La candidature de Marine Le Pen semble sonner le début de la bataille électorale pour 2027. Une campagne qui sera donc longue et très certainement pénible, avec des coups bas, des agressions, de fausses agressions, des trahisons… C’est parti !
Les campagnes se suivent, mais ne se ressemblent pas forcément. Cette fois, le scrutin se déroulera sans le sortant Emmanuel Macron, qui a déjà fait deux mandats et qui sera président « jusqu’à la dernière seconde », comme il le rappelle régulièrement.
Si certains estiment qu’il pourrait s’accrocher au pouvoir au-delà, du fait d’une guerre ou d’une forme d’état d’urgence, cette hypothèse demeure très improbable.
Son rôle dans la campagne sera celui d’un nuisible : pour les siens comme pour les autres. Pas en bons termes avec Édouard Philippe, il pourrait même fragiliser celui-ci en le soutenant. Il devrait aussi faire le sketch habituel contre le RN, avec des culbutes mémorielles.
Un match à trois — pour le moment
Du côté des concurrents en lice, il se dégage déjà trois grandes candidatures : Mélenchon, Le Pen et Philippe. Le chef de file des Insoumis va tenter de rallier l’ensemble de la gauche derrière lui et devrait, comme à chaque fois, faire une bonne campagne et disposer de relais de terrain, avec les associations d’extrême gauche et des individus pétris de culture militante trotskiste.
Le RN, lui, devra faire face à une critique récurrente sur la mise en cause de Marine Le Pen dans l’affaire des emplois fictifs… Une situation délicate pour un parti qui rejette désormais la radicalité et qui devra trouver la formule face à une question : comment dire que l’on est innocent sans critiquer vivement l’appareil judiciaire et donc se voir intenter des procès en matière « d’État de droit », lubie à la mode depuis quelques années…
Édouard Philippe, qui bénéficiera des faveurs médiatiques en se plaçant en recours face aux deux « extrêmes », a une place toute faite, mais il devra néanmoins susciter un peu d’intérêt dans son propre camp et probablement se rabibocher avec Gabriel Attal, qui finira par jeter l’éponge.
Difficile, pour l’heure, de voir une autre candidature émerger. Éric Zemmour n’aura pas l’effet de surprise de 2022 et il ne dispose plus du soutien de personnalités connues. Les candidatures souverainistes ne parviennent jamais à s’accorder et ne représentent numériquement rien.
Restent aussi les trahisons, déjà amorcées avec Wauquiez, et l’imprévu !
Un personnage sorti du chapeau peut faire son apparition avant décembre et rafler la mise… Celui-ci devra néanmoins composer avec le monde politique existant, du fait de la règle des 500 signatures pour se présenter.
Cette campagne sera aussi violente. Il y aura des agressions, venant essentiellement de l’extrême gauche. C’est le cas lors de tous les scrutins. Il y aura probablement aussi de l’esbroufe, avec les Insoumis à la manœuvre, eux qui ont déjà joué cette partition avec une fausse agression « raciste » à Lyon, il y a quelques semaines…
Dix mois nous séparent de l’élection présidentielle ; ces dix mois s’annoncent particulièrement électriques.

Olivier Frèrejacques
Président de Liberté politique
