Liberté religieuse
L’Église catholique n’en a pas fini avec les attaques outrancières : la profanation de la tombe du cardinal Suenens par des policiers belges, la cour suprême américaine foulant le droit régissant les États souverains en confirmant de fait la décision d'une cour d'appel de lever l'immunité du Saint-Siège, nous rappellent les pratiques impudentes des régimes païens totalitaires du XXe siècle. Le cardinal Bertone a qualifié avec courage ces comportements « de pratiques de vieux régimes communistes ».
Au mois de janvier, pour trouver une solution juridique à un problème politique empoisonnant, le gouvernement a consulté le Conseil d’État sur l’interdiction du voile islamique intégral [1] en France. L’avis [2], rendu par l’assemblée générale plénière qui est la formation la plus solennelle du Conseil d’État, est tombé le 30 mars : « L’interdiction générale et absolue du port du voile intégral en tant que tel ne pourrait trouver aucun fondement juridique incontestable ».
Le Prix à payer est le récit terrifiant de la conversion d'un Irakien au christianisme. C’est en même temps une magnifique leçon d'espérance.
Le récent colloque de l’Aide à l’Église en détresse aux Bernardins « Vivre avec l’Islam » et le massacre des coptes orthodoxes la nuit de Noël en Égypte (cf. Décryptage, 12 février), nous invitent à nous poser quelques questions cruciales. Dans le dialogue — tellement actuel, urgent, indispensable — avec des représentants de la maison de l’islam*, est-on suffisamment vrai, franc, et j’oserais dire simplement honnête, en abordant avec eux le fait massif, incontournable des persécutions sournoises, mais le plus souvent violentes, des chrétiens, toutes Églises, communautés ecclésiales confondues ?
Par un référendum appelé chez eux « votation », le 29 novembre dernier, les Suisses décidaient majoritairement de ne plus permettre la construction de nouveaux minarets sur le territoire helvétique. Qu’on le veuille ou non, de telles constructions constituent une présence dans l’espace public qui n’est pas simplement locale ; il ne paraît donc pas extravagant a priori que le public soit consulté. Or l’idée même d’un tel référendum avait déjà suscité une vague de condamnations de la part des grands médias, et ses résultats positifs furent blâmés, et cela au nom de la liberté religieuse.



