Décryptage
Williamson, Recife, le préservatif… et les cathos-gogos
20 Mars 2009 |
Ces derniers temps, j’ai croisé de nombreux catholiques atterrés par l’affaire Williamson, puis irrités par l’histoire de la fillette de Recife, enfin effondrés devant les propos du pape en Afrique sur le préservatif. Quand j’écris "enfin", c’est une clause de style. Il n’y a aucune raison pour que ça s’arrête. La provocation marche tellement bien qu’il serait inconséquent pour les médias de ne pas remettre 2 € dans le Juke-box la semaine prochaine.
Outre les prescripteurs de l'opinion, qui vivent en circuit fermé, il y a trois moteurs de cet nième accès d’anticatholicisme. Les deux premiers mènent le bal : un groupe restreint mais vociférant de fanatiques haineux d’un côté, l’immense foule des français post-chrétiens en guerre avec leur passé de l’autre, qui ont besoin régulièrement qu’on leur ressorte une bonne excuse pour ne pas mettre les pieds à l’église.
Le troisième moteur, ce sont les cathos-gogos, happés par la vague, se laissant aller à hurler avec la meute, à relayer l’indignation publique, à en causer et bavasser avec le voisin, la famille et tous ceux passant à portée de voix. Le catho-gogo, ce n’est pas l’autre, ce n’est pas un petit groupe, le catho-gogo c’est l’immense majorité d’entre nous, nous qui avons, de près ou de loin, de plus ou moins bon gré, comme acteur ou comme souffleur, participé au gigantesque happening médiatique dont nous étions les hôtes flattés. Et avant l’arrivée de la nouvelle vague, le moment est propice à un sérieux examen de conscience, du genre de ceux qui conduisent au confessionnal. Car deux types de péchés ont été massivement commis depuis un mois et demi parmi les chrétiens français : l’un contre la vérité sur les personnes, l’autre concernant le devoir d’être moins bête.
Mais avant d’entrer dans le détail, deux objections : « Mon indignation ces jours derniers était une saine (sainte ?) indignation contre des propos ou des actes intolérables, je ne suis donc pas concerné. » Réponse : attendez peut-être de voir ce qui suit. « Le rôle de Liberté politique n’est-il pas plutôt d’apporter des analyses et des propositions ? » Réponse : c’est exactement de cela qu’il s’agit ici.
La médisance, le jugement téméraire, la calomnie, le mensonge
Symptômes : après les épisodes évoqués, apparition d’un découragement, d’une lassitude, de doutes sur la foi en Dieu ou dans la sainteté qu’Il accorde à l’Eglise ; mais aussi complaisance à revenir sans cesse sur ces questions, à lire tout ce qui s’écrit, à entendre tout ce qui se dit sur elles, irritabilité contre les proches, difficulté à trouver le silence nécessaire à la prière. Surtout, la conscience de n’avoir ni grandi, ni fait grandir.
Causes : je renvoie à l’exposé des offenses faites à la vérité et qui touchent le prochain, dans le Catéchisme de l’Eglise catholique (n. 2475 sq). La médisance, le jugement téméraire, la calomnie et le mensonge en sont les formes essentielles. On peut en être auteur ou, plus souvent, complice. Ainsi, se prononcer de manière définitive sur une affaire qui a lieu à l’autre bout du monde sur la seule foi d’une dépêche AFP est quasi-inévitablement un jugement téméraire. Il en va de même lorsque l’on commente la levée d’une excommunication sans savoir ce qu’est une excommunication (car ça n’est pas une « exclusion de l’Église » au sens des terrains de foot et des partis politiques). Il y a malveillance ou calomnie lorsque l’on ne se tait pas après avoir appris que l’interview du misérable Williamson datait de trois mois. On inclura aussi les paroles et les pensées de mépris et de haine à l'égard des chrétiens impliqués dans ces affaires, mais aussi à l’égard des instigateurs ou des complices de la frénésie médiatique. Ce qui constitue le péché – faut-il le préciser ? – c’est l’engagement de la volonté dans l’acte. Avoir des tentations auxquelles on résiste n’entraîne la commission d’aucun mal.
Circonstances aggravantes : lorsque l’offense touche le pape ou des évêques, elle blesse l’unité même de l’Eglise [1]. Lorsque l’offense est commise par un journaliste chrétien ou quelqu’un en charge de la diffusion de l’information, la culpabilité est plus grande car elle émane d’un professionnel dont l’expérience morale devrait le prémunir de telles faiblesses.
Cas particulier : en cas d’addiction aux médias, de besoin irrépressible d’en parler ou d’y penser, il y a ce que l’on appelle un vice, une habitude ancrée contre laquelle la lutte est plus longue et plus exigeante.
