Damien Meerman. — Dans votre dernier essai, la Liberté détruite, vous stigmatisez l'aveuglement intellectuel et moral d'une société qui fait de la consommation des drogues un symbole de liberté, un véritable droit de l'homme.

Comment expliquez-vous une telle cécité ?

Tony Anatrella. — Nous sommes dans le même aveuglement que celui de la libération sexuelle dont nous mesurons actuellement les effets déstructurants sur les personnalités et la société (cf. la Différence interdite, Flammarion). La drogue est souvent présentée et vécue comme une nouvelle liberté pour affirmer l'individualisme régnant et un subjectivisme sans limite. La tendance actuelle valorise les sensations et les émotions au détriment de la raison et de la pensée. La façon de parler est symptomatique de l'éclipse de la raison au bénéfice de ce qui est éprouvé. On dit " je ressens " au lieu de " je pense ". Nous fabriquons ainsi un homme narcissique, replié sur lui-même et qui réduit la réalité extérieure à ce qu'il éprouve. Seul ce qui est ressenti existe. Il faut donc créer toujours plus de sensations avec l'aide de psychostimulants.

Vous consacrez de nombreuses pages au cannabis, dont vous signalez la toxicité. Beaucoup de gens ignorent la dangerosité de ce stupéfiant, considéré comme festif et sans risque de dépendance. Que voulez-vous dire quand vous écrivez que " le problème principal de la toxicomanie ne réside pas dans la drogue elle-même, mais dans ce qui conduit un individu à se droguer "?

Le cannabis est un produit dangereux qui peut avoir les mêmes conséquences que le tabac et développer le cancer des poumons. Un " joint " équivaut à quatre ou cinq cigarettes ou encore à l'ingestion de deux verres de whisky. La consommation de ce produit entraîne, notamment, des effets sur les cellules sexuelles, comme l'appauvrissement de la spermatogenèse selon les études de l'Inserm (Unité 26) menées sous la direction de Marcel Bessis dans les années 80. Elle a aussi des conséquences neurologiques et psychologiques : altération de la vigilance, de la concentration, de la mémoire, des perceptions sensorielles et cognitives, distorsion du temps, de l'espace et des sons.

Il suffit d'observer le comportement des adolescents qui viennent de consommer du cannabis pour avoir la confirmation de tous ces symptômes. Ils somnolent en classe et ont du mal à se concentrer. Des séquences dépressives peuvent aussi se présenter ou encore activer un noyau psychotique chez des personnalités fragiles. C'est parce que le cannabis est un sédatif qu'il donne l'impression d'être bien. Mais ce bien-être est artificiel et sans continuité puisqu'il ne repose pas sur une cohérence et sur une dynamique psychique. C'est pourquoi le problème essentiel est de savoir ce qui conduit un individu à se droguer.

Comment se fait-il qu'en l'espace de 40 ans la consommation de drogue soit devenue le fait des jeunes et maintenant des enfants qui commencent dès l'âge de 12 ans ? Les raisons sont multiples, outre l'état d'esprit narcissique dans lequel nous sommes. Le recours à un tranquillisant comme le cannabis est le signe d'un manque de ressources intérieures pour arriver à calmer ses tensions internes, ses anxiétés et ses angoisses. Pire même : cela veut dire que l'on ne sait plus trouver des ressources dans la culture, dans la religion et dans la morale pour vivre et se construire.

Tous les arguments invoqués par les défenseurs de la libération des drogues tiennent en un seul : le problème de la drogue ne vient pas de la toxicité des produits (il suffit de " distinguer ", comme le fait la Mildt , " usage et abus " ) mais de la politique de répression des petits consommateurs, considérés comme de véritables délinquants, passibles (au regard de la loi de 1970) de peines de prison. Que répondez-vous à ceux qui réclament la dépénalisation de l'usage, comme vient de le faire la Belgique et comme le réclamait le rapport Roques en 1998 ?

