Décryptage
Obama élu : le problème du vote catholique
7 novembre 2008 |
Peut-être comme jamais avant ce dernier tour des élections américaines, les évêques n’avaient autant pris la parole à propos du devoir des électeurs catholiques. Au point, par exemple, que le Père Thomas Euteneuer, président de Human Life International, les a publiquement remerciés d’enseigner les fidèles si courageusement.
La Conférence épiscopale a publié un guide sur la Formation des consciences des fidèles à la citoyenneté, pas moins de 50 évêques (pour certains observateurs, il y en a eu au moins 80), ont parlé à travers des déclarations, des articles et des vidéos diffusées par catholicvote.org et sur YouTube (cf. ci-dessous), pour exprimer clairement l'enseignement catholique. Toutes ces multiples interventions ont fait valoir que la vie et la famille sont les principaux critères de choix d’un candidat. Il est clair que de cette façon, le vote catholique pour Obama était problématique, le candidat élu soutenant la loi de 1973 en faveur de l’avortement et ayant lutté pour empêcher le président Bush d’interdire l'avortement par naissance partielle.
Il est vrai aussi que des évêques libéraux ont trop parlé, et surtout pour critiquer la « seule question » (single issue) du vote, affirmant que les catholiques devaient prendre en considération toute une série de questions et pas seulement celle de l'avortement.
Certes, la ligne officielle de la Conférence des évêques a été de reprendre cet argument, mais en faisant référence à l’argument du mal intrinsèque — en d'autres termes, il y a certains actes qui sont mauvais en eux-mêmes. L'avortement ne peut être comparé, a-t-elle dit, à tout autre question politique, telle que la justice sociale, la lutte contre la pauvreté ou la paix, car il peut y avoir différentes voies de solution à ces problèmes et le jugement peut être fondé sur une évaluation prudente de la conscience. Mais la vie ne relève pas d’un pouvoir discrétionnaire de la conscience. Un mal intrinsèque est toujours un mal, et dans tous les cas.
Quel a été l’impact de ces interventions épiscopales ? De l'avis de Tim Rutten du Los Angeles Times, le vote catholique est mort. Au sens où les évêques, en dépit de leurs nombreux efforts, n'ont pas été en mesure d'influencer les électeurs catholiques de manière significative. Une enquête de l'Université de Georgetown montre que seulement 18 % des catholiques suivent l'enseignement de l'Église dans leur choix de société. Ainsi, les évêques parle au moins à ces 18%. Étant donné qu'il existe 67 millions de catholiques aux États-Unis, les évêques ont été entendus par près de 12 millions de personnes. Trop peu pour peser sur le résultats des élections. Or 55% des citoyens américains disent s’opposer à l’arrêt Roe vs Wade qui légalise l'avortement. C'est-à -dire que ce sujet fait l'objet d'une attention éthique qui va au-delà de l'appartenance religieuse. Sans aucun doute, les évêques ont contribué à cette prise de conscience, mais pas au point d’être suivis sur ce point fondamental : admettre que l'avortement est le critère essentiel pour décider comment voter.
Le vote des électeurs hispaniques a été un cas d'espèce. Ceux-ci représentent un tiers de tous les catholiques américains et plus de 50% des catholiques de moins de 40 ans. Ils ont tendance à être contre l'avortement, mais sans doute sont-ils plus sensibles à d'autres questions, par exemple les politiques en faveur d'une plus grande ouverture à l'immigration en provenance du Mexique et l'Amérique centrale.
Les évêques ont utilisé des arguments religieux (Mgr Robert Finn de Kansas City-St. Joseph a appelé les catholiques qui se préparaient à voter pour Obama à tenir compte de leur salut éternel) ou des arguments éthiques, mais le fait est que ces exigences n’ont pas été comprises politiquement. Or ce n’est pas aux évêques de le faire.
C'est le plus grand problème de ces élections : on ne peut pas échapper à la pertinence politique des « principes non-négociables », mais un moyen doit être trouvé pour les traduire non seulement en termes éthiques et religieux, mais aussi en termes politiques. Les catholiques américains ont cinq ans pour y penser. Mais ceci nous concerne aussi. Une voie possible est peut-être d'élargir la « seule question » de la vie — et le principe de base de l’illégitimité de l'avortement — à d’autres thèmes sociaux qui sont éclairés par le sens de la vie humaine. On ne pas nier cette priorité, mais il faut lui donner une plus grande efficacité politique.
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*Stefano Fontana est directeur de l'Observatoire international Cardinal-Van-Thuân pour la doctrine sociale de l'Eglise.
- Voir aussi, dans cette édition : Les Américains ne suivront pas Obama sur la voie libertaire
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Commentaires (25)
Dieu sait pourtant combien je suis personnellement opposé à l'avortement ou à d'autres idées prônées par les démocrates ...
