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Décryptage

Sida : le pape a scientifiquement raison

27 Mars 2009 | Albert Barrois

Tout a été dit ou presque ces derniers jours sur la réponse du Pape à une question d'un journaliste de France 2. Le préservatif aggrave-t-il le problème du Sida ? C'est la science et l'expérience qui le disent : le pape a raison. Sur le plan personnel et collectif, seule une sexualité responsable peut enrayer la pandémie. Et les faits montrent que l'Afrique est parfois en avance sur les pays occidentaux dits civilisés. Explication par un chercheur en biologie cellulaire.

COMME D'HABITUDE, une phrase a été sortie de son contexte : qui s'en étonnera ? Les premières réactions maladroites de certains n'ont pas amélioré les choses, en particulier la tentative du service de presse du Vatican d'atténuer les mots du Pape en lui faisant dire que cela "risquait" d'accroître (aumentare en italien) le problème. En revanche il a été fort bien dit, surtout par les Africains eux-mêmes, mais aussi par des Européens, que toute cette affaire relevait d’une forme de racisme.

On ne prétendra jamais qu'un Français par exemple, est incapable s’il le souhaite de respecter scrupuleusement la condamnation du préservatif au nom de la morale catholique. En revanche, tous ceux qui ont réagi en s'en prenant souvent violemment au Pape semblent penser qu'un Africain est trop bête pour y parvenir. De même, il a été rappelé ce que le Pape avait commencé par dire, à savoir que plus d'un quart des malades du SIDA sont soignés par des institutions catholiques, bien plus que toutes les ONG réunies (18% des malades). On pourrait demander combien sont soignés par des organisations antireligieuses, ou bien par une fondation Juppé ou Cohn-Bendit ou... la liste est longue !

Le préservatif aggrave-t-il le problème du SIDA ?

Oui ou non le préservatif aggrave-t-il le problème du SIDA ? Puisque c'est cette phrase qui a été reprise partout, et que tout le reste a été oublié, je voudrais (re)montrer qu'elle est tout simplement vraie. J'examinerai d'abord sa vérité au plan individuel, puis sa portée à l'échelle des populations et enfin sa réalité pour ce qui est de l'épidémie planétaire.

À première vue, on peut penser que le préservatif est efficace pour une personne ne voulant pas devenir séropositive ou ne voulant pas transmettre sa maladie ; je pense en particulier aux couples où l'une des personne est séropositive, et je ne parlerai pas de ce cas en particulier. On peut en effet sans doute démontrer que plus de gens auraient le SIDA aujourd'hui sans le préservatif, dans le climat de laisser-faire sexuel qui est quasiment mondial. Mais on peut encore plus facilement prouver qu'en respectant la morale sexuelle de la loi naturelle, au moins de temps en temps, nul n'est besoin de préservatif.

Cependant, admettons que pour une personne donnée qui décide d'avoir des relations avec une autre personne dont elle ne sait rien, le préservatif soit un pis aller. Pourtant celui-ci n'est efficace qu'à 85% comme contraceptif chez ceux qui l'utilisent systématiquement, et la plupart des méta-analyses indiquent que son efficacité contre le VIH est de l'ordre de 80 à 90 %. Cela signifie que pour 100 personnes qui utilisent systématique un préservatif, entre 10 et 20 seront malgré tout contaminées. C'est moins efficace que les méthodes de régulation naturelle des naissances. Pourtant on nous rabâche à longueur de temps que celles-ci ne sont pas fiables, à tel point qu'elles ont été surnommées "roulette vaticane".

Pourtant une sérieuse étude a montré que la méthode symptothermique est fiable à 99,4% sur une durée d'un an pour les femmes ayant respecté scrupuleusement tous les critères, et un taux de 98,2% en moyenne lors de cette étude [1]. En "utilisation parfaite", le préservatif est supposé être fiable à 98% (85% en utilisation normale), tout comme la méthode symptothermique selon le chiffre retenu par l'OMS [2]. Va-t-on pouvoir nous expliquer pourquoi le "risque" d'avoir un enfant dans 2% des cas est jugé inacceptable, alors même qu'on juge tout à fait supportable le risque de contamination par le virus du SIDA dans les mêmes proportions ? Si on ne fait pas confiance à une méthode de régulation naturelle des naissances, il est surréaliste de faire confiance au préservatif.

