« La Droite forte », mouvement tout juste créé par Geoffroy Didier et Guillaume Peltier,pourrait déposerune motion au congrès de l’UMP du 18 novembre. Toutefois, elle n’a pas l’intention de présenter son candidat

« La gauche a abandonné le peuple et la droite la nation  » (Jean-Pierre Chevènement). Alors que la gauche retrouve les commandes du pays, « la droite se retrouve face à elle-même », comme l’explique Geoffroy Didier dans une interview au Point. Après dix ans de domination de l’UMP à Matignon et à l’Elysée, la refondation de la droite est à l’ordre du jour. Geoffroy Didier[1], conseiller régional d’Ile-de-France, et Guillaume Peltier[2], secrétaire national de l’UMP, viennent ainsi de lancer le 23 juillet un nouveau mouvement, « la Droite forte », pour renouer avec la nation.

« Sans une droite forte, le FN nous battra en 2017 » 

Le courant fait directement référence au slogan de campagne de l’ancien président de la République, « la France forte », et se retrouve dans les promesses du candidat Sarkozy. Selon les deux fondateurs du mouvement, la stratégie de Patrick Buisson, destinée à conquérir les classes populaires séduites par Marine Le Pen, était la meilleure possible.

Par conséquent, c’est dans la continuité du programme de Nicolas Sarkozy que le mouvement souhaite écrire l’avenir de la droite : « Sans une Droite forte, le FN nous battra en 2017 », prévient Geoffroy Didier, toujours dans Le Point. Guillaume Peltier, dans les colonnes du Figaro, met lui aussi en garde contre une droite qui n’assumerait pas ses valeurs et laisserait un large espace au Front national.

La Droite forte devra, selon Geoffroy Didier, répondre à « une double urgence – une droite plus assurée et plus offensive », en défendant « l’amour de la France, le respect de ses frontières, la priorité au travail et au mérite, la chasse aux fraudes et à l’assistanat et le retour de l’autorité républicaine ». Elle pourrait ainsi constituer une force de rassemblement entre les centristes et la Droite populaire. Cette dernière, si elle a de nombreuses convergences avec le mouvement récemment créé, « s’est auto-caricaturée et elle s’est dénaturée » dans « certaines situations », à en croire le conseiller régional, qui lui reproche de s’être enfermée sur les sujets d’immigration et de sécurité.

Une courant souhaité par Hortefeux

Brice Hortefeux, dans une interview au Figaro du 14 mai, avait souhaité la création d’une « Droite forte ». En effet, le journaliste du quotidien avait demandé à l’ancien ministre de l’Intérieur s’il souhaitait créer un mouvement au sein de l’UMP, question à laquelle Hortefeux avait répondu ainsi : « Je crois que l’UMP a besoin d’une Droite forte qui défende des idées à la fois populaires et sociales ».  

Il semble cependant que Brice Hortefeux prenne ses distances avec le nouveau courant de l’UMP, pour ne pas nuire à la crédibilité politique de la Droite forte, Hortefeux étant un ami de Nicolas Sarkozy. Geoffroy Didier précise ainsi dans son interview au Point que son mouvement « défend le sarkozysme » mais qu’il n’est pas un repère de « sous-marins de Sarkozy ».

Avant de présenter une motion au congrès de l’UMP du 18 novembre -ce qui nécessite le soutien d’un minimum de dix parlementaires dans dix fédérations différentes-, la Droite forte sera officiellement créée lors d’un meeting le 15 septembre. En revanche, elle ne s’engagera pas en faveur d’un des candidats à la présidence de l’UMP. Ses membres feront part de leur préférence à titre personnel.

Laurent Ottavi

Sources :

Le Figaro : Interview de Guillaume Peltier

Le Point : Interview de Geoffroy Didier

Le Figaro : Interview de Brice Hortefeux du 14 mai

Le Point : Deux jeunes sarkozystes lancent la droite forte

[1] Geoffroy Didier, diplômé d’Harvard, est avocat. Il est proche de Brice Hortefeux.

[2] Guillaume Peltier a intégré plusieurs partis politiques au cours de sa carrière : le Front national, le MNR de Bruno Mégret, l’UDF, le MPF de Philippe de Villiers et l’UMP. Il est aujourd’hui chargé des études d’opinions à l’UMP.