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Décryptage

Brésil : enjeux éthiques du drame d'une innocence violée

13 Mars 2009 | Tugdual Derville*

Le calvaire d’une petite fille de neuf ans – comme on en déplore tant dans le monde – a fait irruption dans le débat ecclésial et hexagonal sur l’avortement. Ce cas exceptionnel, pour ne pas dire inimaginable, suscite émotions et troubles de conscience. On est obligé d'en parler...

Victime d’un compagnon de sa mère depuis quatre années, la petite fille endurait (comme sa sœur aînée handicapée) des viols à répétition. On la découvre enceinte de plus de trois mois. De jumeaux ! On la dit chétive, à cause de la malnutrition. Elle mesure 1,33 mètre et pèse 36 kg. Que dire du tortionnaire pédophile dont on peut supposer la misère morale ? Comment ne pas penser à Mère Teresa, envoyée par son appel « dans les taudis des pauvres, où ils pèchent atrocement ». L’histoire est à couper le souffle. Son issue, dramatique, imposerait soit l’engagement au service des plus démunis, soit le silence.

Or, justement, voilà qu’elle devient emblématique d’un débat qui secoue le Brésil et dont l’écho soudain envahit la planète, jusqu’à jeter le trouble chez de nombreux fidèles catholiques. Le mot « excommunication » prononcé à l’endroit des médecins qui ont pratiqué l’avortement et de la mère de la petite fille sonne comme une injustice. Déjà incompréhensible sans le regard de la foi et de la miséricorde, il semble fonctionner, dans le cas d’espèce, comme un boomerang fragilisant le message de l’Église au service de la vie.

Ce que dit l’Église

Si ce qu’on dit est vrai – mais qui a accès au dossier médical ? – la poursuite de la grossesse gémellaire chez une petite fille à peine pubère dont le viol à répétition aurait provoqué la fécondité précoce mettait sa santé voire sa vie en danger. Tandis qu’on recherche, en vain, un texte de la doctrine catholique qui envisage explicitement pareille situation – mais les textes ne peuvent tout envisager – le cœur est saisi d’effroi à l'idée qu'une enfant doive endurer une grossesse gémellaire à cet âge, ne pouvant vraisemblablement aboutir, en l'absence d'une intervention médico-chirurgicale, qu'à un avortement spontané dramatique en cours de grossesse ou à la mort probable de la mère en couches, et ce par la faute d'un beau-père violeur.

Dans la Charte des personnels de la santé édictée en 1995 par le Conseil pontifical pour la pastorale des services de la santé, il est précisé, à l’article 141, que « en certains cas, en refusant l’avortement, on porte préjudice à des biens importants qu’il est normal de vouloir sauvegarder ». Le texte évoque notamment « le cas de la santé de la mère » et celui « d’une grossesse dont l’origine est le viol ». Sans « méconnaître ou minimiser ces difficultés et les raisons qui les sous-tendent », il confirme que « la vie, en fait, est un bien trop fondamental pour être mis en comparaison avec certains inconvénients même graves ».

L’Église a reconnu à ce titre l’exemplarité d’une femme, sainte Gianna Beretta-Molla. Opérée d'un fibrome dans l'utérus, elle a demandé explicitement que l'on sauve son quatrième enfant avant de mourir quelques jours après la naissance, en 1962. Mais cette mère héroïque n’était pas moralement contrainte au choix auquel elle s’est sentie librement appelée. Contrairement à certaines idées reçues, l’Église n’exige pas qu’une femme enceinte sacrifie sa vie pour conduire une grossesse à son terme.

L’article 142 de la même charte évoque en effet certaines situations particulières « quand l’avortement s’ensuit, comme conséquence prévue, mais non convenue et non voulue, simplement tolérée, d’un acte thérapeutique inévitable pour la santé de la mère, celui-ci est moralement légitime ».

