 |
La newsletter Décryptage
Inscrivez-vous ici pour recevoir gratuitement notre lettre d'information hebdomadaire |
La revue Liberté politique
Revue trimestrielle, N°41 : Eté 2008 Guide politique de BIOETHIQUE Dossier : La Chine et la démocratie |
Dossiers
Autres dossiers |
Archives
Toutes les archives de Décryptage, la revue politique, les colloques ... |
Espace librairie
Notre sélection du mois
Daniel Ange, L'Univers, un chef d'oeuvre à aimer, Ed. des Béatitudes, 2008, 250 p., 13 €,
|
Drogue-Danger-Débat
Le site le plus documenté du d�at sur la drogue et les d�endances |
G��ation-Benoît XVI.com
Tout savoir sur la pens� de Joseph Ratzinger et l'enseignement de Benoît XVI |
|
| Décryptage |
| 13 juillet |
Actualité
|
Le FIL de la semaine
par la Fondation de Service politique
Qu'est-ce qu'une Eglise, et qu'est-ce que l'Eglise catholique selon Vatican-II ? Les clarifications du Saint-Siège dans une note de la Congrégation de la doctrine de la foi... c'est le point chaud de l’actualité cette semaine, par l’équipe de la Fondation de Service politique en ligne.
 Semaine précédente |
SPECIAL ŒCUMENISME
« Éviter les interprétations erronées et réductrices »
■ Le 10 juillet, la Congrégation pour la doctrine de la foi a publié un document signé du cardinal William Levada et approuvé, le 29 juin, par Benoît XVI. Intitulé Réponses à des questions concernant certains aspects de la doctrine sur l’Église, il apporte des réponses courtes et précises. Le document est destiné selon Mgr Angelo Amato, secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, « à éviter les interprétations erronées et réductrices... de l’enseignement de Vatican II sur la nature de l’Église ». Il comprend cinq questions.
À la première question : « Le concile œcuménique Vatican II a-t-il changé la doctrine antérieure sur l’Église ? », la doctrine de la foi rappelle, en citant Jean XXIII que « le concile n’a pas voulu changer et n’a de fait pas changé la doctrine en question, mais a bien plutôt entendu la développer, la formuler de manière plus adéquate et en approfondir l’intelligence... ». Une position qui n’a rien que de très classique.
Ce sont les réponses aux questions 2 et 3 qui sont probablement les plus importantes.
« Seule l’Église du Christ “subsiste” dans l’Église du Christ »
Seconde question : « Comment doit être comprise l’affirmation selon laquelle l’Église du Christ subsiste dans l’Église catholique ? » La réponse est un commentaire d’un passage de la constitution dogmatique Lumen gentium du concile Vatican II et une exégèse du terme « subsiste ». L’Église, selon le concile, est en effet « l’unique Église du Christ que, dans le Symbole, nous reconnaissons comme une, sainte, catholique et apostolique, [et] que notre Sauveur, après sa résurrection remit à Pierre pour qu’il la paisse (Jn 21, 17). C’est elle que le même Pierre et les autres Apôtres furent chargés par lui de répandre et de guider (cf. MI 28, 18 sq), elle enfin qu’il établit pour toujours “colonne et soutien de la vérité” (I Tim. 3, 15). Cette Église, constituée et organisée en ce monde comme une communauté, subsiste dans (subsistit in) l’Église catholique, gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques en communion avec lui, encore que, hors de cet ensemble, on trouve plusieurs éléments de sanctification et de vérité qui, en tant que dons propres à l’Église du Christ, invitent à l’unité catholique » (n. 8). » Voici, sur ce point la fin de la réponse de la Congrégation pour la doctrine de la foi : « Dans le numéro 8 de la constitution dogmatique Lumen gentium, “subsister” signifie la perpétuelle continuité historique et la permanence de tous les éléments institués par le Christ dans l’Église catholique, dans laquelle on trouve concrètement l’Église du Christ sur cette terre.
Selon la doctrine catholique, s’il est correct d’affirmer que l’Église du Christ est présente et agissante dans les Églises et les communautés ecclésiales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l’Église catholique, grâce aux éléments de sanctification et de vérité qu’on y trouve, le verbe “subsister” ne peut être exclusivement attribué qu’à la seule Église catholique, étant donné qu’il se réfère à la note d’unité professée dans les symboles de la foi (“Je crois en l’Église, une”) ; et cette Église une “subsiste” dans l’Église catholique. » Une réaffirmation qui ne plaît pas à eux qui voudrait que l’Église ne soit qu’une forme ecclésiale parmi d’autres.