Il est remarquable de noter que M. Obama est le premier 'progressiste' à n'avoir fait aucune promesse en matière d'évolution des mœurs pendant sa campagne. J'ai la faiblesse de penser que la virulence des évêques américains, aux côtés des églises protestantes et des juifs, n'y est pas totalement étrangère.
Bravo donc aux évêques américains pour leur courage et pour leur communication!
Mr Obama est un radical qui, non seulement a fait des promesses très claires pour favoriser et financer de manière définitive l'avortement et avancer l'agenda homosexuel, mais qui se trouve être un idéologue dont les idées d'inspiration marxiste sont à l'opposé de la doctrine sociale de l'Eglise.
Si le Saint Père parle d'occasoin historique, c'est pour souligner le fait notoire que l'élection d'un afro américain est le signe que l'histoire douloureuse de la discrimination raciale touche à sa fin. Cependant, je crois que c'est le seul aspect positif de cette élection.
Quand à croire que les 67 millions de catholiques représentent une force unie s'opposant à la moralité progressive d'Obama, c'est faire preuve d'une naiveté abyssale. Si Obama a récolté la majorité du vote catholique, c'est que la majorité des "catholiques" américains vivent déjà dans la désobéissance à l'Evangile et à l'Eglise dans de nombreux domaines.
Dieu sait tirer de tout mal un plus grand bien et c'est cela ma seule espérance dans cette situation.
PS: Il est vrai que le fait qu'un tiers des évêques se soit prononcé de matière claire sur l'avortement, la nécessité de voter en conscience et la priorité de la defense de la vie sur toute autre question est un signe encourageant. Encore que le silence des autres évêques laisse à penser que la lâcheté et le compromis est toujours de mise...
Il me semble que l'Evangile éclaire notre jugement et qu'il du ressort de chaque homme de bonne volonté de l'intégrer et d'en tirer les conséquences. L'Eglise nous nous invite à considérer les priorités dans un ordre fondamental : la vie est première, car sans la vie... rien. Il reste toutefois que, si l'avortement est absolument intolérable, il y a d'autres façon brutales de mourir... et pour lesquelles on peut aussi agir a plus ou moins court terme. A ce sujet, je voudrais revenir aussi sur la comparaison des priorités Irak / avortement.
En terme de moindre mal, il s'agit de "sauver le plus grand nombre possible de vies". Un simple rapport de chiffres montre que l'avortement est LE fait majeur bien loin devant les morts causées par les américains en Irak au proche orient. Toutefois, les chiffres donnent le vertige et mettent en lumière la complexité de l'analyse et de la politique.
- plus de 850 000 morts annuels déclarées aux USA par avortement, soit depuis 2003 : 4.2 millions d'avortements déclarés en 5 ans
- plus de 4000 américains morts en Irak entre mars 2003 et mars 2008.
- entre 650 000 et 1 million de civils morts des suites directes du conflit sur la même période, soit 5 ans écoulés.
Donc, 5 fois plus de morts chaque année par avortement aux USA qu'en Irak par la guerre. Toutefois ces chiffres sont odieux et d'ordres de grandeur voisins, ce qui en fait des priorités voisines.
Pour changer le monde, commencer par soi...
Interdire l'avortement relève d'une décision américaine, qui aurait des effets immédiats (sur la population américaine) et une valeur d'exemple sur le reste du monde. Cela lui confère une importance capitale. Quant à la faisabilité d'une prise de décision, Bush ne s'y est pas attaqué et Obama ne s'y attaquera pas non plus. La question fondamentale : McCain aurait-il pu faire quelque chose ? l'avait-il même évoqué pendant sa campagne ?
La décision d'entrer en guerre en Irak aura fait des millions de victimes et modifié l'ordre régional, cette décision était américaine. Les raisons de l'entrée en guerre étaient multiple : pétrole, position militaire régionale, idéal de démocratie - "libérer le peuple irakien du joug de Saddam", venger l'amérique du 11/9, ... Qui doit en porter les conséquences ? Le statu quo était-il meilleur ?
La décision de "se retirer" d'Irak, n'aura pas pour conséquence immédiate d'arrêter les attentats et autres faits de guerre civile. La décision peut être prise par Obama mais ses conséquences (arrêt de la guerre civile, stabilité régionale) sont impossibles à maitriser. Est-ce la bonne solution ?
Halte aux jugements à l'emporte pièce : notre humanité blessée n'est pas sans contradictions !
LA MONSTRUEUSE CONTRADICTION
> Je crois qu'on focalise beaucoup ici sur les "pro-life" à l'américaine, comme si ça donnait un certificat de bonne catholicité. Quelle farce ! N'y a-t-il pas une monstrueuse contradiction à rejeter l'avortement tout en détenant chez soi un véritable arsenal permettant de tirer sur tout ce qui bouge selon le sacro-saint principe d'auto-défense ?
la main sur la bible et le colt à la ceinture, droit dans ses bottes, tel est l'apostolat de Sarah Palin. Qu'on arrête de jouer les hypocrites...
