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Laboratoire d’idées au service du Bien Commun

La très prévisible visite du pape à Paris

La venue du souverain pontife à Paris suscite l’enthousiasme de nombreux catholiques, le rejet d’une poignée d’irréductibles anticléricaux et le désintérêt d’une large majorité de Français. Les prises de parole du successeur de Pierre seront scrutées, décortiquées et interprétées de manières diverses ; l’essentiel peut déjà être raconté avant même l’arrivée du pape Léon XIV dans la capitale.

Le pape, loin de n’être qu’une autorité religieuse pour les catholiques, est également un chef d’État, mais il semble bien que ce ne soit pas cette casquette que souhaite porter le premier évêque de Rome étasunien. Léon XIV a snobé les honneurs et invitations d’Emmanuel Macron, faisant grincer des dents un président en fin de règne qui cherche la lumière un peu partout. Cette confrontation molle peut être lue comme une riposte au soutien de l’euthanasie par le président français ou comme une volonté de bien insister sur l’aspect « pastoral » de la visite. C’est probablement un peu des deux.

Prêchi à gauche, prêchi à droite et coup de com’

Quant aux prises de parole du pape, il ne faut pas être grand clerc pour imaginer qu’il évoquera la « défense de la vie » notamment à travers l’actualité euthanasique. Les catholiques français de sensibilité conservatrice ne manqueront pas de s’en réjouir.

L’évêque de Rome a néanmoins renoncé à se rendre dans un centre de soins palliatifs.
À la place, Léon XIV se rendra dans un centre pour migrants. L’occasion d’évoquer le « vivre ensemble » et « l’accueil » de l’étranger sans toutefois envisager la situation des populations autochtones dont l’existence même peut être remise en cause par les déplacements de populations.
Au rayon du spectacle politique, a aussi été annoncée la visite du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, élu LFIste mis en cause dans des affaires de détournement de fonds publics et réputé proche du banditisme local… Mais qui dispose de l’immunité diversitaire.

Pour l’Église : il faut plus de prêtres et moins de discours

La question des baptêmes d’adultes devrait aussi être évoquée alors que ceux-ci font l’objet d’un enthousiasme débordant du fait de leur légère augmentation. Une progression heureuse mais qu’il convient néanmoins de relativiser, comme nous avons pu l’évoquer dans la revue Liberté Politique.

Il y en aura donc pour tout le monde. Ou presque. Le devoir de l’Église catholique est de mener les hommes au Salut (et pas le monde), or, pour cela, elle doit évangéliser et surtout donner les sacrements. Pour cela, l’Église a besoin de prêtres, de saints prêtres. Un problème de vocations récurrent qui n’est aujourd’hui que très peu envisagé par les autorités romaines ou les diocèses à l’heure du vieillissement du clergé et d’une dynamique sacerdotale presque exclusivement concentrée dans des sphères traditionalistes ou conservatrices.

Si l’institution se cantonne à se positionner sur de grandes questions philosophiques ou de société, elle se limite à un rôle d’ONG humanitariste ; elle ne permet pas la transmission de la foi. Les chrétiens ont besoin des Sacrements pour vivre, pas d’une consultation éthique qui, d’ailleurs, est tout à fait non contraignante, comme le vote de l’euthanasie l’a démontré.

Olivier Frèrejacques
Président de Liberté politique

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