La question trois est plus précise encore : « Pourquoi utilise-t-on l’expression “subsiste dans”, et non pas tout simplement le verbe “est” ? » La réponse concerne principalement les églises séparées. La voici dans son intégralité : « L’usage de cette expression, qui indique la pleine identité de l’Église du Christ avec l’Église catholique, ne change en rien la doctrine sur l’Église, mais a pour raison d’être de signifier plus clairement qu’en dehors de ses structures, on trouve “de nombreux éléments de sanctification et de vérité”, “qui, appartenant proprement par don de Dieu à l’Église du Christ, appellent par eux-mêmes l’unité catholique”.
En conséquence, ces Églises et communautés séparées, bien que nous les croyions victimes de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. L’Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d’elles comme de moyens de salut dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Église catholique. » Réponses aux orthodoxes et aux protestants
La quatrième question applique la doctrine qui précède au cas des Églises orthodoxes : « Pourquoi le concile œcuménique Vatican II attribue-t-il le nom "d’Église" aux Églises orientales séparées de la pleine communion avec l’Église catholique ? »
Voici la réponse dans son intégralité :
« Le Concile a voulu assumer l’usage traditionnel de ce nom. "Puisque ces Églises, bien que séparées, ont de vrais sacrements, surtout en vertu de la succession apostolique : le Sacerdoce et l’Eucharistie, qui les unissent intimement à nous", elles méritent le titre d’" Églises particulières et locales ", et sont appelées Églises sœurs des Églises particulières catholiques.
Ainsi donc, par la célébration de l’Eucharistie du Seigneur en chaque Église particulière, l’Église de Dieu s’édifie et grandit. "Cependant, étant donné que la communion avec l’Église catholique, dont le Chef visible est l’Évêque de Rome et Successeur de Pierre, n’est pas un complément extérieur à l’Église particulière, mais un de ses principes constitutifs internes, la condition d’Église particulière dont jouissent ces vénérables Communautés chrétiennes souffre d’une déficience
Par ailleurs, la plénitude de la catholicité propre à l’Église, gouvernée par le Successeur de Pierre et les Évêques en communion avec lui, est entravée dans sa pleine réalisation historique par la division des chrétiens »
La réponse à la cinquième question concerne les protestants. « Pourquoi les textes du concile et du Magistère postérieur n’attribuent-ils pas le titre "d’Église" aux communautés chrétiennes nées de la Réforme du XVIe siècle ? » Réponse : « Parce que, selon la doctrine catholique, ces communautés n’ont pas la succession apostolique dans le sacrement de l’ordre. Il leur manque dès lors un élément essentiel constitutif de l’Église. Ces communautés ecclésiales, qui n’ont pas conservé l’authentique et intégrale réalité du Mystère eucharistique, surtout par la suite de l’absence de sacerdoce ministériel, ne peuvent être appelées "Églises" au sens propre selon la doctrine catholique. » Trois conclusions
Mgr Angelo Amato sur Radio Vatican a tiré trois conclusions de ce document. L’agence Zenit rapporte ses propos : « Avant tout, il y a continuité entre la doctrine traditionnelle, la doctrine conciliaire, et la doctrine préconciliaire. Le nouveau visage de l’Église n’implique pas de rupture, mais une harmonie avec une compréhension toujours plus adéquate de son unité et de son unicité.
En deuxième lieu, en dépit des divisions, l’unique Église du Christ subsiste dans l’histoire dans l’Église catholique. Il n’est pas pour autant correct de penser que l’Église du Christ n’existerait plus en aucun lieu aujourd’hui ou qu’elle existerait seulement de façon idéale, c’est-à-dire en devenir, dans une convergence à venir, ou une réunification des différentes Églises sœurs, souhaitée et promue par le dialogue. Par le terme “subsistit”, le concile voulait exprimer la singularité, la non possibilité de multiplicité de l’Église du Christ : il existe l’Église en tant qu’unique sujet dans la réalité historique.
En troisième lieu, l’identification de l’Église du Christ dans l’Église catholique ne doit pas être compris comme si en dehors de l’Église catholique il y avait un “vide ecclésial”, à partir du moment où, dans les Églises et communautés ecclésiales séparées, il y a d’importants “éléments de l’Église” (elementa Ecclesiæ).