Ecrit par : Frederic Ripoll | 07.11.2008
Autre fait contradictoire, typique de certains américains défenseurs des valeurs morales, et qui m'a été rapporté par un américain:
Les mormons ont investi énormément d'argent pour bloquer en Californie "le mariage" des gays, et ils ont réussi, mais ils ont pratiqué pendant longtemps et encore aujourd'hui de manière secrète la polygamie... Ce qui est hautement moral comme attitude et significatif de l'égale dignité entre l'homme et la femme dans le mariage...
Avant d'interdire l'avortement, il faudrait s'interroger et travailler sur:
- ce qui amène ces femmes à vouloir accomplir cet acte horrible, et
- comment les accompagner.
Après, une interdiction n'empêchera pas les avortements illégaux et tous les problèmes qui s'en suivent et qui ont conduit à la légalisation de l'IVG.
Si les chiffres des IVG et des morts en Irak sont odieux, cette comparaison l'est davantage et même dangereuse ! En effet de tels arguments amènent à considérer la guerre en Irak comme un moindre mal.
Or la question de la Vie est un problème de fond.
Cf.
http://plunkett.hautetfort.com/archive/2008/10/22/au-nord-de-l-irak-repute-secure-les-allies-de-bush-chassent.html#more
Bref le très chrétien Bush a contribué à l'islamisation de l'Irak, tandis que le musulman Saddam Hussein a contribué à faire des chrétiens irakiens des citoyens normaux, réalité assez rare en pays islamique pour la souligner... C'est aussi le bon chrétien Bush qui n'a cessé de presser l'Europe pour qu'elle accueille en son sein la Turquie, pays islamique quoique prétendu laïc, où pour les chrétiens il ne fait pas bon vivre... Mais que ne ferait-on pas pour assurer quelques bases militaires US en Turquie... Bref les droits de l'homme et la liberté religieuse n'ont jamais été un souci pour Bush qui pourtant voulait instaurer par la force la démocratie mondiale!
Je voudrais rappeler une chose : l'avortement est un crime contre l'humanité. Quelqu'un conteste-t-il ceci ? Et si personne ne le conteste, comment peut-on tenir ou accepter des discours comme celui du Père Culat ?
Je vous propose donc un exercice : remplacez dans les interventions ci-dessus "avortement" par "extermination des juifs", et delandez-vous si vous êtes toujours d'accord.
Certes le combat pour la vie ne se divise pas, mais l'argument se retourne aussi bien : être contre la poursuite d'une guerre mais pour celui de l'avortement ne semble pas plus cohérent que le contraire. Au final la justice commande de défendre les plus impuissants à se défendre eux-mêmes.
Pour ce qui est du choix électif, l'argument de l'incapacité de Bush à faire reculer l'avortement malgré ses positions pro-life montre que la loi n'est pas un moteur pour le bien (pensons à l'Epitre de Saint Paul : la loi seule ne peut sauver), mais au mieux un rempart contre les conduites mauvaises et au pire une justification de celles-ci.
Enfin, McCain est-il contre l'avortement ? Si ce n'est pas le cas, le choix qui se pose est celui du rapport des chrétiens au pouvoir électoral : faut-il faire de toute élection la tribune du combat pour la vie, au détriment de tous les autres ?
Je n'en suis pas certain - mais il est possible que ce soit le reflet de ma propre relative indifférence au scandale de l'avortement.
On a beaucoup déblatéré sur l'éducation des émigrés. Une constatation s'impose, elle prend régulièrement une génération de retard et même plus en ce qui concerne les comportements sociaux.
la génération de retard est vite rattrapée en ce qui concerne les émigrés de deuxième génération européenne et même asiatique indochinoise car les comportements sociaux des indo-européens sont assez resssemblants malgré leurs nuances.
en revanche, il est un fait que l'on ne peut pas nier, c'est la difficulté de mise à niveau des populations africaines et celles du moyen orient en ce qui concerne les musulmans. ces populations ont des comportements sociaux totalement différents et leur mise à niveau social sinon intellectuel n'est pas toujours réglé même à la troisième génération.
