A la suite d’une querelle de frontières maritimes entre Chine et Vietnam, une vingtaine de personnes ont été tuées cette semaine dans des émeutes antichinoises. On redoute désormais que les ambitions territoriales de la Chine ne provoquent un conflit armé.

La colère monte parmi les Vietnamiens contre Pékin depuis que les Chinois ont redéployé une plateforme pétrolière la semaine dernière dans une zone contestée du Sud de la mer de Chine. Mardi, des milliers de Vietnamiens ont incendié des usines exploitées par des Chinois près de Saigon-Hô-Chi-Minh-Ville : en réalité, la plupart de ces sites industriels appartiennent à des Taïwanais, aveuglément pris pour cible par la colère populaire des autochtones…

Après intervention de la police vietnamienne, 600 personnes ont été arrêtées pour incitation à la violence et pour pillage… Cependant, le régime chinois a accusé le régime vietnamien de « connivence » avec les émeutiers. Plusieurs centaines de Chinois se sont réfugiés au Cambodge voisin pour échapper à ces violences.

Un risque d'escalade

Pékin accuse aussi des marins vietnamiens d’avoir heurté des navires chinois à proximité de la plateforme pétrolière contestée. Mais Hanoï montre des images montrant des marins chinois utilisant des canons à eau contre des bateaux vietnamiens… Le risque d’un dérapage vers un épisode guerrier n’est hélas pas exclu, malgré la très grande supériorité militaire de la Chine sur le Vietnam.

Toutefois, l’économie vietnamienne est actuellement très dépendante de la présence d’entreprises chinoises sur son sol, et parmi elles, de nombreuses entreprises de Chine continentale. Mais la persistance de manifestations anti chinoises au Vietnam montre que le retour au calme ne sera pas facile, dans un contexte où beaucoup s’inquiètent de l’expansionnisme de Pékin.

 

 

D.L.

 

 

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