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Décryptage

Les leçons de la crise de l’Église des années 70-90

6 Janvier 2009 | Alex et Maud Lauriot-Prevost

L’Église en France à vécu une grave crise durant les années 70-90, sans en avoir vraiment analysé les causes en profondeur. Certains veulent pourtant clore un débat qui s’ouvre à peine. Même si la question est sensible, il apparaît au contraire utile de tenter d’en tirer les leçons afin de ne pas réitérer les erreurs commises.

Un travail collectif de relecture et de discernement ne peut que porter des fruits utiles pour construire l’avenir.

DANS UNE TRIBUNE récente (La Croix, 8 novembre), un de nos évêques tente de couper court à des analyses de plus en plus nombreuses qui cherchent à décrypter les raisons de la crise profonde qu’a traversée l'Église de France durant les années 70-90. Étonnante et surprenante tentative d’allumer des contrefeux pour dédouaner de toute responsabilité la génération aux commandes pastorales de ces années très critiques. Cela illustre combien la question est sensible dans notre pays, alors qu’à Rome ou dans d’autres pays, ce travail a déjà été largement entamé. N’est-il donc pas nécessaire de se poser deux questions très simples pour camper ce débat que nous souhaitons avec bien d’autres voir se développer : « Pourquoi en est-on arrivé là ? », et surtout : « Quelles leçons en tirer pour la conduite pastorale de l’Église aujourd’hui et demain ? »


Que l’Église de France ne ferme pas le ban avant qu'il ne soit ouvert !

Même si les historiens ou les théologiens de demain ne manqueront pas de répondre très librement à ces questions, il nous semble dès à présent très sain et opportun pour l'Église de France de réaliser un premier discernement sans langue de buis sur cette période difficile dont nous payons aujourd’hui le prix pastoral et communautaire. Durant toutes ces années, la désertion ecclésiale a été massive ; parents d’enfants et de petits-enfants devenus incroyants, ou membres d’une génération baptismale dont la grande majorité ne connaît pas le Christ, il est logique de réclamer aujourd'hui un vrai « droit d'inventaire ».

Il est aussi compréhensible que d’autres attribuent les errements douloureux de cette période aux seules difficultés du moment, craignent d’ouvrir un débat finalement stérile et diviseur alors que l’Église de France semble aujourd’hui relever la tête, ou pressentent avec plus ou moins d’inquiétude ce qui pourrait effectivement sortir d’imprévisible d’une analyse approfondie. Arguments pertinents qu’il faut écouter : il ne s'agit donc nullement de trouver des boucs émissaires, mais de tirer avant tout pour l'avenir toutes les leçons théologiques, pastorales et spirituelles de cette crise sans précédent. Pour affronter lucidement et efficacement les défis de l’Église du XXIe siècle, il nous semble ni sérieux, ni responsable au plan pastoral et spirituel d'imputer aussi facilement toutes les difficultés rencontrées au seul sécularisme extérieur ou à l'esprit du monde moderne.

De grâce donc ! Que l’Église de France ne ferme pas le ban avant qu'il ne soit ouvert ! C'est trop important pour les générations présentes et futures afin de leur permettre de mieux construire l’avenir ecclésial à la suite du Christ.

Un discrédit constant et étonnant à l’encontre du « Nouveau Printemps »

Plus grave encore que le refus de ce débat, nous semble être dans cette même tribune [1] la négation par cet évêque de tout besoin de « réforme de la réforme » [2] pourtant si cher à Benoît XVI et le dédain affiché face aux expériences ou recherches de renouveau pour remédier à cette crise : il discrédite ainsi ironiquement le « nouveau » en parlant de simple « magie », et tente au final de se draper dans la défense de Vatican II, en agitant le soi-disant danger de voir « supprimer des décisions du concile » ! Tout observateur ecclésial sérieux ou tout catholique vivant en Église sait parfaitement que cette hypothèse est totalement impensable lorsqu’on connaît l’attachement sans réserve de Jean-Paul II et Benoît XVI à Vatican II, comme celui des cardinaux Vingt-Trois et Barbarin en France par exemple !

À la lecture de tels propos, on est ─ en tant que catholique ─ véritablement estomaqué ! Comment faire un tel procès d’intention face à un soi-disant danger de régression conciliaire ? Comment discréditer à ce point le « nouveau » lorsqu’on sait combien la Nouvelle Évangélisation a été amplement développée par Jean-Paul II durant tout son pontificat ? Elle a même été retenue comme axe pastoral central et universel pour toute l'Église dans l’encyclique Au début du troisième millénaire, puis reprise comme tel par Benoît XVI ; et pour étayer ces priorités, nos papes se sont constamment inspirés de Vatican II, des expériences et des fruits très divers qui en découlèrent, où ils ont discerné l’œuvre de l’Esprit dans ses mises en oeuvre les plus fructueuses. Citons par exemple les expériences multiples des nouveaux mouvements et des communautés nouvelles, mais aussi de nombreux renouveaux missionnaires en paroisse, qui ont fleuri et se sont développées dans le monde entier, et dans certains diocèses en France ces quarante dernières années.

Malheureusement pour certains, ce renouveau n'était ─ et n'est toujours ─ qu'un miroir aux alouettes et une simple « magie » apparemment bien trompeuse à leurs yeux [3]. Il est important de rappeler qu’effectivement un certain nombre de pasteurs, de religieux ou d’intellectuels aux commandes de l'Église de France à cette époque ont ignoré et même refusé de voir comme un signe de l’Esprit cette nouvelle dynamique rafraîchissante. Il s’agit pourtant d’un fruit direct et évident du concile, tant les laïcs y sont investis, tant les vocations et initiatives pastorales très diverses y fleurissent sans cesse depuis leur émergence.

Rome n’a cessé de relever la grande grâce de ce « nouveau printemps » prophétisé par Jean XXIII lui-même à l’ouverture du Concile : c’est « une chance pour l'Église » (Paul VI), un « printemps de l'Esprit » (Jean Paul II), un « signe lumineux du Christ et de l'Église » (Benoît XVI). En vain pourtant ! Pour beaucoup, ce renouveau ─ qui dépasse très largement la seule mouvance charismatique ─ ne correspondait ni à leurs schémas idéologiques, ni à leurs plannings pastoraux : c'était forcément “tradi”, “rétro”, romain (donc suspect !) et finalement contre l’“esprit” de Vatican II, argument constamment agité comme un épouvantail et un repoussoir, argument pourtant totalement trompeur et abusif.

Ce renouveau ecclésial diversifié (et de nature bien différente des replis traditionalistes très groupusculaires) a donc été purement et simplement occulté par de nombreux responsables pendant des années, et, aujourd'hui même ─ ce qui est plus grave ─ il s’en trouve encore beaucoup qui continuent à le nier ou à le réfuter. Certains évêques vont par exemple jusqu'à s’opposer encore aujourd’hui à l'implantation dans leurs diocèses de ces renouveaux paroissiaux, de ces communautés ou de ces mouvements, alors que leur Église locale est complètement sinistrée au plan pastoral [4]. Nombre d’“intellectuels catholiques (!) continuent à ronronner comme si ce renouveau n’existait pas et à discourir sur des problématiques éculées. Combien critiquent aussi ouvertement ce renouveau ecclésial ou ironisent en permanence à son sujet ! Tristes pratiques de conservatisme caractéristique chez ceux-là même qui s’autoproclamaient alors comme l'avant-garde permanente de l'Église (et aujourd’hui, plutôt comme ses gardiens du temple…).

Tenter de comprendre les raisons de ce « naufrage pastoral »

D’une certaine manière, nous comprenons ceux qui redoutent les résultats d'une analyse au grand jour des causes et des responsabilités ecclésiales de cette crise, et qui dénoncent donc par avance le « mauvais procès » ou qui se plaignent de ceux qui « noircissent à plaisir la génération précédente ». Il est effectivement important de ne pas caricaturer, de saisir la complexité d’une période alors très mouvante et d’une société fortement idéologisée, mais c’est là une manière un peu courte de balayer d’un revers de manche la nécessité de discerner en vérité les raisons internes de cette crise. Il est donc nécessaire d’écouter et de débattre sérieusement, avec des théologiens comme le père Mario Saint-Pierre analysant les causes et les remèdes de ce « naufrage pastoral » [4] ou avec des évêques qui reconnaissent la part de responsabilité directe de l'épiscopat français, comme l'a écrit courageusement Mgr Maurice Gaidon, ancien évêque de Cahors [5].

Bien entendu, la générosité pastorale, l’amour du peuple de Dieu et le souci sincère de servir l'Église ne sont pas à remettre en cause chez les pasteurs de l’époque [6]: ils ont été fidèles à leur ministère ordonné à l’heure où beaucoup quittaient le navire, ils ont tenu peu ou prou la barre au moment où la tempête faisait rage, ils ont sans doute tenté de faire au mieux et de parer au plus pressé ; ils ont donc été cette génération du « passage vers l’autre rive ». Nous devons donc leur rendre grâce pour cela et les remercier sincèrement d’avoir “tenu”. Mais est-ce suffisant ?

Nous ne le croyons pas : de plus en plus de voix reconnaissent aujourd'hui qu’une bonne part de l'encadrement pastoral et surtout de l'élite intellectuelle de l'Église de l'époque a sans doute manqué de lucidité, de courage et même de fidélité à la ligne tracée par les pères conciliaires : en effet, cette ligne a été constamment actualisée avec beaucoup d'énergie et de clairvoyance par Paul VI et Jean-Paul II dans le sens de l'interprétation et de la mise en œuvre de Vatican II, de l'orthodoxie de la foi catholique et de la priorité pastorale à développer une évangélisation crédible, explicite et fructueuse pour rejoindre et faire croître le Peuple de Dieu. Or, en lieu et place de croissance, en bien des espaces ecclésiaux, on a connu le reflux constant et parfois jusqu’à la déroute, sans pourtant qu’aucune ligne pastorale ne soit remise en cause pendant des années malgré les exhortations de Pierre !