Dans le cas d’espèce

Ce type de disposition s’applique-t-il au cas d’espèce ? À première vue, non. L’avortement pratiqué par les médecins sur la petite fille violée ne semble pas la conséquence d’un acte thérapeutique inévitable pour sa santé, mais l’acte lui-même.

Il est, à ce stade, nécessaire de préciser la définition de l’avortement tel que la rappelle l’encyclique Evangelium vitae : « meurtre délibéré et direct, quelle que soit la façon dont il est effectué, d’un être humain dans la phase initiale de son existence, située entre la conception et la naissance » (art. 58).

Cependant, certains vont répondre à cette définition que, dans le cas de la petite fille de neuf ans, la mort des jumeaux n'était pas voulue en elle-même, mais devait être considérée comme la conséquence d'une décision médicale thérapeutique. Il s'agissait de mettre fin à un développement fœtal incompatible avec un accouchement par les voies naturelles, et qui mettait en jeu la vie de la mère sur tous les plans, cardiaque, rénal, hépatique, nutritionnel, métabolique et endocrinien. Il s'agirait donc ici non pas d'un « avortement délibéré », criminel, mais d'un « arrêt thérapeutique de la grossesse », exceptionnellement légitime. La mort des jumeaux ne serait en définitive que la conséquence inévitable du crime commis par leur géniteur.

De cas limite en cas limite

Ce raisonnement casuistique permettrait de dédouaner les médecins. Il ne convainc pas vraiment si les médecins avaient d'autres moyens de sauvegarder la santé et la vie de la petite fille. En en restant à un niveau médical de froide logique, en ignorant les circonstances extrêmes, humaines et sociales dans lesquelles se déroulait le drame de cette grossesse d'origine criminelle, et en ne prenant pas en compte le coût physique voire économique d'une telle opération, on peut effectivement s'interroger sur la possibilité d'une délivrance très précoce par césarienne. Celle-ci aurait-elle pu être tentée dans ce cas, sauvant la mère, et sauvegardant, ne fût-ce qu'un moment, l'existence des enfants ? Est-ce cela que le père de la petite fille (à ne pas confondre avec le beau-père violeur) demandait ?

Quoi qu’il en soit de la justesse de la décision médicale – et nous ne nous sentons pas le droit de la juger, en l'absence d'un minimum d'information spécifique – on n'en reste pas moins perplexe devant ce cas, ne fût-ce que par l'argumentation émotionnelle facile qu'il procure à ceux qui veulent que s'effondre l'interdit du meurtre… De « cas limite » en « cas limite », la situation française n’a-t-elle pas connu une banalisation quantitative de l’IVG ?

Rien n’est jamais perdu

Les réflexions qui précèdent peuvent choquer lorsqu’on prend la mesure de ce qu’a enduré de sordide la première victime du drame, si nous laissons nos cœurs parler. Mais la confusion voire le traumatisme que la médiatisation du cas provoque chez les catholiques rend peut-être ces réflexions nécessaires. Pour beaucoup, la question est : peut-on manifester un attachement absolu au respect de la vie (et donc une opposition à tout avortement) sans contester l’attitude des médecins et de la mère de la petite fille enceinte ? La réponse dépend surtout de l’intention de ceux qui l’ont avortée et, notamment du risque que sa grossesse lui faisait encourir. Les révélations qui commencent à poindre sur la façon dont le drame s’est noué laissent à penser que la petite fille et sa maman, analphabètes, ont pu être manipulées.

Quant à l’excommunication – quelles que soient, dans le cas brésilien, sa pertinence et la pertinence de son mode de communication – il faut souligner ce qu’en dit l’article 145 de la même Charte : elle est motivée par « la gravité du péché d’avortement et la facilité avec lequel on l’accomplit, sous le couvert de la loi et de la mentalité courante ». Elle « a une signification essentiellement préventive et pédagogique » qui vise à « secouer l’insensibilité des consciences ». On voit mal, dans le cas d’espèce, sa valeur pédagogique dans notre contexte hexagonal.