Le problème de la drogue vient non seulement de la toxicité des produits mais aussi des conséquences psychologiques et sociales sur les sociétés occidentales qui se mettent sous la dépendance de produits psychostimulants pour vivre. Cela traduit un malaise dans la civilisation et dans l'éducation des jeunes. La dépénalisation serait dangereuse car elle viendrait légitimer les motivations et les attitudes toxicomaniaques. Mais la dépénalisation existe de fait, ce qui montre bien à quel point la société est ambivalente par rapport au sens de la loi qui n'aurait plus à réguler les pratiques sociales. D'ailleurs la sémantique utilisée par la Mildt masque la réalité ; il est toujours possible de tricher avec les mots. La distinction entre usage et abus ne tient pas face aux raisons qui conduisent à vouloir se droguer. Ce n'est pas une question de quantité mais d'attitude d'esprit.

Du point de vue d'une simple écologie humaine, on assiste aujourd'hui à une véritable contradiction : d'un côté on réclame partout la libéralisation des drogues et de l'autre on exige l'interdiction de tout ce qui pourrait comporter le moindre risque alimentaire. En quoi le recours systématique au principe de précaution est-il, selon vous, symptomatique d'un malaise ?

Le principe de précaution est une notion de peur, fabriquée dans un monde dominé par les techno-sciences et par les technocrates de l'agroalimentaire qui ont été de mauvais conseillers pour les agriculteurs. La production intensive de produits qui sont devenus plus des " alimédicaments " que des aliments a été faite dans l'imprévoyance la plus complète. C'est une des caractéristiques des décideurs et des politiques actuels qui ne cherchent pas à mesurer les conséquences, à long terme, des actes qu'ils posent. Vingt ou trente ans après, on se réveille en se demandant pourquoi nous en sommes arrivés à ce point, alors que c'était prévisible. Mais on ne voulait pas entendre.

Tous les barbarismes de langage que l'on invente actuellement dans la suite de l'instrumental " principe de précaution " comme la " traçabilité ", la " faisabilité " ou encore la " viandabilité " montrent bien que les réalités que nous avons créées nous échappent. Le principe de précaution est venu après une période où l'on se croyait libéré de toutes les contingences. Nous aurions sans doute été davantage inspirés d'avoir plutôt eu recours à la vertu de prudence. Mais il est vrai que la norme sanitaire remplace la norme morale. Actuellement on veut bien appliquer " le principe de précaution " à tout ce qui concerne l'alimentation mais il n'en est pas question pour les drogues et les nombreux comportements à risques qui se multiplient dans de nombreux domaines en particulier au plan sexuel. Au nom du principe de précaution, on entretient une vaste hypocrisie sociale qui impose un ordre sanitaire qui paralyse intellectuellement les individus.

Ne faudrait-il pas au contraire appliquer le principe de précaution de manière plus cohérente et cesser toute tolérance à l'égard des drogues dites " douces ", conformément aux recommandations de nombreux scientifiques ?

La distinction entre drogue douce et drogue dure ne tient pas. Là aussi nous sommes devant une manipulation du langage : la drogue reste toujours de la drogue qui agit directement sur les neurotransmetteurs au point de les altérer. Il est inexact de prétendre que le tabac et l'alcool, qui agissent aussi autrement sur l'organisme, sont plus nocifs que le cannabis. Tenir ce genre de propos est irresponsable et annule tous les messages de prévention. Bien entendu le tabac et l'alcool provoquent des maladies mortelles. Mais n'oublions pas que les effets du cannabis sont neurophysiologiques et modifient le comportement. Quelqu'un qui conduit une voiture après avoir consommé du cannabis sera plus dangereux que quelqu'un qui a fumé une cigarette. La consommation de drogue relève d'abord d'une problématique psychologique dans laquelle le sujet cherche à calmer des angoisses et à se stimuler là où il n'y parvient pas par lui-même. Il cherche une satisfaction dont il croit manquer ou qu'il croit avoir perdue, alors qu'il ne l'a jamais connue et ne la connaîtra jamais de cette façon. Il s'imagine être parvenu au terme de son attente alors qu'il rate son objectif. C'est tout le drame de la toxicomanie : la drogue aide paradoxalement le sujet à ne pas identifier et à fuir ses désirs. Le cannabis est devenu l'opium du bonheur.