Remèdes : retrouver le cours interrompu du carême et, par là , une liberté salutaire à l’égard de l’information. D’où la nécessité d’un solide jeûne médiatique. Au minimum, tourner la page, fermer la radio ou la télévision lorsque les sujets qui entraînent au péché apparaissent. Pour les professionnels placés au cœur de l’ouragan, le recul est grandement favorisé par la prière personnelle, la méditation de l’évangile et l’attention aux proches afin d’éviter d’être aspiré dans le flux.
Réparation : le mal a fait son œuvre. L’esprit de division s’est maintenant largement répandu à l’égard du pape, des évêques, entre chrétiens. La réparation directe est quasi-impossible. Mais elle ne dispense pas d’une réparation indirecte, par un surcroît d’attention au prochain : l’esprit d’unité et de réconciliation doit venir raccommoder le tissu des relations froissées ou déchirées.
Le devoir d’intelligence
Il y a lieu de s’interroger sur l’origine d’une si faible résistance des catholiques aux provocations médiatiques. Sans aucun doute, une attention plus grande portée aux nouvelles plutôt qu’à la Bonne Nouvelle est en cause. Mais il y a plus. L’accusation portée contre le pape d’une complicité de négationnisme aurait dû déclencher un immense éclat de rire tant elle est ridicule et caricaturale des attaques à la mode contre l’Église. Elle a, au contraire, troublé.
Les légitimes questions à propos de ce que l’on rapportait de l’affaire de Recife ne rendaient pas plus légitime le double avortement que l’on nous présentait comme l’indiscutable solution du problème. Qui s’est soucié de ce qu’à l’horreur de multiples viols on ait ajouté sur les épaules d’une fillette le traumatisme d’un double avortement ? S’agissant de Recife comme peu après de l’Afrique, on s’est drapé de miséricorde contre le légalisme d’un évêque ou d’un pape pour mieux s’aligner sur la normativité morale et le culte des solutions hygiénistes de notre culture de mort. Où donc est la miséricorde ? Je ne vois là que transfert d’un légalisme à un autre sous couvert de bonnes intentions.
La vérité est que les chrétiens français payent aujourd’hui une tendance à planquer leurs cadavres dans les placards, à ne pas travailler sérieusement les sujets qui fâchent, à manquer de confiance dans l’intelligence au service de la foi.
L’accusation de complicité de négationnisme ne provoquerait pas un tel malaise si les catholiques avaient à l’esprit que ce n’est pas la foi chrétienne mais l’athéisme postchrétien qui est le trait commun à tous, TOUS les régimes ayant industrialisé le meurtre au siècle passé. Mais qui peut le dire publiquement et l’enseigner dans une République ayant banni toute référence à la foi ?
La levée des excommunications n’aurait pas semblé une trouble faveur si elle ne s’était inscrite dans une certaine vision de l’histoire de l’Église aussi répandue qu’indiscutée, et selon laquelle Vatican II représente une rupture et non une assomption à frais nouveau de la grande Tradition. « Le pape reconnaît les erreurs de Vatican II » ont exulté certains fidèles de la Fraternité Saint-Pie-X ; « Il faut dire au pape que nous n’accepterons aucune braderie du Concile » ont rétorqué les grandes voix du catholicisme français. Comme tout cela paraîtrait futile si Vatican II n’apparaissait plus comme une fin pour les uns, un commencement pour les autres. Une « herméneutique de la continuité » comme l’appelle le pape, voilà ce qu’il aurait fallu développer avec ardeur en France depuis le concile.
Le refus de considérer l’avortement comme une solution pour la fillette de Recife aurait effleuré les consciences si ces dernières avaient reçu quelques notions de morale. Car l’Église réfléchit sur ces questions depuis longtemps maintenant, et a dégagé des principes rappelés sur ce site par Tugdual Derville. Mais pour comprendre la différence morale abyssale entre un avortement, dans lequel la volonté est de tuer, et un acte médical ayant pour objet de garder en vie mais sans garantie de succès, il faut avoir formé sa conscience hors du légalisme, dans une atmosphère où la norme morale est entendue comme un guide pour la miséricorde et non comme son antagoniste.
Enfin, le rappel fait par le pape en Afrique n’aurait pas paru arriéré si les catholiques avaient eux-mêmes un peu réfléchi aux questions de régulation des naissances, au lieu d’opposer un non possumus en 1968, suivi de quarante ans de silence embarrassé. Car toutes les études épidémiologiques en Afrique le montrent : mis à part dans certains milieux bien délimités (ceux-là mêmes qui font du bruit en France), la meilleure arme contre la propagation du Sida est l’éducation à la vie morale.
