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Provocation musulmane à Villejuif ; les objectifs de Benoît XVI aux USA ; pourquoi l’avortement recule en Italie… voici le “Décryptage” express de la semaine qui vient de s’écouler, par la Fondation de Service politique.





FRANCE

Provocation musulmane à Villejuif

L’association des musulmans de Villejuif a déposé et obtenu un permis de construire pour édifier une mosquée à 25 mètres d’une église copte (photo). Après celle de Créteil, cette mosquée sera la seconde construite dans le Val-de-Marne. Le terrain est situé boulevard Maxime-Gorki (métro Louis-Aragon). Jusqu’ici on était en terre communiste, mais la ville s’islamise peu à peu.

L’association musulmane qui porte le financement de ce projet de mosquée déclare « vouloir œuvrer pour la fraternité dans la société par le dialogue interreligieux ». On le souhaite, car la mosquée verra le jour à deux pas d’une église copte dont les fidèles sont pour une grande part des réfugiés chrétiens d’Égypte, ou des musulmans convertis au christianisme menacés de mort. Une vraie provocation.

Pour en prendre la mesure, il faut savoir que les coptes, qui représentent 10 % environ de la population égyptienne, vivent aujourd’hui dans une extrême précarité. Ils sont libres de se rendre à l’église, de pratiquer leur culte, de célébrer les mariages et les funérailles selon leur rite, mais dans une société régie non par l’identité citoyenne mais par l’appartenance religieuse ils paient cette « liberté » au prix fort. Sur leur carte d’identité figure leur appartenance religieuse. En conséquence, trouver un emploi ou un logement pour un chrétien est quasi impossible. Les discriminations sont quotidiennes.

Aux dernières élections (2005), les chrétiens qui ont osé se présenter ont été contraints à force d’intimidation de rayer leur nom des listes électorales. On ne compte plus les églises incendiées, les fidèles agressés, les jeunes filles enlevées et contraintes d’adopter de force la foi musulmane. La presse, qui jouit d’une certaine liberté sous Moubarak, rapportait récemment qu’une jeune fille n’avait pas pu passer son bac parce qu’elle était chrétienne. L’administration lui demandait de changer de religion sur sa carte d’identité. Son refus l’a empêché de passer l’examen.

Le pouvoir tente certes d’enrayer la montée de l’islamisme. Mais quatre-vingt-sept députés fondamentalistes siègent au parlement. La doctrine officielle voudrait que « la religion est à Dieu et la patrie à tous ». En réalité les dispositions constitutionnelles établissent un statut de dhimitude. L’article 69 de la constitution prévoit qu’une conversion au christianisme est passible de la peine de mort.

Dans ces conditions il n’est pas étonnant que les réfugiés, qui ont fui l’Egypte pour vivre librement leur foi, voient avec crainte une mosquée se construire dans le bâtiment mitoyen de leur église. Le maire communiste qui a autorisé cette construction est-il proche de certains milieux musulmans ?
Pour en savoir plus sur les coptes :
Document : le retour des moines du Désert dans les déserts d’Égypte, Décryptage, « Le Fil », 4 avril 2008.


Les évêques dans le collimateur du Monde

Le Monde soupçonne les évêques de France de « préparer leur lobbying en vue de la révisions des lois de bioéthiques ». Une information rédigée en forme de mise en garde. Pour preuve, le journal cite l’intervention de Mgr Vingt-Trois à l’ouverture de l’assemblée plénière de la Conférence des évêques de France, et sa condamnation de la campagne orchestrée « pour faire passer dans l'opinion le sentiment qu'il y aurait urgence à délivrer légalement un permis de disposer de sa vie ».