Le rôle déterminant de l’intelligentsia « catholique »

Ce constat n’est en rien une caricature, loin de là : rappelons-nous par exemple l'accueil glacial que reçut en France l’exhortation magistrale de Paul VI en 1975 sur l'évangélisation, écrite à l’occasion des dix ans de la clôture de Vatican II, ou bien les sentiments très distants ou critiques vis-à-vis des différentes exhortations pastorales de Jean-Paul II durant l’essentiel de son pontificat. La grande majorité des pasteurs, des universitaires et intellectuels catholiques étaient alors encore très influencée par des problématiques trop hexagonales, par ce gallicanisme bien connu, par des pratiques pastorales trop monolithiques liées à une action catholique le plus souvent déconnectée de ses intuitions premières, par des préceptes théologiques ou idéologiques constamment inoculés par toute une intelligentsia « catholique » systématiquement contestataire du Magistère.

L'épiscopat français ─ hormis des hommes courageux mais très isolés comme le cardinal Lustiger ─ était de fait quelque peu pétrifié par les réactions souvent vives du “monde” profane et laïciste, sous pression constante des philosophies athées et des utopies trompeuses de l'époque post-68, et négligeait l’impératif d'un réveil puissant, et de la foi, et de la raison. Durant de longues années, il y eut donc dans l’épiscopat beaucoup de difficultés à délivrer et à assumer à temps et contre-temps une parole publique résolument libre et donc vraie, puissante et donc prophétique, et à tracer en cela les voies d'un renouveau évangélique et ecclésial indispensable.

Retrouver fraîcheur et enthousiasme d’une Église renouvelée

« Qui sommes-nous pour juger nos frères ou nos pères » pourrait-on rétorquer ? Très juste ! Il ne s’agit donc en rien ni de personnaliser le débat, ni de juger bien sûr des personnes, mais de tenter d’analyser les faits, la pensée et la pratique pastorale d’une époque très délicate. Acceptons qu’un discernement approfondi soit opéré : un blanc-seing ne peut être apposé comme si rien ne s’était passé, d’autant plus qu’un certain nombre continue de refuser systématiquement cette dynamique nouvelle que « l’Esprit dit aux Églises » (saint Paul).

Nous sommes trop peu nombreux aujourd’hui pour ne pas nous attrister de voir de nombreux catholiques encore très imprégnés de concepts pastoraux dépassés et stériles, alors que l’amertume ou la déprime minent secrètement tant de prêtres ou de chrétiens militants de cette mouvance. De tels sentiments intimes sont pourtant si compréhensibles après tant d’années de combat et d’énergie dépensée pour si peu de fruits perceptibles et après ce qu’il convient bien de dénommer une véritable déroute pastorale.

Nous souhaitons donc de tout cœur qu’un maximum de pasteurs et de laïcs puisse analyser les raisons de cette crise et tirer les leçons de ces impasses qui furent si coûteuses. Nous souhaitons qu’ils goûtent à nouveau dans leur propre ministère et leur engagement, l’enthousiasme et la fraîcheur de leur jeunesse en s’inscrivant enfin dans cette dynamique si diverse de la Nouvelle Evangélisation et de ce nouveau Printemps de l’Esprit. Rappelons-nous les ouvriers de la onzième heure ou l’échange de Jésus avec le vieux Nicodème : il n’y a pas d’âge pour goûter cette renaissance, ce renouveau si salutaire « et de l’eau, et de l’Esprit ». Nous en sommes témoins aujourd’hui de si nombreuses manières. Nous tous, ré-écoutons donc le Christ : « Venez et Voyez ! »

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Maintenant, qu’il y ait débat sur toutes ces questions, que notre réflexion présentée ici soit elle-même partielle ou critiquable, que des analyses différentes voire divergentes existent, on le comprend, c’est utile, c’est même constructif, mais faisons vivre et exister ce débat, non pas simplement sous le manteau ! Développons donc les analyses, écoutons les témoignages, soyons exigeants dans le discernement. Les médias chrétiens, la presse et l’Internet notamment, ont là toute leur place pour orchestrer un débat serein mais approfondi. Que l’Esprit-Saint nous conduise !


[1] Toutes les citations en italique et entre guillemets sont extraites de cette tribune.
[2] Exemple, les commentaires des détracteurs du projet missionnaire de Lyon-Centre lors de son lancement mi-décembre 2008 sont très révélateurs de cette forte défiance a priori.
[3] On imagine les situations dramatiques laissées alors aux successeurs…
[4] L'Église en Croissance, Éditions Néhémie/L'Emmanuel.
[5] Entre crise et renouveau de l'Église, Éditions de l'Emmanuel.
[6] Ce qui en revanche n’était sans doute pas le cas chez certains intellectuels ou journalistes « catholiques ».

 

 

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Commentaires (34)

Ludovic (06/01/2009): Effectivement, il est absurde de s'opposer aux innovations missionnaires par principe, mais évitons de commencer à tirer sur les ambulances, car aujourd'hui une tribune comme celle ici critiquée ne représente en fait plus grand chose de vraiment vivant (même si je le concède, dans certaines diocèse, la force de blocage reste forte).
En revanche n'oublions jamais qu'au delà de tout principe pastoral, ce qui compte est la foi, et la foi c'est la Croix aussi...
Je crois que l'enjeux de la nouvelle Evangélisation est bien celui-là: porterons nous la Croix ?
Sans elle, le risque est celui d'une nouvelle idéologie.
alex et maud lp (07/01/2009): Plusieurs réactions de lecteurs expriment leur intérêt de connaitre le nom de l'évêque ayant écrit dans LA CROIX du 8/11. Nous les renvoyons à ce quotidien pour ceux qui y sont abonnés. Nous tenons à préciser cependant que nous n'avons voulu en rien personnaliser ce débat ou critiquer nominativement un successeur des apôtres que nous respectons pour tout ce qu'il représente : la tribune de cet évêque et ses propos nous permettent de rebondir et de poser plus largement tout un débat, une problématique, de manière constructive espère-y-on. C'est pourquoi nous ne citons pas le nom de l'auteur, mais il nous est apparu important de préciser que c'est bien un évêque en France et en exercice qui s'est exprimé largement dans notre quotidien catholique ; c'est selon nous symptomatique de la situation que nous analysons.
Sébastien (08/01/2009): D'accord avec Ludovic, ce qui compte n'est pas un débat de plus.

Quand le Christ meurt sur la croix et qu'il ne reste que Marie et Jean à ses côtés, parleriez-vous également de "déroute pastorale" ??? Le disciple n'est pas meilleur que le maître.

Quelle énergie serait dépensée à parler de l'Eglise, de ses pasteurs, de ses choix. Quelle énergie à regarder le doigt et quel sujet inintéressant pour les profanes.

Et si on parlait un peu moins de l'Eglise (surtout entre nous, petit reste) puisque tout le monde s'en fiche et qu'on annonçait un peu plus la bonne nouvelle. Faites-nous un texte aussi long sur le Christ, c'est de lui dont nous devons parler d'abord aux hommes de CE temps.

Cordialement.
Père Robert CULAT (09/01/2009): Je ne suis pas abonné à la Croix, je n'ai donc pas lu le texte dont vous parlez.
Il est évident qu'il faille une nouvelle évangélisation en Europe. Le débat porte sur le comment, sur les moyens... L'exemple de notre diocèse, dans lequel les communautés nouvelles sont nombreuses et encouragées très vivement par l'autorité, montre bien que dans le domaine de la conversion des coeurs rien n'est magique... Il ne suffit pas d'avoir un look, de jouer de la guitare, d'être jeunes, de manier des 'techniques" de nouvelle évangélisation etc. pour retourner les foules. SEULE LA GRACE DE DIEU A LE POUVOIR DE CONVERTIR LES COEURS. Nous ne sommes que les collaborateurs et les instruments de la puissance de la grâce divine. Le défaut principal chez nous de cette politique exclusive des communautés nouvelles réside dans le fait qu'elle est conçue comme une rupture nette avec un diocèse qui a son histoire riche et belle... Et que certains ont considéré à tort comme "mort" ou "agonisant"... Comme si Dieu avait été absent avant l'arrivée des communautés nouvelles, comme si avant les prêtres et les laïcs n'avaient pas évangélisé... L'Eglise catholique n'est pas né avec les communautés nouvelles! Mais avec Jésus. Le risque d'une CERTAINE FORME de nouvelle évangélisation, c'est bien le fidéisme condamné par Vatican I. Beaucoup de ces communautés nouvelles s'inspirent davantage des méthodes CHOC, donc superficielles et éphémères, des communautés évangéliques protestantes que de la grande tradition catholique. L'exemple magnifique de l'évangélisation pratiquée par les jésuites entre le 16° et le 18° siècles demeure une référence valable pour notre temps, car c'est un exemple d'inculturation. Des siècles après les réductions du Paraguay la population locale garde encore aujourd'hui en grande estime les pères jésuites... La tentation de beaucoup de communautés nouvelles est de faire du show, de faire appel aux sentiments, et d'oublier que tout homme est un être aussi doué de raison, et que le message de la foi s'adresse aussi à son intelligence. Le message de la foi n'est pas un produit ou une pub qu'on peut balancer indifféremment à la tête des gens dans la rue en se contentant de dire: "Jésus t'aime!" C'est rabaisser l'Evangile et l'homme que d'agir ainsi. Chaque homme est unique, avec son passé, ses questions etc. L'évangéliser en VERITE suppose d'abord l'humilité de se mettre à son écoute et de dialoguer avec lui en profondeur (cf. la Samaritaine, les pèlerins d'Emmaüs et tant d'exemples dans les Evangiles). Or cette forme de "nouvelle évangélisation" semble faire fi de l'inculturation, du dialogue en vérité et du 8° sacrement qu'est le temps. Comme si l'Eglise était devenue une entreprise capitaliste avec sa pub, son produit (Jésus) et sa rentabilité (il faut tant de séminaristes, tant de communautés etc. Autrement nous ne valons rien). Sont-ce là les critères de l'Evangile? J'en doute fort... Enfin rien ne peut remplacer la cellule fondamentale de l'Eglise catholique, qui n'est pas une communauté nouvelle ou ancienne, mais bien la paroisse avec son pasteur...
Suit un texte de Lewis sur ce sujet...


