Islam

Nous publions ci-dessous l’entretien que Mohammed-Christophe Bilek membre de l’association Notre Dame de Kabylie a accordé à Benoît d’Avigneau pour Liberté Politique. A la veille du premier tour de l’élection présidentielle, ce témoignage sans langue de bois ni faux semblant est une invitation à renouveler notre regard non seulement sur l’immigration musulmane mais d’abord sur nous-même et sur le discours politiquement correct de gauche comme de droite.

M. Bilek, pouvez-vous nous raconter votre histoire ?

Je suis Kabyle, arrivé d’Algérie en 1961, un an avant l’indépendance. Pour ne pas arriver en retard à l’école, j’ai dû me mettre à écouter la radio. C’était l’époque de RTL et d’Europe 1, et il y avait tous les matins deux émissions, produites par des protestants : « la voix de l’Evangile », et la « Bonne Nouvelle ». C’est ce qui a fait mon premier enseignement chrétien. J’ai également découvert dans le 5earrondissement de Paris où j’habitais de nombreuses églises catholiques, qui m’éblouissaient. La première église dans laquelle je suis entré était, ironie du sort, Saint Nicolas du Chardonnet, dite aujourd’hui paroisse intégriste. C’est pourquoi je suis toujours resté très ouvert à toutes les sensibilités chrétiennes, depuis les traditionnalistes jusqu’aux protestants.

En fréquentant les églises, j’ai fait peu à peu la découverte des saints, nos grands frères et nos guides dans la foi. Ceux-ci  – et surtout saint François d’Assise et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus – m’ont fasciné, par leur mise en pratique de la radicalité de l’Evangile : ils avaient choisi librement de tout donner à Dieu. J’ai compris à ce moment-là que ce Dieu ne pouvait être que le vrai Dieu.

Quel regard portez-vous sur l’Islam ?

Le Christianisme est la religion de la liberté, alors que l’Islam est la religion de la soumission. En effet, d’après le Coran, Allah considère que les hommes sont ses esclaves, et non ses enfants. Les Musulmans acceptent cela, et ne nient pas que  « Islam » vienne de « soumission » en arabe.

Les Chrétiens acceptent aussi d’être soumis à Dieu ; mais c’est une soumission volontaire, totalement libre. Un Chrétien renonce à tout pour Dieu, mais librement. C’est ainsi que dans le cas d’une religieuse chrétienne le voile prend tout son sens : par sa consécration libre à Dieu, elle lui appartient. Dans l’Islam, le voile a été institué par Mahomet pour éviter que ses fréquents  visiteurs fussent tentés à la vue de ses épouses ; la tradition musulmane rapporte qu’alors un « Aya », un verset (le 59 de la sourate 33), est descendu de la part d’Allah recommandant à Mahomet de prescrire aux femmes de porter le voile pour protéger l’homme de la concupiscence. Le voile est donc imposé pour éviter à l’homme la tentation, et non comme signe d’appartenance à Dieu. Même des fillettes de 6 ans sont voilées de la tête aux pieds, à cause d’Aïcha, qui fut fiancée à Mahomet à cet âge précoce.

Et le voile est donc obligatoire ?

A moins de remettre en question le Coran, le voile est obligatoire. Il en existe ensuite de plusieurs sortes. Et puis beaucoup de croyants font la part des choses entre les textes et la pratique. Du fait aussi  que beaucoup de musulmans n’ont jamais lu les textes, ni le Coran, ni les « hadiths » (une parole du prophète). La mise en application de ces textes est l’apanage des dignitaires religieux. Car le Coran ne peut théoriquement pas être interprété par les croyants.

Qu’est-ce qui sépare le Christianisme et l’Islam ?

Il y a 3 éléments qui font que l’Islam est antichrétien : tout d’abord, la négation de la crucifixion du Christ. Selon l’Islam, Jésus ne serait pas mort en croix, mais enlevé au Ciel et remplacé par on ne sait qui (certains parlent de Judas, ou de Pierre, …).