Donc l'avortement du point de vue social est un mal immense car il a incité les pays où il est légalisé à "être obligé" de faire appel à l'émigration afin de pallier le manque de naissance, or on se rend compte maintenant que cette attitude entrîne une régression de civilisation dans les pays concernés, alors que si l'on avait encouragé une politique nataliste couplée avec une aide éducative aux pays en retard par rapport à nous telle d'ailleurs qu'elle était largement pratiquée avant les autodéterminations de 1962, l'Occident aurait été un moteur pour ces populations sans régresser socialement.
je pense que c'est ce discours que les personnes sont prêtes à entendre, discours qui n'est pas de haine, qui intègre l'amour du prochain et qu'entant que femme politique chrétienne, je tiens régulièrement.
amitiés en UDP à tous et merci pour votre excellent travail d'information
Ma remarque relative au silence de la majorité des évêques américains est la triste constation que sur le sujet de l'avortement comme sur le reste de l'enseignement de l'Eglise, l'attitude normative est:ne dire dire ou être tellement vague que personne n'est enseigné, personne n'est mis au défi de vivre l'Evangile. Ce n'est pas un jugement, car seul Dieu connaît les coeurs, mais le cri d'un laîc qui voient des milliers de fidèles quitter l'Eglise parce que ses pasteurs ne vivent pas leur ministère....
Le fait que Bush soit chrétien ne garantit en aucune façon son infaillibilité personnelle. Cependant juger que sa décision d'attaquer et de renverser le régime de Saddam Hussein est pire que la politique sanglante et dictatoriale de Saddam (avec des centaines de milliers de morts sur la conscience) est totalement irréaliste et dénote plus d'une idéologie que d'une approche réaliste du monde.
Quoi qu'il en soit, les Etats Unis ont fait leur choix. Il nous reste à prier que les chrétiens vivent leur foi de telle façon que Dieu puisse établir son Royaume dans les coeurs et changer ce qui n'est pas à Sa gloire.
- contrairement à ce que donne à penser le père Culat, l'option préférentielle pour la protection de la vie avant la naissance est une option parfaitement légitime, mais il n'appartient à aucun clerc et à aucune église de l'imposer comme un critère de vote ; cela ne peut relever que de la conscience personnelle de chaque électeur, et, dans l'urne, de l'objection de conscience consistant à refuser son vote à tout candidat pactisant avec la culture mortifère ; je renvoie sur ce point à la note doctrinale du cardinal Ratzinger sur l'engagement des catholiques en politique (2002) qui précisément entend former la conscience politique des catholiques et non leur imposer un vote ; ce qui nous choque, et ce qui choque le Père Culat, lorsque nous observons le débat politique américain, c'est cette fâcheuse tendance qu'ont les Américains à vouloir imposer un vote pro-life "en tant que chrétiens" ; sur ce dernier point, on peut partager son point de vue ; il peut en effet y avoir bien d'autres façons de défendre les valeurs éthiques auxquelles les chrétiens sont attachés et nul ne peut stigmatiser un choix plutôt qu'un autre au nom de la foi ;
- la prise de position du Père Culat, dont, à mon avis, il aurait dû s'abstenir en tant que prêtre, contribue sinon à discréditer, du moins à relativiser ce qu'il devrait au contraire s'employer à défendre avec beaucoup de force au nom de l'Evangile de la Vie : une société où la vie n'est pas respectée au stade le plus précoce sape ses fondements moraux. Ce discours ne peut garder toute sa vigueur que s'il ne se veut pas partisan. Je préfère ne pas penser à l'indignation qui sera celle de générations futures au sujet de notre indifférence à la culture de mort diffusée dans toute la société par l'avortement. Comment pouvons-vous vivre avec plus de 200 000 avortements par an sans nous inquiéter du problème ?
J'ai moi-même des réserves sur l'analyse de M. Stefana mais :
1. Je suggère au Père Culat de lire l'excellente présentation par Didier Rance de la pensée d'Erik Peterson sur le témoignage de la vérité (aux éditions Ad Solem), ne serait-ce que pour aller un peu plus au fond des choses.
2. Précisément, le Pape Jean-Paul II a passé sa vie à témoigner de la vérité, y compris dans le champ "du" politique, non pas à faire de "la" politique, en prenant parti pour les uns ou contre les autres.
C'est un exemple dont le Père Culat devrait s'inspirer davantage, à mon humble avis.
3.Pour ce qui est des moyens de défendre la vie, que les clercs et les laïcs agissent chacun dans le champ qui doit être le leur sans confusion des genres et des missions, en bonne intelligence fraternelle, et sans qu'il soit besoin de distinguer entre évêques "libéraux" ou "pas libéraux", car le critère ne me paraît pas pertinent.
Et que le Seigneur nous préserve du cléricalisme, de droite, de gauche et même du centre..! Peut-être le Père Culat se rendra-t-il compte qu'avec sa diatribe anti-Bush, qui donne un peu dans la facilité, il tombe exactement dans le travers qu'il prétend dénoncer chez certains de ses collègues américains.
Wanted : Esprit Saint et pas esprit de parti...
Il est délicieux de voir la distinction très subtile que vous faites au n°2:
Merci de m'apprendre que JP II a passé sa vie à témoigner de la vérité...
