Le fil
International
Afrique : le Sida, l'éthique et l'expérience
20 Mars 2009
Les propos de Benoît XVI sur les insuffisances et le danger du préservatif relèvent davantage de l'idéologie ou de l'ignorance que de la raison. En l'espèce, que dit la science ? Dans un article publié par Liberté politique en novembre 2004, un chercheur en biologie moléculaire faisait le point sur la lutte contre le Sida en Afrique. Si la seule bonne méthode pour éviter le Sida consiste à se tenir à l'écart de ce virus mortel, qui se transmet par voie sanguine ou sexuelle, l'abstinence et la fidélité sexuelle s'imposent. Mais la formule est jugée irréaliste. Pourtant, l'expérience de l'Ouganda, données épidémiologiques à l'appui, prouve le contraire.
Lire l'article d'Albert Barrois (pour disposer du texte complet, avec l'appareil de notes, se reporter à la version papier de la revue).
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Commentaires (6)
La Presse avait titré : « Le Pape est contre la diffusion du
>> préservatif. »
>> Quelle pitié de voir une partie du Clergé réagir et abonder dans le sens
>> de
>> la Presse-à -sensation sans étudier à fond l’information. Lisez plutôt !
>>
>> "Voici la question du journaliste et la réponse de Benoît XVI, dans son
>> contexte.
>> Question - Votre Sainteté, parmi les nombreux maux qui affligent
>> l'Afrique,
>> il y a également en particulier celui de la diffusion du sida. La position
>> de l'Eglise catholique sur la façon de lutter contre celui-ci est souvent
>> considérée comme n'étant pas réaliste et efficace. Affronterez-vous ce
>> thème au cours du voyage ?
>> Benoît XVI - Je dirais le contraire : je pense que la réalité la plus
>> efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est
>> précisément l'Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses différentes
>> réalités. Je pense à la Communauté de Sant'Egidio qui accomplit tant, de
>> manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, aux
>> Camilliens, à toutes les religieuses qui sont à la disposition des
>> malades... Je dirais qu'on ne peut pas surmonter ce problème du sida
>> uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n'y met pas l'âme, si les
>> Africains ne s'entraident pas, on ne peut pas résoudre ce fléau par la
>> distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d'augmenter le
>> problème.
>> La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier,
>> une humanisation de la sexualité, c'est-à -dire un renouveau spirituel et
>> humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l'un avec
>> l'autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour
>> les
>> personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de
>> renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent.
>> Tels sont les facteurs qui aident et qui conduisent à des progrès
>> visibles.
>> Je dirais donc cette double force de renouveler l'homme intérieurement, de
>> donner une force spirituelle et humaine pour un juste comportement Ã
>> l'égard de son propre corps et de celui de l'autre, et cette capacité de
>> souffrir avec ceux qui souffrent, de rester présents dans les situations
>> d'épreuve. Il me semble que c'est la juste réponse, et c'est ce que fait
>> l'Église, offrant ainsi une contribution très grande et importante. Nous
>> remercions tous ceux qui le font".
>> Pas besoin d'explication de texte, mais simplement de la bonne foi.
> Respectueusement.
Claude CONROD.




En l'occurrence il me semble qu'elle est bien maladroite. Je ne pense pas que Benoît XVI prendrait le risque de se prononcer sur le sujet sans avoir pensé aux termes employés et en mesurant parfaitement l'impact qu'ils auraient, relayés par les médias.
A titre personnel je pense qu'une telle mise au point était nécessaire.
D'ailleurs les réactions de nombreuses autorités africaines, tant des responsables de l'Église que des responsables politiques, vont dans le même sens. L'opinion occidentale sur le sujet est totalement biaisée parce que malgré les apparences le SIDA n'est pas un problème de santé majeure (je suis médecin!) en tout cas en France. En revanche en Afrique il est un réel problème de santé publique. Mais les européens n'en ont pas la moindre idée. Ils regardent leur nombril. Tous les africains conscients et responsables ont bien compris que le salut en la matière n'est pas le préservatif. Ils demandent aux européens de ne pas appliquer au problème africain un mode de raisonnement qui n'est propre qu'à la société dans laquelle ils vivent (qui n'est d'ailleurs pas un modèle). Il faut lire plus que trois mots de la déclaration de Benoît XVI pour comprendre qu'il est en phase totale avec ce qui se passe en Afrique et qu'il maîtrise le sujet, pas seulement sur le plan "idéologique".