Dans un an, nous tournerons la page Macron après une décennie. Sans regret pour une large majorité de Français, mais sans certitude d’avoir beaucoup mieux pour 2027. L’élection présidentielle de l’année prochaine agite déjà le petit monde politique avec de nombreux prétendants pour un seul élu et un battage médiatique entre antifascisme d’opérette et presse people.
Tout le monde veut prendre sa place. Usé après neuf années de pouvoir, Emmanuel Macron rendra son tablier dans un an. Pour le sortant, pas de poulain naturel pour le moment, et probablement pas plus dans quelques mois : l’ego surdimensionné du chef de l’État sortant fait qu’il préférera voir un adversaire l’emporter plutôt que quelqu’un de sa famille politique.
Beaucoup de bourrins dans les écuries
Dans les rangs macronistes et affidés, Édouard Philippe fait figure de favori, chouchou des sondages et des médias. Il semble désigné comme l’héritier du patron. Derrière, Gabriel Attal part de loin, tandis que la candidature de Darmanin fait de moins en moins parler d’elle.
Du côté des anciens LR, des candidatures qui peuvent déjà être qualifiées de « sans lendemain » ont vu le jour. On pense évidemment à celle de Dominique de Villepin et à celle de Xavier Bertrand.
Le premier passe plus de temps à dire du mal de la droite qu’à défendre des idées, quand le second connaît un déficit de charisme rédhibitoire pour un tel scrutin, et c’est peu dire quand on sait que les électeurs ont voté majoritairement pour François Hollande en 2012.
Un peu plus sérieusement, David Lisnard, fraîchement parti des Républicains, et son discours de rupture libérale, tente sa chance en alliant communication à la manière de Milei et renouvellement par les « territoires », quand Bruno Retailleau, patron des LR, s’est déjà déclaré mais peine à décoller.
La question d’une primaire de la droite et du centre sera au cœur des discussions dans les mois qui viennent.
Le RN, lui, semble tenir son champion avec Bardella, qui bénéficie de sondages flatteurs s’il remplace bien Marine Le Pen, également donnée très largement en tête lors d’un premier tour.
On ne sait pas encore si le parti d’Éric Zemmour se lancera dans la bataille, mais tout porte à croire qu’il sera difficile de refaire le coup de 2022 avec un parti qui a vu des cadres s’en aller et une forme de résignation, en dépit de l’occupation, avec un certain succès, du terrain médiatique par Sarah Knafo. Quelques candidatures souverainistes devraient également être annoncées…
À gauche, l’attelage écolo-socialo-communiste se cherche une tête d’affiche mais se trouve bien à la peine pour dénicher la perle rare… D’autant que leurs alliés de LFI, eux, ont déjà choisi leur patron, Jean-Luc Mélenchon, chef naturel et homme de campagne.
La multiplication des candidatures et l’éparpillement des voix qui en découle pourraient permettre d’accéder à une deuxième place au premier tour à un niveau très bas. De quoi aiguiser les appétits électoraux de toute une classe politique qui espère bénéficier d’un vote anti-RN pourtant de moins en moins évident.
L’hypothèse d’un candidat « surprise » dans la dernière ligne droite, à la manière de Macron il y a dix ans, n’est pas à exclure.
Spectacle affligeant en perspective
La couverture « people » des amourettes de Jordan Bardella dans Paris Match, l’annonce de la grossesse de Marine Tondelier et les commentaires qui en ont découlé, notamment chez son compère communiste Roussel, laissent entrevoir le niveau d’une campagne qui devrait se jouer dans un bac à sable. Loin des grands projets et du débat d’idées, la lutte pour la petite phrase, la victimisation, la diabolisation et la polémique au format court des réseaux sociaux risque de parasiter cette campagne comme jamais, avec en prime une extrême gauche antifasciste qui s’inquiète de voir le RN arriver aux affaires et qui devrait s’exprimer dans un registre tantôt hystérique, tantôt violent, mais toujours pathétique.
C’est dans ce guignol à venir qu’il conviendra de discerner ce qui est le moins pire pour notre pays. Et puis, à un an de l’échéance, on peut toujours rêver : 2027 sera peut-être moins pire que 2017 !

Olivier Frèrejacques
Président de Liberté politique