À l’échelle d’une population

Voyons maintenant ce que disent les statistiques et la littérature scientifique sur l'évolution de l'épidémie de SIDA à l'échelle d'une population. On a récemment appris qu'à Washington, la prévalence de l'infection par le VIH était d'au moins 3%. Manquerait-on de préservatifs à Washington ? Ce chiffre est supérieur à celui de plusieurs pays de l'Afrique sub-saharienne (1,2% au Bénin ; 1,6% au Burkina-Faso ; 1,7 au Libéria ; 3,1 au Nigéria ; 2,1 en Angola, etc.).

La réalité est plus complexe. En effet plusieurs personnalités scientifiques de premier plan ont montré que la première mesure à prendre est la réduction du nombre de partenaires. C'est d'autant plus important si une personne a plusieurs partenaires dans une même période.

Prenons l'individu A qui a deux partenaires B et C. Supposons que B soit séropositif, il peut contaminer non seulement A, mais aussi C. Normalement, B et C ne se connaissant pas, il ne devrait pas y avoir de risque de transmission de la maladie entre eux. Mais les risques augmentent exponentiellement avec le nombre de partenaires simultanés. Au contraire le simple fait d'être fidèle à une personne, au moins pendant un temps, réduit considérablement ce genre de risques. C'est en substance ce que démontre Helen Epstein dans un essai paru en novembre 2008 dans le British Medical Journal [3].

H. Epstein est une journaliste indépendante et spécialiste de santé publique dans les pays en voie de développement, auteur notamment de The Invisible Cure: Why We Are Losing The Fight Against AIDS in Africa. De même, une étude essentielle parue dans Science en 2004 démontre que le succès obtenu en Ouganda a été rendu possible en réduisant considérablement le nombre de partenaires et en retardant l'âge des premières relations [4]. Et cette étude a été confirmée [5]. Autrement dit, fidélité et abstinence sont les clés de la lutte contre l'épidémie de SIDA.

En Ouganda en particulier, la chute de la prévalence de séropositivité a précédé de plusieurs années l'arrivée massive des préservatifs. Les autres pays où une baisse sensible de l'épidémie est directement liée à la réduction du nombre de partenaires incluent le Kenya, Haïti, le Zimbabwe, la Thaïlande et le Cambodge [6]. On pourrait également citer James D. Shelton et son "commentaire" publié dans The Lancet fin 2007 sur les dix mythes de l'épidémie de SIDA parmi lesquels on trouve "les préservatifs sont la solution" [7]. Tout comme Helen Field, Shelton, qui appartient à l'USAID (Agence américaine pour le développement international) recommande avant tout de faire baisser le nombre de partenaires simultanés.

Le préservatif donne le goût du risque

Un autre argument a été avancé Edward C. Green qui est le directeur d'un programme de recherche sur la prévention du SIDA à l'université de Harvard. Il s'est fait remarqué la semaine dernière en prenant fait et cause pour le Pape. Dans un entretien accordé à la revue américaine National Review il a déclaré :

« Le Pape a raison, ou bien disons que tous les indices dont nous disposons vont dans le même sens que ce qu'a dit le Pape [...]. Il a été prouvé que les préservatifs ne sont pas efficaces au niveau d'une population. Il y a un lien récurrent, démontré par nos meilleurs études, y compris les "Demographic Health Surveys" financées par les États-Unis, entre une plus grande disponibilité et utilisation des préservatifs et un taux d'infection au VIH plus élevé (et non moins élevé). Ceci peut être dû en partie au phénomène connu sous le nom de "compensation du risque", ce qui signifie que si quelqu'un utilise une technique de réduction d'un risque comme le préservatif, il perd souvent le bénéfice de cette réduction en compensant, ou prenant plus de risques que s'il n'avait pas utilisé cette technique » [8] (traduction AB).


Cette explication est une des clés pour comprendre pourquoi le préservatif est à long terme une mauvaise solution. Tôt ou tard on se lasse de prendre des précautions, et le résultat se manifeste notamment aujourd'hui à Washington avec une reprise tragique de l'épidémie. Et avant qu'on explique que Green est à la solde du pape, il est bon d'ajouter qu'il est agnostique.