Père Robert CULAT (09/01/2009): Choisir sa paroisse…
A propos du "choix" de son église, je vous cite ce texte de CS Lewis, auteur de la "Tactique du diable" paru en ....1942 ! C'est un vieux démon qui écrit à un jeune démon encore peu expérimenté. Dans ce texte, l'Ennemi, c'est bien sûr Dieu lui-même :
"Mon cher Wormwoud,
Dans ta dernière lettre, tu me dis en passant que ton protégé a fréquenté une seule et même église depuis le jour de sa conversion, et cela en dépit d'un certain mécontentement. Puis-je te demander où tu veux en venir? Pourquoi ne me dis-tu pas pour quelles raisons il est resté si fidèle à son église locale? Ne te rends-tu donc pas compte qu'à moins d'être dû à de l'indifférence, cela est mauvais signe pour nous? Tu devrais savoir, en tout cas, que si tu ne peux guérir un homme de la manie d'aller à l'église, ce qu'il y a de mieux à faire est de l'envoyer dans toutes celles du voisinage à la recherche de l'église qui lui convient, jusqu'à ce qu'il devienne un fin gourmet, un grand connaisseur en églises.
Les raisons qui nous font agir ainsi sont évidentes. En premier lieu, il nous faut nous attaquer à l'organisation paroissiale. Car elle est fondée sur une unité de lieu et non d'affinités et, de ce fait, elle rassemble des gens de classes sociales et de mentalités fort différentes pour former un tout comme le souhaite l'Ennemi. En second lieu, la recherche de l'église qui lui convient ferait de notre homme un censeur, alors que l'Ennemi voudrait qu'il fût un élève. Car ce qu'il désire d'un laïc dans l'église, c'est qu'il prenne une attitude qui soit à la fois critique - en lui faisant rejeter ce qui est faux et inutile - et qui ne le soit pas du tout - en lui interdisant de porter un jugement de valeur, de perdre son temps à se creuser la tête sur ce qu'il rejette. Ainsi, sans faire de commentaire et en toute humilité, il pourra se mettre en état de réceptivité à toute nourriture spirituelle qui lui est offerte. (Tu vois à quel point l'Ennemi est abject, peu attaché au monde spirituel, irrémédiablement vulgaire!) Cette attitude, surtout pendant la prédication, crée un état d'esprit (des plus hostiles à notre politique) qui lui permet d'écouter même des platitudes. Il n'est guère de sermon ni de livre qui ne puisse devenir dangereux pour nous lorsqu'il est accueilli dans de telles dispositions. Je t'en conjure, remue-toi et expédie ce nigaud faire le tour des églises du quartier dès que possible. Ton activité jusqu'à présent ne nous a pas donné beaucoup de satisfaction."
(CS Lewis, Tactique du Diable, éditions EBV, Chapitre XVI, pages 54 et 55)

Nathanaël B. (09/01/2009): @Père Robert CULAT : Permettez-moi de tempérer quelque peut le procès que vous faites aux communautés nouvelles :

1 - Vous comparez certaines formes de nouvelle évangélisation à du marketing, à de la pub, à une entreprise désireuse de "faire du chiffre". Et je dois admettre que le "Jésus t'aime" que vous dénoncez sonne juste, particulièrement en ce qui concerne l'évangélisation des jeunes, peut être la plus exigeante. Ce "look" travaillé, cette "technique" renouvelée, ce packaging dont on entoure parfois aujourd'hui le message chrétien, c'est peut-être CA, aujourd'hui, l'inculturation nécessaire ! Apprendre la langue et les coutumes locales, c'était l'inculturation pour des jésuites dans les réductions du Paraguay il y a quelques siècles. Aujourd'hui, face à des jeunes, des étudiants déchristianisés, hyper-méfiants vis-à-vis de toute forme d'autorité ou de vie religieuse, parfois bourrés de cynisme à l'égard de tout ce qui a l'air de donner du sens à la vie (c'est le cas de tous mes collègues ingénieurs), l'inculturation, ce n'est pas si différent : elle demande pour soi-même de soigner son look, quitte à choisir la différence (mieux vaut être habillé Celio qu'avoir l'air d'un grand garçon mal dans sa peau), d'être au point techniquement, d'avoir un message crédible. Nous sommes bien d'accord : Le "look", les sentiments sont AU SERVICE du message chrétien, qui lui est prioritaire. Pour moi, il s'agit donc bien d'un VRAI TRAVAIL sur soi, d'un travail d'inculturation, nécessaire pour aller à la rencontre de l'autre, différent. Et personellement, ça me saoule d'avoir à apprendre à manier les Facebook et autres YouTube pour aller à la rencontre des jeunes, mais ça me semble nécessaire aujourd'hui si je souhaite être un brin crédible.

2 - Vous semblez croire que cette nouvelle évangélisation oublie de faire appel à la raison, à l'intelligence de l'Homme. Au contraire. Ayant fréquenté aussi bien un certain nombre de communautés nouvelles, charismatiques ou pas et de diocèses, je puis affirmer que la qualité du message chrétien de celles-ci est souvent largement à la hauteur de ceux-là. Pour moi, l'important ne réside pas dans les étiquettes ("tradi", "chacha", "romain", "diocésain", "nouvelle évangélisation", etc ...), mais uniquement dans la manière dont chacun s'approprie le message, essaie de vivre l'Evangile, configure sa vie à celle du Christ, choisit de se former, à travers un charisme, une mission, un mouvement, une dynamique particuliers. Nombre de responsables de communautés nouvelles sont aujourd'hui de véritables pointures en intelligence de la foi, théologie, anthropologie chrétienne, qui leur viennent en droite ligne de toute la tradition chrétienne jésuite, dominicaine, etc ...

3 - "Nouvelle Evangélisation" ne veut pas dire qu'il y en ait une vieille, "morte" ou "agonisante", que Dieu n'ait pas été présent avant les communautés nouvelles. C'est une évidence, et je n'ai jamais entendu personne dans ces communautés tenter d'affirmer autre chose. Au contraire, la plupart de ces communautés se reconnaissent FILLES de l'Eglise, sont souvent nées en Eglise, et se caractérisent en général par une vraie fidélité à son enseignement. Cependant, il arrive qu'un non-chrétien qui n'aurait jamais mis les pieds dans l'Eglise, mette les pieds dans une cté nouvelle en se disant "Au moins, ce n'est pas l'Eglise". J'en connais. Mais le message de ces ctés étant la plupart du temps sans équivoque en ce qui concerne leur fidélité au magistère, celui-ci se rend bien vite compte qu'il est en Eglise, et c'est bien le corps entier de l'Eglise qui en ressort grandi.
Fidélité, donc. Et passion pour le Christ, pour son Eglise.

Fraternellement,
Nathanaël
Père Robert CULAT (10/01/2009): Nathanaël, le monde des communautés nouvelles est vaste... et donc loin d'être homogène dans son rapport à l'Eglise et au monde.

Certaines sont dans la droite ligne de l'enseignement de Vatican II et de Jean-Paul II dans Fides et Ratio. Elles font un admirable travail d'évangélisation. Je pense, par exemple, à l'Emmanuel qui connaît la valeur de la raison et de l'inculturation dans une véritable annonce de la foi à l'homme intégral (corps, âme et esprit).

D'autres posent de réels problèmes. Je cite ici un article (extraits) de la très sérieuse revue Eglise d'Asie:

2008-05-02 - Japon
LE "CHEMIN NÉO-CATÉCHUMÉNAL" POSE QUELQUES PROBLÈMES
A trois reprises en l'espace de cinq mois, l'épiscopat japonais en appelle au Pape pour l’aider à résoudre « le grave problème » qu’il rencontre avec le grand séminaire de Takamatsu, confié depuis 1991 au Chemin néo-catéchuménal...
Le séminaire accueille principalement des séminaristes étrangers, venus d’Espagne, des Philippines, d’Amérique latine et d’autres pays, appelés, une fois ordonnés à la prêtrise, à servir soit dans des diocèses au Japon soit à l’étranger. Rapidement, des critiques sont apparues sur la manière de fonctionner du séminaire et le coût que représentait une telle structure pour un diocèse d’à peine 5 000 fidèles.
La communauté catholique locale s’est trouvée divisée en « pour » et « contre » la présence du mouvement, les choses s’envenimant au point que Mgr Fukahori, poursuivi devant les tribunaux civils par deux de ses diocésains, a été condamné pour diffamation. Après 2004 et le départ à la retraite de Mgr Fukahori, à l’âge de 80 ans, son successeur, Mgr Mizobe Osamu a cherché à apaiser une situation passablement dégradée...
" Au sein de la petite communauté que représente l’Eglise catholique au Japon, les activités des membres du Chemin, puissantes et assimilables à celles d’une secte, sont un facteur de divisions et de conflits", n'avaient hésité à dire les évêques.
" Elles sont la cause de divisions profondes et douloureuses au sein de l’Eglise. Nous faisons tout notre possible pour résoudre ce problème mais nous estimons que, si une solution doit être trouvée, la considération de Votre Sainteté pour l’Eglise au Japon sera de la plus haute importance et ardemment désirée."
Dans la bouche d’un évêque japonais, s’exprimant ès qualités, le propos est tranchant. Dans sa réponse, à l’issue de la visite ad limina, Benoît XVI n’avait pas mentionné le problème.
"Le Saint-Siège a accepté qu’il soit fermé cette année en tant que séminaire diocésain. »
Le fond du problème est « la manière de penser » du Chemin néo-catéchuménal, « son attitude » vis-à-vis de la culture japonaise, de la liturgie et d’autres éléments, a continué l’évêque japonais.
Pour Mgr Mizobe, le séminaire doit fermer. La Conférence épiscopale s’est prononcée dans le même sens. Pour sa part, désireux de rester présent au Japon, le Chemin néo-catéchuménal a cherché un autre évêque désireux d’accueillir le séminaire Redemptoris Mater. Un accord a failli se faire, avant que l’évêque en question fasse machine arrière.
Notons, que le lendemain des JMJ97, le cardinal Lustiger avait jugé préférable de quitter la cérémonie d'appel vocationnel des jeunes du Néo-catéchuménat, en raison de l'ambiguïté de l'imposition des mains et des paroles liturgiques qui l'accompagnaient.
(Source : EDA)