Sur tous ces points, il est grand temps que les catholiques de France arment leur intelligence et prennent le temps de la réflexion. À défaut, ils risquent de passer encore de très mauvais carêmes sous les feux des médias.
Fr. Em. P., op
[1] Cela ne signifie pas que le pape ou les évêques soient intouchables, mais seulement qu’en cas d’offense aux personnes, le fait qu’elle vise le pape ou les évêques ajoute la gravité d’une atteinte contre les fondements apostoliques de l’Eglise, fondements institués par le Christ.
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Commentaires (46)
Puisque nous sommes frères dans le Christ, je m'autorise à mon tour une petite correction fraternelle.
Je suis de ces catholiques attachés à la tradition, respectueux du pape et de l'Eglise, laïc en responsabilité dans l'Eglise, responsable de groupes pro-vie sur le réseau social facebook.
Pourtant, je me sens offensé par votre article et votre réaction que je trouve,pardonnez-moi le terme, bien orgueilleuse.
Je ne crois pas être un catho gogo. Je suis conscient du pouvoir manipulateur des médias, de l'acharnement systématique de certains contre l'Eglise et le pape.
Néanmoins, nous nous trouvons devant 3 évènements qui déshonorent l'Eglise et le message évangélique.
Jean-Paul II, qui avait aussi le souci de l'unité de l'Eglise, n'a pas levé cette excommunication car il savait que pour se réconcilier il faut être deux...
Benoît XVI a levé l'excommunication de 4 évêques qui ne sont visiblement pas prêts à rentrer dans le giron de l'Eglise et dont l'un d'entre eux a explicitement tenu des propos négationnistes. Le moins qu'on puisse dire c'est que le Saint Père a commis une erreur pastorale de taille !
Moi qui passe beaucoup de mon temps libre à défendre le droit à la vie, j'ai été choqué par l'attitude de cet archevêque, qui tel un pharisien, applique la
qui, tel un pharisien, applique la lettre de la loi et va à l'encontre de l'esprit de la loi. La charité et l'amour du prochain nous interdisait de demander à cette enfant de subir une grossesse (des jumeaux !), sans compter que sa vie et sa santé était en jeu, son corps de fillette de neuf ans n'étant pas fait pour vivre une grossesse.
Quant à cette déclaration sur le préservatif, s'il est vrai que les médias ont en partie tronqué les paroles du pape, elles ne sont pas conformes à la position de l'Eglise sur ce sujet. Rappelons que si l'Eglise, dans le cadre d'un mariage chrétien,"interdit" les moyens contraceptifs non naturels afin que dans la sexualité du couple soit laissée une ouverture à la vie, cette règle est supplantée par d'autres commandements dans le cas ou le fait de ne pas utiliser de préservatif met en jeu sa vie ou la vie d'autrui : aime ton prochain comme toi même !
Ce que nous devons faire maintenant,c'est prier Dieu afin de sauvegarder l'unité de l'Eglise, c'est beaucoup prier pour Benoit XVI afin qu'il puisse mieux assumer son rôle de pasteur et son rôle de maintien de l'unité au sein de l'Eglise.
Opportunément je viens de relire l'ouvrage (paru aux EU en 2005- éd française Tempora 2007) du Rabbin nord-américain David Dalin qui explique comment les détracteurs du Pape Pie XII ont réussi à imposer leurs malintentionnés messages de désinformation auprès du plus grand nombre et au mépris le plus odieux de la réalité. Il est particulièrement intéressant de comparer leurs méthodes à celles qui sont utilisés aujourd'hui contre Benoît XVI.
Comme petite catholique de base, je voudrais tellement que le Très Saint Père sache qu'il existe de très nombreux catholiques même en France et malgré certains sondages, qui prient chaque jour pour lui avec toute la confiance, l'affection et le plus grand respect.
Citons à l'occasion quelques fulgurances de Nicolas Gomez Davilla:
"La paresse de l’intellect est bien souvent le seul contrepoids à la démence humaine".
"Penser comme nos contemporains, c’est la recette de la prospérité et de la bêtise"
"L'église a pu évangéliser la société médiévale parce que c'était une société de pécheurs, mais son avenir n'est pas prometteur dans la société moderne où tous se croient innocents."
Alors, il nous reste la prière car "Prier est le seul acte dont l'efficacité m'inspire une totale confiance."
Puisqu'il paraît que mon commentaire est trop court, j'ajouterai donc que je me bats autour de moi et en écrivant à divers depuis la première "affaire" pour qu'on veuille bien les décrypter à la lumière de l'enseignement de l'Église, à celle de la charité et à celle, apparemment bien difficile à obtenir, de la lecture des écrits originaux et complets à partir desquels naissent ces soi-disant "affaires". Nous devrions tous nous pénétrer de ce que disait saint Thomas d'Aquin sur la bêtise qui est un péché lorsqu'elle n'est pas le fruit de neurones déficients, et je ne parle pas de la méchanceté.