À l’échelle de la planète

Passons pour finir à l'échelle de la planète. Nous savons que seuls une réduction drastique du nombre de partenaires, ainsi qu'un âge plus tardif pour le début de l'activité sexuelle sont essentiels pour faire baisser de façon très importante l'épidémie de SIDA. Cela est possible puisqu'en Ouganda on est passé de 25 % à environ 6% de personnes infectées en l'espace de 10-15 ans [4]. Ce qui a pu être fait avec peu de moyens dans un pays souvent en proie à l'instabilité peut être fait ailleurs. L'ennui c'est que pour obtenir l'éradication d'une maladie, il faut que tout le monde joue le jeu. Or il est clair qu'aujourd'hui on ne se donne pas les moyens d'arriver à ce résultat autrement qu'en recherchant des traitements ou un vaccin. En ce sens la promotion du préservatif aggrave donc le problème. Tant que la principale façon de lutter est de promouvoir une solution non fiable dans un cas sur six ou sept au détriment d'un changement de comportement, on n'arrivera jamais à enrayer l'épidémie.

Tous ceux qui s'étonnent que le Pape soit catholique devraient s'apercevoir que son raisonnement, loin d'être idéologique ou simplement moraliste, est scientifiquement le plus valide. Peut-être est-il irréaliste à court terme dans la mesure où la fidélité et l'abstinence sont des valeurs très décriées de nos jours, mais sur le long terme, la seule solution est une prise de conscience de la valeur de la sexualité humaine.

« On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels (Benoît XVI) [9]. »



*Albert Barrois est le pseudonyme d’un scientifique, docteur en biologie cellulaire.

 


[1] Frank-Herrmann et al (2007). « The effectiveness of a fertility awareness based method to avoid pregnancy in relation to a couple’s sexual behaviour during the fertile time: a prospective longitudinal study. » Hum Reprod, 22, 1310-1319.
[2] Document à télécharger (voir le tableau 1).
[3] Epstein H (2008). « AIDS and the irrational. » British Medical Journal, 337, a2638.
[4] Stoneburner & Low-Beer (2004). « Population-level HIV declines and behavioral risk avoidance in Uganda. » Science, 304, 714-718.
[5] Kirby D (2008) « Changes in sexual behaviour leading to the decline in the prevalence of HIV in Uganda : confirmation from multiple sources of evidence », Sex Transm Inf 84; ii35-ii41
[6] Green & Ruark. First Things, avril 2008. First Things est une revue catholique américaine.
[7] Shelton JD (2007). « Ten myths and one truth about generalised HIV epidemics. » The Lancet, 370, 1809-1811.
[8] Dans un article de Kathryn Jean Lopez, publié en ligne le 19 mars.
[9] Suite de la réponse de Benoît XVI.

 

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Commentaires (25)

jean (27/03/2009): merci de ce bon message
il reste essentiel de crier que l'utilisation du préservatif comporte un taux élévé d'echec de l'ordre de 10% selon les estimitions: ce taux est imputable aux "défauts d'utilisation" -ce qui est gravissime- mais pas à une perméabilité parfois avancée par certains (rappelons que si les virus sont infiniment plus petits que les spermatozoides, les mollécules d'eau qui sont encore plus petites ne "passent" pas)
vive la vie et la fidélité
kelkin (28/03/2009): De toutes façons on reste confondu par la différence entre le luxe de précaution que prennes les personnels hospitaliers en termes d'aseptie et d'antiseptie et ce pauvre morceau de caoutchouc manipulé par un amateur dans un moment d'excitation peu propice à de telles précautions...
Cette évidence qui saute au yeux, je ne l'ai jamais vue écrite nulle part.
Pierre (28/03/2009): Ce débat est totalement biaisé, et des deux bords ! Pour les uns, il s'agit dans le fond de préserver la liberté des moeurs avec pour emblème le préservatif qui protège de "tout, sauf de l'amour" comme le dit le slogan bien connu. Pour les autres, il s'agit de dénoncer cette liberté des moeurs et ses méfaits, en prenant pour emblème la façon tronquée de lutter contre le SIDA.

Je trouve dans les deux cas totalement inique de prendre cette pandémie et ses malades en "otages" d'un débat de société très occidental.
C. Dromard (28/03/2009): Cette polémique, comme d'autres, démontrent un gros défaut dans la communication de l'Eglise.
Ce n'est pas aux membres du clergé - Pape, évêques et prêtres - de croiser le fer avec des journalistes plus ou moins bien intentionnés, ou, plus simplement, mal ou peu formés à la religion, sur des problèmes de société.
Comment un évêque peut-il se prononcer sur la perméabilité technique d'un préservatif ??? Cela frise le comique si ce n'est la stupidité!
le message de l'Eglise est autrement sérieux et n'a pas besoin de ce type d'effet médiatique.
SVP un peu de sagesse, de retenue, on n'attend rien d'autre.