Abbé Bruno DANIEL, Diocèse de Beauvais (10/01/2009): Analyses et propositons, je m'attache depuis 20 ans au Sacrement de Confirmation, le grand sinistré de notre Eglise de France. A ce jour, il ne reste plus, en chute libre, que 15 % de jeunes catholiques confirmés en France. C'est le fruii de l'option d'une instrumentalisation des sacrements comme "carotte pédagogique pour adolescent" qui produit un effet contraire par oubli que lc'est "l'oeuvre de Dieu" qui fonde notre "oeuvre pour" Dieu. Je ne sais pas s'il est correcte de procéder ainsi, mais pour ceux qui voudraient lire quelques lignes à ce sujet, taper "Bruno DANIEL" sur votre moteur de R. et prenez le Blog de "Théologie pastorale". A la grâce de Dieu.
Catherine (10/01/2009): Pere Robert, je suis triste de lire un tel amalgame.

D'une part, vous semblez assimiler "communaute nouvelle" et "renouveau charismatique".

Il arrive que certains membres du renouveau charismatique, parfois des nouveaux convertis, et des personnes manquant de formation, croient qu'il y a quelque chose de magique dans l'evangelisation. Mais cela ne veut pas dire qu'une communaute suscitee par l'Esprit Saint n'aie pas beaucoup a apporter. De meme qu'on ne peut pas condamner l'Eglise pour les erreurs et les peches de certains de ses membres. Si certaines communautes manquent de maturite, il faut les aider a grandir et non les rejeter. Il faut prier pour leurs membres.

Par ailleurs, il y a parmi les communautes nouvelles beaucoup de mouvement dont le charisme n'a absolument rien d'approchant le fait de faire du porte a porte pour dire "Jesus t'aime". Des communautes qui insistent beaucoup sur la formation spirituelle, l'interiorite, et dont les membres sont d'ailleurs souvent aussi allergiques aux "techniques" d'evangelisation.

De toute facon, quel que soit le cheminement spirituel et le lieu d'enracinement du chretien, si la vie spirituelle est serieuse, elle sera forcement traversee par la Croix, et ceux qui croient pouvoir avoir des "resultats" sans passer par un amour crucifie seront tot ou tard ramenes a la realite...
jean-claude (10/01/2009): Quelques remarques
je suis d'accord avec les auteurs du texte , il faut en effet tirer les leçons de ctte crise! J'ai 46 ans cette crise comme beaucoup d'autres je l'ai vécue et aujourd'hui dans ma promo de cathé je dois être le seul à allé à la messe le dimanche et encore après moutes péripéties spirituelles! De fait ma génération (n'en déplaise au Père cutat) a été sacrifiée, c'était vraiment grandguignolesque, on passait son temps à faire de l'animation! Les messages spirituels étaient pauvres et se résumaient à une attitude, celle d'être ouvert ouvert à quoi: mystère!
Quand je retourne dans mon diocèse d'origine si l'on excepte quelques cas isolés la génération de l'action catholique est toujours aux commandes, les paroisses sont désertées avec comme animateurs toujours les mêmes personnes, qui ne comprennent tout simplement pas que les temps ont changé.
Les communautés nouvelles ne sont pas exemptes de critiques mais elle ont amené un renouveau indéniable. J'ai assisté à plusieurs messes célébrées par des prêtres de l 'Emmanuel (dont je ne suis pas) c'était à des années lumières de ce que j'avais connu et contrairement aux assertions du Père Cutat il y a une vraie profondeur spirituelle, les sermons sont autre chose qu'un commentaire du JT de 20h ce qui était notre lot quotidien dominical! Plus proche de moi j'ai la Fraternité de Jérusalem à vezelay, ils ont vraiment redynamisé le site!
Sans les communautés nouvelles il faut le dire et selon l'expression du père Bouyer le Catholicisme se serait décomposé, j'en ai l'intime conviction!
Combien de mes amis du fait du faible aliment spirituel qu'ils ont reçu ont fini dans les nouveaux mouvements religieux ou ont changé de religion et si on en parlait très cher Père?
Si on veut aller de l'avant il faut faire un bilan des années passées, il faut comprendre comment des générations entières ont été perdues et pas seulment du fait de l'esprit du temps! Les autorités pastorales de l'époque portent une part de responsabilité dans ce désastre sans précédent.
Il faut le faire posément mais il faut le faire. Il y a des causes objectives qui font que certaines paroisses sont désertées et personnellment je suis retourné à la pratique religieuse par ce que j'ai choisi ma paroisse et que je n'en pouvais tout simplement plus des modes de célébration des années 70 qui ont perduré jusqu'à aujourd"hui (guitares, chants niazeux et j'en passe).
jean-claude
François-Xavier (10/01/2009): L'arrivée des nouvelles communautés, loin d'être le fruit de la volonté de faire table rase, est surtout, telle que nous la vivons mon épouse et moi-même, comme une restauration; en particulier celle de la liturgie de la messe.

Pierre Lebègue, simple paroissien. (10/01/2009): Gallicanisme ?

Quelques réflexions sur la pratique religieuse en France (et ailleurs ?).

Notre clergé
Le temps de la soutane obligatoire est bien révolu. Je me souviens des sautillements sur le parvis de l'église des jeunes vicaires étrennant leur nouveau vêtement dit "de clergyman" (le franglais était déjà à la mode). Reconnaissons que le port d'un tel habit est plus confortable que celui de la soutane, tout en proclamant par son apparence l'appartenance au clergé séculier.

Ces temps-là sont passés, ils reviendront peut-être,
En attendant, amis, identifions un prêtre.

Une discrète croix au revers de la veste (quand on en porte une au-dessus de l'ensemble polo + blue-jeans), parfois un "col romain" (accessoire rarissime), voici quelques indices susceptibles de nous guider. Sont-ils lisibles pour tous?
Pourquoi se camoufler? Les persécutions religieuses ne sont plus pratiquées en France depuis bien longtemps; montrez-vous! N'ayez pas peur!

Les prêtres sont hélas devenus une denrée rare dans nos paroisses ; et ils se cachent, alors que certains chrétiens plus ou moins tièdes (ou, au contraire, en profonde détresse) seraient heureux de dialoguer avec un prêtre rencontré au coin de la rue ou en tout autre lieu public. A condition de pouvoir l'identifier.

Pierre Lebègue
13520 MAUSSANE LES ALPILLES
courriel: CLOAKING
Pierre Lebègue (10/01/2009): La liturgie
Le rite romain avait certes besoin d'un coup de pinceau. Le latin ecclésiastique (ni Cicéron, ni César, ni Virgile, ni .....), de qualité médiocre, n'était compréhensible que par une petite minorité, mais, comme disait une vieille dame, non-latiniste, «on ne comprenait pas, mais c'était beau»; l'hypocrite, elle comprenait bien la traduction en lisant son missel! Le choix de la langue vernaculaire a retiré son côté catholique (=universel) à la liturgie, mais l'a certes rendue accessible à la majorité dans tous les pays. UN BON POINT, la catholicité y a peut-être gagné.
Critique: qui a rédigé la version française? A elle seule, la phrase (l'allitération) du Credo «Il a parlé par les prophètes» mériterait un blâme.
«Notre Père........ que ta (votre) volonté soit faite sur la terre comme au ciel ....» aurait pu être rendue aussi compréhensible que la version anglaise «Thy will be done on earth as it is in heaven ........». que votre (ta) volonté soit faite sur terre comme elle l'est au ciel. On n'imagine guère, hors la rébellion de Satan & Cie, que la volonté divine ne soit pas respectée au paradis.
Et pourquoi donc tutoie-t-on le Seigneur à qui les plus grandes marques de respect devraient être données?
Quatre prières eucharistiques différentes (sans compter les variantes plus ou moins clandestines), n'est-ce pas trois de trop? Et combien de versions sont livrées au choix du célébrant? Des deux textes parfois proposés d'Introït ou d'antienne de communion, des innombrables préfaces offertes au choix (ou à l'humeur) du prêtre, et des quatre (et quelques) prières eucharistiques, un mathématicien doué pour le calcul combinatoire trouverait une multitude de rites bien différents, sinon divergents. Résultat: entrant dans l'église pour assister à la messe, le fidèle ignore à quelle sauce sera servie la commémoration de la Cène. POURQUOI ?
Mais si cette diversité est inéluctable (re - POURQUOI ?) encore faudrait-il que rien ne soit ajouté (l'inutile "pré-homélie" d'introduction, les chansonnettes réputées "cantiques" – il en existe de beaux parmi les vieux classiques , ...) ni retranché (Introït, "confiteor", lavabo, antienne de communion, etc....., parfois – trop souvent – omis), ni abrégé (credo remplacé par trois questions «croyez-vous ....», réponses: «nous croyons» On ne saurait faire plus bref! Sauf à répondre «OUI».
Certains éditeurs ont pris la peine de publier les travaux (ce qu'on nommait "paroissien") relatifs à cette nouvelle liturgie, ne serait-il pas bon d'exploiter le fruit de leurs efforts? Mais combien de fidèles sont munis d'un missel lorsqu'ils vont a à la Messe? On trouve pourtant de sympathiques fascicules mensuels pour répondre facilement à cette question.
Curiosité: existe-t-il en France une paroisse où la prière eucharistique N°1 est proclamée? Horreur, horresco referens ! ! ! elle rappelle trop fidèlement le bon vieux canon de la messe de jadis. Aux orties ! ! !
La "Prière universelle" : qui rédige, qui contrôle, les textes? Les slogans politico-syndicalo-progressistes revendicatifs qu'on entend parfois ont-ils leur place lors d'une célébration se réclamant de la religion d'amour?
Pierre Lebègue (10/01/2009): Motu proprio Summorum Pontificum. La "forme extraordinaire du rite latin" sent-elle vraiment le soufre? La paix que le Seigneur nous propose avant la sainte communion existe-t-elle? Cette forme de rite s'ajoute aux multiples variantes citées, mais a la vertu d'être clairement annoncée. Prions pour que la polémique retombe comme un soufflé défourné prématurément! Laissons se calmer l'effervescence incompréhensible soulevée par le Motu proprio; les fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure ne sont pas des criminels, laissons-les, laissez-nous en paix.

