Économie
Être libéral selon la Constitution française, c’est être attaché à la liberté en général, et à toute liberté en particulier dès lors qu’elle ne s’exerce pas au détriment d’autrui.
Même si le gouvernement n’en tient pas compte, le débat sur les retraites a ramené à la surface le serpent de mer des retraites par capitalisation. Hypothèse mythique à bien des égards.
Jamais la « taxe Tobin » n’a autant été en vogue depuis qu’un certain nombre de gouvernements, de militants politiques et d’esprits bien-pensants, venant de tous horizons, d’accord contre la finance apatride et les spéculateurs infâmes, pensent avoir enfin trouvé en celle-ci la potion du docteur Miracle. Les sommets du G20, comme celui de Toronto, sont toujours l'occasion de la servir à nouveau.
Le projet gouvernemental de réforme des retraites devrait permettre de réduire des deux tiers le déficit 2020, à environ 16 milliards d’euros au lieu de 45 milliards prévus en l’absence de nouvelles mesures. Une telle réforme n’est donc pas inutile. Elle est néanmoins décevante : il y avait tellement à faire, en comparaison de ce qui va être fait, et il aurait été possible de faire tellement mieux !
Pour ne pas brusquer les syndicats, le gouvernement s’oriente vers une réforme « à petits pas » qui modifie le moins possible le système français de retraites par répartition, comme si son architecture donnait globalement satisfaction. Ce manque d’ambition ne serait-il pas la pire des imprudences ? Après avoir crié sur les toits que tout serait mis sur la table, est-il raisonnable d’écarter d’un revers de main toutes les solutions novatrices ?