En conclusion, en éliminant les interprétations erronées sur l’Église, les “responsa” contribuent à renforcer le dialogue œcuménique, qui, en plus de l’ouverture aux interlocuteurs, doit encore sauvegarder l’identité de la foi catholique. Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra arriver à l’unité de tous les chrétiens en un ‘seul troupeau et un seul pasteur’ (Jn 10, 16) et guérir les blessures qui empêchent encore à l’Église catholique la réalisation plénière de son universalité dans l’histoire ».
Un texte qui n’est pas du goût de tout le monde
■ Les réactions ne se sont pas fait attendre. Henri Tincq évoque dans Le Monde du 10 février une « glaciation vaticane » : « On ne fera croire à personne que la principale urgence de l’Église aujourd’hui est de régler le schisme traditionaliste ou de réaffirmer la supériorité et le monopole de la vérité catholique. Après les années Jean Paul II, l’élection de Benoît XVI semble avoir suscité un esprit de revanche à la curie romaine et dans les courants nostalgiques du dogme catholique d’antan, qui n’ont jamais pris leur parti d’une Église plus proche des hommes d’aujourd’hui et plus ouverte au dialogue. » Comme si le renoncement à son identité et à la vérité de la foi était pour l’Église la condition de la proximité des hommes d’aujourd’hui et l’ouverture au dialogue. Les deux questions n’ont rien de commun et les événements les plus récents montre que ce sont souvent ceux qui bradent l’enseignement de l’Église qui sont le moins ouvert au dialogue et le moins proches de leurs frères.
Pour d’autres, « le pape Benoît XVI a donné en quelques jours deux signes de sa volonté d’imposer à l’Église catholique une interprétation conservatrice du concile Vatican II ». Une fois de plus c’est une « phrase caractéristique ! », commente Patrice de Plunkett sur son blog : « Elle résume la façon dont la quasi-totalité des grands médias déforment les documents romains, et imposent – réellement, eux – cette déformation à l’opinion publique… catholiques compris.
La formule “interprétation conservatrice” est symptomatique. La journaliste [de l'AFP, Ndlr] n’a visiblement pas lu le document du 10 juillet, sinon elle saurait que son ancrage est Vatican II : les textes de Vatican II, ces textes que personne n’a voulu lire ni respecter pendant quarante ans… À leur place, on a installé un mythe : “l’esprit” de Vatican II, fumée indéfinissable qui s’est répandue dans les cerveaux et les sanctuaires, et en vertu de laquelle on fit le contraire de ce que Vatican II avait pensé, voulu et voté. Les médias maintiennent cette fiction parce qu’elle leur plaît (idéologiquement) et qu’elle est confortable (journalistiquement). Ils ont un allié objectif : Écône, qui pense, comme les médias quoiqu’en sens inverse, que tout ça est une bataille entre la Modernité (société + “esprit du concile”) et la Tradition. » Et le célèbre chroniqueur termine : « Je redis une fois de plus à mes confrères journalistes : non, le pape n’impose pas une « interprétation » de Vatican II ; il fait simplement connaître ce que Vatican II a dit. Si vous tenez à parler de ces questions, étudiez-les, c’est la moindre des choses. » Mais demande t-il aussi, « L’Église de France fait-elle tous les efforts nécessaires pour aider la presse à mieux comprendre ? »
ÉGLISE
Saint-Siège : budget 2006 positif
■ Les finances du Saint Siège sont mieux gérées que celle de nombreux États : point de déficit ! Le cardinal Sergio Sebastiani, président de la Préfecture pour les affaires économiques, a annoncé le 6 juillet que le budget global du Saint-Siège pour l’exercice 2006 présente un excédant de 2,4 millions d’euros. Un résultat positif inférieur aux deux précédents (9,7 millions en 2005 et 3,1 millions en 2004).
Les activités institutionnelles du Saint-Siège (Secrétairerie d’Etat, congrégations, conseils, tribunaux, synode des évêques et autres), coûtent cher. Leur déficit se monte à environ 31 millions d’euros, un peu moins qu’en 2005 (36,9 millions).
Ce sont les activités financières (sept administrations dont la principale est la section extraordinaire de l’Administration du patrimoine du Siège apostolique-APSA) qui obtiennent un résultat positif de 13,7 millions d’euro, contre les 43,3 de 2005. La perte de ressources (29 millions d’euros) d’une année sur l’autre s’expliquant principalement par la baisse du dollar.
