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| Décryptage |
| 14 sept. |
Actualité
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Le Fil de la semaine
Fondation de Service politique
Benoît XVI en Autriche, la plainte contre Tony Anatrella sans suite, le Motu proprio dans la douceur, mais pas partout, Turquie : l’Élysée persiste et signe... les points chauds de l’actualité de cette semaine, par l’équipe de la Fondation de Service politique en ligne.
 Semaine précédente |
FRANCE
Une nouvelle campagne inefficace en faveur de la contraception
■ La bioéthique demeure le champ d’un combat permanent pour le respect de la vie et des droits de l’homme comme en témoigne encore l’actualité des quinze derniers jours. Cet été on apprenait que Roselyne Bachelot avait l’intention d’annuler les états-généraux de la bioéthique. Surprise : on apprend par Le Monde du 8 septembre qu’elle serait revenue sur sa décision. Le débat risque d’être difficile car l’ordre du jour est la révision en 2009 des lois de 2004.
Le ministère de la Santé lance par ailleurs une nouvelle campagne osée : "La meilleure contraception, c'est celle que l'on choisit". Objectif : initier une nouvelle culture contraceptive. La campagne se déclinera au travers d’un spot TV, la création d’un site Internet et la diffusion d’une brochure à six millions d’exemplaires avec des actions spécifiques dans les Dom-Tom et auprès des professionnels de santé et des adolescents.
Motif avoué : faire baisser le nombre d’avortements. Pour ou contre, chacun s’accorde en effet pour dire qu’il est trop élevé (200 000 officiellement). Paradoxe : la France est aussi l’un des pays au monde qui utilise déjà le plus la contraception. 72 % des femmes qui demandent l’avortement utilisent la contraception ! Comment croire dans ces conditions que la contraception peut faire baisser le nombre d’avortements ? L’expérience montre à l’inverse que l’usage de la contraception banalise l’avortement. Mais l’IVG culturellement banalisée n’en est pas moins objectivement un crime, psychologiquement et physiquement traumatisant. C'est aussi une « profonde blessure sociale », comme le pape l’a rappelé en Autriche, le 7 septembre.
Dans un communiqué, l’Alliance pour les Droits de la Vie (ADV, photo) regrette que cette campagne se limite à des incantations. Pour le docteur Xavier Mirabel, “les plus jeunes se montrent insensibles aux injonctions hygiénistes des pouvoirs publics”. Observant chaque jour les drames humains causés par l’avortement provoqué par une confiance aveugle dans la contraception, le président de l’ADV regrette une fois de plus que “les grands absents de la politique de prévention de l’IVG demeurent l’éducation affective et à la responsabilité dans le domaine de la sexualité et l’aide concrète aux femmes de tous âges confrontées à des grossesses difficiles ou imprévues”.
Si l’on veut faire baisser le nombre d’avortements en France mieux vaudrait soutenir des initiatives comme celle de ce groupe de parents qui diffuse un documentaire vidéo intitulé La vie est en nous. Chaque jour, une séquence du film est mise en ligne sur Daily Motion. Le DVD peut aussi être acheté sur www.lavieestennous.net
Pink TV : le rose est dans le rouge
■ L'avenir de Pink TV n'est plus rose, mais très sombre. La chaîne gay diffuse, pour combien de temps ? un programme minima. Elle a dû revoir sa grille à la baisse et son prix à la hausse. Malgré les messages faisant appel à la conscience militante de ses spectateurs et malgré une augmentation de capital de 1, 5 millions d’euros bouclé sans TF1 et M6 qui abandonnent leur participation. L’avenir est loin d’être certain pour Pink TV. C’est la preuve que la communauté gay n’est pas en France assez nombreuse pour permettre de rentabiliser un média aussi coûteux qu’une télévision thématique gay.
Il est intéressant de noter que la télévision d’une tout autre communauté, KTO, parvient, après de grandes difficultés, à trouver son point d’équilibre.
