et Foi » du diocèse, telle école de la Somme est « sortie du dilemme » en partageant ses dons entre le Téléthon et la Fondation-Lejeune. « Maintenant on y voit beaucoup plus clair », explique sans rire le diacre responsable de la commission.
Chez d’autres, on est « contre l’eugénisme », mais on « ne focalise pas sur la question des embryons ». Et certains mouvements catholiques n’ont pas d’états d’âme. Les Scouts et Guides de France, partenaires historiques du Téléthon, rempilent cette année comme un seul homme. « On a envie d’être fidèles », explique-t-on à Montpellier : « S’il doit avoir lieu, le débat doit être mené “ailleurs”, avec les parlementaires. »
Quant à Mgr Jean-Charles Descubes, archevêque de Rouen et président du Conseil des affaires familiales et sociales, il appelle au respect de la liberté de conscience des catholiques, mais sans donner d’éclairage particulier. Que pense-t-il du fléchage des dons, que l’AFM refuse catégoriquement ? « Je me suis rendu compte que c’était plus complexe que je ne le pensais. Même si cela ne veut pas dire que nous ne reposerons pas la question. » Il a noté que l’AFM, dont il a rencontré les dirigeants, était prête à « poursuivre l’échange ». P.S.-G.
Source : La Croix, 7 décembre 2007
Pour réagir à cette note, rendez-vous sur notre blog objectiondeconscience-telethon.hautetfort.com
INTERNATIONAL
Paris-Alger : tout est dans les symboles
■ Le président de la République a effectué un voyage difficile en Algérie, du 3 au 5 décembre. Il était attendu sur la question de la repentance française que réclame une partie de la classe politique algérienne. Nicolas Sarkozy l’avait dit : « Il faut en finir avec la mode exécrable de la repentance. » Elle s’identifie selon lui à la « détestation de la France et de son histoire »…
Alors pourquoi a-t-il déclaré lors de sa première visite en Algérie que le système colonial français en Algérie avait été « profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République : liberté, égalité, fraternité » ? Est-ce comme il l’a dit, pour « refermer les blessures des deux côtés » et « rapprocher notre lecture de l'histoire et réconcilier nos mémoires » ? Est-ce pour flatter l’opinion d’un côté ou de l’autre de la Méditerranée ?
Sur la nécessité ou non d’une repentance, il ne faudrait pas oublier que quelles que soient les fautes des Français, ils sont arrivés dans un pays en friche, et pour une part aux mains de pillards. Ils ont laissé aux Algériens un État moderne. Sans la France, l’Algérie d’aujourd’hui n’existerait pas. L’accoucheur n’a peut-être pas été très bon, mais l’enfant est en vie. Les Algériens pourraient le reconnaître, cela n’a rien d’humiliant. Après tout les États-Unis ont commencé de la même manière, comme une colonie. Ce qui explique pour partie la sympathie des Américains avec les mouvements de décolonisation des années cinquante et soixante, parfois sans discernement. T.B.
USA : le jeu très ouvert des présidentielles
■ La campagne pour l’élection américaine a démarré. Les candidats cherchent à capitaliser sur le ressentiment à l’égard de Bush et de son administration. Mais il ne faut pas s’y tromper, Hillary Clinton n’est pas encore élue. Les médias français sont plus attentifs aux candidats qui critiquent le président Bush qu’aux bataillons populaires qui le soutiennent encore. Les thèmes qui vont déterminer la campagne ne sont pas fixés. Les questions sur l’assurance maladie et l’immigration seront certainement au menu de la campagne.
Quels seront les critères qui détermineront le vote chrétien ? Il est encore difficile de le dire. Ce vote chrétien n’est plus démocrate. Du côté républicain, l’ancien maire de New York Giuliani est un catholique multi-divorcé, favorable au mariage gay et à l’avortement ; Romney est un mormon individualiste.
Les derniers sondages donnent, depuis deux semaines, Hillary Clinton battue contre tous les candidats républicains et Huckabee en tête chez les conservateurs.
Ancien gouverneur de l’Arkansas, ce pasteur (baptiste) est un des plus farouches militants pro-vie : « Ma foi est ma vie, elle me définit ; ma foi n’influence pas ma décision, elle les conduit. Je pense que la décision prise par la Cour suprême lors de Roe vs Wade doit être inversé (over turn) » (cf. www.mikehuckabee.com et le Monde du 3 décembre).
Il demande un amendement constitutionnel qui définit le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme. « Comme Président, je me battrai pour faire passer cet amendement. » Il est favorable au maintien des troupes américaines en Irak : « Donner un délai pour se retirer d’Irak est une erreur. La fin de la guerre ne se détermine pas par un délai mais par la victoire. » Il prétend que « les islamistes radicaux fascistes ont déclaré la guerre a notre pays et à notre manière de vivre ».
Pour le candidat à la Maison blanche, la guerre contre la terreur doit être menée avec une pugnacité hard, mais avec « finesse, utilisant toutes nos armes politiques, économiques, diplomatiques et d’espionnage autant que notre puissance militaire… La solution à long terme est de donner le pouvoir aux modérés de la région en s’attaquant aux conditions sous-jacentes qui nourrissent la terreur…Gagner la guerre contre la terreur passe en partie par l’indépendance énergétique. » Cette dernière phrase n’est pas neutre. Les États-Unis sont de plus en plus résolus à sortir du cycle pétrolier. T.B.
Pour en savoir plus :
■ Sur ce sujet, voir sur le blog de Libertépolitique.com notre “Décryptage” de la note des évêques américains sur les critères de vote, qui vient de paraître libertepolitique.hautetfort.com
Thierry Boutet,
Philippe de Saint-Germain
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