Ensuite, la Trinité est niée, et par là, la paternité de Dieu. Le Coran affirme ainsi que Dieu ne peut pas avoir d’enfants, en transformant le lien filial intemporel, entre le Verbe et le Père, en lien temporel et charnel qui suppose une épouse. Le livre des Musulmans déclare donc que la Trinité est composée d’Allah, de Jésus et de Marie (cf. sourate 5, verset 116).

Manifestement, l’auteur du Coran se trompe : y-a-t-il une explication ?

Comme les Musulmans ne peuvent pas remettre en cause le Coran, alors dans leurs débats avec les Chrétiens, ils tendent à remettre en question l’Évangile. Il est donc judicieux, pour discuter d’égal à égal, de leur rappeler les contradictions du Coran.

Enfin, Jésus aurait dit selon le Coran « je vous annonce la venue d’un autre messager, Ahmed ». Ceci pour prouver que Mahomet avait été annoncé par la Bible ! Et qui est Ahmed ? Ce n’est pas la même chose que Mohammed (prénom arabe de Mahomet). Et, pour expliquer qu’il y a proximité de racine, on s’oblige à ajouter un commentaire, une interprétation. Or le Coran n’est pas interprétable. Ce problème fait qu’un Musulman m’a dit « attendre » la prochaine venue d’Ahmed.

Ce qu’il faut bien retenir, c’est que le premier relativisme est celui de l’Islam. Il met sur le même plan tous les prophètes (depuis Moïse, en passant pas Jonas, David, …, puis Jésus et Mahomet, les deux derniers), et fait déclarer à certains Musulmans : «Nous croyons en Jésus, alors croyez en Mahomet ». Ils vont plus loin encore dans cet amalgame, disant croire à l’Immaculée Conception de Marie avant le Catholicisme, et ce depuis 13 siècles, à cause de ce « hadith » : « Tous les hommes qui naissent sont touchés par Satan, c’est pour cela qu’ils crient ; sauf Jésus et Marie ».

Et d’une manière plus particulière, que pensez-vous de l’Islam d’aujourd’hui, en France ?

Il est indispensable de faire la part des choses entre la foi et la loi. L’Islam est d’abord une doctrine de textes qu’il faut lire (les vrais gens du Livre sont les Musulmans, pas les Juifs et les Chrétiens) et que tout le monde peut consulter.

Quant à la mise en pratique de la foi musulmane et de la loi islamique, il y a un grand désaccord entre eux. Il en va comme du communisme : les marxistes, maoïstes, léninistes se lancent des anathèmes, et affirment que le vrai marxisme n’a jamais été appliqué, ce qui laisse de l’espoir à un Mélenchon. C’est la même chose dans l’Islam.

Comment et à quoi reconnaît-on un vrai Musulman ?

Personne ne peut contester que certains Musulmans soient de bons citoyens. Il faut respecter ces Musulmans-là, ils sont honorables car ils ne cherchent pas à imposer l’islam aux autres. Je suis moi-même encore très proche de mes parents, de ma famille. Mais les textes, c’est autre chose, certains sont dangereux. C’est pourquoi il faut affirmer que l’on peut critiquer le Coran, comme ils critiquent la Bible. Il faut donc ici faire la distinction entre « musulmanophobie » (rejet des musulmans) et islamophobie (rejet de l’Islam). Le premier concerne les personnes, alors que le second concerne la religion.

