Liberté religieuse
Le récent colloque de l’Aide à l’Église en détresse aux Bernardins « Vivre avec l’Islam » et le massacre des coptes orthodoxes la nuit de Noël en Égypte (cf. Décryptage, 12 février), nous invitent à nous poser quelques questions cruciales. Dans le dialogue — tellement actuel, urgent, indispensable — avec des représentants de la maison de l’islam*, est-on suffisamment vrai, franc, et j’oserais dire simplement honnête, en abordant avec eux le fait massif, incontournable des persécutions sournoises, mais le plus souvent violentes, des chrétiens, toutes Églises, communautés ecclésiales confondues ?
Par un référendum appelé chez eux « votation », le 29 novembre dernier, les Suisses décidaient majoritairement de ne plus permettre la construction de nouveaux minarets sur le territoire helvétique. Qu’on le veuille ou non, de telles constructions constituent une présence dans l’espace public qui n’est pas simplement locale ; il ne paraît donc pas extravagant a priori que le public soit consulté. Or l’idée même d’un tel référendum avait déjà suscité une vague de condamnations de la part des grands médias, et ses résultats positifs furent blâmés, et cela au nom de la liberté religieuse.
Le référendum suisse sur les minarets a suscité un tel émoi que beaucoup en ont oublié de réfléchir au cadre théorique dans lequel il s’inscrit : la problématique de la liberté religieuse en Occident. Car il faut le rappeler : ce sont les minarets qui ont été interdits par le peuple suisse, pas les mosquées.
Que pensent les musulmans du voile, du statut de la femme, de la liberté du mariage, de la liberté religieuse ? Il serait plus utile d’avoir une réponse à ces questions-clés, plutôt que de déclarer ouverte la chasse aux vilains Suisses… Oui à l’intégration, mais sur des bases claires.
Le Roi, comme on l’appelle en Suisse [le peuple, Ndlr], a apprécié le vote du 29 novembre dernier, une initiative populaire qui a bloqué le projet d’un droit permissif de construire des minarets dans ce pays. Était-ce pour des raisons esthétiques ou plus profondes ? Certains on parlé d’intolérance à propos de ce succès, comme le ministre Bernard Kouchner ou l’imam Kamel Kebtane [1] !