Pour les polémiques, laissez les responsables de mouvements, les laîques, croiser le fer avec les journalistes !!!!!
Dominique de Belleville (28/03/2009): Bravo pour votre article, et merci de l’avoir publié pour nous fournir une information juste.

Pour aller dans le même sens dans la polémique actuelle sur l’efficacité du préservatif en matière de lutte contre le SIDA, l’outil à mettre en place me paraît être une fiche à caractère technique (et donc non fondée sur des considérations religieuses ni morales) destinée à un large public, brève (pas plus d’une page) montrant les limites de cette efficacité. Elle s’appuierait sur une statistique fiable évaluant le taux d’échec du préservatif en matière de protection contre le SIDA avec une définition précise des concepts utilisés.

Vous citez un taux d’efficacité de 80 à 90% du préservatif contre le VIH, mais s’agit-il d’un taux d’efficacité pour chaque rapport sexuel prétendument protégé ou un taux d’efficacité par an et par personne ? J’ai déjà rencontré cette difficulté de définition en étudiant la question des grossesses non désirées. Même s’il s’agit d’un taux par an et par personne, le risque est très grave, mais ce n’est pas le même.

Par ailleurs, je suppose que l’origine de votre chiffre figure dans la bibliographie citée en fin d’article, mais je pratique très mal la langue anglaise et je n’ai pas trouvé trace de ce que je cherche dans les quelques documents en français. Pourriez-vous m’indiquer ce qui existe comme source d’information incontestable (et de préférence en français) sur ces chiffres ? Je n’ai rien trouvé d’intéressant dans Google.

Je vois par ailleurs que vos références bibliographiques sont récentes. La technologie a certainement évolué ces dernières années et il n’est pas certain que des chiffres anciens soient encore valables. Par exemple, j’entends parler de nouveaux modèles de préservatifs : en vinyle et non plus en latex, ou à double paroi. Les problèmes nés d’utilisations maladroites demeurent peut-être (à vérifier) mais la porosité n’est certainement pas la même. Et il y a probablement d’autres points qui m’échappent. Question : ne peut-on pas nous rétorquer que les derniers modèles de préservatifs sont fiables ?

La question des résultats obtenus dans certains pays du monde par les méthodes naturelles comme la limitation du nombre de partenaires, la date plus tardive des premiers rapports sexuels, la fidélité conjugale, est aussi très importante, car ce point constitue le volet positif de la question.

Un tel document synthétique (en français) existe-t-il ou faut-il le rédiger ?

Dominique
MAMAY MASEKA Médard (28/03/2009): En tant que chrétien et médecin, je pense que ce n'est pas au paupre pape que les gens doivent s'en prendre. La pratique du préservatif remonte à quelques années. On y a beaucoup écris, les échecs et les réussites sont bien connus. C'est qui est regretable, c'est l'hypocrisie des pays industrialisés qui ne veulent pas comprendre que le SIDA est aussi une maladie économique. Si les écoles pouvaient servir de relais pour ce message et si les gens surtout les femmes pouvaient ne pas se prostituer, cette maladie diminuerait d'incidence. C'est un peu comme les maladies hépatiques dues à l'alcool, les maladies respiratoires dues à la cigarette dans les pays européens. On voit l'hypocrisie des décideurs politiques. On reglemente la cigarette et à quand les mésures sur l'alcool? Je pense que le jour où l'homme répondra à cette question, nous n'aurons plus à embeter le pape pour ces situations. Laissons cet Homme de Dieu faire son travail calmement.
Aristote (28/03/2009): @ Dromard :

"Comment un évêque peut-il se prononcer sur la perméabilité technique d'un préservatif ??? Cela frise le comique si ce n'est la stupidité!"

Tout à fait d'accord, et cela ne fait qu'affaiblir la position très juste du Souverain Pontife.

Hélas, le prurit des évêques à parler de ce qu'ils ne comprennent pas ne se limite pas à la porosité des préservatifs. Parler peu pour parler bien devrait être leur devise !