Les comportements
Combien de fidèles restent assis pendant les oraisons? Beaucoup. Combien de fidèles restent debout au lieu de s'agenouiller pendant la consécration? Beaucoup. (l'idéal serait d'être agenouillé pendant toute la prière eucharistique). Un petit effort (dispense pour les personnes handicapées) est-il de trop? Assistons à la sainte messe aux États-Unis (non suspects de gallicanisme): TOUS les fidèles adoptent les attitudes recommandées (obligatoires?). La messe catholique américaine (je cite ce que je connais, la messe célébrée vers la côte Est des États-Unis) est exemplaire. Pourquoi pas son homologue gauloise? A moins, tout simplement, qu'on ait omis d'enseigner le "savoir-vivre + savoir- prier" aux enfants du catéchisme. GALLICANISME ? Suggestion: ré-inscrire au programme du catéchisme une explication complète de la sainte messe et de ses rites.
La distribution de la sainte communion par des laïcs peut sans doute se justifier pour des assemblées nombreuses. Il ne faut pas en abuser, et, de toutes façons, il serait bon d'en respecter le côté sacré. Une symbolique ablution en fin de messe serait-elle superflue?
Encore bien des "sujets qui fâchent" pourraient être évoqués. Mais trop, c'est trop. STOP!


Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Nos seigneurs Évêques, nos pères Curés, réveillez-vous pour réveiller vos fidèles. Alors peut-être reviendront-ils en nombre dans leurs églises. En nombre? occasions inespérées de susciter des vocations sacerdotales et de repeupler les séminaires!


Pierre Lebègue
13520 MAUSSANE LES ALPILLES
courriel: CLOAKING
Bernard (10/01/2009): Merci pour ce bel échange entre Nathanaël B. et le Pére Robert Culat. C'est d'autant plus intéressant que je connais un Père Robert Culat dans un Diocèse dont le pasteur a fait appel à de nombreuses communautés nouvelles (y compris de l'étranger); Ce Père est connu comme expert en "Rock métal" des plus "hard". Je n'ai pas l'habitude de manier ces termes, j'espère que vous me comprendrez... En fait je me réjouis de toute cette bonne volonté et de ce désir d'évangélisation trés fort. Mais de grâce, restons à l'écoute sans porter de jugements, sans fermer les portes et recherchons auprès du Maître commun la lumière et la force pour agir en communion avec nos différences: C'est le signe le plus visible de notre catholicité.
Jean-Manuel (10/01/2009): La crise de l'Eglise de France, je souligne volontairement ne reconnaissant plus personnellement que l'autorité de Rome, n'est-elle pas tout simplement une crise de la foi ?

Et en effet celle-ci nous a été annoncée prophétiquement par le Christ lui-même :"Quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ?"
( Lc 18, 1-8).

Or comment évacuer ensuite sans commentaires, la célèbre apostrophe de Jean-Paul ll, successeur du Christ, s'adressant solennellement à l'Eglise de France au cours d'un de ses derniers voyages dans notre pays : "France, fille aînée de l'Eglise, qu'as-tu fait des promesses de ton baptême ? ". En d'autres termes : "France as-tu encore la foi ?"

Nous attendons toujours une réponse de la part de nos évêques, prouvant par là que nous sommes bien au centre d'une crise de la foi et que tout le reste en découle. Il ne faut pas que l'arbre cache la forêt.

"Chaque arbre se reconnaît à son fruit" nous dit encore l'évangile (Lc. 6, 43-44), or de quels fruits peut se prévaloir l'Eglise de France ?

La non transmission de la foi, le tarissement des vocations, la fuite des fidèles, le désarroi de beaucoup d'entre eux, ne sont-ils pas les effets d'une seule et même cause ?

Mes propos peuvent paraître sévères, et le chrétien médiocre que je suis n'est pas qualifié pour juger, je pose simplement une question de fond qui appelle une réponse.

Eloigné volontairement d'une Eglise dont je ne comprends plus les motivations, j'ai pourtant essayé de participer.

Une initiative dans le cadre de la nouvelle évangélisation, pourtant répondant à un besoin précis et facile à mettre en oeuvre, s'est heurtée à un rejet pur et simple de la part des autorités ecclésiales sans explications, après curieusement avoir reçu un accueil très favorable de la part de l'évêque.

Il est évident que cela n'a pu que me renforcer dans mon analyse de perte de la foi chez un grand nombre de nos pasteurs.

Dans un Angelus récent, Benoît XVl nous disait en substance qu'il "fallait mettre Dieu au centre de notre vie", or le terme de Dieu n'est plus évoqué qu'exceptionnellement dans les discours de nos évêques.

Ne faut-il pas y voir là aussi un signe ?
Philippe de Rostolan (10/01/2009): Je remercie Alex et Maud Lauriot-Prévost d'avoir le courage - qui reste rare - d'aborder le sujet du "naufrage pastoral" (que j'appellerais plutôt "désertion pastorale", sinon "trahison pastorale") de la période qu'ils datent prudemment "de 1970 à 1990", et que j'étendrais de façon plus réaliste à "1962 à 2007".
J'en impute la responsabilité directe et personnelle à la majorité des évêques de cette époque, qui ont volontairement ou passivement détruit l'Eglise en France et en ont chassé les chrétiens. N'ayons pas peur des mots !
Je rappelle le programme annoncé ex-cathedra par mon évêque à Rouen (Paillier) en 1963:"Je pars à Rome (au Concile) pour détruire cette Eglise et en reconstruire une autre !". Je rappelle la réponse à ma question, du dirigeant de la Paroisse étudiante de Rouen:"Si tu n'es pas marxiste, ta place n'est pas ici". Ne me dites surtout pas qu'il s'agit d'exceptions. Tous ces gens, et bien d'autres (évêques, prêtres et laïcs) encore plus compromis contre l'Eglise, parlaient bien sous couvert du Magister épiscopal.
Je me rappelle encore les "viragos" de "l'Action Catholique" qui tentaient de couvrir la voix de Jean-Paul II au micro au Bourget en 1980. Je me souviens de ces clercs de la très bourgeoise paroisse St François-de-Sales, qui - en la même occasion - recommandaient de "ne surtout pas aller écouter ce pape réactionnaire", prédisant "qu'il y aurait des morts dans des bousculades"...
Plus récemment encore (1996), venus à pied de Paris à Reims avec 5000 autres pèlerins (la plupart chômeurs comme moi, ou retraités) portant les statues des "vierges pèlerines", pour y accueillir le Pape Jean-Paul II, nous fûmes - à l'aérodrome où nous étions arrivés les premiers, Saint Sacrement en tête, 4 heures avant tout le monde - sauvagement refoulés par les hommes de mains de l'évêque du lieu (Defois), le plus loin possible du Pape dont nous ne pûmes entendre un mot.
Dans les campagnes de France, autrefois évangélisées par St Martin, ce fut encore pire que dans les villes où résistaient les fidèles au Christ et à son Eglise, que j'entends appeler curieusement "adeptes d'un repli traditionaliste groupusculaire" (..sauf qu'ils sont 10 fois plus nombreux quand il s'agit de descendre dans la rue ou de fournir des vocations sacerdotales): les paroisses furent vidées ...de leurs paroissiens par de "nouveaux prêtres" (en général des "vieux", prêchant le contraire de l'enseignement de l'Eglise) qui jetaient la Foi aux orties et pratiquaient une liturgie gallicane incompréhensible. Scandalisé et lassé par ces aberrations, 60 % (années 1960) à 80 % (années 1970) du peuple chrétien vota avec ses pieds.
Le saint curé d'Ars, qui avait connu le cataclysme anti-chrétien de la Révolution française, disait:"Laissez les gens sans prêtre pendant 10 ans, et ils adoreront des bêtes". Les Juifs de l'Exode avaient mis encore beaucoup moins de temps pour en venir à adorer un veau d'or tandis que Moïse s'étaient absenté sur le Sinaï pour y recevoir les Commandements de Dieu. Et, maintenant que deux générations ont passé sans que le message chrétien ait été transmis, prêcher la Bonne Nouvelle est beaucoup plus ardu car les mots eux-mêmes ne sont souvent plus compris.
Paradoxalement peut-être, l'écoute est plus curieuse, attentive et profonde chez les jeunes, que dans la population plus âgée (les + de 50 ou 60 ans) qui a été soit dégoûtée, soit complètement intoxiquée par le clergé soi-disant "de l'esprit du Concile", et ne veut plus rien entendre de la Foi. Il suffit pour s'en convaincre d'assister aux messes dites selon le rite tridentin, qui rassemblent essentiellement des jeunes, notamment des jeunes ménages (25 à 40 ans) pourvus de ribambelles d'enfants, alors que les messes dites "de Paul VI" ne rassemblent trop souvent - notamment dans les campagnes - que des "têtes grises" (par allusions à la couleur de leurs cheveux) venues par habitude et incapables d'inculquer la Foi à leur descendance. Il faut voir encore le succès énorme et renouvelé que peut avoir la même liturgie tridentine célébrée par des prêtres jeunes et convaincus, auprès de jeunes (15 à 40 ans) dans des pèlerinages tels que celui de "Notre Dame de Chrétienté", à pied (40 km par jour) de Paris à Chartres, à chaque Pentecôte depuis 26 ans ! Là, la relève est assurée et les vocations - tant sacerdotales que religieuses - foisonnent, assurant à terme la reconquête du terrain perdu.


