Les récentes sanctions prises par les États-Unis contre des personnalités politiques européennes, dont l’ancien commissaire français Thierry Breton, illustrent un peu plus le déclassement continental.
L’UE était déclassée sous Biden ; elle est méprisée par Trump et son administration.
En sanctionnant des personnalités européennes, comme l’UE et la Russie peuvent le faire l’une envers l’autre, Washington a montré l’ampleur du mépris qu’il peut avoir pour ce qu’est devenu le Vieux Continent.
S’agissant des personnalités visées, nous nous arrêterons ici au seul Thierry Breton. Personnage objectivement méprisable pour quiconque aime la France ou même l’Europe, c’est un homme d’affaires raté qui a plombé toutes les boîtes dans lesquelles il est passé ; il a aussi été un vilain donneur de leçons à la Commission européenne, se faisant l’artisan, notamment, du « Digital Services Act », le DSA. Élu une seule fois, en 1986, comme conseiller régional du Poitou, il s’est enrichi en naviguant du public au privé, tantôt ministre, tantôt PDG. Il incarne à lui seul le parasitisme élitaire français et européen.
Que ce sinistre personnage soit sanctionné, c’est-à-dire qu’il soit devenu persona non grata aux États-Unis, n’a aucune importance pratique, mais relève d’un symbole fort pour une Europe qui se voulait puissance et qui n’est que faiblesse, et pour la France qui voulait en être, mais n’est plus rien du tout. Ces sanctions américaines témoignent également de la manière dont les États-Unis traitent les faibles que nous sommes aujourd’hui. Il convient d’en tenir compte et d’agir en conséquence, mais la partie n’est pas facile, car si la petite élite en place à Bruxelles est hautement critiquable, il serait bien naïf de croire que les États-Unis de Donald Trump peuvent être des alliés totalement fiables. Washington agit comme une puissance et cherche donc à satisfaire ses intérêts propres.
À la France d’en faire de même. Mais dans l’immédiat, alors que l’Europe est dirigée par des politiques incompétents et nuisibles, difficile de se réjouir de leur humiliation par une puissance qui, elle, s’assume. Il s’agira donc, pour ceux qui œuvrent à un renouveau civilisationnel et français, de retenir la leçon sans animosité excessive envers le partenaire américain ni enthousiasme trop marqué pour les ennemis de l’intérieur.

Olivier Frèrejacques
Président de Liberté politique
