Les lycéens — garçons et filles — sont invités à venir en jupe dans leurs classes vendredi prochain. L’information est relayée officiellement par un dossier de presse de l’Académie de Nantes. Il paraît que cette curieuse proposition intitulée « Ce que soulève la jupe » a pour but de… lutter contre les discriminations ! En particulier contre le « sexisme »…

L’administration de l’Éducation nationale, réputée pour le sérieux imperturbable qu’elle garde dans son discours en toutes circonstances, affirme qu’il s’agit là d’une initiative « 100% lycéenne ». C’est en effet une idée des élèves élus du Conseil académique à la Vie lycéenne (CAVL), réunis au sein d’une commission “discrimination - citoyenneté”, pour la mise en oeuvre d’une action de lutte contre le sexisme. Une bonne intention, mais sachant que des professeurs masculins avaient donné l’an dernier l’exemple de cette pantalonnade inversée, l’affaire est surtout grotesque.

Dans le répertoire comique de Molière, M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir. Ici, on fait de la propagande sans le vouloir, que le rectorat, même à son corps défendant, relaie en prêtant le flanc à toutes les manipulations. Les tenants de l’idéologie du Genre auraient-ils trouvé dans ce type de bouffonnerie une nouvelle façon de gommer les différences d’identité entre sexes masculin et féminin ?

L’indétermination ambiguë de l’indifférenciation

A l’égard des garçons encore trop timides pour montrer leurs jambes en arrivant en jupe au lycée, on propose une solution alternative, certes plus intelligente : porter un badge autocollant déclarant « Je lutte contre le sexisme, et vous ? », avec ces mots « Masculinité – Féminité – Portons l’égalité ». Voilà un vertueux prosélytisme, qui devrait rallier un maximum d’adhésions, adhésions tant aux slogans des idées dominantes qu’aux vêtements de la partie supérieure des individus.

Au siècle de Molière, les « Précieuses ridicules » et les « Femmes savantes » offraient au moins l’avantage du pittoresque… Aujourd’hui, l’endoctrinement peut être plus subtil, avec un « genre » tristement insipide : à force de vouloir à tout prix une indifférenciation grisâtre, il sécrète un brouillard glauque d’indétermination ambiguë, qui peut cacher une perversion derrière sa confusion [1]. D.L.

 

 

[1] La proposition des élèves du CAVL, maladroitement relayée par le rectorat, a été adoptée par 27 lycées sur 220, ce qui montre le peu d’emballement pour cette idée saugrenue…

***