Bien à vous.
Le Sanglier (28/03/2009): Merci de nous faire prendre conscience de la forte implication des institutions catholiques dans l'aide et le traitement aux malades du sida :

Vous rendrez service au monde entier en publiant la liste de tous les organismes qui sont impliqués dans cette oeuvre humanitaire continent par continent et le nombre des personnes prises en charges !

Si possible faire le bilan de l'évolution de la maladies en lien avec les méthodes utilisées.

Enfin je voudrais apporter ma contribution personnelle :
"Tu veux un préservatif ? Si c'est pour l'utiliser avec ton conjoint, sois sincère, t'en as pas besoin. Hors mariage, ne compte ni sur moi ni sur le Pape pour t'encourager à la débauche !"
Louis Avoine (28/03/2009): Sans compétence pour dire ce qui est le plus utile dans le hourvari actuel, je peux juste dire ici merci à Liberté politique d'avoir mis cet article en ligne (et d'avoir déniché un chercheur en biologie qui connaît le domaine, il suffit d'aller sur son blog pour s'en apercevoir).
PS (à censurer comme "attaque" ?) Il m'arrive de me demander en lisant certains commentaires sur des articles écrits par des "connoisseurs", si les commentateurs n'écrivent pas surtout pour prouver qu'ils sont plus intelligents que le rédacteur… Cordialement LA.
Liberté politique rédaction (28/03/2009): Certains commentaires'interrogent sur l’utilisation d’un pseudonyme par l’auteur. Cela ne devrait pas avoir d’importance dans la mesure où ce sont des faits avérés et publiés dans des revues à comité de lecture qui sont rapportés et commentés. La démarche scientifique de l’auteur consiste à proposer des arguments appuyés sur des données publiées que chacun peut critiquer à sa guise en utilisant la même démarche.
Xavier (28/03/2009): Merci beaucoup à ce scientifique.
C'est important que derrière l'unanimisme scientifique de façade qui réside en France sur la question du préservatif, un scientifique ose démontrer, preuves à l'appui, l'inanité d'arguments pseudo-scientifiques entendus jusqu'à la nausée et complaisemment repris par les medias. En témoigne la dernière affaire de l'évêque d'Orleans...
CD (29/03/2009): Je reviens un instant car cette histoire me parait très révélatrice d'un manque de "gouvernance" au sein de l'Eglise - de France en l'occurrence - et sur tout l'incapacité
- à enrayer une polémique médiatique et à trouver les bons relais de communication ( qui, j'insiste, ne devraient pas être des membres du clergé séculier et surtout pas des évêques),
- à répondre avec des aurguments au bon niveau de réflexion : discuter de la valeur technique du préservatif et/ou de tel mode contraceptif n'est pas du ressort de l'Eglise - et surtout pas de ses pasteurs.
Le message de l'Eglise est au-dessus de cela. En entrant dans ce niveau de questions, l'Eglise entre dans le champs de la polémique, et y répond de la plus mauvais manière et en dévalorisant NOTRE Eglise !

Un peu de sens politique SVP !!!
Cd (29/03/2009): Peut-on aussi se poser la question autrement :
Si des gens souhaitent que le Pape aitorise le préservatif , est-ce :
- parce qu'ils ressentent le besoin d'une autorisation "sprituelle",
ou
- parcequ'ils cherchent à attaquer la religion ?
Au choix...

