Économie
Faut-il retenir son souffle ? Peut-être. Les prochaines semaines pourraient être décisives quant à l’issue de la crise financière. La question est la suivante : les petits États pourront-ils assumer leurs dettes ? Et surtout, le pourront-ils dans des conditions qui préservent leur souveraineté ?
Le quatrième acte de la crise vient de s’ouvrir : c’est celui, annoncé, de l’endettement public. La crise de la Grèce, dont les banques sont elles-mêmes surendettées et qui frôle l'insolvabilité avec un déficit de près de 30 milliards (12,7 % du PIB), et une dette évaluée à 300 milliards d’euros, provoquera-t-elle une déstabilisation générale de la zone euro ?
L’hebdomadaire Marianne a publié le 5 décembre un cri d’alarme poussé par le seul économiste français ayant reçu le prix Nobel [1]. Maurice Allais explique (et cela depuis longtemps) que le libre échange est excellent entre pays de niveau de développement comparable, mais très dangereux lorsque les participants ont des coûts de main d’œuvre trop différents.
En inventant l’efficace slogan « Travailler plus pour gagner plus », Nicolas Sarkozy avait su rallier à lui une catégorie de Français dont on peut se demander si elle ne sera pas en définitive sa principale victime.
En 2010, les administrations publiques vont dépenser 56 % du PIB, dont 10 points financés par endettement. Une telle situation est insoutenable à moyen terme : il va falloir réduire l’écart entre les rentrées et les dépenses ; Bruxelles, comme le bon sens, nous presse d’y parvenir sans traîner. Le retour à la croissance nous fera faire, dans le meilleur des cas, la moitié du chemin.