ÉGLISE
Benoît XVI à l’Europe : la raison et la vie
■ Devant les autorités autrichiennes et le corps diplomatique, Benoît XVI a rappelé l’Europe à ses devoirs. « La “maison Europe” [dont le pape précise qu’“il est permis de critiquer certains aspects de ses institutions”] sera pour tous un lieu agréable à habiter seulement si elle est construite sur une solide base culturelle et morale de valeurs communes que nous tirons de notre histoire et de nos traditions. L’Europe ne peut pas et ne doit pas renier ses racines chrétiennes », a dit le pape. « Elles sont une composante dynamique de notre civilisation pour avancer dans le troisième millénaire. »
La fidélité à l’héritage du dialogue foi et raison, qui caractérise l’Europe, est la clé de son avenir. Comment la raison, dont se recommandent les Européens, pourrait-elle naître de l’irrationnel ? demande Benoît XVI.
La raison, c’est d’abord le retour au « concept des droits humains », forgé en Europe : « Le droit humain fondamental, le présupposé pour tous les autres droits, est le droit à la vie elle-même. Ceci vaut pour la vie, de la conception à sa fin naturelle. En conséquence, l’avortement ne peut être un droit humain – il est son contraire. C’est une “profonde blessure sociale”, comme le soulignait sans se lasser notre confrère défunt, le cardinal Franz König. » Disant cela, le Saint-Père parle non comme un chef religieux, mais comme « avocat d’une demande profondément humaine », reconnaissant au nom des chrétiens « que la crédibilité de notre discours dépend aussi de ce que l’Église elle-même fait pour venir en aide aux femmes en difficulté ».
■ Lire le texte intégral du discours de Benoît XVI au corps diplomatique, Vienne, 7 septembre 2007.
La plainte visant Tony Anatrella classée sans suite
■ Le parquet de Paris a classée sans suite la plainte pour "attouchements sexuels" visant Mgr Tony Anatrella, a annoncé mercredi 12 à l'AFP son avocat, Me Benoît Chabert. Tony Anatrella a de son côté porté plainte contre X le 20 novembre 2006 pour dénonciation calomnieuse. "Ce classement sans suite est logique dans la mesure où rien ne peut être reproché à M. Anatrella", s'est félicité Me Chabert, en regrettant que "certains médias aient pu tenir pour acquis ce qui n'était que de la calomnie alors qu'aucun juge d'instruction n'était saisi".
Première leçon de cette triste affaire : Comme toujours, calomniez, il en restera toujours quelque chose ! Deuxième leçon : le piège redoutable que recèlent les accusations de délit sexuel. La plupart du temps, elles ne reposent que sur des accusations verbales et ne peuvent comporter, par nature, aucune preuve ; et non moins souvent, il s'agit d'accusations tardives alléguant des actes qui auraient été commis des années auparavant et qui comportent encore moins de preuves.
Malgré tout cela, le délit sexuel est devenu une forme de "délit absolu", moins à cause de la gravité des actes considérés et de leurs conséquences sur la psychologie des victimes (gravité avérée au demeurant), qu'à cause de la névrose qui frappe notre société sur ce sujet. Cette névrose provient de sa complaisance extrême et gravement coupable vis-à-vis de la pornographie et de toutes les formes attenantes d'esclavage humain. Certes, elle en ressent une certaine mauvaise conscience, mais sans vouloir cependant attaquer le mal à sa racine. Alors elle cherche à l'exorciser : le délit sexuel devient l’arme absolue.
La conjugaison du voyeurisme que cultivent les média et de l'envahissement pornographique crée dans l'opinion une caisse de résonance extrêmement efficace qui interdit toute prise de distance et rend donc l'accusation imparable dès lors qu'elle est proférée publiquement ; elle ne l'est d'ailleurs plus que comme cela.
Grâce à quoi l'accusation de délit sexuel, et plus particulièrement de pédophilie, est devenue un instrument redoutable entre les mains d'une part de désaxés de tout poil qui recherchent un exutoire ou une forme de célébrité (cf. l'affaire d'Outreau et le comportement accusatoire de tout son entourage qui fut celui de la principale accusée et, finalement, coupable, Mme Bédaoui), d'autre part de tous les malveillants qui cherchent à s'attaquer, par vengeance ou par pure volonté de nuire, à ceux que leurs fonctions ou leur statut rend particulièrement vulnérables, c'est-à-dire les enseignants, ceux qui encadrent des jeunes (scouts ou autres), et les prêtres.