En France, où l’anesthésie des consciences se double de profondes souffrances personnelles et sociales liées à l’avortement, il y a fort à faire pour expliciter que l’excommunication est pour l’Église « un constat » lorsqu’il y a objectivement une faute grave, afin que, sur le lieu de cette faute, la miséricorde infinie de Dieu soit appelée et accueillie. C’est donc en principe un « service » rendu à son destinataire. Car aux yeux de l’Église « rien n’est perdu ». C’est ce que dit Jean Paul II dans Evangelium vitae aux femmes ayant avorté. Il les invite à s’ouvrir au « Père de toute miséricorde ». N’est-ce pas de ce message-là que tant de femmes – et d’hommes – ont besoin ?



* Tugual Derville est délégué général de l’Alliance pour les droits de la vie.

 

 

 

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Commentaires (24)

Dominique DUSANG (14/03/2009): MERCI, cher Tugdual (pardon pour la familiarité !), pour cet article tout en pertinence et délicatesse de propos. Difficile en effet de répondre aux interrogations légitimes des uns (aspect médical de la question) et des autres (aspect moral) sans prendre le temps de préciser ce qui est la plupart du temps ignoré, ou, pire, "déformé", dans un cas comme dans l'autre. Puisse cet article, porté par la prière, toucher le coeur de ceux et celles qui veulent demeurer des hommes et des femmes "de bonne volonté" !
Jean Fontan Besançon (14/03/2009): Merci à Tugudual Derville pour cette mise au point. Ce qu'il manque le plus en France : le soutien aux mères seules ou en difficultés et qui attendent un bébé. La seule solution proposée est d'avorter. C'est présenté comme "un devoir". Il faudrait pour les mères en détresse une aide équivalente aux moyens alloués au planning "familial".
beatrice (14/03/2009): Merci pour cette analyse.
Moi je me pose la question de l'excessive médiatisation de ce cas, tout à fait particulier, c'est le moins qu'on puisse dire. N'y a-t-il pas derrière cette médiatisation à outrance la volonté de mettre l'Eglise dans une situation d'avoir à se justifier de sa loi morale ? Par exemple, l'excommunication n'avait pas à être prononcée, elle est automatique ainsi que l'indique le droit canon :
"La législation canonique rénovée déclare que celui "qui procure un avortement, si l’effet s’ensuit, encourt l’excommunication "latae sentenciae" (canon 1398), c’est-à-dire automatique. L’excommunication frappe tous ceux qui commettent ce crime en connaissant la peine encourue, y compris donc aussi les complices sans lesquels sa réalisation n’aurait pas été possible (canon 1329). "
Je ne connais pas les détails de cette affaire, mais ça sent très fort la manipulation à tous niveaux : à celui des acteurs du drame, à celui de l'Eglise sommée de s'expliquer, à celui du monde pris à témoin.
Robert Côté (14/03/2009): Tugual Derville Monsieur,
je vous dis bravo. Je suis entièrement d'accord avec ce que vous avez écrit dans Brésil : enjeux éthiques du drame d'une innocence violée. Cette jeune fille, sa mère et leurs proches ont plus besoin d'accompagnement que d'excommunication.