Il est vrai que les évêques ont tapé fort. Le cardinal avait conclu son discours en rappelant que « la société n'a pas vocation à organiser la mort : ni celle de l'enfant à naître, ni celle du grand malade en phase terminale, ni celle des vieillards en fin de vie ». De son côté, Mgr Pierre d’Ornellas, président du groupe de travail des évêques sur la bioéthique, avait présenté les travaux du groupe de la manière suivante :
« Notre groupe de travail a souhaité attirer l’attention des évêques sur quatre points : premièrement, il nous faut établir un dialogue avec tous ceux que ces questions intéressent parce que, tout simplement, le principe de la dignité intangible de la vie humaine est accessible à la raison humaine.
Deuxièmement, le statut de la loi civile : celle-ci ne peut pas contredire des valeurs de la démocratie. Or, si des législateurs autorisent la suppression de la vie, cela veut dire qu’ils ne croient pas en l’homme et en ses ressources devant la souffrance. [...]
Le troisième point d’attention concerne précisément la souffrance : celle de la stérilité, du handicap, de la vieillesse, de la maladie [...]. Car ceux-là se sentent parfois jugés, insultés par le discours ambiant. [...]
Le dernier point, c’est la recherche, la question étant de savoir comment aider les chercheurs à être libres et responsables, à vivre selon la dignité humaine. De fait, la recherche est aujourd’hui le lieu d’une immense tentation : celle de vouloir percer le mystère. Connaître le commencement, ce n’est pas maîtriser l’origine. La vulnérabilité et la limite sont constitutives de la dignité humaine. »
Le Monde réagit en citant à l’appui de ses reproches voilés, son confrère La Croix, selon la tactique habituelle quand il s’agit de critiquer une position catholique (un point de vue qui ne fait pas l’unanimité au sein de l’Église, etc.) : « L'opportunité de ces prises de parole est débattue au sein même du monde catholique. Selon un sondage Ifop réalisé les 6 et 7 mars auprès de 959 personnes, et publié le 22 mars dans La Croix, 65 % des catholiques pratiquants estiment que “les autorités religieuses ne devraient pas prendre position publiquement sur les grands enjeux de société”. »

En clair : « Messieurs les évêques, mêlez-vous de ce qui vous regardent ! » Manifestement, ce n’est pas l’intention du président de la Conférence épiscopale, qui s’estime très concerné. Pour lui, « les autorités religieuses doivent prendre position publiquement sur les grands enjeux de société ». Et il défend l’idée que « si les évêques peuvent aider les parlementaires à une réflexion plus large, dégagée de la pression ambiante, cela peut faire avancer le bien commun ».

Quelle leçon tirer de ces escarmouches ? Apparemment, la conférence des évêques a choisi la stratégie du dialogue, qualifié par le Monde de “lobbying”, comme si c’était un péché. La question peut aussi se poser de savoir s’il suffit d’en rester à ce dialogue ou si l’Église de France, comme d’autres églises locales, est prête à tenir un discours prophétique sur la culture de vie avec le soutien des 45 % de catholiques qui estiment que « les autorités religieuses doivent prendre position publiquement sur les grands enjeux de société », sans avoir peur des critiques et même de la persécution. D’autres épiscopats, comme l’épiscopat italien ou espagnol, se sont engagés dans cette voie.


Mgr Claude Dagens, futur immortel ?

Sollicité par le secrétaire perpétuel, Hélène Carrère d’Encausse, l'évêque d'Angoulême pourrait occuper le siège de René Rémond à l’Académie française. Mgr Dagens a accepté d’être « candidat ». Son élection devrait avoir lieu le jeudi 17 avril. Rien n’est pourtant joué. Les académiciens peuvent lui refuser cet honneur. Face à lui, se présentent les écrivains Édouard Valdman et Christian Dedet.

L’Académie manque de théologiens. S’il est élu, elle accueillera un intellectuel passionné, qui, selon La Croix, ne se « résigne pas à la résignation sur l’avenir du christianisme ». Ce normalien, aux manières affables et courtoises, est connu aussi pour ses « saintes colères », mais son audience dans le monde catholique touche peu la génération de la « nouvelle évangélisation ». Auteur d’une vingtaine de livres, il fut en 1996 l’inspirateur et la plume de la Lettre aux catholiques de France, qui tient lieu volontiers de ligne pastorale officielle de l’épiscopat (la « proposition » plutôt que la transmission de la foi). Pour lui, comme l’écrit Jean-Marie Guénois dans La Croix, « l’avenir n’est pas dans une intransigeance catholique générale mais dans une exigence spirituelle pour chaque chrétien. »


Téléthon 2007 : résultats en baisse

La 21e édition du Téléthon, organisée les 7 et 8 décembre derniers, a permis de récolter 102.315.233 euros, a annoncé l'Association française contre les myopathies (AFM). Lors de l'édition précédente, 106,7 millions d'euros avaient été collectés. La présidente de l’AFM, Laurence Thiennot-Herment, a estimé dans un entretien à l'Associated Press que ce résultat "ne peut être que satisfaisant", avec "un des plus forts taux de concrétisation de ces dix dernières années". La baisse des dons par rapport à 2006 est attribuée aux conditions climatiques, qui ont perturbé les initiatives prévues. L’AFM met en cause également la "baisse du pouvoir d'achat" et une "période difficile, économiquement parlant".