Depuis quelques années, les pouvoirs publics conduisent une politique dite de " réduction des risques ". L'an dernier, la Mildt a lancé une campagne officielle d'information sur les stupéfiants : " Savoir plus, risquer moins. " Partant du constat qu'" une société sans drogue ça n'existe pas ", la Mildt se propose d'apprendre aux jeunes à " maîtriser " des consommations théoriquement interdites par des conseils sanitaires. Comment analysez-vous un tel discours ?

Les pouvoirs publics manquent de courage politique face à la drogue. Là où il faudrait s'interroger sur les raisons de cette pratique, ils organisent les symptômes. Nous sommes dans la croyance qu'il suffit d'expliquer aux jeunes la nature des produits et leurs dangers pour qu'ils puissent s'arrêter de se droguer. C'est l'inverse qui se passe. Plus les produits sont expliqués et plus les jeunes sont incités à les consommer. La réponse qu'ils font à leurs éducateurs confirment cette attitude quand ils affirment " oui, je sais " tout en continuant à consommer du cannabis ou d'autres substances.

La politique dite de " réduction des risques " en matière de drogue, n'est-elle pas l'héritage des années Sida ? Les pouvoirs publics organisent davantage des campagnes de propagande pour une meilleure consommation des drogues qu'une véritable campagne de prévention. Entre la politique du préservatif et la politique de la Mildt, n'y a-t-il pas de nombreux points communs ?

La prévention est un échec puisque la drogue se banalise dans une société qui ne sait plus éduquer ses enfants et rappeler les interdits structurants. Les adultes sont impuissants à dire l'interdit vis-à-vis de la drogue. Ils rationalisent leur inhibition face à la loi en prétendant qu'il n'est pas possible de nommer cet interdit. Si tel est le cas, cela signifie que l'on ne peut énoncer aucun interdit dans l'éducation d'un enfant. Comment s'étonner de voir de plus en plus de jeunes qui ne parviennent pas à se réguler et à se contrôler intérieurement ? Les adultes d'aujourd'hui restent marqués par les idées soixante-huitardes d'une liberté sans frontière où tout serait possible. Les politiques tiennent, au sujet de la drogue, le même discours que celui de la libération sexuelle quand on prétendait que les enfants et les adolescents pouvaient s'exprimer sexuellement et même avoir des activités sexuelles avec des adultes. La pilule du lendemain et l'avortement autorisé à des mineures sans le consentement de leurs parents va dans ce sens.

De la même façon, face au Sida, on n'a pas voulu s'interroger sur le sens des comportements sexuels. Au nom de la norme sanitaire du préservatif tout a été uniformisé et validé en assurant, en plus, la promotion de l'homosexualité. Une égalité a été établie entre le couple formé entre un homme et une femme et une relation entre partenaires de même sexe qui ne peut pas représenter une relation de couple et n'a aucun sens par rapport à la conjugalité et à la parenté. Nous sommes toujours dans la même mentalité de propagande. Cet aveuglement est aussi grave que les discours que certains tenaient, il n'y a pas si longtemps, en militant pour la pédérastie (des relations sexuelles entre mineurs et adultes). Ceux qui à l'époque les contestaient passaient pour des fachos ou des ringards. La société se trouve une fois plus anesthésiée. D'ici quelque temps, après les dégâts psychiques provoqués par la drogue, on jouera aux étonnés en se demandant ce qui s'est passé, pourquoi on a laissé faire et pourquoi personne n'a osé parler. Pourtant les paroles sont dites, mais la société veut-elle entendre ? La société a toujours les politiques qu'elle mérite ; ils sont à son image. Une fois de plus le temps viendra où l'on cherchera des coupables, on fera des procès et l'on se dira " plus jamais ça ". La société oublie qu'elle est manipulée. Nous restons dans le déni au lieu de voir les problèmes.

Peut-on espérer, un jour, un monde sans drogue ?

