Alors que plus de 300 enfants sont morts aux mains des forces de sécurité du régime de Damas depuis le mois de mars et que les violences ont déjà fait 4 000 morts, Navi Pillay, la responsable des droits de l’homme a l’ONU, a plaidé pour la protection de la population syrienne.

A Genève, une session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme a été consacrée à la situation des droits de l'homme en Syrie ce vendredi 2 décembre. La haut-commissaire aux droits de l'Homme y a notamment évoqué le rapport accablant publié lundi par la commission internationale d'enquête mandatée par le Conseil, faisant état de crimes contre l'humanité commis par les forces de sécurité syrienne, estimant qu'il « renforce le besoin urgent » pour le régime de Damas de « rendre des comptes ».

« La répression brutale » des autorités syriennes, « si on n'y met pas un terme maintenant » peut plonger le pays dans « une guerre civile à part entière » a averti Mme Pillay.

De fait, les chiffres sont accablants :

  • 4 000 personnes sont mortes depuis le début de violences
  • dont 307 enfants (56 enfants pour le seul mois de novembre, « le plus mortel »)
  • plus de 14 000 personnes sont détenues en relation avec la répression
  • 12 400 personnes ont trouvé refuge dans les pays voisins

Notons cependant que les experts n'ont pas été autorisés à entrer en territoire syrien.

Le Conseil des droits de l'homme doit se prononcer dans la journée sur un projet de résolution élaboré par l'Union européenne prévoyant notamment de condamner « les graves violations systématiques des droits de l'homme » commises par les autorités syriennes. Ce ne sera cependant pas la première fois. Il a déjà tenu deux sessions extraordinaires sur la situation en Syrie pour y condamner la répression, le 29 avril et les 22-23 août derniers. Sans grandes conséquences.

 

Sources : AFP