Après un score historique au premier tour, Marine Le Pen compte bien transformer l’essai aux législatives. Son but ? Stigmatiser l’UMP afin de mieux placer son parti, le Front National, dans l’opposition. Tel Iznogoud, Marine Le Pen veut être Calife à la place du Calife – ou ici, chef de l'opposition à la place de l'UMP !
Et pour cela, elle ne ménage pas sa peine. Son mot d’ordre selon Marianne : « Ne votez plus pour l’UMP, cette machine à perdre les élections. »
La Présidente du FN a donc décidé de s’adresser directement aux électeurs de L’UMP : « Il faut une opposition qui tranche politiquement, digne de confiance et sûre d’elle. À ceux qui veulent aujourd’hui construire une opposition nouvelle dans ce pays, il faut faire entrer des députés patriotes à l’Assemblée nationale. »
Cette nouvelle campagne s’explique par la nouvelle donne électorale du Front National. Les législatives, communément comparée à un troisième tour de l’élection présidentielle, bénéficieront des mêmes tendances. Autrement dit, les scores seront proches entre l’élection du premier tour et les résultats des législatives. Une donnée vérifiée par les sondeurs : « Notre sondage vérifie la règle qui veut que, pour un scrutin qui suit de très près la présidentielle, la tendance dégagée dans le premier scrutin est amplifiée dans le second », analyse Frédéric Dabi, directeur adjoint de l’Ifop.
Sur le papier donc, Marine Le Pen a le vent en poupe grâce à son bon score du premier tour. Sur le terrain cependant, pour que ce « bon score » se concrétise en sièges à l’Assemblée, il faut encore que les députés des listes MLP sortent vainqueurs des nombreuses triangulaires qui risquent de les handicaper. En effet, pour passer au second tour, chaque candidat doit dépasser la barre fatidique des 12,5% des inscrits. Un score qui devrait pouvoir être atteint par les candidats du PS, de l’UMP… et du FN si l’on en croit les statistiques. Dès lors, la gauche risque de profiter de la division à droite. « Dans l’état actuel des choses, le FN apparaît comme une force considérable de nuisance pour l’UMP, analyse Frédéric Dabi, mais ses capacités restent insuffisantes pour entrer à l’Assemblée. »
Pourtant, selon la Sofres et l’Ifop, deux instituts de sondages, le report des voix de Marine Le Pen vers Nicolas Sarkozy a été relativement important (autour de 60%). De même, « 54%, les électeurs de l’UMP estiment (Ifop) qu’un accord entre l'UMP et le FN est souhaitable ». Un « front de droite » pourrait donc être constitué si l’enjeu premier était de battre la gauche. Malheureusement, la politique menée par Marine Le Pen demeure l’explosion de l’UMP comme le confirment ses récentes déclarations. Une stratégie qui donnerait les pleins pouvoir à la gauche pour au moins deux ans.
Source : Marianne 2