p.Jean-Baptiste (11/01/2009): Bien cher père Robert, "seule la grâce de Dieu a le pouvoir de convertir les cœurs", mais LES ERREURS DE L'HOMME ONT AUSSI LE POUVOIR D'EGARER LES CŒURS, il suffit de voir la régression générale dans "l'inculture religieuse" et les statistiques sur la fuite du Navire, qui au-delà des chiffres, indiquent une foule de souffrances, celles de ne plus connaître la présence aimante de Dieu. Se voiler la face n'apporte rien; les communautés nouvelles n'auraient pas forcément fait mieux, mais historiquement ce ne sont pas elles qui ont laissé se produire une telle hémorragie.
Les errements idéologiques de l'"éducation nationale" ont été introduits dans les "parcours de catéchisme" imposés depuis plus de 30 ans, on a délaissé tout le contenu de l'annonce et préféré proposer des coloriages où l'enfant était censé "partir de l'homme" et découvrir tout par lui-même, oubliant qu'en matière de foi, l'initiative de Dieu est première et qu'il s'agit pour l'Eglise de transmettre la Parole reçue d'un Autre.
Dans la liturgie, on a confondu le véritable "esprit du concile" avec une herméneutique de la rupture (arianisme liturgique?).
L'humilité consiste aussi à reconnaître ces erreurs (passées?) pour aider à faire progresser tout le monde.
Le militantisme temporel et le rationalisme franchouillard ne valent pas tellement mieux que le fidéisme, et prêtre (d'une communauté nouvelle) je ne vends pas de la lessive émotionnelle mais ne cesse de catéchiser, essayer de former les esprits dont la soif est immense en comblant un manque qui n'aurait pas dû être, inviter aux sacrements.
Cessons donc toutes les "politiques exclusives" dont vous parlez; communions et coopérons davantage entre diocèses et communautés, puisque le soin des âmes nous presse pareillement.
Et ce qui dépend de nous au premier chef: notre propre conversion et la prière.

Patrick (12/01/2009): Au Père Culat
Dans votre réponse au message de Alex et Maud, vous ne parlez que des Ctés nouvelles alors que ce n'est pas le sujet. Mais ce que vous en dites montre que, biens qu'elles soient nombreuses semble-t-il dans votre diocèse, vous avez mal vécu leur arrivée et vous connaissez très mal l'histoire et la vie propre du Renouveau. Pour ce qui me concerne ainsi que mon épouse, catholiques (tombés dedans depuis tout petits), le renouveau a changé notre vie. Et ça vous ne pouvez pas nous l'enlever et comme pasteur, c'est nous blesser que de carricaturer ainsi tout ce que le Renouveau a porté et porte encore. Merci d'y réfléchir et de ne pas succomber à la liste de clichés que vous énumérez. Vous citez en référence les jésuites entre le 16 et le 18ème siècle, très bien. Attention à ne pas idéaliser le passé comme si dans le bon vieux temps, c'était mieux. Les jésuites n'ont certainement pas été irréprochables partout et n'ont pas tout réussi non plus. Je reprends votre phrase : SEULE LA GRACE DE DIEU A LE POUVOIR DE CONVERTIR LES COEURS.
Que dire des cellules d'évangélisation (ou cellules de maison) comme chez le père Pigi à Milan en Italie reprises et développées en France notamment à Sanary sur Mer ?

A Alex et Maud Lauriot-Prévost
Votre analyse a le mérite de poser le débat sur de bonne bases. Cependant, il me semblerait plus intéressant de regarder ce qui se passe dans notre Eglise de France aujourd'hui et d'éclairer le chemin en fonction des leçons du passé récent plutôt que de nous coller le nez dans le rétroviseur tout en continuant d'avancer en évitant de retomber dans nos travers. Par ailleurs, votre analyse demande un certain nombre de connaissances que n'ont pas forcément tous les lecteurs dont je fais partie.
Centrés sur le Christ, avec l'aide de l'Esprit, mettons-nous au service les uns des autres, cessons de murmurer sans cesse sur nos prêtres, nos évêques, nos voisins, nos conjoints. Prions les uns pour les autres avec confiance, demandons l'aide de l'Esprit. Je pense aussi que nous avons besoin d'unité dans notre Eglise. Trop de divergences entre les prêtres déstabilisent les laïcs au service. On n'oeuvre pas dans l'annonce de la bonne nouvelle en vue de récolter un nombre de fruits car ils sont dons de l'Esprit. Ces fruits ne sont ni le résultat d'une action ni une récompense.
Bien cordialement.
Patrick, diacre permanent
Père Robert Culat (12/01/2009): Quelques textes sur l'articulation ecclésiale entre paroisse et communautés nouvelles:

« La paroisse est une communauté hiérarchique qui résulte d'une décision de l'Évêque diocésain de garantir en un lieu la mission de l'Église pour tout et pour tous. L'Église s'engage à ce qu'y soit assurée la pleine charge pastorale, l'autorité compétente garantit cette prise en charge quand elle érige une communauté hiérarchique. Quant aux communautés dites associatives l'Église ne s'engage pas à ce qu'y soit assurée la pleine charge pastorale. Une communauté associative (qui peut être un mouvement) n'existe ni pour tout, ni pour tous. A cause de sa nature particulière, elle ne peut se substituer à une communauté hiérarchique. Ce faisant, elle se dénaturerait ». [v] A. Borras, canoniste.
On affirme donc ici le caractère universel de la paroisse (pour tout et pour tous) par rapport au caractère ponctuel (ni pour tout, ni pour tous ) des communautés ou des mouvements.
D'autres arguments viennent renforcer ces affirmations. Le concile Vatican II dit que la paroisse représente l'Église visible établie dans l'univers. L'article #2226 du C.E.C. (Catéchisme de l'Église Catholique) affirme : La paroisse est la communauté eucharistique et le cœur de la vie liturgique des familles chrétiennes.
Dans une visite en paroisse romaine, le Pape rappelle aux membres du Chemin Néocatéchuménal que « la paroisse est plus large que votre communauté » et « qu'elle est la communauté de base dans Église ». Et dans un autre document : « Pourtant cela doit être clair que les communautés ne peuvent s'élever au même plan que la communauté paroissiale, comme une alternative possible. Au contraire, elles ont la tâche de servir la paroisse et l'église locale. Et c'est précisément dans ce service donné conjointement avec la paroisse et le diocèse que la validité de ces expériences à l'intérieur des Mouvements et des Associations peut être observée ». [vi]
Le Cardinal Moreira Neves, préfet de la congrégation des évêques, lors de la rencontre mondiale des évêques sur les mouvements ecclésiaux (Rome 16-19 juin 2000) a déclaré : « Il n'y a qu'une seule vérité : l'Église, qui a une vocation universelle subsiste dans les églises locales et est en communion, dans une relation symbiotique avec ces églises. Les mouvements doivent prendre les traits des églises particulières dans lesquelles ils sont implantés ». [vii]