Bonne fin de journée

Robert Côté, Québec
Catherine Petr (14/03/2009): Merci de répondre enfin aux questions que je me posais, et merci de faire la différence entre la question de la légitimité de l'avortement dans ce cas unique, et la question de la légitimité de l'excommunication. Tout ceci est tellement douloureux...
christian Siloé (14/03/2009): Je suis atterré par votre analyse. Vous regrettez l’attitude du père violeur, mais comme vous le dites : c’est la misère qui est à l’origine de son acte. Pour cette raison sans doute, vous n’envisagez, à aucun moment, pour lui l’excommunication. Ensuite pourtant, les circonvolutions de votre argumentaire laissent planer le doute sur la décision courageuse des médecins et, tout en disant comprendre le drame de vécu par cette petite fille, vous rappelez le caractère sacré de la vie en jetant ainsi la culpabilité sur elle.
João Guilherme Barbedo Marques (14/03/2009): Neste caso, tudo são misérias morais que nos levam a uma tristeza tremenda. O 'beau-pere" que não satisfeito de abusar de uma criança inferiorizada, se exige abusar de uma outra criança ainda menor. Por quatra anos! Onde estava a mãe destas crianças, a companheira do padastro?
Quando se soube que a criança estava grávida, ela foi levada a um hospital. O seu estado de saúde não denunciava perigo de vida. Mas a Mãe, analfabeta, que antes se oponha ao aborto, foi manipulada e pôs os seus sinais dactiloscópicos numa folha de papel sem saber o que ela continha e que permitia o aborto. Já estavam operosas várias pessoas pró-aborto. Foi o pai que se opôs ao aborto.
Imediatamente, o diretor do hospital ordenou a suspensão dos preparativos para o aborto, porque não havia necessidade imediata de o fazer.
Os membros pró-aborto, conluiados com a mãe, como que raptaram a criança grávida e a levaram para outro hospital, no maior sigilo, onde foi consumado de imedaito o aborto.
O aborto não era imediatamente necessário. A prova está na forma como actuou o primeiro hospital que até deu alta à criança grávida.
A criança grávida era franzina; mas no mesmo dia que sofreu o aborto, uma criança com nove anos (uns meses mais nova que a criança de Pernanbuco), igualmente franzina, deu à luz normalmente num hospital do Perú um filho com 2,750 kg de peso e 42 cm de comprimento, com dificuldades respiratórias. O filho, por este motivo, foi para a UTI e a mãe estava bem. Portanto, a gravidez, em si mesmo, não era causa de morte.
Mesmo que, mais tarde, a mãe não pudesse manter os gémeos, eles que já estavam com 15 semans (quase quatro meses), podiam ser salvos por meio de cesariana, quando eles já tivessem 6 meses ou mais.
A criança grávida foi retirada de um hospital que se recusava a fazer o aborto para outro hospital onde tudo foi preparado antecipadamente e onde o aborto foi consumado de imediato. Os médicos e o hospital tinham conhecimento do que se ia passar e, sem qualquer protesto e até sem qualquer exame prévio detalhado (não houve tempo para isso) resolveram fazer o aborto. Tomaram como boa uma pseudo-autorização da mãe, sem a interrogarem e sem a interve~ção das autoridades judiciais ou policiais e sem se importarem com o querer do pai.
Não foram tomados de surpresa, nem o estado da criança grávida compelia a essa surpresa. Fizeram o aborto totalmente conscientes de que no momento não era absolutamente necessário, mas apenas pressionados a fazerem o aborto o mais rapidamente possível, porque feito era impossível voltar atrás.
O Arcebispo de Olinda e Recife não aplicou a "excomunhão" aos responsáveis pelo aborto; apenas lhes comunicou que pelo facto de terem feito o aborto estavam excomungados. Cumpriu o seu dever, doloroso, terrível. Ser-lhe-ia muito mais agradável ficar calado, mas assim deixava de ser "sinal de contradição".