Ce qui est plus difficile à admettre c'est que lorsque JP II condamne la guerre en Irak comme une guerre injuste (revenons au sujet que vous évitez chaque fois, de même pour les conséquences de cette guerre pour les chrétiens, ce qui semble vous laisser très indifférent...) il est dans le champ "DU" politique, mais lorsque je condamne la même guerre pour les mêmes raisons je fais "DE" la politique!!! Je n'ai qu'un défaut, non pas celui de reprendre la position de JP II sur ce point, mais celui de n'être pas pape. Alors peut-être si je parlais depuis le Vatican d'un seul coup je ne ferais plus de politique mais je serais dans le champ du politique... Bravo pour vos subtiles distinctions par lesquelles vous vous empêchez d'être interpellé par mes propos.
La distinction entre évêques libéraux ou pas ne vient pas de moi... si vous aviez bien lu ce sujet, vous vous seriez rendu compte qu'elle est dans le texte de Liberté Politique qui ,de fait, distingue les "bons" des "mauvais" évêques aux USA...
Simplement je pense que nous serons jugés sur nos actes et non pas sur nos paroles.
Les prises de position contre l'avortement c'est facile et ça ne coûte pas bien cher.
Agir en faveur de l'accueil de la vie, c'est autre chose. Mais cela demande un engagement perosnnel et financier bien plus grand que de signer l'une des innombrables pétitions qui circulent sur le web ou de faire une marche pour la vie une fois par an.
Désolé si vous ne voulez pas comprendre ce que je veux dire!
Un message beaucoup plus fort serait un message en actes encore une fois: lorsque chaque diocèse des USA ou de France aura mis sur pied une structure d'accueil pour les mamans en difficulté par rapport à une grossesse non désirée, non prévue, ou arrivant dans une situation économique de pauvreté, alors nous serons davantage crédible. Mais ne comptons pas sur M. Sarkozy et sur la République pour financer de tels projets... Une maison de ce type existe dans ma paroisse. Le projet ayant été soutenue financièrement par des catholqiues et par l'évêque de l'époque. Les hommes politiques de droite comme de gauche ayant refusé toute subvention à ce projet...
Avec l'argent de la guerre en Irak, combien de femmes américaines aurait-on pu aider à assumer leur grossesse...?
Je ne reproche pas au Père Culat d'avoir des convictions politiques, qui sont fort respectables et que je peux rejoindre sur de nombreux points, mais la façon dont il les formule.
Il me semble - j'insiste - qu'un prêtre doit éviter de donner dans l'esprit de parti (voir message précédent) sous peine de discréditer sa parole. Il y a en effet une autonomie de la sphère politique par rapport à la sphère religieuse qui impose aux prêtres de ne pas prendre position sur tout et n'importe quoi sous prétexte de tout "moraliser" comme le fait un peu trop le Père Culat. Pour être encore plus clair, on n'a pas besoin du Père Culat pour faire la critique de l'administration Bush, qui vient de connaître la sanction des urnes... Ou alors il fallait qu'il choisisse une autre vocation et qu'il fasse de "la" politique...
En particulier, je ne vois pas de quel droit le Père Culat se permet de discréditer a priori une forme d'action "pro-life" comme les life parades qui veulent donner de la visibilité à l'action pour la vie et peuvent être adaptées dans certains contextes spécifiques. Si justement les chrétiens américains sont parvenus à certains résultats, notamment sous l'administration Bush, qui n'a pas fait que des horreurs, c'est en partie grâce à une meilleure affirmation de leurs revendications dans la sphère politique, avec le soutien courageux des évêques catholiques. Il y a eu en son temps dans Décrytage un excellent article de Th. Boutet sur cette question.
Enfin, pour calmer l'ardeur anti-Bush du Père Culat, je me permets de lui faire observer que les persécutions anti-chrétiennes dans les pays islamiques, malheureusement, ne datent pas de l'intervention américaine en Irak. C'est très facile en France de diaboliser Bush. C'est même assez démagogique. Ce qui est plus intéressant, c'est de se demander pourquoi les sociétés islamiques sont des sociétés en crise permanente qui n'arrivent pas à régler leurs problèmes et finissent par les exporter et pourquoi les sociétés islamiques ne peuvent pas tolérer en leur sein la liberté de conscience et la liberté religieuse. Pour se faire, on a besoin de vérité, de réflexion, de dialogue, de charité et de respect, mais pas d'invective et de stigmatisation. Et mieux vaut éviter de flatter les gens dans le sens de leurs fantasmes ou de leurs acrimonies politiques.
Donc, cher Père Culat, nous ferions mieux, vous et moi, de passer à autre chose...Bonne semaine !
Personnellement, je trouve aussi que l'avortement est un aspect important, mais pas unique, pour décider pour qui voter. Tout l'aspect social au sens large, le développement durable, les relations avec les autres pays dans le monde, la manière dont un pays se développe économiquement, son respect des droits de l'Homme dans tous ces aspects, bref, l'éthique d'un pays aux points de vue social, économique, mondial, environnementtal, etc... sont très importants aussi.
