Emmanuel Macron aura donc eu sa petite victoire de fin de mandat avec le soutien d’une partie de l’hémicycle, essentiellement la gauche. Le vote solennel de l’euthanasie sera politiquement mis à son crédit et ouvrira naturellement la voie à des dérives multiples.
Le parallèle avec l’avortement a souvent été fait par les promoteurs de l’euthanasie. Ceux-ci insistent : « On ne vous enlève pas de droit et cela ne va pas changer la vie. »
Et, en effet, dans les semaines qui suivront la promulgation de la loi, la vie ne changera pas pour l’extrême majorité de la population, mais le bouleversement va se faire, comme pour les autres lois sociétales, sur le temps long.
En cela, c’est une grande victoire de la gauche, une victoire culturelle et métapolitique. Limitée à certains cas dans un premier temps, superficiellement encadrée, l’euthanasie connaîtra par la suite le même cheminement que l’avortement : banalisation, généralisation…
Quant aux soins palliatifs, le vote de la loi sur l’euthanasie les enterre de facto. Ceux-ci sont condamnés à rester marginaux : la raison économique l’emportera. Tuer est moins cher que soigner.
Dans les années qui viennent arriveront les procès en matière de successions ; les uns accuseront les autres d’avoir poussé tel ou tel ascendant à la piqûre létale pour hériter.
Politiquement, Macron s’offre un dernier petit succès au détriment de son Premier ministre, Sébastien Lecornu, catholique revendiqué, qui n’a pas mis sa place dans la balance.
Après la constitutionnalisation de l’avortement, l’entrée au Panthéon de Simone Veil et celle de Robert Badinter, le règne Macron a résolument une odeur de mort. La mort pour les innocents, pas pour les violeurs d’enfants.
Il s’agit désormais de tenir la ligne. Comme toutes les lois dites « sociétales », l’euthanasie est contraire au droit naturel et à l’enseignement de l’Église. La bataille qui s’ouvre désormais se jouera sur plusieurs fronts : celui du soutien aux quelques centres de soins palliatifs, celui de la défense de la clause de conscience, celui de l’accompagnement des plus faibles et des plus fragiles pour éviter la généralisation de la mise à mort. Pour ce dernier point, il s’agit assez simplement et concrètement de visiter nos anciens, de les soutenir et d’essayer de les comprendre, ce qui permettra à certains de s’extirper du stérile conflit générationnel avec les « boomers ».
Enfin, politiquement, il convient d’assumer une opposition franche et totale et de pousser à l’assumer, sans reniement.
Pour comprendre la suite du cheminement législatif sur le texte, nous vous invitons à lire la tribune du directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), Gregor Puppinck, parue dans le JDD : « Euthanasie : la partialité du Conseil constitutionnel ».
https://www.lejdd.fr/Societe/euthanasie-la-partialite-du-conseil-constitutionnel-179136

Olivier Frèrejacques
Président de Liberté politique
