Le Monde

Un groupe d’économiste a publié dans Le Monde le 2 mai dernier une tribune de soutien à Nicolas Sarkozy. Ces derniers affirment que leur choix n’est pas dicté par l’idéologie mais par les faits. Bernard Belloc (université de Toulouse-I), Marc Ivaldi (Ecole d'économie de Toulouse et EHESS), Philippe Mongin (CNRS et HEC), Philippe Trainar (économiste), Régis Bourbonnais (Paris-Dauphine), Philippe Chalmin (Paris-Dauphine), Eric Chaney (économiste), Jacques Crémer (CNRS), David Encaoua (Paris-I), Claude Gamel (Aix-Marseille), Louis Lévy-Garboua (Ecole d'économie de Paris et Paris-I), Philippe Gagnepain (Ecole d'économie de paris et Paris-I), Jean-Pierre Laffargue (Paris-I), Michel Moreaux (Toulouse), Christian Morrisson (Paris-I), Bertrand Munier (IAE Paris), Emile Quinet (Ecole d'économie de Paris et Ecole des ponts ParisTech), Dominique Roux (Paris-Dauphine), Jacques Thépot, (Strasbourg) ont notamment signé cette tribune.

Le bilan

Passant rapidement sur le bilan du président candidat, les économistes saluent l’effort de réforme réel entrepris par le gouvernement de François Fillon : « la réforme a cessé d'être un slogan vide comme elle l'a été trop longtemps par le passé ».

A titre d’exemple, les économistes citent les réformes des retraites, des universités, l’instauration du revenu de solidarité active, les nouvelles cartes judiciaire et militaire, la réduction du nombre des fonctionnaires, la loi Hadopi. Ils saluent également le soutien aux entreprises dont a fait preuve le gouvernement durant tout le quinquennat.

Ces économistes plébiscitent notamment par ce choix une politique de l’offre plutôt que de la demande contrairement à ce qui s’est fait dans le passé.

Et enfin ils affirment : « La transparence de la politique économique a bénéficié du renforcement constitutionnel du parlementarisme et de gestes courageux, comme l'abandon de la présidence de la commission des finances à l'Assemblée nationale ou la nomination d'un opposant à la tête de la Cour des comptes. »

La tribune n’est pas non plus idéaliste. Ces économistes regrettent par exemple « que la suppression des niches fiscales et l'instauration de la TVA sociale interviennent si tard, que la réduction des déficits publics soit trop confinée à l'Etat central, alors que la gabegie des dépenses de santé perdure et que les collectivités locales maintiennent une gestion dispendieuse. »

Ils déplorent également l’imperfection de la pédagogie des réformes parce qu’elles ne se sont pas inscrites dans un plan d'ensemble annoncé.

« Mais, après des décennies perdues, il faut savoir gré à Nicolas Sarkozy et François Fillon d'en avoir mené autant de front, contre balancent-ils. Il nous semble indiscutable que la France de 2012 est beaucoup mieux adaptée que celle de 2007 aux exigences de la construction européenne et de la mondialisation. Ce résultat est d'autant plus impressionnant que la crise a sévèrement limité les marges de manœuvre ».

Un choix d’avenir

Vient ensuite le temps des perspectives et des programmes.

« Diminuée par la crise, la France a plus que jamais besoin de réformes pour respecter la discipline de l'euro et affronter la concurrence mondiale, et elle doit choisir le candidat qui saura le mieux les conduire tout en étant capable d'affronter de nouveaux paroxysmes », constatent-ils.

A propos de François Hollande, ils analysent : « Il a multiplié les générosités en direction de ses clientèles - titulaires du smic, automobilistes, enseignants, fonctionnaires - mais bien qu'elles nous semblent déplacées, nous n'en faisons pas le centre de notre critique. » Leur critique est davantage un scepticisme sur sa capacité à tenir son engagement, au moins nominal, sur un échéancier de réduction des déficits publics. Plus grave et malgré l'annonce discrète qu'il ne reviendrait pas sur toutes les réformes effectuées depuis 2007, François Hollande compte malgré tout supprimer la TVA sociale et la loi sur les retraites, « avec un coût élevé pour les entreprises dans les deux cas ».

Du côté de Nicolas Sarkozy, les économistes sont impressionnés. « Lui aussi consent des libéralités, mais elles restent mesurées et, pour réduire les déficits, il ose faireporter l'effort jusqu'à deux tiers sur les dépenses publiques, alors que son rival, fidèle au programme du Parti socialiste, ne sollicite guère que les prélèvements. »

Autres mesures programmatiques à mettre au crédit du président-candidat, sa volonté de s’en prendre aux « deux vaches sacrées que sont l'assurance-maladie et les collectivités territoriales » ; son intention de continuer à fairebaisser les charges salariales « de façon plus convaincante que par le moyen douteux du contrat de génération » ;  et enfin , ses autres réformes indispensables de l'Etat-providence « pour lesquelles son bilan le rend crédible, alors qu'elles nous semblent hors de portée politique de François Hollande, comme celles de l'assurance-chômage et de la formation professionnelle ».

Les économistes concluent ainsi : « Pour améliorer la vie de ses citoyens, compter dans le monde et rester à la hauteur de ses engagements internationaux, la France doit encore se moderniser profondément. Ni de droite ni de gauche, la science économique aide à délibérer les choix, et elle a informé le nôtre : des deux candidats, Nicolas Sarkozy nous semble le mieux capable de prendre l'avenir à bras-le-corps. »

Source : Le Monde