Le Président qui court, qui court... ; les Scouts d'Europe rappelés à l'ordre ; homoparentalité, la France condamnée... voici le "Décryptage" express de la semaine qui vient de s'écouler, par la Fondation de Service politique.

 

FRANCE

Le Président qui court, qui court...

Adoption gay, à dix voix contre sept

Politique de civilisation

ÉGLISE

Les Scouts d'Europe priés de s'ouvrir

Suisse : un prêtre pédophile

Canada : Benoît XVI persona non grata

Le Pape et les jésuites

La Mission des universités catholiques

Terre Sainte : soutenir les Églises locales

INTERNATIONAL

Espagne : objection de conscience

Europe : traite des femmes

Semaine précédente

FRANCE

Le Président qui court, qui court...

■ Le Président a perdu dix points dans les sondages. Excès de vitesse médiatique ? L'histoire parle d'elle-même : à l'approche de la présidence française de l'Union européenne, les ministres français sont souvent à Bruxelles ou à Strasbourg. Jean-Pierre Jouyet y passe deux jours par semaine et multiplie les contacts avec ses homologues européens. Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier avait décidé, lui, d'y passer la semaine. Hélas la sortie de Nicolas Sarkozy le 19 janvier sur l'augmentation des quotas de pêche lui a gâché le séjour, lui qui se verrait bien aux Affaires étrangères de l'UE.

Le Président français a mis les pieds dans le plat sans précaution : Il faut qu'on en sorte et on a une opportunité pour en sortir, c'est que la France va présider l'Union européenne du 1er juillet au 31 décembre. Le ministre s'est rattrapé comme il a pu : Les quotas sont un élément essentiel de la politique commune de la pêche... Nous souhaitons préserver la politique commune de la pêche et les quotas. Le représentant allemand, Horst Seehofer, placide, s'est contenté de commenter : À terme, ne pas avoir de quotas ne sert pas les pêcheurs si, dans le même temps, ils n'ont plus de poissons.

Ces couacs se multiplient. Expliquent-ils le décrochage de 10 points en deux mois du Président dans les sondages ? Françoise Fressoz, éditorialiste aux Échos, fait une autre hypothèse sur son blog : si la cote de Nicolas Sarkozy chute, celle de François Fillon tend à remonter. Un phénomène rarissime dans la Ve République.

Il se pourrait aussi que le Président subisse les contrecoups de son excès de vélocité. Depuis qu'il est élu, Nicolas Sarkozy fait tout très vite, dans sa vie publique comme dans sa vie privée. À un moment, les Français ne suivent plus le lièvre. Ils sont perdus, étourdis, choqués , écrit-elle. À l'inverse François Fillon s'appuie sur un style anti-"bling-bling", lui qui s'interdit depuis trente ans de parler de sa vie privée . Son style revendique une ambition — je dirige un gouvernement réformiste —, s'appuie sur une cohérence — rien ne me fera dévier de mes objectifs — et sur un sens affirmé des réalités — il ne faut pas biaiser avec la réalité... il n'y aura pas de progrès sans efforts .

C'est l'histoire du lièvre et de la tortue. Pour l'éditorialiste des Échos, l'hyper activisme et le volontarisme exacerbé du Président déstabilisent les français. Fillon les rassure. La logique de la Ve République veut que le Président soit en charge du long terme et le Premier ministre du court et moyen terme. Les rôles semblent aujourd'hui inversés. Cela peut-il durer ? La réponse pourrait venir après les municipales. T.B.

Adoption gay, à dix voix contre sept

■ La cour européenne des droits de l'homme (CEDH) revoit sa jurisprudence sur l'adoption d'enfants par des personnes homosexuelles, et vient de condamner la France pour discrimination. En 1988, la justice française avait refusé à une institutrice d'école maternelle le droit d'adopter en raison de son homosexualité. Les magistrats avaient invoqué un défaut de repères identificatoires , dû à l'absence de référent paternel. La décision avait été confirmée par un arrêt du Conseil d'Etat, en 2002. Aujourd'hui, la Cour européenne estime qu'une telle discrimination, relative au respect de la vie privée et familiale, ne peut se justifier que par des raisons particulièrement graves et convaincantes... Or de telles raisons n'existent pas en l'espèce, puisque le droit français autorise l'adoption d'un enfant par un célibataire, ouvrant ainsi la voie à l'adoption par une personne célibataire homosexuelle . Les juges se sont prononcés à dix voix contre sept.