Pas un mot en revanche sur l’effet des critiques entendues sur les orientations éthiques de l’AFM, comme le financement de la recherche embryonnaire ou le refus du fléchage des dons, critiques soulevées par de plus en plus d’observateurs scientifiques et de l’Église catholique. Dans le détail des chiffres annoncés par l’AFM, on apprend que 6,2 millions d'euros ne viennent pas de personnes privées, mais de « partenaires ».




ÉGLISE

USA : les raisons d’un voyage apostolique

Le 15 avril, Benoît XVI atterrira à Washington. Plusieurs raisons expliquent cette sollicitude du successeur de Pierre pour le pays de l’oncle Sam. Les États-Unis sont à l’avant-garde de la modernité et paradoxalement, ils sont aussi le peuple le plus religieux du monde occidental.

Une enquête du http://pewforum.org/Pew Forum établit que le nombre d’athées et d’agnostiques est très faible aux États-Unis. Ils forment respectivement 1,6% et 2,4% de la population. Quant aux catholiques, sur une population de 300 millions ils sont « seulement » 70 millions, un peu plus de 23 % de la population mais la communauté catholique est en pleine croissance, spécialement dans le sud. À Dallas, par exemple, les catholiques, n’étaient que 200 000 il y a vingt ans, ils sont plus d’un million aujourd’hui !

Ce poids des catholiques et des chrétiens en général n’est pas sans conséquence politique. En 2004, l’Église n’avait pas donné de consignes de vote et elle n’en donnera pas pour les prochaines élections, mais tous les candidats savent que les catholiques ont contribué à la réélection de George W. Bush. Aujourd’hui, les pro-vie penchent pour le républicain McCain, les “pro-paix et justice” pour les démocrates Clinton et Obama. Mais quelque soit le choix des uns ou des autres, le facteur religieux sera prépondérant.

Le Saint-Siège est conscient de cette évolution. Comme l’écrit Sandro Magister, les États- Unis ne sont plus « le temple du capitalisme calviniste, de la société de consommation, du darwinisme social, de la chaise électrique et de la gâchette facile partout dans le monde. » Maria Glandon, féministe convertie, professeur de droit à l’université de Harvard, nommée présidente de l’Académie pontificale des sciences sociales par Jean-Paul II, et qui était à la tête de la délégation du Vatican au sommet de Pékin en 1995, est aujourd’hui l’ambassadeur des États-Unis près le Saint-Siège. En la recevant le 29 février dernier, Benoît XVI soulignait « l’importance que le peuple américain a, dès le début, attribué à la religion dans le débat public ».

Pour le pape, les États-Unis sont un pays né et fondé « sur cette vérité évidente que le Créateur a doté chaque être humain de droits inaliénables », et ils sont un modèle à imiter par toutes les autres nations. Un rôle qui ailleurs – en Europe et en France en particulier – est, dit-il « contesté au nom d’une compréhension limitée de la vie politique ». Avec ses « conséquences sur la défense légale du don divin de la vie depuis la conception jusqu’à la mort naturelle, le mariage ou la famille ».

L’autre motif de ce voyage est l’ONU. Le Saint-Siège y est présent comme « observateur permanent ». Il ne vote pas mais a le droit de parole et de réponse. Il y a quelques années, une campagne pour l’exclure avait été organisée par des organisations non gouvernementales. Elle a obtenu l’effet inverse. En juillet 2004, l’assemblée générale de l’ONU a approuvé à l’unanimité une résolution qui a renforcé la sa présence dans l’organisation.

Devant l’assemblée générale, Benoît XVI s’adressera à la population du monde entier. L’un des thèmes majeurs du pontificat est la purification de la foi et de la raison. À Ratisbonne, Benoît XVI avait pointé deux erreurs symétriques : l’une qui détache la foi de la raison à la manière de l’islamisme et l’autre qui fait perdre la foi en la raison, le vice de la culture dominante en Europe et en Amérique. Le pape ne pourra donc manquer de rappeler au monde que la paix est fondé sur la loi naturelle, sur les droits inviolables gravés dans la conscience de tout homme mais aussi formulés dans la « Déclaration universelle » dont on fête le soixantième anniversaire cette année.