Ce n'est pas tout de mettre des enfants au monde, il faut encore (pouvoir) les élever (et pas seulement dans le sens "éduquer", mais les conduire vers ce qu'ils ont de meilleur en eux).
Quand le pape (Jean-Paul II, Benoît XVI) condamne sans nuance la contraception (très différente de l'avortement, en ce sens qu'il n'y a là pas encore de vie humaine, donc on ne tue personne) et ne la tolère que dans les "cas graves" et encore, uniquement les méthodes "naturelles" (qu'ont-elles finalement de très différent des méthodes "artificielles" ***, c'est assez fort comme si un médecin disait à un chrétien : "en cas de migraine, il vous est permis de vous reposer, mais pas prendre une aspirine, parce que dormir est un moyen naturel, et prendre un médicament, un moyen artificiel de vous soigner, donc interdit par l'Eglise catholique"), je me demande s'il n'aurait pas un point de vue un peu différent s'il avait dû lui-même élever 6, 8, ou 11 enfants (certaines femmes vont jusqu'à 16 enfants, voire plus...), avec un seul salaire modeste (pas question que la femme travaille à l'extérieur, avec autant d'enfants et de ménage !), et donner à chacun de ces enfants l'attention, l'amour, la tendresse, le temps, etc... qui lui sont nécessaires pour grandir de manière épanouie (dans le "etc...", il y a aussi l'argent : comment payer des études correctes à 12 ou 14 enfants quand on gagne modestement sa vie ?). Pour moi, il vaut beaucoup mieux élever deux ou trois enfants de manière épanouie et épanouissante - quitte à utiliser la contraception - que d'avoir 8 ou 12 enfants et ne pas pouvoir leur donner ce dont ils ont besoin pour s'épanouir, y compris comme chrétiens. (D'ailleurs, Jésus était fils unique !...). Tout à fait d'accord avec le Père CULAT, si on veut interdire l'avortement, il faut d'abord, et au moins, donner aux mères (et, si possible, aux deux parents) les moyens (affectifs, sociaux et financiers) d'élever dignement leur(s) enfant(s).
*** si ce n'est que les méthodes "naturelles" sont beaucoup moins fiables : d'une part, les femmes qui ont un cycle irrégulier ne peuvent pas compter dessus (je connais une dame qui a eu 5 enfants : 3 enfants "Ogino", et 2 enfants "température" (2 méthodes contraceptives naturelles), et, disait-elle, "ça a fichu mon ménage en l'air : mon mari aurait accepté un ou deux enfants, mais pas plus"...), et, d'autre part, qu'elles nécessitent absolument la collaboration du mari, ce qui est loin d'être évident pour certains hommes...
Interdire non seulement l'avortement, mais aussi la contraception, aboutit trop facilement à réduire la femme à une lapine ou une poule pondeuse, astreinte uniquement au ménage, et sous l'entière dépendance financière du mari.
Non que je prône l'"idéal féminin" actuel, qui est de devoir être ultra-féminine dans son apparence, et très masculine dans son comportement, surtout au travail...
Mais n'y aurait-il pas une autre manière de développer et d'exprimer sa féminité, et sa dignité féminine, que de se cantonner dans les enfants et le ménage, plus la "famille chrétienne" version XIXè siècle (les "3 K" allemands) ? Comme si une femme ne pouvait exister que par son mari et ses enfants, non par elle-même...
Le Moyen-Age, bien relu et bien compris (c.à .d. hors des clichés classiques !) pourrait nous donner une belle inspiration sur la féminité : les femmes avaient une quasi égalité avec les hommes, mais sans devoir les imiter. Elles avaient le droit d'avoir du caractère, de l'indépendance et du pouvoir personnel. C'était aussi - et je crois qu'il y avait un rapport entre ces deux choses - un âge de foi, et de liberté et de respect dans la foi (fort réprimés par après, à la fin du Moyen-Age, la Renaissance et les Temps modernes) qui donnait une authenticité et un épanouissement dans la foi qu'on a perdus par après...
au Moyen-Age, il n'y avait pas de contraception... (officiellement), ni d'avortement... (officiellement, aussi...). Mais la mortalité infantile était d'un tiers des enfants en moyenne...; plus de femmes que maintenant ne pouvaient pas avoir d'enfants, et les fièvres puerpérales limitaient aussi le nombre d'enfants, par décès prématuré de la mère... sans compter tous les adultes sans descendance parce qu'ils entraient dans les ordres...
Les progrès de la médecine permettent actuellement à presque tous les ménages d'avoir des enfants : alors, si on met 8 ou 10 enfants au monde, ça fait vraiment 8 ou 10 enfants à élever jusqu'à l'âge adulte, jusqu'à leur indépendance...