Le diable est là , soyons-en sûr, et il n'y a que la foi et la prière pour le faire partir.
Encore une fois : merci
B. du Peyroux
Je trouve également étonnant que ce billet d'humeur, signé d'initiales absconses, trouve sa place dans une revue de réflexion qui d'habitude s'efforce d'élever le débat.
J'aurais simplement aimé trouver aussi dans son propos ce qui m'a si profondément touché dans la lettre du Pape adressée aux évêques le 10 mars dernier: l'humble reconnaissance, si peu cléricale, que des "erreurs" avaient pu être commises du côté de l'Eglise. Loin de se raidir, de se tenir "droit dans ses mocassins" sous la contestation, pour reprendre la fameuse expression d'Alain Juppé (qui, lui, n'a pas pu bénéficier des conseils du Frère Emmanuel), le Pape, après avoir écouté, s'est exprimé et s'est confié à son Eglise à travers ses frères dans l'épiscopat. Et voilà la baudruche médiatique singulièrement dégonflée et le malentendu levé...Quelle confiance et quel exemple !
Ainsi, le Pape lui-même a admis que "le fait que la portée et les limites de la mesure du 21 janvier n'ont pas été commentées de façon suffisamment claire au moment de sa publication" était bien une erreur. Je lui suis reconnaissant de l'avoir dit car c'est ce qu'ont constaté de nombreux catholiques. Etaient-il si "gogos" ou si mal formés que cela ?
Et j'ai cru comprendre en écoutant nos évêques que l'excommunication prononcée au Brésil était une mesure dont l'Eglise aurait pu se dispenser car elle a eu l'effet exactement inverse de l'objectif qui doit être recherché quand on a recours à une telle sentence explicite.
Fr. E. Perrier a raison de nous exhorter à "armer notre intelligence". Nous serons toutefois aidés dans notre effort si l'Eglise, de son côté, améliore sa communication et, selon les préconisations mêmes du Saint-Père, la gestion de certains dossiers (puisque le Pape a estimé devoir confier celui du schisme à la Congrégation pour la doctrine de la foi).
Enfin, pour les mauvais moments passés par l'Eglise, à moi d'exhorter le frère Emmanuel à s'armer de patience : avec les médias, surtout en France, c'est Carême toute l'année...
Je me permets de dire cependant que, même si les réactions d'indignation face à ces trois affaires étaient parfois trop entâchées par les passions humaines ( habilement manipulées avec gourmandise par les ennemis de l'Eglise), je pense pour ma part que ce serait une erreur de n'y voir que du "péché".
Car derrière le scandale ressenti face à Williamson, des croyants exprimaient leur refus de l'anti-judaïsme. Comment nier que celui-ci a pû jouer un rôle dans l'accession d'Hitler au pouvoir, lequel l'a diaboliquement manipulé à ses fins...Leur refus aussi d'une Eglise comme système politique et idéologique, qu’appellent de leurs voeux beaucoup de fidèles lefèvristes. La charité commande t-elle ici de s'aveugler sur des travers idéologiques dangereux ?
Derrière l'affaire de Recife, beaucoup de catholiques indignés n'ont-ils pas exprimé leur foi affirmée qu'en Christ la Loi est aussi Miséricorde. Cela constitue t-il aussi pour vous un péché ou une "gogoterie" ? Est-ce que cette excommunication (invalidée d'ailleurs ensuite par la conférence épiscopale), allait concourir à mieux faire comprendre la position de l'Eglise sur la défense de la vie ou au contraire donner l'impression d'un légalisme froid et inaccessible aux situations de très grandes souffrances.
Derrière "l'affaire du préservatif, des catholiques honnêtes ont réagi parce qu'ils pensaient qu' un mélange des genres entre foi et science se reproduisait, comme du temps de Galilée où l'Eglise, en le condamnant, prétendait se prononcer sur un domaine scientifique qui n'était pas sa spécialité...Ainsi, en attendant Benoît XVI parler d'un problème de santé publique, scientifique donc (le préservatif comme moyen inefficace de prévention du Sida) nous pouvions restés perplexes : notre pape a-t-il toutes les données pour s'exprimer sur ce domaine et doit-il être le sien d'ailleurs ? D'autant qu'en tant que français on nous a convaincu de l'inverse ! Je comprends maintenant mieux sa position après m'être informé sur les études épidémiologique en Afrique...Mais qui nous en parlait avant ce tumulte ?