La France a été condamnée à verser à la requérante une indemnité de 10 000 € à titre de dommage moral. À l'heure actuelle, neuf pays européens (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Islande, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède) admettent l'adoption par des couples homosexuels.

Les Associations familiales catholiques (AFC) ont réagi en s'étonnant qu'on néglige à ce point l'intérêt de l'enfant, et son droit d'avoir un père et une mère : ce droit ne pouvant pas être confondu avec un "droit à l'enfant" (communiqué du 22 janvier).

Du côté politique, le président de l'Entente parlementaire pour la défense du droit fondamental de l'enfant d'être accueilli et de s'épanouir dans une famille composée d'un père et d'une mère, Jean-Marc Nesme, député de Saône-et-Loire, s'insurge contre cet arrêt politiquement et juridiquement inacceptable : Il veut faire croire que l'homoparentalité est une idée de progrès alors qu'il fait faire à la société un immense pas en arrière en épousant les thèses des sociétés antiques. Il crée une nouvelle discrimination entre les enfants, entre ceux ayant un père et une mère et ceux qui ne bénéficient pas de ces référents paternels et maternels.

Cet arrêt est contraire au droit français, à notre jurisprudence et à la Convention internationale des droits de l'enfant signée et ratifiée par la France. En fondant son arrêt sur l'adoption autorisée pour une personne célibataire, la CEDH utilise un subterfuge fallacieux sachant que l'adoption par une personne célibataire a été créée après la Seconde Guerre mondiale pour donner une famille à des enfants restés orphelins. Et le député pose une question de fond : Qui gouverne en France ? Une cour européenne composée de dix-sept magistrats ou est-ce le gouvernement français et sa majorité parlementaire ? P.S.G.

Politique de civilisation

■ Dans Les Echos (22 janvier), François Ewald récuse la paternité d'Edgar Morin sur la politique de civilisation de Nicolas Sarkozy.Quand le Président invoque l'idée de la civilisation (de la solidarité) qui doit inspirer la politique, [il] ne dit pas ce que doit être la civilisation . Il s'agit moins de se faire le propagandiste d'une civilisation que de civiliser des situations en cours d'ensauvagement .

Civiliser la mondialisation, une ambition pour les Français , a été l'un des thèmes de fond de la campagne du candidat Sarkozy. Pour lui la mondialisation met les civilisations en concurrence et se définit comme l'espace d'un choc des civilisations . Le président de la République souhaite que la France conduise la renaissance du vieux monde . Pour lui la civilisation française se trouve menacée dans trois de ses principaux fondements : Sa prétention à l'universalité à travers le débat sur la valeur de nos droits de l'homme ;

La place qu'il convient d'y accorder à la science et à la technique, désormais dénoncées par certains comme contraires à la civilisation ;

Le rôle des institutions de solidarité économique et sociale, à travers la crise de l'Etat providence. Une politique de civilisation aurait trois caractéristiques : Elle s'inscrit d'abord dans un temps long, le temps de l'essentiel par opposition au temps de l'urgence ;Elle déplace ensuite la manière de faire de la politique en sortant de la gestion ;

Elle en change enfin les objets, qui sont finalement plus sociologiques et moraux qu'économiques.Pour François Ewald, cette idée n'est pas neuve et a été formulée dans l'entre-deux-guerres par le grand intellectuel allemand Ernst-Robert Curtius : "Pour un Français, le mot de civilisation est à la fois le palladium de son idée nationale et le garant d'une solidarité universelle" . Mais quelle est la définition d'une bonne civilisation ?

ÉGLISE

Les Scouts d'Europe priés de s'ouvrir

■ Le cardinal Dario Castrillon Hoyos demande aux Scouts d'Europe d'appliquer le motu proprio. Sollicités dans deux villes de France pour créer des unités dont les conseillers religieux disaient la messe selon le rite de Jean XXIII, l'actuelle équipe dirigeante des Scouts d'Europe avaient opposé une fin de non-recevoir, considérant ne pas être concernée par les instructions de Benoît XVI. Après la requête de 68 prêtres auprès de Rome, le cardinal président de la commission Ecclesia Dei a écrit aux dirigeants du mouvement pour leur demander de reconsidérer certaines décisions prises pour la mise en oeuvre du motu proprio Summorum pontificum .