Enfin le pape a ajouté a son programme deux rencontres : le 17 à Washington, et le 18 à New York avec la communauté juive. Le 18 étant la date de la Pâque juive. La communauté juive avait peu apprécié la nouvelle formulation de la prière pour les juifs dans la forme extraordinaire du rite, introduite par Benoît XVI le 6 février dernier dans la liturgie du Vendredi Saint.

Le jour où ces deux rencontres supplémentaires étaient annoncées, la Secrétairerie d’État assurait dans un communiqué
« que la nouvelle formulation de l’Oremus, qui a modifié certaines expressions du missel de 1962, n’a entendu en aucun cas manifester un changement de la position développée par l’Église catholique à l’égard des juifs, en particulier depuis la doctrine du concile Vatican II, spécialement dans la déclaration Nostra aÉtate. Celle-ci, selon les mots prononcés par Benoît XVI justement lors de l’audience accordée aux grands rabbins d’Israël le 15 septembre 2005, a placé “une pierre milliaire sur la voie de la réconciliation des chrétiens avec le peuple juif”. D’ailleurs, la pérennité de la position présentée par la déclaration Nostra aÉtate est mise en évidence par le fait que l’Oremus pour les juifs du missel romain de 1970 reste totalement en vigueur et qu’elle est la forme ordinaire de la prière des catholiques ».
Et le Saint-Siège « réaffirme son désir de voir se poursuivre les progrès constatés dans la compréhension et l’estime réciproques entre juifs et chrétiens pendant ces années. ». Le voyage de Benoît XVI représente donc ainsi un enjeu majeur pour l’avenir du catholicisme aux États-Unis, l’action diplomatique du saint Siège et le dialogue judéo-chrétien.


L’élan missionnaire du Chemin néocatéchuménal

Neuf cardinaux et 160 évêques suivent une retraite de « convivence » du Chemin néocatéchuménal, à l’occasion de l’'inauguration au Mont des Béatitudes, en Galilée, d'un monastère abritant une chapelle destinée à l'adoration perpétuelle du Saint-sacrement, le 29 mars. La cérémonie était présidée par le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, accompagné par d'autres évêques de divers rites, du custode de Terre Sainte, Mgr Pizzaballa, du nonce apostolique et de toutes les autorités civiles de la région.

Toutes les personnalités présentes ont participé dans les jours précédent à une « convivence » organisée par les responsables du Chemin, Kiko Argüello (photo), Carmen Hernandez et le père Mario Pezzi, sur le thème de « la nouvelle évangélisation de l'Europe » à la Domus Galilée.

Au terme de la retraite, les prélats ont souhaité relancer l'évangélisation de l'Europe en s’appuyant sur les nouvelles réalités ecclésiales comme celle du Chemin néocatéchuménal. Le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne et le cardinal Stanislaw Dziwisz, archevêque de Cracovie, ont pris la parole durant les travaux. Convaincu que la crise de l'Europe est suscitée par la crise de la famille, et que « c'est en rénovant la vie de la famille, que l'on peut rénover l'Europe », l'archevêque de Cracovie a relevé l'importance d'une réunion de réflexions comme celle qui vient de s'achever au Mont des Béatitudes, et l'importance d'une proposition comme celle du Chemin qui va dans ce se sens. »

Étaient également présents le primat des Gaules, le cardinal Barbarin, l'archevêque de Madrid et président de la Conférence épiscopale espagnole, le cardinal Rouco, l'archevêque de Cologne, le cardinal Meissner, le primat de Pologne, le cardinal Glemp et l'archevêque de Sarajevo, le cardinal Pulic. Le président du Conseil pontifical Cor Unum, le cardinal Cordes ainsi que le président du Conseil pontifical pour les laïcs, le cardinal Rylko, qui a présidé l'Eucharistie de clôture, samedi dernier représentait le Saint-Père. Selon l’agence Zenit, les évêques et archevêques d'Europe ont reconnu dans le Chemin néocatéchuménal un « puissant charisme missionnaire ».


Suisse : mort du Père Pinckaers op.

Un grand intellectuel et un grand serviteur de l’Église vient de s’éteindre. La Fondation de Service politique s’associe à la peine de ses amis, de ses frères dans l’ordre de saint Dominique et de sa famille. Le Père Servais-Théodore Pinckaers o.p., professeur émérite de théologie morale à la faculté de théologie de l'université de Fribourg, dont il fut également doyen, est retourné à Dieu le 7 avril à l'âge de 82 ans.

