Il l’a annoncé au 20 heures de TF1, quelques heures après une véritable démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon, qui a rassemblé près de 10 000 personnes à Châteauneuf-sur-Isère, près de Valence, dans la Drôme.
La comparaison est rude : Glucksmann peine à s’exprimer correctement en public et se révèle un bien piètre débatteur. À l’inverse, le tribun Mélenchon bénéficie en outre d’un appareil de parti à son service, là où son adversaire ne dispose que d’un petit parti politique, « Place publique ».
Le social-démocrate devra affronter des candidats de seconde zone : Philippe Brun, Jérôme Guedj, Ségolène Royal et, éventuellement, Olivier Faure, mais devra surtout lancer une dynamique pour l’heure inexistante.
Petits calculs entre amis et études d’opinion
Dans l’équation, le ralliement des écologistes pourrait peser un peu. Marine Tondelier ne convainc pas et des cadres ont déjà annoncé leurs préférences en dehors du parti vert : Yannick Jadot pour Glucksmann et Sandrine Rousseau pour Mélenchon.
Les communistes aussi devront choisir : soutenir un candidat extérieur ou retenter leur chance avec Fabien Roussel, au risque de se voir étiquetés comme diviseurs et de perdre des accords pour les législatives…
Un sondage paru lundi 24 août a donné Jean-Luc Mélenchon à 16 % et qualifié au second tour, témoignant de l’engouement autour de cette bête de campagne qui aimante autant ses soutiens qu’elle suscite le rejet chez ses opposants.
Sorte d’accélérateur de la pensée de gauche, Mélenchon est obsédé par le métissage et la « créolisation ». Qu’importe que ses cadres, comme le public qui vient le voir, soient très pâles : il mise sur le « vote ethnique » pour passer un cap électoral. Glucksmann, de son côté, est donné à 10 % et, s’il bénéficie du soutien de quelques cadres socialistes, cela semble encore bien léger pour contrer son adversaire, qui a sauvé la mise de la gauche ces dernières années avec sa « Nupes » et son « Nouveau Front populaire ».
La bataille est partie pour durer. Il reste huit mois de combat électoral et la radicalité de Jean-Luc Mélenchon, ainsi que son positionnement international, devrait pousser certains de ses influents détracteurs à user de tous les moyens pour le faire chuter. Il n’est pas inimaginable qu’une sorte d’affaire Carpentras arrive à LFI, qui coupe définitivement le parti du reste de la gauche et diabolise le candidat de manière définitive.

Olivier Frèrejacques
Président de Liberté politique