Aujourd’hui, on ne fait plus la différence entre la foi et la loi. La loi naturelle nous pousse à faire du bien à son prochain. La loi de 1905, a rejeté dans la sphère privée la loi et la foi chrétienne. Or aujourd’hui la sharia, la loi musulmane, remet en question cet équilibre républicain : par exemple, une Musulmane ne peut épouser un non-Musulman. Si la foi est personnelle, épouser une personne d’une autre religion doit rester du domaine privé ! Est-ce que la République française va accepter que la foi « privée » s’immisce dans la loi ? C’est ainsi que l’Islam pousse en France à obtenir un espace et pour sa foi et pour sa loi ; il ébranle donc nos convictions laïques. Savez-vous que le comportement des Musulmans en France est impensable pour un non musulman dans un pays islamique ? Je pense au contraire qu’on peut s’entendre sur la loi universelle des droits de l’homme, et que par un dialogue on peut arriver à un « modus vivendi », une manière de vivre sous une loi commune. C’est pourquoi on ne peut parler de conflit de civilisation. En réalité, le conflit est celui de la foi ; et l’Occident est démuni, car il a perdu sa propre foi depuis bien longtemps.

Quel est donc le rapport des Musulmans à la loi Française ?

La loi française est une jungle ; et elle ne peut être respectée si ceux qui devraient la faire respecter ne le font pas. La république légifère sur tout ! On assiste donc à une remise en question de la loi française. Et il faut souligner l’absence de volonté politique, par trop de divisions sur l’essentiel. Alors que dans la population il y a moins de clivage, car les Français ne veulent pas qu’une loi islamique leur soit imposée. L’Etat doit donc faire appliquer la loi sans se poser de questions, et éviter ainsi d’avoir deux poids deux mesures.

Il ne faut surtout pas en vouloir aux immigrés de France ; nous leur donnons tout : certains peuvent même toucher une retraite sans avoir cotisé ! Mais il faut au contraire libérer la parole, en particulier par des consultations populaires ; c’est tout un système qu’il faut revoir. La parole est en effet libératrice : il vaut mieux dire à quelqu’un « je te hais » et ne pas passer à l’acte de le tuer ! On procède en France par refoulement ; jusque dans les années 80, les musulmans se sont sentis refoulés (dans leur expression) ; aujourd’hui, c’est l’inverse, le Français moyen ne peut s’exprimer. Il faut exiger de la part des immigrés un remerciement pour l’accueil, un respect de notre pays. Puis une véritable discussion de fond sur les problèmes rencontrés par les communautés. Seulement, aujourd’hui, une partie des immigrés crache dans la soupe. C’est de la malhonnêteté. Et les Français, parmi lesquels il y a tous les émigrés des anciennes générations, se laissent avoir, ils prennent une déculottée ! Mais cela on ne peut le dire sans être traité de raciste. L’inquisition du XXIe siècle est dans les médias : ce sont eux qui empêchent cette libération de la parole !

Vous pensez donc qu’il n’y a pas de racisme en France ?

Le problème n’est pas le racisme, mais le travail. Aujourd’hui le travail n’est plus valorisé, nous sommes dans un système d’assistanat. Mais pourquoi ne regarde-t-on pas ce que font les autres pays pour les imiter ? Seraient-ils inférieurs ? Demandons-nous pourquoi les étrangers sont arrivés chez nous. En les laissant entrer en France et s’installer, cela empêche le bien être économique des pays les moins avancés, car ils ne retournent pas chez eux. Le véritable racisme, c’est de refuser le développement des autres pays. Le système occidental pompe les intelligences de ces pays moins développés. Leurs habitants préfèrent venir pour avoir de l’argent facile, un logement facile, des femmes faciles. Pourquoi ne vont-ils pas en Arabie Saoudite s’ils cherchent du travail ? Parce qu’ils cherchent la facilité. Or, le minimum est de travailler. Mais on n’apprend pas aux gens qu’il faut mériter son salaire ; comme dit un proverbe chinois, « donnez un poisson à un pauvre, il se nourrira un jour ; apprenez-lui à pêcher, il se nourrira toute sa vie ». L’arrogance de l’Occident le conduit, sous couvert de beaucoup de générosité et de culpabilité à se considérer comme supérieur aux autres nations : il comprendrait tout, le monde, le bien, … qu’il dise plutôt à ceux qui sont sur son territoire qu’il faut travailler !