La drogue a toujours existé. Mais elle était le fait d'une minorité d'adultes. Le drame d'aujourd'hui c'est qu'elle concerne les 12-40 ans et en particulier les adolescents qui s'abîment à consommer du cannabis et d'autres poisons. Cela témoigne d'une crise de leur intériorité — ils ne savent pas comment occuper leur espace intérieur ; d'une crise de leur image corporelle — ils ont du mal à intégrer leur corps pubertaire ; d'une crise du sens de leur vie — ils sont dans une dépression existentielle en ne sachant pas comment rejoindre les réalités ; d'une crise du sens de soi — ils ont peur des émotions et des sensations qui naissent des expériences de la vie, ils s'en protègent à travers des sensations artificielles. Une société sans drogue est possible si les adultes tiennent leur rôle et ont le sens de l'éducation et de la transmission. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui puisque l'éducation a été remplacée par la relation intrasubjective entre adultes et enfants. Les enfants et les adolescents sont donc renvoyés constamment à eux-mêmes et bouclés dans un univers clos, sans horizon spirituel et moral. Un défi éducatif est à relever pour faire cesser une ambiance maniaque de plus en plus régressive et suicidaire.

Entretien réalisé par Damien Meerman.

 

Encadré :

Jean Paul II

 

Une lutte spirituelle, morale et politique

 

2. [...] De plus en plus d'enfants et d'adolescents deviennent des consommateurs de produits toxiques, souvent à cause d'un premier essai accompli à la légère ou par défi. Les parents et les éducateurs se trouvent souvent démunis et découragés. Les médecins et les services sanitaires et sociaux rencontrent de graves difficultés lorsqu'il s'agit d'aider ceux qui viennent les consulter pour sortir du cercle de la drogue. On doit reconnaître que la répression contre les utilisateurs de produits illicites n'est pas suffisante pour contenir ce fléau ; en effet, une délinquance marchande et financière importante s'est organisée sur le plan international. La puissance économique liée à la production et à la commercialisation de ces produits échappe la plupart du temps à la loi et à la justice.

Il ne faut donc pas s'étonner qu'un grand désarroi et qu'un sentiment d'impuissance envahissent la société. Des courants d'opinion proposent de légaliser la production et le commerce de certaines drogues. Certaines autorités sont prêtes à laisser faire, cherchant simplement à encadrer la consommation de la drogue pour tenter d'en contrôler les effets. Il en résulte que, dès l'école, l'usage de certaines drogues se banalise ; cela est favorisé par un discours qui essaie d'en minimiser les dangers, spécialement grâce à la distinction entre drogues douces et drogues dures, ce qui conduit à des propositions de libéraliser l'usage de certaines substances. Une telle distinction néglige et atténue les risques inhérents à toute prise de produit toxique, en particulier les conduites de dépendance, qui reposent sur les mêmes structures psychiques, l'atténuation de la conscience et l'aliénation de la volonté et de la liberté personnelles, quelle que soit la drogue.

3. Le phénomène de la drogue est un mal d'une particulière gravité. De nombreux jeunes et adultes en sont morts ou vont en mourir pendant que d'autres se retrouvent diminués dans leur être profond et dans leurs capacités. Le recours à la drogue chez les jeunes revêt de multiples significations. Dans les moments délicats de leur croissance, la toxicomanie doit être considérée comme le symptôme d'un mal de vivre, d'une difficulté à trouver leur place dans la société, d'une peur de l'avenir et d'une fuite dans une vie illusoire et factice. Le temps de la jeunesse est un temps d'épreuves et d'interrogations, de recherche d'un sens à l'existence et de choix qui engagent l'avenir. La croissance du marché et de la consommation de drogues manifeste que nous sommes dans un monde en peine d'espérance, qui manque de propositions humaines et spirituelles vigoureuses. De ce fait, de nombreux jeunes pensent que tous les comportements sont équivalents, sans parvenir à différencier le bien du mal et sans avoir le sens des limites morales.