marie veronqiue de lespinay (14/03/2009): Je trouve que c'est un grand manque de charité d'étaler ce cas partout dans la presse dans le monde entier. On peut se lancer dans des tas de conjonctures mais qui sommes nous pour juger ou parler d'un tel cas qui n'aurait jamais du sortir de l'intimité de ces personnes, du cabinet médical.... Ce sont des cas extrèmes et très tristes qui ne nous regardents pas et que seules les personnes interessées ont à regler dans le respect et la charité.
Encore de la manipulation d'information probablement.
Raphaël Boulant (15/03/2009): Je suis proche de l'ADV, je suis catholique pratiquant, laïc en responsabilité dans l'Eglise et co-responsable d'un des plus importants groupe pro-vie en langue française sur facebook.
L'avortement des jumeaux de cette fillette était aux yeux de l'Eglise légitime pour deux raisons :
1)Mener à terme cette grossesse (des jumeaux !) aurait mis la vie de cette enfant de neuf ans en danger et lorsque la vie de la mère est en danger, l'avortement n'est pas condamnable !
2)L'enseignement de l'Eglise est un tout : la défense de la Vie ne peut être détachée de la charité chrétienne au sens fort du terme. Et, en l'occurence, dans cette histoire, c'est cet archevêque qui est en faute et qui a manqué à la charité chrétienne. Car enfin qui aurait osé dire à cette gamine de neuf ans, violée par son beau-père depuis l'âge de 6 ans, enceinte de cet homme à neuf ans et de jumeaux, risquant de mourir en menant cette grossesse sans compter l'immense trouble psychologique que peut constituer le fait de porter à 9 ans deux enfants issus d'un viol de son beau-père, qui d'entre nous aurait osé lui demander de mener cette grossesse à terme ? Qui ? Le rôle de l'archevêque était d'être auprès de cette famille et d'y apporter la consolation de l'Eglise, pas de la condamner.
Noel Olivier (15/03/2009): Merci à Tugdual Derville pour cet éclairage. Je regrette simplement ce passage : "on peut effectivement s'interroger sur la possibilité d'une délivrance très précoce par césarienne. Celle-ci aurait-elle pu être tentée dans ce cas, sauvant la mère, et sauvegardant, ne fût-ce qu'un moment, l'existence des enfants ?" Je me vois mal expliquer à des non-croyants, et même aux nombreux catholiques qui sont choqués par cette affaire, que sortir les enfants par césarienne et les voir mourir en dehors du sein de leur mère est une meilleure solution qu'un avortement. Si une césarienne pouvait sauver les enfants et la petite mère, alors oui, il fallait la tenter. Mais en l'état, nous n'en savons rien. Dans ce cas, mieux vaut ne rien proposer. On est dans la même problématique qu'avec les embryons congelés. On déplore ces manipulations génétiques, comme on condammne le viol qui a entraîné la grossesse. On rejette la possibilité de l'avortement comme on exclut la destruction des embryons. Et on n'a rien d'autre à proposer. Peut-être faut-il simplement accepter que la mission de l'Eglise n'est pas de trouver une solution à tout. Elle peut dire, en amont, ce qu'il faut éviter (inceste, viol, avortememt, manipulation sur des embryons, pma...) mais elle ne peut, en aval, remédier à toutes les conséquences du mal. Dans le cas d'une fillette de 9 neuf ans, enceinte de jumaux, c'est quand même dur d'en rester à ce constat, mais je ne vois pas ce que l'on peut faire d'autre dès lors que l'on est contre l'avortement. Sinon lutter encore et encore contre le viol et l'inceste, sujets qui restent malheureusement souvent tabous, y compris dans l'Eglise, et apparaissent si peu dans nos pudiques homélies. Cela ne ferait pourtant pas de mal de rappeler publiquement la gravité objective de ces péchés. Certains coupables seraient peut-être éclairés sur le mal qu'ils commettent, et les victimes s'en porteraient mieux.
MARIE MADELEINE LESON (15/03/2009): Bonjour,