Un sujet qui vous touche, que pensez-vous de l’immigration en France ?

C’est un vaste problème. Tout d’abord il faut laisser les gens parler, sans crier à l’amalgame, à la stigmatisation. Doit-on cacher la vérité à ceux qui arrivent ? On ne peut plus accueillir de nos jours. Ou alors il faudra trouver une autre place aux Français. La France et les pays européens peuvent-ils encore supporter ce poids de l’immigration ? Lions l’immigration au travail, en exigeant un travail pour vivre décemment en France. Et prévenir les candidats à l’immigration : pour un temps ils seront sans familles, avec peu d’argent. Ils ne doivent pas rester sur les caisses de l’Etat.

C’est aussi un problème de partage. L’argent publique est mal géré : on délocalise, et on fait venir des immigrés. Mais il n’y a jamais eu autant de clochards ! La plupart ne sont même pas Français. Ce n’est ni honnête de notre part, ni humain. D’autant plus qu’il y a beaucoup de travail chez eux. Nous avons donc besoin d’accords avec les pays les plus pauvres : ils limitent l’immigration, et nous les aidons à mettre en valeur leur pays.

Que pensez-vous de la campagne présidentielle en France ?

On ne va pas assez dans le fond du débat : on parle de stigmatisation, de manipulation ; mais en réalité, c’est le pire moment en France pour aborder les problèmes, car il y a beaucoup trop d’opposition, tout se catapulte et empêche une parole réfléchie, une saine pensée. C’est toute la France qu’il faut plutôt refonder ; au contraire, on vote pour le moins pire, sans grand changement. Et les promesses seront-elles tenues ?

Cependant il faut garder espoir. Si souvent l’intérêt du pays est complètement oublié, certains aiment la France. Je ne vois pas encore de changement poindre, nous essuierons d’autres tempêtes. La première chose à faire est de récupérer les pouvoirs laissés au mammouth de Bruxelles. Le Français d’aujourd’hui ne sait même plus qui détient le pouvoir !

Que pensez-vous de la situation des chrétiens d’Orient ?

Il y a deux sortes de Chrétiens en Orient :

  • Les Chrétiens de naissance, sous le régime de la dhimmitude (ils ne sont pas citoyens à part entière). Ce qui est scandaleux, c’est que les Chrétiens d’Occident ne dénoncent pas cette ségrégation qui ne porte pas son nom. Aujourd’hui les premiers responsables de leur situation sont les Occidentaux.
  • Les néo Chrétiens : on les empêche de quitter l’islam. Pour nous chrétiens, Dieu nous a transmis que la foi doit être personnelle, car c’est un oui que l’on dit librement à Dieu. L’Islam reconnaît la liberté pour devenir Musulman : un document de la mosquée de Paris stipule que la seule condition pour devenir musulman, c’est d’être en pleine possession de ses moyens intellectuels, ne pas subir de pression. Si l’Islam reconnaît la liberté pour y entrer, pourquoi ne pourrait-on pas le quitter librement ? Et on parle de la tolérance en islam ? … mais qu’ils le montrent donc, ses défenseurs ! Dois-je citer ce pasteur iranien en attente d’exécution pour conversion ? C’est pourquoi j’affirme que si on aime les musulmans, il faut les aider à récupérer leur liberté.

On ne quitte donc pas l’Islam sans péril, menaces, rejets. Le problème de l’Islam est immense, il faut donc compter sur Dieu. L’Islam veut imposer au reste de la société sa manière de voir, de penser en se réclamant de Dieu. Il pose donc le problème sur les deux plans de la foi (cela concerne les Chrétiens) et de la loi (cela concerne la République).

En conclusion ?

La solution à tout ceci, c’est le modus vivendi, la manière de vivre sur laquelle s’accorde une communauté nationale. Et ne pas séparer l’amour de Dieu de l’amour de son prochain.

 

Propos recueillis par Benoit d’Avigneau