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Municipales : grandes tendances et petites alliances

Le premier tour des élections municipales donne une photographie de l’électorat à un an de la présidentielle, avec des enseignements dont il faudra tenir compte. Le RN et LFI progressent, les socialistes et leurs affidés tiennent bon. LR se maintient dans les petites et moyennes agglomérations et le macronisme ne fait plus recette du tout.

LFI, quelques victoires de conviction et une influence à gauche

La France insoumise apparaît comme l’une des formations gagnantes au premier tour des élections municipales. Le parti de Jean-Luc Mélenchon pourrait, dans une semaine, se trouver à la tête de la quatrième ville de France : Toulouse. LFI emporte une victoire symbolique à Saint-Denis et surtout, ailleurs, les Insoumis contraignent la gauche à des alliances. Des rapprochements rejetés par des personnalités comme François Hollande ou Raphaël Glucksmann, mais qui s’imposent comme une évidence pour des édiles locaux dans des situations électorales précaires.

Quand les coudées sont plus franches, les socialistes peuvent s’émanciper des Insoumis, comme à Paris ou à Marseille, où la victoire semble accessible sans les mélenchonistes. Il convient néanmoins de noter que dans plusieurs grandes agglomérations, LFI est en recul par rapport aux européennes de 2024 : Paris, Lyon, Marseille, Nantes, Lille, Strasbourg, Bordeaux, Montpellier… Il s’agit de deux scrutins différents, certes, mais peut-être est-ce là le début d’un reflux ?

RN/UDI, une progression continue

Le Rassemblement national engrange plus de voix qu’en 2020 mais peine à percer dans les grandes villes : sous les 10 % à Lyon, sous les 5 % à Paris. Marseille fait figure d’exception, mais la ville semble néanmoins ingagnable.

Les satisfactions du parti de Marine Le Pen résideront plutôt dans des réélections très larges dans des villes comme Perpignan, Hayange ou Hénin-Beaumont. À Fréjus, ville de David Rachline mis au ban du parti récemment, c’est aussi en un tour que la partie s’est jouée.

Côté allié, l’UDI devrait l’emporter à Nice et est idéalement placée dans plusieurs bastions du Sud. Plus généralement, l’étiquette RN/UDI se développe davantage dans le sud de la France que dans le Nord.

Dans une perspective gouvernementale, l’absence de poids électoral dans les grandes villes demeure un défaut majeur pour ce bloc électoral.

Quant au parti d’Éric Zemmour, Reconquête !, il a réussi un bon coup à Paris en faisant 10 %, mais n’a pas pu exister en dehors de la capitale.

Le monde d’avant survit inégalement

Les socialistes et leurs affidés (communistes et écologistes) tiennent bon et se maintiennent dans les grandes villes, mais ils demeurent souvent tributaires des Insoumis. Les Républicains, eux, résistent et se maintiennent dans les villes moyennes, sans progression toutefois en nombre de listes ni en poids dans les métropoles.

En revanche, les grands perdants de la soirée sont les troupes macronistes. Incapables d’implantation locale, les candidats du parti présidentiel ont été contraints à des alliances qui ont souvent mal tourné, comme avec Pierre-Yves Bournazel à 12 % à Paris, ou Jean-Michel Aulas à Lyon et sa campagne catastrophique, réussissant l’exploit de se faire dépasser après avoir connu environ 20 points d’avance dans les sondages.

En neuf ans, le macronisme n’a jamais réussi à exister localement et ses quelques champions en mesure de l’emporter sont des alliés d’Horizons (Édouard Philippe au Havre, Christophe Béchu à Angers…).

Les élections municipales de 2026 ne seront pas déterminantes pour la présidentielle de l’an prochain, mais elles donnent un état des lieux dont il faut tenir compte.

Loin d’être un grand chamboulement, ce scrutin consacre la victoire de nombreux sortants et confirme les grandes tendances. Le comportement de la gauche socialiste vis-à-vis de LFI sera aussi à regarder de près.

En revanche, un élément doit être envisagé dès maintenant : les conséquences pour les sénatoriales de septembre 2026. Avec une implantation municipale forte, le RN pourrait créer son propre groupe à la Chambre haute. LR et le centre devraient demeurer majoritaires dans cette assemblée, tandis que la gauche pourrait encore perdre des plumes.

Olivier Frèrejacques

Président de Liberté politique

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