Le Motu proprio en douceur, mais pas partout
■ C’est ce 14 septembre que la décision du pape libéralisant l'usage du missel du bienheureux Jean XXIII entre en application. Pour l’heure, cette entrée en vigueur se fait dans la douceur. D’après le journal La Croix , « les demandes de célébrations selon cette “forme extraordinaire” du rite romain sont, pour l’instant, peu nombreuses ». Selon sa propre enquête, « on ne connaît que dix lieux de culte nouveaux qui accueilleront des liturgies selon l’ancien missel en France, principalement dans des diocèses où aucune n’était célébrée auparavant ».
Ces chiffres s’ajoutent aux 124 lieux de culte où était déjà appliqué le motu proprio Ecclesia Dei. "A priori, les besoins sont couverts" semblent dire les autorités françaises, mais c’est a priori aussi maintenant que les demandes doivent être formulées, pourvu qu’elles émanent de "groupes stables", une condition pas si simple à remplir, et à interpréter. Il est donc bien trop tôt pour mesurer les effets de l’initiative de Benoît XVI, surtout si l’un des premiers objectifs, outre l’apaisement des tensions, est de renouveler dans toute sa rigueur et sa beauté la forme ordinaire du rite latin.
À côté de cette relative sérénité française, l’agitation hollandaise laisse pantois. La revue The Tablet britannique nous apprend que des dominicains néérlandais lancent une proposition qui vise à subvertir l’ordinaire de la messe, nouvelle ou ancienne. La proposition tient dans une brochure de 38 pages diffusée dans les 1300 paroisses catholiques de Hollande, intitulé "Kerk en Ambt", Église et ministère. Quand il n'y a pas de prêtres disponibles, les pères dominicains proposent qu'une personne choisie par la communauté préside la célébration de l'eucharistie. "Il est indifférent qu’il soit homme ou femme, homo ou hétérosexuel, marié ou célibataire." La personne sélectionnée et la communauté prononceraient ensemble les mots de la consécration. "Prononcer ces mots n'est pas un droit réservé au prêtre. Elle est la consciente expression de foi de la communauté tout entière." L'opuscule, qui a reçu l'approbation des supérieurs de l’ordre en Hollande, s’inspire des idées du célèbre dominicain hollandais, Edward Schillebeeckx, 93 ans, que la Congrégation pour la doctrine de la foi avait condamnées dans les années quatre-vingt. La conférence épiscopale hollandaise se réserve de répliquer officiellement, faisant savoir que la proposition des dominicains apparaît "en conflit avec la doctrine de l'Église catholique".
AFFAIRES ETRANGERES
Turquie : l’Élysée persiste et signe ?
■ Subtile stratégie élyséenne à l’égard de laTurquie. C’est le JDD qui l’a relevé : David Martinon porte-parole de l'Elysée, aurait rappelé sur LCI la position du chef de l'Etat sur l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne : "La position du président de la République sur la Turquie n'a absolument pas varié. Il considère que la Turquie n'a pas sa place dans l'Union européenne… Pour autant il faut bien qu'on continue à travailler avec les Turcs."
Mais mardi 11, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, suggère devant le comité Balladur sur la réforme des institutions la suppression de l’article 88-5 de la Constitution qui soumet tout élargissement européen à référendum. Un verrou qui sauterait, et qui ferait bien plaisir aux Turcs. Mais Jouyet justifie son idée pour « ne pas mettre la France en difficulté à l’égard des pays qui ont une vocation indiscutable et indiscutée d’adhérer à l’Union européenne, comme la Macédoine ou les Balkans ». Sa proposition aurait l’aval de l’Élysée…
Pour la Fondation de Service politique,
Thierry Boutet
François de Lacoste Lareymondie
Philippe de Saint-Germain
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