C’est à vingt ans que le futur théologien entre dans l'ordre des dominicains. Profès en 1946, il est ordonné en 1951. En 1952-53, il passe son doctorat à Rome. De 1966 à 1973, le Père Pinckaers est supérieur de la maison des dominicains de Liège avant d'être appelé comme professeur de théologie morale à l'Université de Fribourg. En 1989-1990, il est doyen la Faculté de théologie, et plusieurs fois prieur du couvent de l'Albertinum, à Fribourg. A Paris il vient fréquemment donner des cours à l’Institut de philosophie comparée (IPC).

Nommé en 1989 consulteur à la Congrégation pour l'éducation catholique par le pape Jean Paul II, auteur de nombreux ouvrages théologiques, membre de la Commission théologique internationale, il a donné sa dernière leçon à l'université de Fribourg en juin 1996. En l'an 2000, le professeur de théologie morale était fait docteur "honoris causa" de l'université du Latran à Rome. La distinction de docteur en "théologie du mariage et de la famille" lui avait été remise en présence du cardinal Camillo Ruini, grand chancelier de l'Université, et du cardinal Angelo Sodano, secrétaire d'État au Vatican.




INTERNATIONAL

L’islam devant le catholicisme

Pour la première fois dans l'histoire, le monde compte plus de musulmans que de catholiques. Les derniers chiffres du bureau des statistiques du Vatican indiquent que les catholiques représentent aujourd'hui 17,4% de la population mondiale et les musulmans 19,2%. « Alors que les familles musulmanes sont connues pour avoir beaucoup d'enfants, les familles chrétiennes en comptent de moins en moins » explique Mgr Vittorio Formenti¸ chargé de l'annuaire statistique du Vatican.

Si l'on considère l'ensemble des chrétiens, leur pourcentage représente 33% de la population mondiale, précise l'Osservatore romano. Ces chiffres se rapportent à l'an 2006. Les données concernant la population musulmane proviennent de documents statistiques rassemblés dans les pays islamiques et mis à disposition de l'Organisation des Nations-unies. À noter que la moitié des catholiques vivent en Amérique.


La France, entre l’Est et l’Ouest

Les troupes françaises se renforcent en Afghanistan. Mais cette marche militaire à l’Est de nos troupes s’inscrit dans un virage diplomatique à l’Ouest. Nicolas Sarkozy veut sortir la France de son « ambiguïté diplomatique », héritage du gaullisme, et l’installer « franchement et nettement » au sein de la famille occidentale.

C’est à l’occasion du sommet du 60e anniversaire de l’Otan, que la France pourrait réintégrer officiellement les structures militaires de l’alliance. Le président de la République souhaite que cet événement ait lieu à Paris.

C’est un changement de cap fondamental même si la France, sauf en Irak, a pris part à toutes les opérations militaires occidentales depuis quinze ans. Politiquement, la France maintenait depuis De Gaulle une « différence française ». Nicolas Sarkozy y renonce officiellement, pour lui préférer une défense européenne, « arrimée à l’Otan, et disposant de son autonomie »…

En clair, la France accepte de renoncer à sa spécificité diplomatique. Est-il possible de bâtir une Europe alignée sur les États-Unis, sans renoncer à nos valeurs et à nos intérêts spécifiques ? D’afficher une grande ambition internationale sans une armée forte ? À gauche comme à droite, rares sont ceux qui le croient possible.


Italie : pourquoi l’avortement recule

L’Italie est culturellement et politiquement en train de basculer dans le camp provie. L’idée d’un « moratoire sur l’avortement » lancé par Giulano Ferrara, directeur du quotidien Il Foglio et ancien porte-parole de Silvio Berlusconi fait son chemin. C’est le résultat d’un patient travail en faveur de la culture de vie dont la région de Lombardie est le chef de file. Un article de Libération du 8 avril s’en plaint, avec force détails. Mais les faits sont là : les Italiens veulent de moins en moins de l’avortement.

La loi 194 sur l’IVG date comme en France de la fin des années 70. Elle a été votée en 1978 et s’intitule « Loi pour la tutelle de la maternité et pour l’interruption volontaire de grossesse ». Elle permet l’avortement dans les 90 jours après les dernières règles et au-delà, pour raisons thérapeutiques et menaces graves pour la vie de la santé physique ou mentale de la mère. La stratégie des mouvements pro-vie italiens n’est plus de culpabiliser les femmes, ni de vouloir abolir la loi, mais de l’appliquer dans son intégralité, avec tout ce quelle prévoit ou permet pour venir en aide aux femmes qui voudraient avorter. L’avortement a ainsi diminué de 40 % en vingt-cinq ans.