Vous voyez donc que ce sont de vrais problèmes et questions, marqués par les blessures de l'Histoire, qui sont soulevés par ces trois affaires. Certes, les réactions de beaucoup de catholiques ont parfois dépassé certaines limites, jusqu' à tomber dans "l'offense contre la vérité sur les personnes". Mais certains de leurs "cris", certaines de leurs colères ne glorifiaient-elles pas Dieu en manifestant leur rejet d'une Eglise anti-judaïque, "pharisaïque" et légaliste ? Même si elles n'étaient pas complètement fondées
car se basant sur des informations incomplètes et inexactes et donc manipulées par les médias...
Oh ! Vous allez dire : beaucoup de bons sentiments pour en arriver finalement à un désastre quant à la communion des catholiques entre eux et avec leurs pasteurs, dont le Saint-Père...Du haut de votre chaire, et de vos compétences doctrinales élevées de dominicain, il peut être tentant de regarder avec mépris les colères du Peuple de Dieu. Je vous trouve bien sévère avec lui et si peu avec les erreurs de communication objectives de la Hiérarchie (qui peuvent avoir des conséquences graves et disproportionnée) Vous examinez-vous avec la même rigueur ...?
Oui, ces affaires sont une catastrophe pour la" communion ecclésiale". Mais que l'Esprit Saint , à la faveur de cette crise, renouvelle fortement l'Eglise en nous inspirant l'esprit de repentir, de réconciliation et d'unité, dans la foi, l'espérance et la charité, pour la rendre encore plus belle qu'avant !
Fraternellement en Christ
C'est exactement ce que je pense.
L'illustration de l'affaire de Recife est particulièrement stupéfiante où les "Lucky Luke du sondage des reins et des coeurs" n’ont pas hésité notamment à accabler le curé et l’évêque de Recife (le cardinal Barbarin sur le site "http://lyon.catholique.fr/?La-petite-fille-d-Alagoinha-au" a bien remis les choses dans leur perspective en parlant de ces deux hommes).
Cette affaire est vraiment triste à pleurer, tant bien évidemment sur l’affaire elle-même, que sur la manière dont elle a été abordée par ceux qui s’estiment être de grandes consciences catholiques (je précise ici que je m’interdis de porter ma critique sur ceux qui ont reçu le sacrement de l’ordre, je pense plutôt aux « chrétiens qui se prennent au sérieux » pour reprendre ce qu’a écrit dans un petit livre délicieux feu l’abbé Wartelle). Le danger est bien en nous-mêmes avec cette incroyable légèreté de l’arrogance qui de façon insoutenable se grime sous les traits de la miséricorde.
Le remède est bien le jeûne, médiatique notamment ; le recours au sacrement de réconciliation, la prière, l’oraison, le silence pour apprendre à dompter cette langue perverse, en somme les fondamentaux habituels. J’allais presque dire la « petite voie » de Sainte Thérèse dont je commence à saisir la profondeur.
Merci.
Ah bon, êtes-vous sûr ? En tout cas, moi, fidèle de la FSSPX, ce n'est pas ce que j'ai entendu autour de moi.
Nous sommes parfaitement conscients que Benoît XVI n'entend pas remettre en cause Vatican II (et c'est même précisément ce qui nous pose problème !)
Pour le reste, merci de votre analyse, mon Père.
J'avais il y a quelques semaines transmis sur un blog http://benoit-et-moi.fr/ un petit commentaire en forme de récit intitulé Crucifie-le.
Il est hélas toujours d'actualité.
Je tiens à signaler la vigoureuse et fraternelle mise au point faite par Mgr Rey, évêque de Toulon à Cotignac pour la célébration de St Joseph! souhaitant la fête de Joseph Ratzinger pour lequel cette messe solemnelle a été célébrée!
dela fait 2009 ans que cela dure; il y aura toujours une raison pour essayer de nous faire taire; et malheureusement les chrétiens tièdes s'y laissent prendre.
le meilleur moyen est d'avancer serien, avec une ferme douceur à l'image de notre pape; d'encaisser les coups en méditant le chemin de croix tous les jours (2 stations, cela fait un chemin de croix tranquille par semaine) et en nous unissant aux souffrances du Christ dans sa passion.
si nous avons Jésus crucifié dans le Coeur, cela transparetra dans nos regards et dans le peu de paroles que nous prononcerons mais qui auront la clarté de la Vérité et les coeurs de bonne Volonté seront atteints; quant aux autres, on ne peut que leur pardonner et prier pour eux intérieurement.