Sans compter que l'interdiction du préservatif contribue, dans les pays ravagés par le Sida, à laisser propager ce fléau, car là encore plus qu'ici, l'abstinence des hommes est très mal vécue.
Encore une fois vous ne me lisez pas et vous faites semblant de ne pas vouloir comprendre mes propos...
Je sais très bien (je ne suis pas idiot quoique prêtre ne se cantonnant pas aux sacristies et à la liturgie) que dans la plupart des pays à majorité islamique la condition des chrétiens est très difficile et pénible.
Ce que j'ai affirmé se prouve chiffres à l'appui: l'intervention de Bush en Irak contre l'avis de la communauté internationale et de JP II n'a pas installé la paix et la démocratie mais a contribué à islamiser davantage le pays et donc à mettre en péril la communauté chrétienne qui, avant cette intervention vivait en paix et protégée. Il suffit de lire ce que j'ai écrit plus haut... Le nombre des chrétiens ne cesse de diminuer là -bas. Allez demander aux chrétiens d'Irak pour qui ils étaient, la réponse est unanime: OBAMA. Cf. le courrier international et d'autres sources citant les chrétiens de la région. Eux ils souffrent des conséquences de cette invasion américaine dans leur pays, pas vous. Alors il vaudrait mieux croire leur parole que la votre dans ce cas bien précis. Votre mauvaise foi me consterne. Vous m'accusez de faire de la politique, je démonte votre accusation, et vous passez à autre chose. Reconnaissez au moins la faiblesse de vos arguments, et au cas où vous auriez oublié de me lire, j'en remets une couche:
"Comme d'habitude M. Pouzoulet évite de répondre à mes arguments. A croire qu'il ne m'a pas lu ou ne veut pas me comprendre, ce qui est autre chose...
Il est délicieux de voir la distinction très subtile que vous faites au n°2:
Merci de m'apprendre que JP II a passé sa vie à témoigner de la vérité...
Ce qui est plus difficile à admettre c'est que lorsque JP II condamne la guerre en Irak comme une guerre injuste (revenons au sujet que vous évitez chaque fois, de même pour les conséquences de cette guerre pour les chrétiens, ce qui semble vous laisser très indifférent...) il est dans le champ "DU" politique, mais lorsque je condamne la même guerre pour les mêmes raisons je fais "DE" la politique!!! Je n'ai qu'un défaut, non pas celui de reprendre la position de JP II sur ce point, mais celui de n'être pas pape. Alors peut-être si je parlais depuis le Vatican d'un seul coup je ne ferais plus de politique mais je serais dans le champ du politique... Bravo pour vos subtiles distinctions par lesquelles vous vous empêchez d'être interpellé par mes propos. "
L'Evangile n'est pas une théorie religieuse. Un prêtre a pour mission de prêcher l'Evangile, ce qui a des implications très concrètes sur les questions de société... C'est ce que vous appelez "moraliser". Un prêtre se doit de réagir lorsque certains chrétiens choisissent ce qui leur plaît ou ce qui les arrange dans le message de l'Eglise pour éviter de se remettre en question. Et ce n'est pas avec vos arguments que vous me parviendez à me faire taire ou à me faire dire que la guerre en Irak c'était pas grave et que Bush est un très bon chrétien incompris des méchants gauchistes français...
L'avortement est condamnable, c'est de l'infanticide, le meurtre des innocents, mais comme le faisait remarqué le Père Culat, il n'y pas que l'avortement de condamnable. Et puis si l'on se penche plus en avant sur la politique de Mr Obama, on peu se rendre compte qu'il a pour objectif d'améliorer les conditions de vie des personnes modestes au sein de son pays.
En y réfléchissant je me dit que cela influencerai beaucoup sur l'état des famille et des jeunes mère en phase d'accueillir un enfant, elles seraient de ce fait dans des conditions plus favorable (moins apeurées moins dans l'incertitude).
Je pense qui ne faut pas limiter son vote à un seul point comme le fait remarquer le Père Culat en expliquant que la guerre aussi c'est mal. D'ailleurs dénoncer le mal là où il est n'est aucun cas de la politique, c'est même son devoir de prêtre.
Je pense qu'il est nécessaire de voir les but objectifs et résultats possible dans leur intégralité avant de se décider dans son vote, au final il se pourrait bien que Mr Obama fasse descendre le nombre d'avortements annuel avec sa politique.
Le Père Culat écrit encore à l'intention de son modeste contradicteur : "Eux ils souffrent des conséquences de cette invasion américaine dans leur pays, pas vous".
Je me permets de démentir cette affirmation. Je souffre des dommages collatéraux causés à l'intellect et au discernement d'un certain nombre de Français et qui sont imputables à la politique de GW Bush...