C’est le secteur immobilier qui reste le plus profitable avec un bénéfice de 32,3 millions d’euro (22,4 millions en 2005), contre un coût de 27 millions et 59,3 millions de recettes.
La communication du Saint Siège pèse lourd dans les comptes (Radio Vatican, Typographie vaticane/Osservatore Romano, Librairie éditrice et Centre de télévision du Vatican) : elle présente un déficit de 12,8 millions d’euro, largement dû aux résultats négatifs de la radio (23,8 millions) et de l’Osservatore Romano (4,4 millions). En revanche les activités typographiques dégagent un bénéfice de 1,3 millions et la Librairie vaticane à qui est confiée la tutelle et la gestion des écrits du Saint-Père clôture son exercice 2006 avec un solde positif de 1,3 millions d’euro.
Dernière bonne nouvelle, l’Obole de Saint-Pierre, fonds destiné à la charité du pape, a considérablement augmenté pour atteindre 74,6 millions d’euros (101,9 millions d’US$), contre les 46,7 de 2005.
Amérique latine : grand programme pastoral
■ Le 10 juillet, Benoît XVI a autorisé les évêques d’Amérique latine et des Caraïbes à publier le document conclusif de leur Ve Conférence générale, dont il était venu ouvrir les travaux le 13 mai à Aparecida (Brésil). « J’ai tout particulièrement apprécié, écrit le pape aux évêques, vos encouragements à faire de l’Eucharistie et de la sanctification dominicale le cœur de vos programmes pastoraux, mais aussi votre engagement à renforcer la formation chrétienne des fidèles et en particulier celle des agents pastoraux. C’est pourquoi j’ai été heureux de votre projet de lancer une Mission continentale pour laquelle vos conférences et vos diocèses mobiliseront toutes leurs forces vives pour grandir dans le sillage du Christ. »
FRANCE
Avortement : polémique sur la diffusion de la Palme d’or
■ Une polémique s’est ouverte à propos du projet de promotion du film 4 mois, 3 semaines, 2 jours auprès des lycéens, par un DVD pédagogique financé par le ministère de l’Éducation nationale. Le film, qui a reçu la Palme d’or du festival de Cannes, met en scène un avortement. Pour les uns, les images militent pour la banalité du geste, et le “droit” qui y est attaché, en dépit de leur dureté. Une censure du ministre serait une atteinte à la liberté d’expression, et à la liberté d’avorter… Pour les autres, l’horreur des images dénoncent par elle-même le drame de l’avortement !
Dans un communiqué, l’Alliance pour les Droits de la Vie note que le film « n’est pas présenté par son réalisateur comme une apologie de l’avortement mais comme une critique du totalitarisme aboutissant à des réactions allant jusqu’à la suppression d’une vie humaine ». Mieux, Cristian Mungiu explique « avoir voulu montrer l’atrocité de l’avortement ».
En revanche, l’association déplore qu’on puisse envisager d’imposer à des adolescents des images que la critique a largement jugé « insoutenables ». Pour l’ADV, c’est ce point de vue de bon sens qui semble avoir motivé, après visionnage, l’hésitation du ministre de l’Éducation, Xavier Darcos : « Le ministre se retrouve, malgré lui, pris à parti et nous lui demandons d’avoir le courage de ne pas céder au mouvement d’intimidation d’associations militantes de l’avortement banalisé. »
Reconnaissant le besoin de pédagogie sur un sujet si douloureux et intime, l’Alliance pour les Droits de la Vie, ONG qui anime des services d’aide et d’écoute aux personnes ayant des difficultés avec leur grossesse, « propose aux pouvoirs publics de contribuer à une réflexion pour élaborer des outils pédagogiques de prévention de l’IVG qui disent la vérité sur l’avortement sans juger les femmes qui le subissent, ni entrer dans l’outrance d’une imagerie sanguinolente ».
Sur ce sujet, voir dans cette édition le Décryptage de Tugdual Derville :
■ Peut-on tout montrer ? L’avortement dans les salles obscures… et dans les salles de classe
Pour la Fondation de Service politique,
Thierry Boutet
Philippe de Saint-Germain
■ D’accord, pas d’accord ? Envoyez votre avis à Décryptage
■ Retour au sommaire
© [DECRYPTAGE ™] sur www.libertepolitique.com, lettre d’information électronique de la Fondation de service politique, réseau catholique de presse et d’analyse. Droit de reproduction totale ou partielle autorisé sous réserve de citer la source et le lien Internet.
|
|
|
|
|