Il y a des lustres qu’on oppose les règles aux faits, les principes aux situations, les normes au réel vécu, la doctrine à la pastorale, l’essence à l’existence. La querelle existe depuis au moins le rasoir d’Occam. Je dirais volontiers depuis le vieil Héraclite.
Prenons donc le chemin des faits (juste pour observer): la société actuelle se proclame largement pour l’abandon des principes au nom de la charité, pour le vécu et non pour les règles et les normes.
Mais il est évident que l’abandon des principes nous a fabriqué une société de sang : 220 000 avortements par an en France seulement et l’euthanasie est aux portes. L’amoralisme est patent en politique, en économie, et dans la société entière, la crise sociale permanente, divorces, drames familiaux, délinquance et criminalité en hausse, surpopulation carcérale, violences à l’école avec agression des professeurs au couteau, tirs à la carabine, drogues, rackets, bastonnades de toutes sortes.
Alors, faut-il ou non revenir aux principes ? Faut-il ou non revenir à l’éducation ? L’éducation est-elle possible sans principes ?
Oui, nous le savons tous, même la notion de « cause – effet » est remise en question. Si bien qu’on préfèrera expliquer les dysfonctions par certains mécanismes plutôt que par les principes, surtout s’ils sont moraux. Oui, bien sûr, mais le réel reprend toujours ses droits et l’absence de principes entraîne inévitablement beaucoup de désordres et beaucoup de violences qui profitent aux plus malins et accablent les plus faibles. (les enfants à naître, les 15-25 ans, les exclus des circuits économiques, et les plus de 70 ans)
Vive le Pape, qui, aujourd’hui est beaucoup plus qu’un intellectuel : à propos du sida, il est devenu un témoin et reste témoin malgré les maîtres de dérision, les leçons de morale des agnostiques moraux, les politiques voulant redorer leurs blasons, les faux frères en l’épiscopat, sans oublier les professionnels de l’indignation, mais qui n’en ont rien à cirer. Oui, vive le Pape, car il gagne bien des cœurs !
Le pape a décidé de mettre les "pieds dans le plat" dans tous les domaines et il a raison car le temps lui est compté. Quand il déclare que le principal problème de nos sociétés est "une crise de la foi", qui peut dire le contraire ?
La parole de Dieu a été foulée aux pieds avec le célèbre "il est interdit d'interdire" de mai 68 qui est la négation pure et simple du décalogue, qui a fait voler en éclat tous les repères moraux qui avaient fait sortir nos sociétés de la barbarie.
Le rapport à la sexualité a été précisé par le Christ ("je suis venu accomplir la loi et non l'abolir")quand il condamne le divorce et l'adultère. Dés lors que peut faire le pape sinon rappeler cette position.
Les considérables dégâts tant sur le plan sanitaire que social que nous vaut la liberté sexuelle, présentée comme inaliénable et à l'origine du SIDA, mérite une autre approche que "hors le préservatif, point de salut".
Qu'
vous êtes dominicain, j'espère que cela ne vous fera pas de peine si j'évoque cependant la méditation des exercices de Saint Ignace sur les deux étendards...
Nous oublions trop, à force de vouloir être "gentils" que nous avons un adversaire qui s'appelle "le diviseur" et qui excelle à trouver toutes les occasions possibles pour semer la zizanie. St Paul termine son épitre aux Éphésiens en nous décrivant l'armure que nous devrions tous porter en permanence.(Eph. 6/10-18).
Il est infiniment regrettable que nombre de prélâts se soient aussi rués à curée. On peut voir à ce sujet l'article du Libre Journal virtuel: http://www.francecourtoise.info/?p=481#suite
Il n'est pas certain d'ailleurs que tout cela soit définitivement tassé et ce ne sont sûrement pas les remarques les plus sensées et les plus pertinentes sur le préservatf qui porteront le plus: Mrg. Di Falco a fait une excellente mise au point à ce sujet!
D'abord il est faux que le pape ait jamais interdit ou dénigré le préservatif: il a simplement souligné avec force que ce n'était pas la solution au problème du SIDA! Cela, tout un chacun devrait en être conscient et remercier le pape de nous le rappeler: il suffit de voir les récentes révélations sur l'explosion épidémique de Washington! Lepréserva
Ce carème ressemble à un chemin de croix pour l'Eglise !
Que l'Esprit Saint donne force et consolation à Notre Saint Père et raffermisse la foi du peuple de Dieu dans l'humilité.
En union de prière
Marie Pierre Milan
Merci de nous conforter dans nos convictions, en nous donnant les justes versions et en développant vos arguments.
Alors pourquoi tous ces gens se mettent en rogne lorsque le Pape rappelle simplement qu'en matière sexuelle , il y a aussi un code de bonne conduite, que si l'ont fait à sa guise , on prend de gros risques pour les autres et pour soi-même...le casque et la ceinture (capote) ne suffisent pas...!!