Invoquant bizarrement son attachement sans réserve au concile et des critères exclusivement pédagogiques, l'équipe nationale avait fermé ses portes à certains prêtres pourtant pleinement catholiques romains. Cette décision contraire à l'esprit et à la lettre du motu proprio avait provoqué un tollé dans les rangs des réseaux traditionalistes, déçus de ne pas trouver un allié dans le mouvement catholique français réputé le plus proche du pape. Plus grave, la décision avait blessé les forces vives du mouvement, cadres et parents très majoritairement attachés à la forme ordinaire du rite romain, mais scandalisés par cette prise de distance avec l'œuvre de réconciliation demandée par le pape.

Comment les responsables d'un mouvement d'éducation catholique peuvent-ils ne pas s'estimer concernés par la volonté d'un pape voulant faire œuvre d'unité et de réconciliation ?

L'interdiction de célébrer la messe dans la forme de 1962 pose en effet au moins trois questions :Une association de fidèles peut-elle interdire à ses conseillers religieux de jouir des droits accordés par le motu proprio Summorum pontificum ?

Une association de fidèles peut-elle interdire à ses membres laïcs de bénéficier du motu proprio Summorum pontificum dans le cadre de ses activités ?

Les responsables de l'association française des Guides et Scouts d'Europe peuvent-ils légitimement, pour ce seul motif, interdire à un prêtre qui célèbre habituellement dans la forme extraordinaire du rite romain d'exercer la charge de conseiller religieux au sein du mouvement ?À ces trois questions la réponse semble bien être non.

En réalité, il y a bien un débat de fond concernant l'identité du mouvement : une association privée de fidèles laïcs, mouvement d'éducation populaire catholique, peut-elle invoquer un régime d'extraterritorialité doctrinale, pastorale, liturgique à l'égard du magistère pour des raisons pédagogiques ? Cette approche relèverait d'un véritable relativisme spirituel et religieux : les scouts et guides seraient invités à être pleinement catholiques dans leur paroisse par exemple, où pourrait s'appliquer le motu proprio, mais ne seraient pas concernés par cette initiative de réconciliation dans leur vie scoute.

On voit le danger d'une telle conception, qui revient régulièrement dans les débats entre les tenants d'une vie scoute unifiée dans l'éducation chrétienne, et donc dans l'appartenance à l'Église quel que soit son état de vie, et les partisans d'une conception plus cartésienne du scoutisme, réduisant le sens de Dieu à une catégorie . C'est cette dérive qui a conduit à la sécularisation de l'école catholique : nul ne souhaite pareil destin au mouvement des Guides et Scouts d'Europe, qui est sans doute actuellement le plus grand pourvoyeur de vocations sacerdotales à l'Église de France, et alors que les évêques s'emploient à remettre l'école catholique sur la voie d'une éducation pleinement chrétienne, non cloisonnée. P.S.G.

Suisse : un prêtre pédophile

■ L'affaire du capucin suisse accusé de pédophilie continue de faire des vagues. Selon l'agence APIV, Nicolas Betticher, official du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, a admis dans la presse de dimanche la culpabilité et la "complicité" de son diocèse dans le traitement de l'affaire de pédophilie qui touche actuellement la Suisse romande.

Après avoir été reconnu coupable d'abus sexuels sur un mineur, le religieux avait été déplacé durant deux ans en France dans la région de Lyon et de Grenoble, sans que la justice ait été prévenue, avant de retourner en Suisse. Il aurait hélas récidivé. Faut-il pour autant faire comme certains le procès de l'Église tout entière ? Ses membres, contrairement à ce que l'on veut laisser croire, comptent moins de pédophiles que dans d'autres institutions, professions ou états de vie. T.B.

