Le développement des réseaux sociaux a été un outil formidable pour court-circuiter les grands médias et leur quasi-monopole narratif. Ils ont, en parallèle, mis en place une prime au commentaire et montré ce qu’il y a de pire dans la démocratisation de la prise de parole, et le monde religieux n’est pas épargné.
Les récents événements qui ont entouré l’Église catholique, avec les sacres d’évêques sans mandat par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, ont montré l’étendue du chaos mental que provoquent les réseaux sociaux chez certains.
Un sujet grave a ainsi été traité par tous sur un ton « bistrot du commerce », avec une virulence qui sied assez peu à la matière religieuse.
Sur le réseau X, anciennement Twitter, les deux camps se sont affrontés à grand renfort de dénigrement et de mépris. Certains prêtres semblent même s’être pris d’une frénésie dans cette affaire, déversant leur bile sur leurs confrères fraîchement excommuniés par Rome.
On se gardera bien de commenter ici le fond de l’affaire, mais il s’agit de s’interroger sur l’usage des réseaux sociaux par des gens a priori construits intellectuellement et qui sont, qui plus est, des hommes d’Église censés incarner une certaine forme d’intégrité et dégager une certaine sérénité.
En l’espace de quelques mots, l’autre est condamné, insulté et le mal est fait, ce qui ajoute du conflit au conflit et contribue à l’accumulation de rancœurs qu’il sera difficile de dissiper.
Le spectacle offert par cet épisode aura été navrant.
Évidemment, certains religieux, et même l’immense majorité d’entre eux, ne se sont pas ainsi donnés en spectacle. Certains prêtres, qui ont l’habitude de ces réseaux, s’en sont tenus à des messages très sobres et sans polémique, à l’image de l’abbé Matthieu Raffray ou de l’abbé Pierre Amar.
« Je vous le dis : les hommes rendront compte, au jour du Jugement, de toute parole inutile qu’ils auront prononcée. Car c’est par tes paroles que tu seras justifié, et c’est par tes paroles que tu seras condamné. »
(Matthieu 12, 36-37)
Sur ces paroles, je me garderais bien d’écrire une ligne de plus !
Pour aller plus loin sur la question des réseaux sociaux, vous pouvez vous procurer notre revue n° 104 et son article « La soif numérique de Dieu ».

Olivier Frèrejacques
Président de Liberté politique