Nous verrons bien quel bilan sera dressé dans 30/40 ans, voir avant, pour les diocèses français ayant tout misé sur les communautés nouvelles au détriment de la pastorale ordinaire des paroisses et du clergé diocésain qui a une vocation propre et irremplaçable...
Le communitarisme et la ghettoîsation du catholicisme français, soit disant pour "protéger la foi de nos enfants", me semble bien opposé à la véritable évangélisation... Ces enfants hyper-protégés soit resteront entre eux en cercle fermé, soit perdront leur foi au contact du monde réel. Ma vocation et mon appel se sont développés dans la paroisse de mon village où j'étais le seul adolescent à aller à la messe chaque dimanche entre 13 et 18 ans... La liturgie n'y était pas spendide... mais j'ai trouvé là un bon vieux curé qui m'a accueilli et qui m'a demandé de servir la messe. Et le diocèse m'a offert l'aide d'un groupe de recherche des vocations où j'ai pu rencontrer d'autres jeunes de la région se posant la même question que moi. Au lycée public je n'ai jamais eu peur de témoigner de ma foi devant mes camarades et mes profs.
Je suis désolé de lire que les évêques français n'ont rien proposé comme chemin d'évangélisation...
PROPOSER LA FOI DANS LA SOCIETE ACTUELLE est un beau texte de nos évêques (1996)... Mais qui l'a lu et qui essaie de le mettre en pratique?
Père Robert Culat (13/01/2009): Quand on me dit que les communautés nouvelles ont beaucoup de vocations, encore faut-il voir, pour certaines d'entre elles, comment ces vocations sont suscitées...
Le Chemin néocatéchuménal, par exemple, a rempli environ 70 séminaires Redemptoris Mater, mais avec quel discernement vocationnel?
Voilà la méthode utilisé par le leader du mouvement aux dernières JMJ de Sydney... méthode qui ne peut que poser de graves questions sur ces "vocations"...
http://fr.youtube.com/watch?v=rIkhrFE7hUo
Voilà ce qui arrive quand on veut faire du nombre à tout prix et rapidement. Mais quel est le respect du chemin personnel de ces jeunes? Cette méthode n'est-elle pas digne d'une manipulation de type sectaire? Jésus n'a jamais appellé à sa suite un troupeau de personnes en une minute (non Kiko laisse à ces jeunes une demi minute de silence pour "ressentir" l'appel de Dieu...). Quant au discours manichéen de Kiko il fait trembler par son simplisme et son fondamentalisme: nous, les élus, et en face, le monde, le diable...
p.Jean-Baptiste (13/01/2009): Cher père Robert et confrère, vous penserez je l'espère aussi qu'on ne peut pas se contenter de "nous verrons bien quel bilan…", lorsqu'il s'agit (ou pas) de connaître le Christ et de se laisser sauver. Il peut certes y avoir de "beaux textes" des évêques du pays, mais là il s'agit de vérité et de décisions concrètes urgentes (catéchèse, annonce explicite, liturgie, invitation régulière à la lectio divina et à la prière du cœur…). Il est rare que l'immobilisme (c'est-à-dire nos inconversions à tous) ait permis d'arranger beaucoup les choses... Ces toutes dernières années, le nombre de séminaristes est tombé à 700 et quelques en France, alors que cela augmente dans l'ensemble du monde. AU sujet du bien des enfants, il ne s'agit pas de communautarisme et ghettoïsation mais de simple éducation chrétienne: les apôtres n'ont pas été parachutés en mission avant même d'avoir appris à connaître Jésus-Christ et d'avoir été disciples. Pour une personne comme vous pour qui par la grâce cela a bien tourné, des foules de parents consternés ont vu (et voient…) leur progéniture tout renier parce qu'elle n'avait pas les reins assez solides. On sait bien ce qui se passe lorsque des soldats sont envoyés au front sans formation et équipement ad hoc. Vous semblez ne connaître le chemin Néocatéchuménal (dont je ne suis pas) que par propos rapportés et en ne retenant que ses faiblesses. Benoît XVI a écrit aux évêques le 17 mai 2008: "Les mouvements ecclésiaux et des nouvelles communautés le signe lumineux de la beauté du Christ, et de l'Eglise, son Epouse"… "ils sont une des nouveautés les plus importantes suscitées par l'Esprit Saint". "Cette nouveauté attend encore d'être correctement comprise à la lumière du dessein de Dieu et de la mission de l'Eglise dans le contexte de notre temps". "Aller à la rencontre des mouvements et des nouvelles communautés avec beaucoup d'amour"." Des difficultés et des incompréhensions sur des questions particulières n'autorisent pas une fermeture." "Celui qui est appelé à un service de discernement et de conduite ne prétend pas imposer sa loi aux charismes, mais les préserve plutôt du danger de l'étouffement (cf. 1Th 5,19-21), en résistant à la tentation d'uniformiser ce que l'Esprit Saint a voulu multiforme pour participer à l'édification et au développement de l'unique Corps du Christ". Nous sommes tous au service les uns des autres et il ne devrait pas y avoir la moindre concurrence mais qu'édification et émulation mutuelle.
Père Robert Culat (13/01/2009): (père?) Jean-Baptiste, il me faudrait de nombreuses lignes pour vous répondre...
1°/ A propos du bilan, je voulais dire par là qu'en entrant dans le raisonnement d'Alex et de Maud qui cherchent dans le passé des coupables pour "expliquer" la crise de la foi actuelle, on peut très bien imaginer que d'autres Alex et Maud dans 20 ans chercheront eux aussi des coupables... et pointeront peut-être du doigt une pastorale déséquilibrée des années 2009-2010 quant à la nouvelle évangélisation et à la place de la paroisse dans celle-ci... Peut-être que dans 20 ans on sera étonné de certaines expériences beaucoup plus farfelues que celles de la tourmente post-conciliaire dans notre pays comme les assemblées du réveil ou encore la prière du Père de Toronto avec des personnes poussant des cris d'animaux... Cela se passe en France. Et avec l'approbation de certaines autorités.
2°/ PROPOSER LA FOI DANS LA SOCIETE ACTUELLE est plus qu'un beau texte et marque bien le souci de nos pasteurs de refuser justement l'immobilisme dont vous semblez les accuser. Dans la 3ème partie (Former une Eglise qui propose la foi) il y a un paragraphe nommé "Progresser dans l'expérience de l'évangélisation."
3°/ Il n'y a rien d'étonnant à ce que le nombre de séminaristes baisse ou stagne pas seulement en France comme vous semblez le dire mais en général dans beaucoup de pays d'Europe (bien sûr il y a la Pologne... mais pour combien de temps encore?). Ce sont les croyants qui sont moins nombreux, c'est un fait. Et je ne pense pas que la solution consiste d'abord à importer des prêtres africains ou polonais pour combler les trous. Les séminaristes sont très nombreux en Afrique aussi en partie pour des raisons de statut social, ce qui chez nous a disparu depuis bien longtemps.
4°/ Je suis aumônier de collèges et de lycées publics depuis des années maintenant. J'ai toujours eux la grâce de pouvoir entrer dans ces établissements et d'y tenir des permanences d'accueil ouvertes à tous. Je constate tout simplement que les jeunes des bonnes familles cathos pratiquantes, à de rares exceptions près, sont invisibles dans leur lycée en tant que tels et ignorent volontairement l'aumônerie. Certains sont scouts de France ou d'Europe, d'autres sont tradis, d'autres de l'Emmanuel... mais au fond le résultat est le même: absents. Ils estiment certainement être tellement bien formés dans leur famille et leur mouvement qu'ils n'ont rien à apprendre du simple prêtre diocésain que je suis et surtout ils ne veulent pas trop se mélanger au lycéen moyen qui n'est pas de leur bon milieu catho. Alors la nouvelle évangélisation, oui, on en parle dans les pélés de Chartres, dans les marches entre Routiers, bref entre copains qui pensent pareil... mais là où elle est attendue en acte: plus rien, c'est bizarre. J'ai connu un jeune qui me servait la messe chaque dimanche et qui au lycée se détournait de moi parce qu'il avait honte devant ses camarades, jeune issu d'une communauté nouvelle.
5°/ Dieu seul donne la foi. Les parents qui sont dans l'illusion de transmettre la foi comme on transmettrait un héritage génétique ont bien sûr des réveils douloureux, et c'est normal. La foi, ils peuvent en témoigner, ils peuvent en vivre, ils peuvent la proposer. Mais comme la foi n'est pas d'essence familiale ou sociologique mais qu'elle relève d'une rencontre personnelle entre une liberté humaine et la grâce de Dieu, on est forcément déçu quand ça marche pas pour les enfants et même on se culpabilise.
6°/ Moi aussi j'ai cité certains textes qui n'ont pas dû retenir votre attention, surtout sur la primauté de la paroisse dans la vie chrétienne. Le Chemin est dans mon diocèse. Je me documente aussi via Internet. Je ne fais que constater qu'ils créent une structure d'Eglise parallèle et je ne peux m'en réjouir. Le pape a reconnu en effet ce mouvement. Beaucoup d'évêques dans le monde ont publiquement manifesté leurs craintes et leurs réserves en parlant de tendance sectaire. Je ne sais pas si vous avez regardé la vidéo montrant Kiko suscitant des vocations à Sydney... En lieu et place d'évangélisation il n'est pas rare de constater que certaines communautés nouvelles ne font qu'attirer à elles les forces vives des paroisses, et que leur présence n'augmente que très peu le nombre des nouveaux catholiques...
fremus (14/01/2009): "A moins, tout simplement, qu'on ait omis d'enseigner le "savoir-vivre + savoir- prier" aux enfants du catéchisme. (.../...) Suggestion: ré-inscrire au programme du catéchisme une explication complète de la sainte messe et de ses rites."