Je mesure cependant les efforts des parents et des éducateurs pour inculquer à leurs enfants les valeurs spirituelles et morales, afin qu'ils se conduisent en personnes responsables. Ils le font souvent avec courage, mais ils ne se sentent pas toujours soutenus, surtout lorsque les médias diffusent des messages moralement inacceptables, qui servent de références culturelles dans l'ensemble des pays du monde, prônant par exemple la multiplicité des modèles familiaux qui détruisent l'image normale du couple et déprécient les valeurs familiales, ou qui considèrent la violence et parfois la drogue elle-même comme des signes de libération personnelle.

4. La peur de l'avenir et de l'engagement dans la vie adulte que l'on observe chez les jeunes les rend particulièrement fragiles. Souvent, ils ne sont pas incités à lutter pour une existence droite et belle ; ils ont tendance à se replier sur eux-mêmes. On ne saurait non plus minimiser l'effet dévastateur exercé par le chômage dont sont victimes des jeunes dans des proportions indignes d'une société qui entend respecter la dignité humaine. Des forces de mort les poussent alors à se livrer à la drogue, à la violence et à aller parfois jusqu'au suicide. Derrière ce qui peut apparaître comme de la fascination pour une sorte d'autodestruction, il faut percevoir chez ces jeunes un appel à l'aide et une profonde soif de vivre, qu'il convient de prendre en compte, pour que le monde sache modifier radicalement ses propositions et ses modes de vie. Trop de jeunes sont livrés à eux-mêmes et ne bénéficient pas d'une présence attentive, d'un foyer stable, d'une scolarisation normale, ni d'un encadrement socio-éducatif qui les éveillent à l'effort intellectuel et moral, et qui les aident à forger leur volonté et à maîtriser leur affectivité.

5. La lutte contre le fléau de la toxicomanie est l'affaire de tous les hommes, chacun selon la responsabilité qui lui revient. J'exhorte d'abord les époux à développer des relations conjugales et familiales stables, fondées sur un amour unique, durable et fidèle. Ils créeront ainsi les conditions les meilleures pour une vie sereine dans leur foyer, offrant à leurs enfants la sécurité affective et la confiance en eux dont ils ont besoin pour leur croissance spirituelle et psychologique. Il importe aussi que les parents, qui ont la responsabilité première de leurs enfants, et, avec eux, l'ensemble de la communauté adulte, aient le souci constant de l'éducation de la jeunesse. J'invite donc tous ceux qui ont un rôle éducatif à intensifier leurs efforts auprès des jeunes, qui ont besoin de former leur conscience, de développer leur vie intérieure et de créer avec leurs frères des relations positives et un dialogue constructif ; ils les aideront à devenir les acteurs libres et responsables de leur existence. Des jeunes qui ont une personnalité structurée, une formation humaine et morale solide, et qui vivent des relations harmonieuses et confiantes avec les camarades de leur âge et avec les adultes, seront plus aptes à résister aux sollicitations de ceux qui répandent la drogue.

6. J'invite les autorités civiles, les décideurs économiques et tous ceux qui ont une responsabilité sociale à poursuivre et à intensifier leurs efforts, afin de perfectionner à tous les échelons les législations de lutte contre la toxicomanie et à s'opposer à toutes les formes de culture de la drogue et de trafic, sources de richesse scandaleusement acquise en exploitant la fragilité de personnes sans défense. J'encourage les pouvoirs publics, les parents, les éducateurs, les professionnels de la santé et les communautés chrétiennes à s'engager toujours davantage et de manière concertée auprès des jeunes et des adultes dans un travail de prévention. Il importe qu'une information médicale sage et précise soit donnée en particulier aux jeunes, en soulignant les effets pernicieux de la drogue, sur les plans somatique, intellectuel, psychologique, social et moral. Je connais le dévouement et la patience inlassables de ceux qui soignent et qui accompagnent les personnes prises dans les filets de la drogue et leurs familles. J'invite les parents dont un enfant est toxicomane à ne jamais désespérer, à maintenir le dialogue avec lui, à lui prodiguer leur affection et à favoriser ses contacts avec des structures capables de le prendre en charge. L'attention chaleureuse d'une famille est un grand soutien pour la lutte intérieure et pour les progrès d'une cure de désintoxication. [...]

 

Colloque international sur la toxicomanie

Cité du Vatican, 9-11 octobre 1997.