Encore une fois, les Média français se sont arrogés le droit de faire une contre publicité pour l'Eglise Catholique. Une telle dramatique histoire n'aurait pas dû sortir du Mexique et plus même de la sphère hospitalière et familiale de l'enfant. Le beau père qui aux dires des média toujours serait moins condamnable que la mère de l'enfant devrait être en prison et l'enfant rendue à ses jeux d'enfant si cela est encore possible. La maman qui est dite analphabète a plus à plaindre qu'à blâmer. Prions pour cette famille et pour l'évêque aux déclarations tonitruantes.

Merci de votre analyse

MM

Ah si les média français lourds d'une ignorance crasse pouvaient se taire !!!
Guillaume (16/03/2009): Un article peu convaincant puisqu'il se fonde sur le postulat à peine avoué que la presse a surévalué les risques encourus par cette jeune fille du fait de sa grossesse, sans compter la possibilité d'une manipulation de ces pauvresses analphabètes, tout en sous-entendant que l'on dispose en fait de bien peu d'informations ! Ne fallait-il donc pas mieux rester très humble face à cette affaire plutôt que vouloir voler au secours de deux prélats très maladroits qui, certes en voulant rappeler l'interdit fondamental de la suppression d'un être humain, rendent inaudible le message de l'Église sur ce sujet en excluant, en apparence, toute compassion.
Une telle publicité autour de ce cas, que l'archevêque de Recife n'a sûrement pas souhaitée mais qu'il aurait pu empêcher à sa source, loin d'entraîner une prise de conscience sur la gravité de l'avortement de la part ne serait-ce que d'une seule personne, décourage au contraire nombre de personnes convaincues dans leur combat pour le respect de la vie. Ce ne semble pas être l'avis de Tugdual Derville ici, dont j'admire pourtant profondément l'action. Il est très beau d'affirmer que l'excommunication est en principe un service rendu, et que ce dont le monde a besoin c'est du message de la miséricorde, mais j'ai bien peur que ce message, et pardon si je borne ici la Grâce, ait dans ces circonstances bien du mal à parvenir aux oreilles et au cœur de ceux qui en ont besoin.
charlotte (16/03/2009): ce que je ne comprends pas, c'est : des tonnes de personnes avortent chaque jour, dans des conditions pas aussi atroces que cette histoire : eh bien ces personnes qui avortent , sont-elles excommuniées aussi ?
Dominique DUSANG (16/03/2009): Tentative de réponse à Charlotte. "... sont-elles excommuniées aussi ?" : c'est bien ce qui rend la question si délicate. Certes les circonstances sont à prendre en considérations (elles ne changent pas la nature de l'acte, mais bien la responsabilités des personnes qui y sont impliquées). Dans le cas présent, si tant est qu'on ait à tout savoir (ce qui reste à prouver), une des difficultés c'est aussi l'ignorance quant aux circonstances de la déclaration de l'archevêque. Autrement dit, quand elle est encourue, l'excommunication est "automatique" (sans qu'il y ait besoin de la déclarer). Saurons-nous un jour, ce qui a poussé l'archevêque à rendre publique (si tel est le cas...) une telle mesure ? Pourquoi, en effet , a-t-il jugé important de procéder ainsi ? Peut-être aurait-il mieux fait de se taire ? A force de vouloir porter un jugement sur tout et sur tous (à plus forte raison en l'absence d'informations sérieuses) on fait le jeu du Père du mensonge.
