Le vote de l’euthanasie à l’Assemblée, poussé par Emmanuel Macron mais embarrassant une partie de son camp, n’est pas complètement acquis. D’ici au vote final, le 15 juillet, les indécis peuvent basculer d’un côté comme de l’autre, d’autant que l’actualité morbide venue des Pays-Bas pourrait dissuader certains du bien-fondé du texte. Un rejet du texte est hautement improbable, mais, quoi qu’il en soit, les combats doivent être menés, même s’ils semblent perdus.
Dimanche 28 juin, à Paris, les opposants à l’euthanasie se mobiliseront place de Fontenoy. Une manifestation pour faire entendre la voix des opposants à un texte qui, s’il est voté, changera profondément notre société, quoi qu’en disent ceux qui tentent d’humaniser la piqûre fatale. Difficile, cependant, de défendre la mesure quand, en pleine semaine de débat, un rapport venu des Pays-Bas expliquait qu’en 2025, un enfant de moins de 12 ans avait été euthanasié – il est possible, dans ce pays, de faire euthanasier un enfant sans son avis. Les lois sociétales sont ainsi faites qu’elles penchent toujours plus en avant dans le libéralisme moral. Elles débutent comme des exceptions avec des garde-fous et finissent en transformation totale de la société, voire en dogme constitutionnel, comme cela est devenu le cas pour l’avortement, passé du statut de « recours » à celui de droit absolu, et même encouragé et promu par l’État et des officines extrémistes comme le Planning familial. Pour ce texte, la partie n’est pas complètement finie et il convient de se mobiliser jusqu’au bout, d’interpeller les élus et de manifester. Et si le texte vient à passer, il faudra mettre la pression sur les candidats à l’élection présidentielle qui pourraient être disposés à abroger la loi dès 2027. Si cela est très peu probable, il s’agira néanmoins d’occuper le terrain pour éviter des extensions du texte et travailler l’opinion afin d’expliquer la réalité de l’euthanasie et de promouvoir le développement des soins palliatifs.

Olivier Frèrejacques
Président de Liberté politique
