Le Monde

Peu en parlent et pourtant la surprise est de taille. Alors que la plupart des sondages annonçaient la réélection du président sortant, la Serbie s’est plutôt choisie son adversaire : le nationaliste populiste Tomislav Nikolic, jadis proche de l'ex-homme fort de Serbie, Slobodan Milosevic.

Tomislav Nikolic aurait obtenu 49,4 % des voix contre 47,4 % pour M. Tadic, « selon des résultats partiels portant sur un échantillon représentatif au niveau national pris en compte par le CESID, un organisme indépendant chargé de la surveillance du scrutin » écrit Le Monde.

« Il s'agit d'un tremblement de terre électoral, des résultats totalement inattendus », confirme l'analyste politique Slobodan Antonic, tandis qu’un autre analyste, Srdjan Bogosavljevic, met en cause le faible taux de participation qui aurait été « favorable au gagnant du scrutin ».

Continuité sur le chemin de l’UE

Ceux qui craignaient une rupture avec la politique pro-européenne de son prédécesseur ont cependant été rassurés. Le nationaliste a en effet immédiatement déclaré à la presse : « La Serbie maintiendra sa voie européenne [...] Ce scrutin n'a pas porté sur qui conduira la Serbie vers l'UE mais sur qui réglera les problèmes économiques créés par le Parti démocratique » (DS) du président sortant. C’est ce dernier, Boris Tadic, « qui a conduit la Serbie, isolée politiquement et économiquement dans les années 1990, au seuil de l'UE » rappelle le quotidien. Grâce à lui, la Serbie est officiellement devenue en mars « candidat à l’intégration dans l’Union Européenne » et attendrait d’obtenir une date pour le début des négociations.

Boris Tadic suite à ces élections a déclaré : « En tant qu'ancien président de la Serbie, si mes propos sont encore entendus, j'exhorte au maintien de la stratégie menant vers l'UE ». Pour obtenir son ticket d’entrée dans le club des 27, il avait notamment dû livrer au Tribunal pénal international Radovan Karadzic et Ratko Mladic, deux anciens dirigeants politiques et militaires des Serbes de Bosnie inculpés de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Sans reconnaître son indépendance à la majorité albanaise, Boris Tadic avait également amélioré les relations de Belgrade avec le Kosovo à la demande de Bruxelles.

Priorité au redressement du pays

Mais aujourd’hui pour Tomislav Nikolic l’urgence est ailleurs : « La Serbie doit développer son économie et doit enrayer la pauvreté. Nous devons commencer à œuvrer pour nous débarrasser de la corruption ».

Le populiste qui avait misé pour son élection sur « le mécontentement grandissant de la population en raison de la mauvaise situation économique en Serbie, où le chômage touche 24 % de la population » montre ainsi qu’il compte remédier au problème en s’attaquant à sa source. Les paroles seront-elles suivies d‘effets? Rendez-vous dans quelques mois...

Source : Le Monde