Emmanuel G (16/03/2009): Merci à Noël et à Guillaume (dont les analyses sont remarquables de profondeur et d'humanité) modère la position de Tugdual, qui même si elle semble intelligemment argumentée et "ecclésialement correcte" (dans le mauvais sens) ne tient pas assez compte, et du caractère extraordinaire dans l'horreur de la situation, et du scandale médiatique presque prévisible qui suivrait cette excommunication.
Quand certains arrêteront de croire que se démarquer d'une décision ecclésiale ponctuelle revient à pécher contre "l'obéissance de la foi "? Il faudrait méditer les erreurs commises par de nombreux prélats au cours de l'histoire pour mieux comprendre le sens profond de la "communion ecclésiale" ou même de "l'infaillibilité papale".
L'Eglise, cela ne doit pas ressembler à l'Armée. Nous qui accusons le conformisme médiatique de nos comtemporains, ne le partageons pas à notre tour dans l'Eglise, mais que, après s'être avisée de tout et du Magistère, notre conscience, dans la prière, tranche finalement.
Assez aussi de cette paranoia qui nous ferait systématiquement voir des complots médiatiques là où il n'y a parfois que des erreurs humaines objectives !
Merci Tugdual pour votre association. Je redoute cependant que cette affaire rende beaucoup plus difficile votre position sur le terrain (médias etc.) à présent.
Cordialement Emmanuel
Hélène (16/03/2009):
Devant ce déferlement de déclarations, d’arguments en tout genre, de paroles excessives et blessantes que ce soit pour l’évêque brésilien ou pour l’Eglise, le Vatican... il n’y a rien à ajouter mais à prier pour ne pas succomber à la tentation .
Ce serait faire le jeu du tentateur qui se réjouit de chaque atteinte à la Vie, don de Dieu, et des divisions dans l’Eglise.
Il nous reste le silence et la prière pour retrouver la paix des cœurs.
Prions pour toutes ces filles, jeunes filles et femmes violées, et pour leur violeur.
Prions pour toutes ces personnes dans la misère matérielle ou affective, qu’elles soient sur un autre continent ou tout près de chez nous.
Prions pour toutes les femmes blessées dans leur cœur de mère par des avortements.
Prions pour l’Eglise et ses pasteurs, qu’ils ajustent leurs paroles pour le monde tout en rappelant que toute vie est sacrée.
Prions pour que nos vies soient accueillantes à la Vie comme elle vient, même inattendue ou blessée, et que nos cœurs débordent d’amour et de compassion pour tous ces petits.
le merle (17/03/2009): que peut devenir cette enfant?
quel age a-t-elle psychologiquement après ce qu'elle a subi?
Est-elle consiente de ce qui lui arrive?
Il me semble monstrueux de débattre sur des faits que nous ne pouvons que mal apprécier, le vatican a semble-t-il soutenu l'Evêque, cela prouve que le cas est grave.
Faisons confiance à l'autorité compétente, l'avortement est un crime et c'est de cette même manière, pour les cas extrêmes, que l'avortement a été légalisé en France.
Hugues PIERRE (17/03/2009): cette affaire fait couler beaucoup trop d'encre pour un fait que nous devions qualifier "d'extrème".
Nous avons appris depuis peu que pour la Conférence épis­copale brésilienne, je cite, "cette excommunication était réputée n’avoir, de fait, jamais existé formellement."
Par contre : La législation canonique rénovée déclare que celui "qui procure un avortement, si l’effet s’ensuit, encourt l’excommunication "latae sentenciae" (canon 1398), c’est-à-dire automatique. L’excommunication frappe tous ceux qui commettent ce crime en connaissant la peine encourue, y compris donc aussi les complices sans lesquels sa réalisation n’aurait pas été possible (canon 1329). "

