« Je me rends sur place », « je saisis l’Arcom », « en responsabilité » : ces mots-valises sont omniprésents dans la vie politique française. Formules toutes faites pour mimer l’indignation ou une action, elles reflètent l’impuissance et une forme de mépris d’une classe politique qui n’est pas à la hauteur.
« Je condamne et me rends sur place ». La phrase est désormais un classique et est parfaite pour un ministre de l’Intérieur qui doit faire face à un crime particulièrement médiatisé. Sa condamnation n’a aucune valeur et sa venue sur place ne servira qu’à prendre des photos pour occuper le terrain.
Au rayon des petites phrases toutes faites, « je saisis l’Arcom » est bien aussi. Équivalent scolaire de « je vais le dire à la maîtresse », la phrase consiste à s’indigner d’une déclaration sur un média et de tenter de faire condamner celui-ci par l’autorité de régulation ou, a minima, de faire parler de soi !
Enfin « en responsabilité », mantra du macronisme qui a largement contaminé l’ensemble de la classe politique, consiste à se dire responsable dans une action donnée, au cas où le public aurait un doute sur cela…
Des dizaines de formules analogues pourraient être évoquées, toutes reflètent l’impuissance d’une caste politique qui en est réduite à ânonner des formules préfabriquées pour combler le vide abyssal de leur action. Une manière d’exister et de faire semblant de s’intéresser aux soucis et aux sensibilités des « citoyens-électeurs » et de la caste médiatique, mais également une sorte de novlangue repensée qui appauvrit le langage politique avec en toile de fonds une forme certaine de désintérêt voire même de mépris des Français.

Olivier Frèrejacques
Président de Liberté politique
