En guise d’éditorial, nous vous proposons aujourd’hui de prendre connaissance de notre 20ème Lettre mensuelle consacrée à l’actualité parlementaire.
La saga de l’automne se jouera une nouvelle fois devant les Chambres. Si les manifestations et les émeutes ont agité la sphère médiatique et donné l’impression d’une fébrilité du pouvoir, l’heure de vérité se trouvera probablement davantage dans le vote du budget.
Les indicateurs économiques sont mauvais, la rue s’agite, le gouvernement ne dispose toujours pas de majorité et le contexte électoral laisse peu de place au compromis. Le chef du gouvernement Sébastien Lecornu marche sur des œufs et devra composer une nouvelle fois avec des planètes pas franchement alignées.
Il y est parvenu une première fois, il devra réitérer cet exploit dans des conditions qui semblent encore plus mauvaises. L’exercice qui s’ouvre devant nos yeux n’est peut-être pas seulement celui d’une fin de règne chaotique pour le macronisme : cela peut aussi devenir la nouvelle norme en matière d’équilibre parlementaire.
En effet, rien n’indique que le fait majoritaire que l’on a très longtemps connu revienne à l’ordre du jour. Le bipartisme a laissé la place à une sorte de tripartisme éclaté, avec un jeu de blocs dans lequel s’affrontent le centre, le RN et LFI et ses alliés (qui sont changeants). Pour Emmanuel Macron, responsable de la dissolution, la marge de manœuvre est limitée et il est condamné à l’effacement progressif. Sa réforme de l’autonomie de la Corse a échoué ; un an plus tôt, sa réforme des retraites avait été suspendue… À se demander ce qu’il restera de celui qui se présentait comme un « réformateur », à part quelques entrées au Panthéon et l’euthanasie ?
Rien de très vivant dans cet héritage. L’ensemble du jeu parlementaire doit désormais être regardé à l’aune de l’élection de 2027 : tout est calculé dans ce sens par tous les partis et les candidats (ou candidats potentiels). Déjà très concernés, tout au long de leurs mandats, par la réélection, nos élus ont désormais 2027 en ligne de mire. Le budget et l’effondrement des finances publiques peuvent donc attendre un peu…
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Olivier Frèrejacques
Rédacteur en chef de L’Observatoire parlementaire