Ne cherchons pas de coupable, "Dieu reconnaitra les siens".
N'utilisons pas cette cause pour vouloir légaliser l'avortement.
Myriam (19/03/2009): A situation exceptionnelle, réaction exceptionnelle...
Je suis tt à ft d'accord avec ce qu'a écrit Marie-Madeleine, le 16 mars !
Emmanuel G (21/03/2009): Je dois avouer qu'en relisant une deuxième fois la lettre de Tugdual, j'y ai vu plus de nuances que lors de la première fois et je dois reconnaître que c'est l'émotion ressentie par le cas si douloureux de cette petite qui m'a empêché de toutes les voir...Merci Tugdual pour votre contribution
laurent (21/03/2009): pour rebondir, sur Raphaël Boulant, il faut à mon humble avis se rappeler plusieurs choses:
la defense de la vie est importante mais celle de la fillette aussi. fallait il tuer à coup sur 2 êtres en puissance pour ne pas risquer de tuer un seul bien vivant ? c'est un dilemne qui ne devait à mon avis, au moins pas etre suivi de condamnation mais de comprehension, ou alors d'une excommunication accompagné un message de comprehesion pour celle qui a été violée et de condamnation pour celui qui avait créé cette situation (heureusement un autre eveque a porté ce message). qui aimerai etre à la place de cette enfant, dont la vie etait foutue, qui aurait pu en mourir, et qui va tres mal vivre l'attitude froide de cet eveque bresilien ? elle grandira et j'ai bien peur qu'elle ne soit plus chretienne ensuite. cet eveque bresilen a-t-il d'abord avant d'excommunier, demandé à ceux qui ont pratiqué cet avortement de se repentir, car tous, meme un criminel, ont droit au pardon. excomunie-t-on systematiquement un homme qui a tué ? sutout si c'est pour sauver un autre vie ? la charité est au dessus de toute loi, le christ l'a montré en violant le sabbat pour guerir qqun. l'eglise doit rappeller que l'avortement facile est un crime, mais je pense avoir, de la misericorde pour ceux qui ont été placés face à un tel dillemne. leur demander d'abord se repentir ou en donner la possibilité de lever l'excommunication en cas de retour. mais la manière froide dont a fait cet eveque bresilien me semble plus proche du legisme (en pointant du doigt uniquement les avorteurs et non le violeur), que de la charité (en n'adressant aucun message de comprehension à la fillette et sa famille). est-ce un message positif au monde, meme si c'est par pure question canonique, de desexcommunier qqun qui nie des crimes nazi evidents, et de l'autre excommunier des gens qui commettent un crime pur sauver une vie ? je n'ai pas la reponse. mais comme dit Hélène, nbous ne pouvons que prier pour que le Christ remettent ici de la paix dans ce qui a été brisé. Seigneur gueri tous ces gens, tu sais comment le faire et donne la parole à des hommes de paix pour que le message de l'eglise ne soit pas mal compris
michel desrues (21/03/2009): Le constat de l'excommunication de la mère et des médecins n'est que l'application stricte du C.I.C :cette peine est automatique ("latae sententiae") dès le fait délictueux commis et celui-ci étant intrinsèquement pervers
Les bons évêques qui cherchent des échappatoires ne connaissent pas leur code i.e.le fameux di falco
Moi je suis en désaccord profond avec cette assimilation avortement=crime
Mais j'y reconnais une grande logique ,certes épouvantable
Bertrand (22/03/2009): La petite fille avait 6 ans quand les viols ont commencé ? Mais qui est donc son père ? quelle est cette mère qui vit avec un compagnon, violeur à répétition de sa petite fille, sans réaction ? Qui l'évêque condamne-t-il: des "catholiques" (?) relevant de sa juridiction apostolique ? Cette dramatique affaire n'est pas claire. Ce qu'on constate, c'est l'avidité de nombreux commentateurs plus ou moins bien informés à critiquer l'Eglise catholique à cette occasion, comme en bien d'autres. Notre Pape en sait quelque chose !
Esperanza (28/03/2009): Je suis écoeurée par le commentaire de Bertrand. On peut être pro ou anti pape. Là, n'est pas la question. Apparamment, il ne connaît pas l'enfer d'une victime de viols à répétition.
je remercie Dieu d'avoir mis sur mon chemin des médecins (psy) et des moines pour m'aider à survivre à l'enfer qu'est l'inceste ou le viol. Cela se passe trop souvent dans le silence et la crainte car la victime a peur des réprésailles de son agresseur et cela peut amener à des situations aussi dramatiques comme celle du Brésil. Merci à la maman d'avoir pris la peine d'écouter son coeur pour sortir sa fille des griffes de l'horreur mais en voulant, bien faire, cette maman a été plus sanctionnée que celui qui est à l'origine du cauchemar que vit cette petite fille. Comment va-t-elle pouvoir se relever de tout cela ?

Alors, si on se dit vraiment, chrétiens, demandons à Dieu d'ouvrir nos coeurs, pour demander l'objectivité et le discernement dans ce drame, pour qu'on prie afin que ne se reproduise plus de telles bavures médiatiques ou catholiques. Qu'on n'exploite pas cette histoire pour que chacun "tire à soi la couverture" mais travaillons main dans la main pour un monde meilleur fait de solidarités et de compassion et de compréhension mutuelles.

Esperanza

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