Canada : Benoît XVI persona non grata

■ Benoît XVI a décidé de ne pas se rendre au Québec en juin. Explications : la surcharge de travail et un calendrier très rempli, mais aussi l'hostilité du clergé québécois et l'indifférence de la population. Certains évêques ayant déclaré à propos du congrès eucharistique que l'adoration eucharistique éloigne les fidèles de l'Eglise , on ne voit pas pourquoi en effet le pape ne secoue pas la poussière de ses chaussures...

Le Pape et les jésuites

■ À l'occasion de la 35e Congrégation des jésuites et de l'élection du nouveau préposé général de la compagnie, le pape a rappelé leur vocation aux fils de saint Ignace, dans des termes proches de ceux du cardinal Rodé (cf. nos éditions précédentes). Après avoir rendu hommage à la fidélité, qui constitue le signe distinctif de votre ordre , le pape a demandé aux pères jésuites que la vie des membres de la Compagnie de Jésus, ainsi que leur recherche doctrinale, soient toujours animées par un vrai esprit de foi et de communion en harmonie avec les indications du Magistère .

Je souhaite vivement, a poursuivi le Saint-Père, que la présente Congrégation réaffirme clairement le charisme authentique de votre fondateur, pour encourager tous les jésuites à promouvoir la vraie et saine doctrine catholique. Pour Benoît XVI, il serait fort utile que la Congrégation générale réaffirme, dans l'esprit de saint Ignace, son adhésion totale à la doctrine catholique, en particulier sur des points névralgiques fortement attaqués aujourd'hui dans la culture séculière, comme par exemple le rapport entre le Christ et les religions, certains aspects de la théologie de la libération, et divers points de la morale sexuelle, surtout pour ce qui regarde l'indissolubilité du mariage et la pastorale des personnes homosexuelles . C'est ce qui s'appelle parler clairement.

La Mission des universités catholiques

■ Le pape a reçu le 21 janvier les participants à l'assemblée plénière de la Congrégation pour l'éducation catholique. Des propos dans la ligne de l'encyclique Foi et Raison. Il est très opportun de réfléchir sur le moyen de rendre actuel et efficace le devoir apostolique de la communauté ecclésiale, confié aux universités catholiques, et de façon spéciale aux universités ecclésiastiques . Puis il a évoqué la réforme des études ecclésiastiques de philosophie, dont il faut souligner la dimension métaphysique , ainsi que l'opportunité de valoriser une réforme de la constitution apostolique Sapientia christiana (1979).

Le Saint-Père a rappelé que les disciplines ecclésiastiques, et surtout la théologie, posent aujourd'hui de nouvelles interrogations, dans un monde tenté, d'une part, par le rationalisme qui suit une rationalité faussement libre et dénuée de toute référence religieuse, et d'autre part, par les fondamentalismes qui falsifient l'essence même de la religion, avec leur incitation à la violence et au fanatisme . Il a aussi ajouté que l'école catholique devait s'interroger sur la mission qu'elle doit accomplir dans un contexte social marqué par une évidente crise de l'éducation... tout en étant ouverte à tous et dans le respect de l'identité de chacun, ne peut pas ne pas proposer sa propre perspective éducative, humaine et chrétienne. Elle doit donc affronter un nouveau défi que la globalisation et le pluralisme croissant rendent encore plus difficile: la confrontation des religions et des cultures dans la recherche commune de la vérité . Cela signifie pour le Saint Père de ne pas exclure quelqu'un en raison de son appartenance culturelle ou religieuse [et] de ne pas se limiter à cette pure constatation de cette diversité culturelle et religieuse .

 

Le Pape a enfin évoqué la question de la réforme de la Ratio Fundamentalis Institutionis Sacerdotalis pour les séminaires, datant de 1970 et modifiée en 1985. Il faudra souligner l'importance d'une articulation correcte des différentes dimensions de la formation sacerdotale dans la perspective de l'Eglise-communion, en suivant les indications du concile Vatican II... La formation des futurs prêtres, en outre, devra offrir des orientations utiles pour dialoguer avec les cultures contemporaines .