Il n'y a qu'un remède : se mettre en prière ! Shabat shalom !




Je suis en plein accord avec ces évêques libéraux. Heureusement qu'il y en a encore...
Pour moi le respect de la vie humaine ne saurait se limiter à la question de l'avortement et de la famille. C'est tellement réducteur.
Les pro-life qui sont pro-Bush sont soit hypocrites soit aveugles... car le respect de la vie ne se partage pas. Etre contre l'avortement et en même temps soutenir une guerre injuste en Irak qui a fait des milliers de victimes des deux côtés, cela ne tient pas la route et cela décrédibilise la position catholique en faveur de la vie. La vie d'un être humain enfant, jeune ou adulte, même soldat, est-elle moins respectable que celle de l'enfant à naître? La peine de mort est aussi un crime contre la vie, les Etats-Unis sont AUSSI concernés par ce problème. Le respect de la vie, c'est AUSSI la lutte contre l'injustice qui installe dans la misère des franges entières de la population qui n'ont accès ni à l'éducation ni aux soins. Vous affirmez que la majorité des américains sont pro-life... Deux Etats très peu libéraux (Dakota du Sud et Colorado) viennent d'être consultés par référendum pour interdire ou limiter l'avortement, la réponse du peuple a été "non" même dans le Dakota du Sud qui a voté pour McCain. Le respect de la vie, ce serait AUSSI limiter la prolifération des armes aux USA avec les conséquences que tout le monde connaît dont des massacres dans des lycées... Mais peut-être que la vie de lycéens n'a aucune importance aux yeux des pro-life? Le commandement "Tu ne tueras pas" ne se limite pas aux questions de commencement et de fin de vie... C'est très agaçant de voir qu'on peut tuer un homme au milieu de sa vie avec plein de bonnes excuses de casuistes et là on n'ira pas en enfer puisque d'après une certaine doctrine cela ne fait pas partie des points non-négociables et que finalement cela semble laissé à la conscience de chacun, donc à sa liberté. C'est bizarre comme d'un côté les pro-life disent qu'il faut obéir aveuglément aux consignes de vote des évêques (les biens, pas les libéraux, car à quel évêque obéir?), et de l'autre pour la guerre injuste, la peine de mort, la santé, l'éducation, la justice sociale, c'est laissé à la libre conscience de chacun, comme si c'était optionnel... DICHOTOMIE dangereuse dans la défense de la vie. Quand Bush met son pays en déficit pour des dépenses de guerre (achats d'armes pour tuer, cela se chiffre en milliers de dollars) est-il pro-life? Jésus n'a jamais encouragé ces choses-là : "Qui utilise le glaive périra par le glaive". Ces sommes d'argents colossales auraient pu en effet être utilisées pour la vie de bien des manières. Quand Bush refuse d'engager son pays dans la voie du développement durable et de l'écologie (protocole de Kyoto), est-ce parce qu'il respecte la vie ou parce qu'il adore le dieu dollar?
Mgr Robert Finn de Kansas City-St. Joseph a appelé les catholiques qui se préparaient à voter pour Obama à tenir compte de leur salut éternel... A-t-il fait le même sermon à Bush en le mettant en garde quant à sa possibilité de griller en enfer pour avoir tué des milliers d'innocents en Irak? POUR DU PETROLE... Notre salut éternel ne dépend pas uniquement de notre position sur l'avortement et la famille. Ce serait trop simple... Je suis pro-life militant mais je suis avare, égoïste, raciste... C'est pas grave, j'irai tout droit au paradis. A lire votre article on se demande si la doctrine sociale de l'Eglise et son compendium ne sont pas un ornement composé par des cardinaux qui s'ennuient et qui font des textes négociables, donc négligeables par les bons catholiques... Tant que la morale familiale et bioéthique sera mise au-dessus de la morale sociale il y aura incompréhension et fossé entre de nombreux catholiques et une certaine hiérarchie.
Je rappelle enfin que Benoît XVI a salué "l'occasion historique" que constitue l'élection d'Obama... Peut-être a-t-il vu autre chose dans cet élan populaire et massif que les sacro-saints principes non-négociables du vote catholique...
Et l'OSSERVATORE ROMANO doit être digne des flammes de l'enfer promises par Mgr. Finn en déclarant que le choix d'Obama est "un choix qui unit". "Les Etats-Unis, et ce n'est pas la première fois que cela arrive, ont été capables d'indiquer à leur manière une nouvelle route au reste du monde." Il ne me semble pas que ces jugements soient négatifs par rapport à l'élection d'Obama, c'est le moins que l'on puisse dire... Quant à croire que Mc.Cain aurait pu réellement remettre en question la loi sur l'avortement, c'est être un peu naïf puisque Bush beaucoup plus pro life que lui ne l'a pas fait!