En effet, ce programme me semble essentiel. Mais plus difficile à mettre en oeuvre que les séances de coloriage qui sont faites actuellement. Difficile car il faudra trouver des catéchistes qui maitrisent les rites.
J'ai moi même, bien que scolarisé en école privée catholique, pas eu l'occasion de bénéficier d'une telle formation.
Le caté était obligatoire jusqu'en 4ème, après, on n'était plus que 5 ou 6 par classe jusqu'en terminale. Pourquoi n'ont ils pas profité de cet auditoire volontaire pour diffuser des enseignements sur la doctrine de l'Eglise, le sens des sacrements, les rites en vigueur, la place des chrétiens dans la société ?
Non, pour ne pas brusquer un faible auditoire et ne pas risquer de dégarnir davantage les rangs, on avait droit à un "bon, de quoi voulez vous parler aujourd'hui ?" suivi d'échanges convenus. Quel temps perdu.
Père Robert Culat (14/01/2009): Fremus, je ne sais pas si vous connaissez le public des adolescents moyens en 2009... que ce soit dans le public ou le privé. Je fréquente en tant qu'aumônier des collégiens et des lycéens depuis 94... Le niveau humain et culturel n'a cessé de baisser. Avec mes 4°/3° la difficulté c'est d'obtenir qu'ils se tiennent tranquilles un instant et puissent au moins pendant 5 minutes se concentrer. Sans parler de leur difficulté à lire et à comprendre un texte pourtant simple. Si l'enseignement des vérités de foi est devenu si difficile aujourd'hui ce n'est pas seulement à cause du manque de foi de beaucoup de nos adolescents c'est surtout parce qu'ils n'ont pas reçu au niveau humain et intellectuel l'éducation de base, le minimum vital. Je n'ai jamais fait pour ma part de séance coloriages. Mais j'ai passé bien des séances à faire le gendarme devant des jeunes qui ne savaient pas pourquoi ils étaient là ou bien qui y étaient obligés, dans le privé par exemple. J'aimerais bien pouvoir enseigner la doctrine de l'Eglise mais il faut pour cela un auditoire ayant un minimum d'intérêt ainsi qu'une capacité d'écoute, ce qui n'existe plus chez la majorité de nos jeunes. Après je ne vois pas où est le mal d'ouvrir des débats plus vastes avec des lycéens qui sont censés avoir entendu parler du Christ depuis le primaire. Le christianisme ne se réduit pas à l'histoire sainte ou au catéchisme. Il touche tous les aspects de notre vie humaine et il est important aussi de le montrer et de le faire découvrir à des grands jeunes. Vous êtes invité quand vous le voulez à faire un exposé sur la sainte messe à mes 4°! Je vous laisserai la parole bien volontiers, et même pendant une année si vous franchissez le cap de la première séance...
François (15/01/2009): Merci, P. Culat pour ce témoignage si dense. Le vrai "lieu" du chrétien est bien sa paroisse avant tout... si on ne l'en a pas chassé ! Y revenir pour en entendre la sonore vacuité ou l'activisme bavard le pousse à autre chose, vers un clergé qui parle de pénitence, de joie, de croix à la suite du Seigneur. Les résultats ne sont pas spectaculaires mais la "tache d'huile" augmente.
La pastorale de la Messe ? Quand saint Pie X voulu développer l'usage du missel dans toutes les mains, curieusement le mouvement s'arrêta à la Belgique : tous nos livres de messe en vinrent et je ne trouvais pas la fête de Jeanne d'Arc dans le mien, à mon grand scandale ! En effet, alors que les éditions, en France, étaient quasi bouclées, à la mort du Saint Père, tout s'arrêta faute d'une impulsion épiscopale d'un niveau suffisant. Le résultat se fit un peu attendre mais le fruit mûrit de plus en plus vite et malgré le sursaut du missel de 1962, il est maintenant tombé et, comme dans la parabole, surtout sur la pierre et dans les ronces si soigneusement développées par l'EducNat ! Les parents actuels sont déjà des victimes, que dire de leurs enfants ?
Bruno ANEL (Pamiers) (15/01/2009): Pour pouvoir entamer un débat , il faudrait que le texte de départ soit clair :
- "Un de nos évêques tente de couper court" . Lequel, dans quel numéro de La Croix?
- "Nombre d'intellectuels catholiques continuent à ronronner" . Lesquels, dans quels articles ou livres ? Que l'on sache , les intellectuels catholiques ne sont pas légion aujourd'hui.
- Les auteurs du texte ont-ils vécu la période décriée et celle qui la précédait ?
- "Il ne s'agit en rien de personnaliser le débat" . Soit. Mais comment parler de la période sans citer des situations précises?
- "Ce constat n'est en rien une caricature" : j'ai peur qu'il le soit quand même un peu , faute d'être etayé par des faits concrets mais seulement par des considérations générales.
Moi qui ai vécu l'époque, je vous livre une part d'éclairage personnel.
- On peut dire sans manque de charité que nombre d'évêques de l'époque n'étaient pas préparés à la crise : personne ne l'était . Ni le clergé, ni les gouvernants, ni les professeurs, ni les intellectuels, ni les communistes. Tout le monde a fait face comme il a pu, c'est à dire en naviguant à vue. Dire que le brave cardinal Marty, avec son accent du terroir, arrivé à Paris début 68 , n'était ni un visionnaire ni préparé à être un capitaine de gros temps n'est pas faire injure à sa douce mémoire. Rappelez vous que Pierre Viansson Ponté, journaliste au Monde, ecrivait en 1967 un article intitulé : "La France s'ennuie". Personne n'a vu venir !
- Les causes de la crise sont aussi à chercher dans la période qui a précédé. Pour avoir une pratique pastorale adaptée , il aurait fallu la préparer . Si le diagnostic sur la déchristianisation de la classe ouvrière avait été fait par les abbés Godin, Daniel et d'autres, celui sur la montée de la société de consommation , la migration vers les villes , l'éclosion du baby-boom était encore balbutiant, pensé en termes anciens . Lorsque le Concile évoque l'athéïsme, il pense au communisme. Pouvait-il prévoir que celui ci serait mort trente ans aprés et l'adversaire principal serait l'athéisme pratique lié à la consommation et à la libération brutale des moeurs ? Ce n'est pas le "caté" questions-réponses de l'époque qui nous préparait à affronter la crise.
- Dire que "Evangeli nuntiandi" a été ignoré est érroné : on l'a étudié à l'époque. Mais l'election de Jean Paul II peu aprés l'a vite fait oublier.
Bruno ANEL (Pamiers) (15/01/2009): Relisant les interventions précédentes, je m'aperçois que les rédacteurs du texte en débat ont déja répondu à la question : qui est l'auteur de l'article dans La Croix? Je suis abonné à ce quotidien, mais l'article a dû m'échapper. Pouvez-vous m'indiquer la date ?
Concernant les communautés nouvelles, il me semble éxagéré de dire qu'elles ont été tenues à l'écart. Si ce n'était pas le cas, il n'y aurait pas actuellement en France une douzaine d'évêques issus de leurs rangs. Citons notamment Notre Dame de Vie et l'Emmanuel . Il convient de rappeler que parmi les grandes communautés nées dans les années 70, certaines ont disparu , d'autres ont connu des scissions , d'autres encore ont de sérieux problèmes de gouvernement ou d'accompagnement de leurs membres. Il est normal que l'Eglise soit prudente avant de donner sa confiance.
JAM (16/01/2009): De la même façon, il est pour le moins curieux que l’on continue à mettre en exergue tant sur le site de l’Episcopat que sur celui de l’ACEP, comme texte de référence, la déclaration de la commission sociale de l’épiscopat de 1972, approuvée par l’Assemblée Plénière de Lourdes(24-28 octobre 1972) et dont le porte-parole en fût Mgr Matagrin. Ce document a été analysé par Gaston FESSARDs.j. qui en a démontré le danger dans l’analyse marxiste de l’histoire que propose ce document, et qui faisait suite au Document d’ACO du 1er mai « qui coïncide pour l’essentiel avec celui du PC et lui apporte son concours »(in ‘‘Eglise de France prends garde de perdre la foi’’ Gaston Fessard - Julliard 1979). Heureusement de nombreux documents sont venus non pas dénoncer mais prendre une orientation différente voire clairement opposée à ce que d'aucuns (dont plusieurs évêques et cardinaux )considérèrent comme un document de "compromission" . Y-aurait-il encore dans les services des nostalgiques du piège de la "main tendue" du PCF ?
Pourquoi laisser un tel document sans possibilité de le consulter ? (il ne reste qu'une synthèse de Mgr Matagrin).
Bruno ANEL (17/01/2009): Je sors d'une rencontre avec des 5èmes et je me sens en plein accord avec le P.Culat. Impossible d'obtenir plus de 10 mn d'attention , et encore avec du visuel . Et je suis ancien prof et chef d'établissement ! Première réaction : ces gosses sont trés mal élevés . Coupables : les parents . C'est évidemment plus complexe que cela. Quand j'étais enfant, les différents acteurs tenaient tous le même discours sur le comportement social : les parents , le prêtre , l'instituteur , le chef scout, les lectures , et même en partie le cinéma . De plus, les éducateurs avaient la main (trop ?) leste , sans que cela pose problème. Ce consensus éducatif assez repressif a explosé. L'instit ne fait plus de morale,les parents n'hésitent pas à se retourner contre les profs des que leur progéniture est sanctionnée, les mouvements éducatifs ont beaucoup de mal à trouver des cadres, l'audiovisuel a supplanté le livre. Inutile de chercher des coupables , dans la société comme dans l'Eglise .
Quoi qu'en pensent Alex et Maud , il y a bien une évolution structurelle de fond qui a remué la société. Différents facteurs y ont contribué : consommation de masse , révolution technologique et scientifique , période de paix prolongée , accélération fulgurante de l'histoire, chômage structurel , mondialisation. L'invention de la pilule contraceptive ou la révolution informatique suffisaient à elle seules pour bouleverser l'ordre social.
Bruno ANEL (17/01/2009): J'ai enfin retrouvé l'article qui a tant inquiété Axel et Maud, en recherchant sur les archives internet de La Croix. J'ai été assez stupéfait car je l'avais lu et pas du tout interprété comme visant à dédouaner l'Eglise des années 70-80 de ses responsabilités. Mgr François Blondel, évêque de Viviers que j'ai bien connu, y rend hommage à Mgr Marius Maziers, ancien archevêque de Bordeaux décédé peu avant. Il procède à une relecture de notes prises en 1979 quand l'Eglise s'interrogeait sur la crise qu'elle vivait et ses liens éventuels avec Vatican II. L'article est équilibré, insiste sur le fait qu'il convient de ne pas diaboliser l'Eglise d'avant le concile pas plus que celle d'aprés. Je ne vois aucunement sur quoi Axel et Maud ont pu s'appuyer pour estimer que François Blondel tentait de clore un débat sur la période. Cela me semble relever du procés d'intention.Je leur suggère d'approfondir leur connaissance de la période.
Guy Labouerie (17/01/2009): Bien sûr que la responsabilité de nos évêques est écrasante dans cette crise, en particulier pur avoir laissé leurs prêtres dans de grandes solitudes à peine étaient-ils ordonnés.
Et si l'on partait du commencementn le vrai, le seul qui compte "Il est ressuscité" Le croyons-nous et réfllechissons nous et agissons nous en fonction de cette Foi? sinon tout est illusion et mensonge. NP
Bruno ANEL (18/01/2009): "La responsabilité de nos évêques est écrasante dans cette crise". Guy , pourquoi cette généralisation hâtive ? J'ai connu un évêque de cette période qui se rendait auprés de ses prêtres aussi souvent que possible, et tout de suite quand il sentait un problème. Il en est mort, dans un accident de voiture.
Mais je suis d'accord sur le deuxième point : Christ est réssucité !
tiphaine (03/02/2009): Savoir faire confiance, les pensées du Seigneur ne sont pas nos pensées. Il a peut-être fallu ce temps d'enfouissement dans l'Eglise pour éviter l'écueil du triomphalisme et de l'orgueil, avant de renaître. Tout comme il fallait que le Renouveau fasse souffler l'Esprit Saint sur notre Eglise, redonnant la Foi à des jeunes qui, plus tard, s'investissent pleinement dans leurs paroisses.

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