Terre Sainte : soutenir les Églises locales

■ Le 18 janvier, le pape a reçu les évêques de la Conférence des évêques latins des régions arabes (C.E.R.L.A.) en visite ad limina. Dans son discours, il a souligné l'importance du maintien de communautés chrétiennes au Moyen Orient. Il est compréhensible, leur a-t-il dit, que les circonstances poussent parfois les chrétiens à quitter leur pays pour trouver une terre accueillante qui leur permette de vivre convenablement. Cependant, il faut encourager et soutenir fermement ceux qui font le choix de demeurer fidèles à leur terre, afin qu'elle ne devienne pas un site archéologique privé de vie ecclésiale. En développant une vie fraternelle solide, ils trouveront un soutien dans leurs épreuves. J'apporte donc tout mon appui aux initiatives que vous prenez pour contribuer à la création de conditions socio-économiques qui aident les chrétiens restant dans leur pays et j'appelle l'Église tout entière à apporter un soutien vigoureux à ces efforts. Un appel qui s'adresse aussi aux Français comme l'a rappelé Mgr Marcuzzo, l'évêque de Nazareth, présent à Paris cette semaine.

À son initiative un grand centre marial est entrain de voir le jour à Nazareth, soutenu par nos amis de l'association Marie-de-Nazareth. Le premier objectif de cette initiative est pour lui pastoral et oecuménique. Il s'agit de faire connaître et aimer la Vierge Sainte qui nous conduit au Christ . Il est aussi un moyen de soutenir l'Église locale et la communauté chrétienne de Nazareth en grande détresse.

INTERNATIONAL

Espagne : objection de conscience

■ Le gouvernement espagnol veut imposer dans les écoles un programme d'"éducation à la citoyenneté", sur plusieurs points incompatibles avec la foi chrétienne. L'Église espagnole se mobilise. Mardi 22 janvier 2008, un guide juridique pour l'objection de conscience a été présenté à Madrid. Le guide répond à 73 questions que peuvent se poser les parents. Il se présente comme un instrument de travail fournissant conseils juridiques et pratiques aux parents opposés au programme d'"éducation à la citoyenneté" de l'État espagnol.

Le guide sera diffusé à quatre millions de parents et on peut le télécharger gratuitement sur www.profesionalesetica.com ou en s'adressant à info@profesionalesetica.com

 

Selon l'agence Fides, Jaime Urcelay, président des Professionnels de l'Ethique, a annoncé quatre pistes d'actions immédiates pour la campagne d'opposition à l'"éducation à la citoyenneté" : La présentation du Rapport sur l'éducation à la citoyenneté en Espagne ;

La Bataille pour la liberté , prévue le 23 janvier prochain au siège du Parlement Européen de Bruxelles ;

La campagne internationale que les parents objecteurs mènent dans différents pays et devant des tribunaux internationaux, et la Ie Rencontre nationale des objecteurs qui aura lieu à Madrid le 16 février prochain.

Europe : traite des femmes

■ La France a signé en 2005 la convention de Varsovie sur la traite des femmes qui doit entrer en application le 1er mai. Le Parlement l'a ratifié début août, mais le gouvernement n'avait pas cru devoir le faire savoir au conseil de l'Europe : c'est désormais chose faite. L'ambassadeur Bruno Gain, représentant permanent de la France auprès du Conseil de l'Europe, a transmis à Terry Davis les instruments de ratification de la convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains.

Chaque année, 500.000 femmes sont vendues comme esclave en Europe. Pour mémoire, 12.000.000 de travailleurs esclaves ont été vendus en quatre siècles – du XVIe au XIXe — pour travailler dans les champs de coton et de canne à sucre en Amérique. Acheter une femme en Europe de l'Est ne coûte aujourd'hui que 600 €. Elle en rapportera 15.000 par an à son propriétaire dans les vitrines d'Amsterdam, sur les trottoirs des villes françaises ou dans les Eros center d'Allemagne.

Dans neuf mois, la France prendra la présidence du Conseil de l'Europe. Le président Sarkozy serait bien inspiré de faire de la libération de ces esclaves la grande cause de sa présidence. N'a-t-il pas déclaré le soir de son élection : Je veux que partout dans le monde, les opprimés, les femmes martyrisées... sachent qu'il y a un pays dans le monde qui sera généreux pour tous les persécutés, c'est la France. T.B.

Thierry Boutet,

Philippe de Saint-Germain

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