En guise d’éditorial, nous vous proposons aujourd’hui de prendre connaissance de notre onzième Lettre mensuelle consacrée à l’actualité parlementaire.
L’instabilité parlementaire qui a contribué à la création de cette lettre a, presque naturellement, débouché sur d’interminables débats sur le budget de la sécurité sociale puis sur celui de l’État.
Au croisement de la technique, de la manœuvre politicienne et de l’économie, les incessants débats budgétaires sont un syndrome des plus visibles de l’instabilité qui règne à l’Assemblée, à laquelle s’ajoute une navette parlementaire imposée par le Sénat majoritairement de centre-gauche. Les aspects du débat sont compliqués pour le grand public mais aussi pour les élus eux-mêmes, notamment au Palais Bourbon où le renouvellement des députés depuis le début de l’ère Macron a vu émerger de nombreux néophytes de tous bords pas toujours à l’aise avec le travail parlementaire, voire même avec le travail tout court. Derrière les prises de position de chaque faction dans ce chaos d’Assemblée se trouve la perspective de 2027.
En effet, à un an et demi de l’élection présidentielle, plus personne n’envisage de sauver le soldat Macron et c’est le coup d’après qu’il faut envisager. Le retour des lois sur l’euthanasie à la fin janvier au Sénat doit nous rappeler d’être toujours vigilants et d’alerter la représentation parlementaire sur la société mortifère dans laquelle elle risque de nous plonger. Par ailleurs, nous avons pris le parti de présenter dans nos portraits du mois deux élus qui se tournent vers des échéances municipales en mars avec, comme arrière-pensée, l’idée de fuir une Assemblée où ils risquent de perdre leur place (ou tout au moins de s’éloigner d’un jeu politique où ils peuvent se sentir impuissants ou sur le point d’être relégués au rang d’opposition). Au niveau des institutions et des marchés, cette séquence est éprouvante pour le pays ; des entreprises souffrent des délais budgétaires et l’instabilité globale n’incite pas les agents économiques nationaux ou étrangers à la confiance.
Si la perspective d’une dissolution s’éloigne à mesure que le crépuscule macronien approche, l’instabilité devrait se poursuivre jusqu’à la fin de son règne et, paradoxalement, le rôle de l’Assemblée se renforcer jour après jour, ce qui rend ce travail d’Observatoire parlementaire d’autant plus salutaire.
De la part de toute l’équipe de rédaction, je vous souhaite une bonne année 2026 !
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Olivier Frèrejacques
Rédacteur en chef de L’Observatoire parlementaire
