À droite comme à gauche, l’incertitude demeure pour 2027. Certains veulent une primaire, d’autres non ; certains envisagent de pactiser au centre, d’autres non… Et d’un côté comme de l’autre, seules deux certitudes : Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
LR tend la main à Lisnard… mais pas à Sarah Knafo, que le maire de Cannes entend pourtant intégrer à une primaire de la droite et du centre. De son côté, Édouard Philippe veut parler à Gabriel Attal et Bruno Retailleau dès novembre pour faire le point après quelques semaines de campagne.
Problème : difficile d’imaginer Bruno Retailleau travailler avec Gabriel Attal !
Rarement l’expression « panier de crabes » n’aura aussi bien trouvé son sens que dans ces petites manœuvres politiciennes.
À gauche, les socialistes lancent une primaire, mais sans Ruffin, car Glucksmann ne veut pas. Le Premier secrétaire du PS, lui-même candidat, est en revanche favorable à ce que cet ancien proche des Insoumis se présente. Glucksmann, lui, semble très proche idéologiquement de Gabriel Attal et regardera peut-être vers le centre si sa campagne ne s’arrête pas trop tôt.
Ségolène Royal, une nouvelle fois sur le retour, refuse catégoriquement toute alliance au centre.
Deux quasi-certitudes, mais aussi deux quitte ou double
Dans ces paysages dévastés après la tentative de synthèse gauche-droite d’Emmanuel Macron, demeurent deux candidats : Marine Le Pen, qui ne se revendique pas de droite, et Jean-Luc Mélenchon, qui se revendique clairement de gauche.
La première reste encore très haute dans les sondages et sa candidature ne fait aucun doute dans son camp. Le second est en progression constante et dispose d’un parti qui lui est dévoué. Le fondateur des Insoumis joue d’ailleurs sur cette fibre. Sur le plateau de TF1, il y a quelques jours, il assurait, reprenant un slogan de sa campagne : « Nous, c’est carré. »
Ces deux candidats seront aussi ceux qui seront les plus visés par les polémiques. Le RN a connu un petit scandale monté en sa défaveur à Carcassonne, et Jean-Luc Mélenchon ne tardera pas à avoir ses affaires, plus ou moins montées en épingle en raison de ses positions hétérodoxes sur la guerre en Palestine.
La campagne présidentielle va être très longue. Elle a un mérite : rien ne semble joué d’avance, même si l’on peut penser que tel ou tel candidat a plus de chances de l’emporter.
Pour beaucoup, c’est le scrutin de la survie, notamment pour les deux seuls qui sont certains d’y aller : Jean-Luc Mélenchon, pour qui c’est très probablement la dernière chance, tandis que son parti peinera à lui survivre. Marine Le Pen aurait, elle aussi, du mal à durer en cas de nouvel échec.

Olivier Frèrejacques
Président de Liberté politique