Si nos évêques avaient pris des positions plus courageuses et rappelé ou fait rappeler , en"chaire", que l'avortement était un meurtre ils auraient fait leur devoir, qui est de former la conscience morale des fidèles et ils auraient ralenti la banalisation de cet aspect de la "culture de mort". Ils ne l'ont pas fait , la plupart d'entre eux ne soutiennent d'ailleurs pas les manifestaions des mouvements pro-vie.
Mais le maniement du rappel n'est pas aisé. Tout le monde, en définitive, en prend plein la tête dans votre article. Or ce n'est pas sans injustice. Car dans cet ensemble, il y a certes ceux qui embouchent les clairons médiatiques pour régler leurs comptes avec le Pape, ou l'Eglise (telle qu'ils ne l'acceptent pas), au prix des ignorances ou des sottises que vous dénoncez à raison, mais il y a aussi ceux qui s'occupent de ces affaires pour défendre autour d'eux, dans leurs familles, dans leur milieu professionnel, les droits de ces derniers, préférant souffrir le trouble de la lutte à l'injure causé à l'Eglise. D'ailleurs n'est-ce pas ce que vous faites vous-mêmes ici, au lieu d'observer le silence que vous recommandez si instamment ? Il est fort discutable - y compris moralement - qu'il faille simplement accompagner ces attaques des simples rires et des haussements d'épaules que vous évoquez.
Par ailleurs, je m'étonne, avec d'autres, qu'évoquant les exigences du respect d'autrui, de la justice et de la charité, vous puissiez vous laisser aller, ès qualités, à parler du "misérable Williamson". Qu'on le veuille ou non, cet homme est prêtre. Il est validement évêque, même s'il a été illicitement consacré, ainsi que le rappelle la dernière lettre du Pape aux évêques. On peut donc légitimement se demander si vous ne cédez pas vous-mêmes aux pressions médiatiques que vous dénoncez si justement, pour vous sentir ainsi obligé de donner un coup de talon, en passant, que rien n'appelait.
2."simple bon sens": Le bon sens ne nous amène-t-il pas à savoir que l'annonce d'une grossesse signifie que la puberté était terminée , on est physiologiquement devenue une femme. On peut regretter que cette étape s'accomplisse de plus en plus tôt mais la nature a ses raisons qu'il nous reste à découvrir. Ne faut-il pas tenir compte des avancées médicales?: les césariennes se font couramment lorsqu'une grossesse ne peut pas être menée à terme. La mort des jumeaux lors d'une tentative de sauvetage n'est pas équivalente à leur mort préméditée.
3."billet d'humeur... initiales absconses": serait-ce un trait d'humour? Je penche pour une lecture peut-être un peu trop rapide qui vous aurait fait manquer l'introduction: '20 mars 2009/Fr. Emmanuel Perrier op' (op signifiant Ordre des Prêcheurs c'est à dire Ordre dominicain selon mon moteur de recherche ).
Ricky, je vous encourage sincèrement à relire cet article émanent d'une personne visiblement intelligente et bonne, non dépourvue d'humour et de bon conseil (par exemple sur les media dont j'abuse trop souvent et le véritable Carême).
Vous pouvez compter sur mes prières en attendant votre réponse. J'ai travaillé dans la pub, failli avorté, élevé 3 enfants (grâce à la venue du 3è, j'ai passé 1 semaine avec une maman de 14 ans et son 1er bébé avec ...son beau-père); travaille à progresser dans la Foi chrétienne et catholique après ma longue période 68 ! A bientôt j'espère !
- entre ce que le Pape dit dans l'avion: "Je dirais qu’on ne peut pas vaincre ce problème du sida uniquement avec de l’argent, qui est nécessaire. S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut le résoudre en distribuant des préservatifs. Au contraire, ils augmentent le problème.", puis ce qui a été rectifié par le Saint Siège dans le Verbatim 2jours après: "S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème."...
==> Si ce qu'avait dit le Pape était si juste pourquoi alors avoir atténué son propos dans le Verbatim ?????
- sur la question des avortements, le président de l'Académie pour la Vie Mgr Rino Fisichella a dit les mots suivants à propos de cette jeune enfant:
"Carmen devait tout d'abord être défendue, embrassée, caressée avec douceur pour lui faire sentir que nous étions tous avec elle ; tous, sans aucune distinction. Avant de penser à l'excommunication, il était nécessaire et urgent de sauvegarder sa vie innocente et de la ramener à un niveau d'humanité dont nous, les hommes d'Eglise, devrions être des annonciateurs experts et des maîtres".
