Les manifestations lycéennes qui ont cours en France font l’objet d’une couverture politiquement correcte redoutable, y compris à droite. Elle montre en réalité une convergence non concertée entre l’extrême gauche groupusculaire et une partie de la jeunesse diversitaire.
« On ne peut plus faire avec ces jeunes violents comme on pouvait les traiter après la guerre. » Ces mots du président de LR Bruno Retailleau sont étonnants de naïveté ou, a minima, de précaution.
En effet, qu’est-ce qui a changé entre les jeunes d’après-guerre et ceux que l’on voit dans les manifestations lycéennes de l’automne 2026 ? La réponse saute aux yeux : outre l’extrême gauche groupusculaire, habituée à ces exactions depuis des décennies, c’est une véritable transformation ethnique du pays qui se déroule sous nos yeux.
D’un côté, des lycées de centre-ville bloqués par des petits blancs, bourgeois gauchistes boutonneux, et de l’autre, une jeunesse diversitaire.
LFI comme coupable idéal : la pire des analyses
Face aux violences qui ont émaillé le mouvement, La France insoumise a rapidement pris le parti de soutenir sans réserve les lycéens, soufflant volontiers sur les braises de la colère, là où la gauche PS prend plus de précautions.
L’exécutif, une partie de la droite et de la presse ont relayé l’idée selon laquelle les renseignements évoqueraient une responsabilité de LFI et de ses « proxys d’ultra-gauche ».
Cette analyse est à prendre avec des pincettes. D’abord parce que l’extrême gauche groupusculaire, en dépit de quelques liens organiques, est très souvent hostile aux mélenchonistes, qui n’agissent pas sur le même terrain, quand ceux-ci ne sont pas carrément considérés comme des sociaux-traîtres.
Il est également plus qu’improbable que les Insoumis jouent la carte « extraparlementaire » à quelques mois d’une élection dans laquelle les sondages leur sont flatteurs. La mort d’un policier ferait en effet plus de mal à LFI qu’à n’importe quel autre parti d’un point de vue électoral.
À droite comme à gauche, les logiques groupusculaires ne répondent pas aux mêmes ressorts que celles des partis.
Accuser LFI est probablement utile électoralement. Cela n’explique cependant pas la nature des émeutes et des violences. Nous sommes ici face à de petites révoltes idéologisées, facilitées par les réseaux sociaux et les messageries, ainsi qu’à l’expression d’une colère ethnique qui couve et qui n’arrêtera pas de grimper au gré des évolutions démographiques du pays.
Pour sortir de l’impasse, il convient de nommer les menaces et d’établir les responsabilités.
Si LFI est mise hors jeu dans quelques mois, de telles violences éclateront toujours et peut-être même plus, la soupape indigéniste institutionnelle canalisant probablement une partie de la colère.
À côté des méthodes groupusculaires d’extrême gauche, qui sont connues, documentées et quantifiables, l’arrivée de la jeunesse diversitaire constitue probablement une difficulté autrement plus grave à moyen et long terme.

Olivier Frèrejacques
Président de Liberté politique