Mais dans les deux cas, l'Eglise n'a pas à se défendre, surtout pas techniquement, son message est un message de bon sens et de cohérence, reste à savoir éviter ces polémiques et ne pas tomber dans ces pièges.
Aimé (29/03/2009): Peut-être mon observaton est-elle erronée,..mais il me semble que les reproches, les attaques plus ou moins virulentes contre l'Eglise et ses représentants, dont, en premier lieu le pape, sont irraisonnées, malhonnêtes intellectuellement et de fait mensongères. J'ai pu entendre à la radio, il y a quelques temps, une personne qui disait que le pape(Jean paul II) était le plus grand criminel de tous les temps puisque responsable de la propagation du SIDA en interdisant le préservatif!!
Il me semble tout à fait logique et de bon sens que d'affirmer que toutes les personnes qui ont observé et observent les paroles du pape au sujet du préservatif sont premièrement, à l'écoute de celui-ci, dans une relation de confiance, d'adhésion et "d'obéissance" et que deuxièmement ils le sont pareillement et forcément pour tout ce qui concerne la doctrine de l'Eglise qui conduit à ces "règles de vie". Ainsi, je crois pouvoir affirmer que, hormis des situations exceptionneles et accidentelles, il n'est aucune personne qui, ayant écouté les papes sur ce sujet, ait transmis le SIDA. Autrement dit,de manière générale, toutes les personnes qui ne se sont pas "protégées"et qui ont transmis ou "reçu" le SIDA, n'ont, soit jamais entendu le pape (ou l'Eglise) ou n'avaient que faire de ses "discours". Cela me paraît l'évidence même.
Mathatias (30/03/2009): Dans la même ligne, je voudrais attirer votre attention sur un article plus révélateur encore. Qui à votre avis a bien pu écrire ceci: "la réduction du nombre de partenaires est d’une importance cruciale dans les épidémies généralisées" (traduction libre de l'Anglais)? Réponse ici: http://www.thelancet.com/journ...S0140-6736(08)61752-3/fulltext
... Peter Piot (directeur d'ONUSIDA de 1995 à 2008) et 7 autres experts. Plus révélateur encore: l'article de Piot et al répond à un autre papier, mais ce n'est en tout cas pas pour remettre en cause l'affirmation suivante qu'on y trouve: " le principal facteur de réduction de la transmission du HIV dans des épidémies généralisées a été la réduction du nombre de partenaires sexuels. On a des preuves convaincantes de ce lien dans un nombre croissant de pays Africains, comme le Kenya, le Zimbabwe et l’Ethiopie. De plus, la réduction du nombre de partenaires semble avoir contribué au déclin du HIV en Haiti et dans la République Dominicaine.» voir ici pour cet article: http://www.thelancet.com/journ...S0140-6736(08)60883-1/fulltext
Christelle (30/03/2009): Le pape ne se prononce pas sur les caractéristiques techniques du préservatif, ou alors il faut m'expliquer où... je n'ai pas dû lire les mêmes articles que vous !
Il prône la fidélité, ce qui est bien normal pour un Souverain Pontif !
J'aimerai bien voir la tête des gens si l'Eglise approuvait le fait d'avoir plusieurs partenaires sexuels ! ça relève du bon sens !
zoumit (30/03/2009): "Le Pape n'a pas à se prononcer sur l'eficacité du préservatif". Mais n'importe qui d'autre (journaliste, homme politique, lecteur, citoyen lambda...) lui le peut pourvu qu'il dise la même chose que tout le monde. De même que ces mêmes personnes sont habilitées à se prononcer sur la religion, la morale, l'éthique où ils n'entendent pourtant pas grand chose. Il n'y a qu'au Pape à qui on dénie le droit d'avoir un avis. Est-ce parcequ'il ose avoir un avis différent des ignorants qui le jugent?
Mathatias (31/03/2009): Le "consensus scientifique" contre le Pape, si on le lit bien, ne cherche à réfuter que ce que le Pape "aurait" dit, à savoir: le préservatif est dangereux. Ca ça n'est pas trop compliqué à faire. Je n'en ai par contre pas trouvés qui répondent à ce que le Pape a, me semble-t-il, dit si on le lit bien: Le préservatif ne suffit pas et ne s'en tenir qu'à cela serait même dangereux. Seule une humanisation de la sexualité .... Le seul que j'ai vu citer le Pape en entier c'est E Green de Harvard et ce fut ... pour lui donner raison. Et pour cause vu que pour une épidémie généralisée:
- il semble assez généralement accepté que tous les cas de régression ont eu pour facteur principal la diminution du nombre de partenaires (j'ai indiqué plus haut que même Peter Piot ne le conteste pas).
- il n'y a pas de cas de régression que l'on puisse attribuer au seul préservatif. Même l'ONUSIDA dans sa déclaration en faveur du préservatif n'utilise pas cet argument (qui serait pourtant le plus convaincant.)
Yvan (31/03/2009): Sous l’occupation circulait à Paris un refrain populaire : « Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est allemand… ». Horreur du mensonge, rejet de la propagande éhontée, résistance au pouvoir : ce qui légitimait la réaction des Parisiens en 1941 peut tout aussi bien révolter les auditeurs et téléspectateurs de 2009 désinformés par les radios, les chaînes publiques, les politiques, les sites internet...
Laurent (31/03/2009): Vous dites "Cela signifie que pour 100 personnes qui utilisent systématique un préservatif, entre 10 et 20 seront malgré tout contaminées."