==> Cela montre bien là aussi qu'il y a matière à réagir, à se révolter !!
- Pour ce qui est de la FSSPX, le Pape a lui-même reconnu qu'il y avait eu un problème de communication.
Il y a eu des erreurs, des failles dans lesquelles se sont engouffrés tous les opposants au Pape, à l'Eglise.
Effectivement le lynchage médiatique est scandaleux, mais admettre qu'il y a eu des erreurs de communication n'est pas déshonorant non plus, au contraire !
Vive Benoit XVI !
Que les français méditent plutôt les Béatitudes et cherche à faire l'expérience de la miséricorde de Dieu plutôt que de se perdre dans ces méandres.
Merci pour cet article qui me confirme que je ne suis pas "anormale et hors de mon temps".
il est facile d' écrire ce que je viens de lire quand on n'est pas confronter à des problèmes graves dans la vie de tous les jours, quand on vit dans un milieu "protégé"où tout le monde pense pareil
écouter les problèmes de gens nous rend "humble"
alors, on se dit : faut-il ne pas utiliser de préservatif et contaminer sa femme en sachant que c'est lui donner la mort car en afrique on manque de soins ?
faut-il laisser une fillette mener à bien une grossesse en sachant que cela la conduira peut-être à la mort ou provoquer un avortement ( elle est déjà profondément blessée par des viols ) en se disant qu'elle pourra ensuite donner la vie à nouveau quand elle sera plus grande .
Personne n' a le droit de juger ou de condamner ; Dieu seul le peut et l'on voit dans l'évangile que le Christ a pardonné à des personnes qui avaient péché .
et Frère Emmanuel sait que je parle en connaissance de cause
et encore moins à chaud sous l'effet d'un tapage médiatique souvent mal intentionné.
Mème si ma mère n'est pas parfaite, ou qu'elle n'est pas trés douée pour la communication, je l'aime et sais qu'elle ne veut que mon bien.
Si je ne comprend pas certaines de ses réfexions ou mème de ses actes, je préfère chercher à comprendre et à en discuter dans un bon esprit.
je prie pour l'unité des chrétiens.
Où en sommes nous un mois après l'IVG du 04 mars 2009 ? La nature et l'enchaînement des faits sont mieux connus :
La mère n'a pas été excommuniée, le Padre Edson Rodrigues (source ci-dessous) explique qu'il n'en a jamais été question.
La fillette non plus (qui a pu croire une telle absurdité) ?
Mgr Sobrinho a pris la parole publiquement le 03 mars 2009 et non après l'IVG du 04 mars 2009. Le 03 mars 2009, il a rappelé que le droit canon prévoit l'excommunication de facto des professionnels de l'avortement.
L'Evêque de Recife, n'a pas été désavoué par la Conférence Nationale des Evêques du Brésil, laquelle a juste constaté que le mère n'avait pas été excommuniée.
Les parents ont, l'un après l'autre accepté l'IVG, persuadés par une assistante sociale pro-avortement que leur fille était en danger de mort. La mère, illettrée, à apposé ses empreintes sur un document qu'elle n'a pas su lire le 28 février 2009 et le père s'est laissé convaincre au cours d'un entretien le 02 mars 2009.
Après décision judiciaire, la fillette est confiée à l'institut médico légal de Caruara, puis est trimbalée de l'institut médical de l'enfance de Recife à l'hôpital privé du CISAM sur intervention d'une ONG (Curumim) soutenue par l'IWHC (International Women's Health Coalition) promotrice de la légalisation de l'avortement et du droit des femmes..
La presse française s'est totalement abstenu d'utiliser les sources brésiliennes cités ci-dessous. Telle qu'elle s'est passé l'affaire est beaucoup moins croustillante qu'il n'y paraissait à première vue à deux détails près : la grossesse à 9 ans et l'aveuglement extravagant de la presse française.
Que celui qui ne s'est pas fourré le doigt dans l'oeil sur cette affaire me jette la première pierre.
Sources brésiliennes : le blog du Padre Edson Rodrigues (http://padreeedson.blogspot.com/) et la déclaration du diocèse d'Olinda et Recife (http://www.arquidioceseolindarecife.org.br/notaoficial.htm)
Autres sources découvertes hier soir :
http://video.globo.com/Videos/Player/Noticias/0,,GIM978069-7823- ARCEBISPO+DE+OLINDA+E+RECIFE+NAO+EXCOMUNGA+ESTUPRADOR+D
E+MENINA,00.html
http://www.cnbb.org.br/ns/modules/articles/article.php?id=580
http://www.cnbb.org.br/ns/modules/news/article.php?storyid=1149&keywords=cardoso