Disons plutôt que dans 10 à 20 % des cas, selon ces chiffres, le préservatif ne remplit pas son office, qui est de protéger. Mais pour être contaminé, encore faut-il que le rapport sexuel soit contaminant, ce qui n'est pas forcément le cas. Donc je pense que vous allez un peu trop vite en besogne et malheureusement, cette phrase déforce un peu votre article par ailleurs fort intéressant.
Grégory (02/04/2009): Pourquoi ce monsieur a écrit sous pseudonyme? Surprenant quand on entend donner un gage scientifique et que l'on se prévaut de l'être. COmme scientifiques a avoir réagi il y a également l'inverse et sans se cacher ! Françoise Barré-Sinoussi, chercheuse en virologie à l'Institut Pasteur, lauréate du Prix Nobel de médecine 2008, Jean-François Delfraissy, directeur de l'Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) et Yves Levy, président du conseil scientifique de Sidaction, ont cosigné une lettre ouverte à l'attention du Pape dans le quotidien Le Monde du 25 mars.

Dans le même sens que l'OMS, pour ces scientifiques, cette déclaration du Pape indiquant que le préservatif n'était pas la solution et que son utilisation aggrave le problème du Sida est «contredite par les résultats de vingt-cinq ans de recherche scientifique». «L'analyse globale de près de 140 articles scientifiques consacrés au suivi de couples où l'un des deux partenaires est séropositif démontre de manière irréfutable que l'utilisation régulière du préservatif permet de réduire d'au moins 90 % le risque de transmission du VIH, mais également d'autres maladies sexuellement transmissibles» soulignent les scientifiques pour qui l'utilisation du préservatif et les campagnes de prévention et d'éducation sexuelle «ont été, et restent, le principal frein à l'extension de l'épidémie dans le monde entier».
Thibault (06/04/2009): Le préservatif est 100% efficace pour tous ceux qui savent s en servir sans le percer, sinon il ne sera pas autant publicité par l état français.
Ne pas croire un pseudo scientifique
Nico (21/04/2009): Dire qu'il ne faut pas croire un pseudo scientifique tel que Edward C. Green, c'est y aller un peu fort tout de même, Harvard ça vaut peut être pas selon vous l'Institut Pasteur (non on est pas chauvin!non!), mais c'est quand même un phare mondiale en matière de recherche (à noter que Harvard brasse cinq fois plus d'argent que le St siège).
Je suis allé en Ethiopie en 2007 (c'est peut être pas assez récent pour vous), j'ai vu les panneaux publicitaires avec Miss Ethiopia faisant la pause avec sa boite de préservatifs, et pourtant, que dire des zones urbanisées de ce pays où les aides humanitaires sur le terrain parlent de 70 à 90% de la population contaminée par le VIH. Je reconnais comme Laurent que cet article oublie de préciser certaines choses (avant d'entrer dans la prise en compte du % de risque de recevoir le VIH malgré le port du préservatif, il faut déjà que le partenaire soit contaminé), mais il n'en demeure pas moins qu'il est regrettable dans notre pays d'entendre que le préservatif est plus efficace que la fidélité (il faut bien entendu faire le test, et si VIH il y a, alors oui au préservatif pour ce cas particulier). Que le pape a raison de nous rappeler par là que nous ne sommes pas des animaux comme les autres, que nous avons besoin de manière consciente et/ou inconsciente de lisibilité, de savoir d'où est ce qu'on vient. Nous sommes fait(e)s de facultés physiques et psychologiques, certes, mais également mentales, intellectuelles, spirituelles, et ce au sein d'un même être, et nous nous devons non pas de mettre le couvercle sur la cocote minute comme beaucoup en France semblent interpréter les valeurs de l'Eglise, mais en humanisant tout notre être, en faisant ce travail intérieur d'unité, de quète de sens à nos actes, en nous sublimant au travers des activités cathartiques que sont la musique, le sport, la poésie, l'art, les travaux scientifiques....
doums (21/04/2009): ah ouai et si je te dit qu'une amie a eu à deux reprises lors de rapports sexuels avec préservatif mis normalement plus pillule et qu'elle est tombée enceinte à deux reprises. Sachant qu'un virus est encore plus petit qu'un spz, faudra que tu reconsidères un peu ton 100% Thibault.
Nico (22/04/2009): ah ok désolé pour "pseudo scientifique" j'avais oublié, peut être que ce scientifique n'a pas envie qu'on le menace, qu'on le bombarde de questions.

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