En Lombardie en particulier, sous l’impulsion de Roberto Formigoni (photo), président de la région et laïc consacré de Communion et Libération, il n’existe plus un seul patron d’hôpital public favorable à l’avortement. Plus de 70 % des médecins sont devenus « objecteurs de conscience » et refusent de pratiquer des avortements. L’IVG continue bien entendu d’être pratiquée (130.000 par an), mais elle est encadrée par tout un dispositif destiné à fournir une information et des solutions alternatives aux femmes qui sont acculés à la demander.

Dans l’immense majorité des cas, l’avortement est en effet envisagée dans une situation de grande détresse, et dans le flou le plus complet sur la réalité de l’acte. En Lombardie, pour obtenir un certificat d’IVG, il faut préalablement une échographie afin que les femmes puissent voir l’embryon qu’elle porte. Comme le remarque Paola Bonzi, qui anime un centre d’aide pour la vie : « On parle d’embryon ou de fœtus, ou même de produit de la conception mais il faut redonner de la chair à ces mots et dire qu’il s’agit bel et bien d’un enfant. » Puis un délai de réflexion de sept jours est requis. Depuis l’an dernier, un décret impose de donner au foetus avorté une sépulture donc un nom.

Des lieux d’accueil ont été créés. Le centre Mangiagalli, par exemple, subventionné par la région, a reçu 1400 femmes l’an dernier et propose des solutions aux femmes qui choisissent de garder leur enfant : le centre donne de 160 à 300 € à celles qu’il prend en charge, ainsi qu’une assistance durant un an après la naissance. Résultat, 90 % de ces femmes décident de poursuivre la grossesse jusqu’à terme.

Sur le plan politique, les partis et les élus sont très partagés. Paolo Sorbi, ex-militant communiste, devenu, à la suite d’une conversion, président milanais du Mouvement pour la vie, l’explique : « Nous brouillons les lignes, nous gênons une gauche embourgeoisée en rappelant haut et fort que le corps, y compris celui des embryons, n’est pas une marchandise et qu’au-delà de la réalité de la lutte des classes, il y aussi le droit à la vie. » Deux raisons expliquent cette évolution : le soutien de l’Église institutionnelle et la mobilisation des catholiques qui sont désormais en Italie pratiquement les seuls bénévoles à s’engager sur le terrain dans les quartiers difficiles pour aider les immigrés, ou pour monter des dispensaires ou les femmes en détresse sont accueillies et soutenues.


Europe : lutte contre la pauvreté

La pauvreté gagne du terrain et frappe de plus en plus les jeunes. Sur les 78 millions de pauvres que compte l’Europe, 19 millions sont des enfants. Selon l’auteur du rapport européen à paraître sur la pauvreté infantile, l’Allemande Gabriele Zimmer (Gauche unitaire européenne/NGL), ces chiffres « n’incluent même pas les enfants des demandeurs d’asile, des immigrés ou des sans-papiers ». Pour le député irlandais Proinsias De Rossa (PSE), « il est surprenant que dans les pays européens, on sache comment faire pour lutter contre la pauvreté des enfants, mais que le problème persiste toujours ».

Parmi les causes de ce phénomène : le travail irrégulier des parents, et la situation de parents isolés. Pour Dominic Richardson, expert de l’OCDE sur le bien-être des enfants, « la pauvreté en Europe devrait être une priorité pour les politiciens », d’autant que la situation est très différente d’un pays à l’autre. « Malgré la prospérité croissante, le fossé entre riches et pauvres dans les États-membres s’agrandit », remarque Elizabeth Lynne, député de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe. Pour elle, « cela pose de sérieuses questions sur le genre d’Europe dans laquelle nous voulons vivre et sur l’engagement des États et des institutions européennes dans la lutte contre les inégalités ». La Commission de l'emploi au Parlement européen travaille actuellement sur une proposition visant à faire de 2010 l'année européenne de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale.


Algérie : les persécutions se poursuivent

Les chrétiens sont toujours persécutés en Algérie. Particulièrement visé, les protestants, accusés de prosélytisme. Le site protestant aleoo.com rapporte que le 21 mars, deux chrétiens transportant onze bibles dans un car se dirigeant de Tizi Ouzou à Bejaia ont été arrêtés, avant d’être libérés le lendemain.

Le 26 mars, malgré l’intervention des évêques catholiques d’Algérie, c’était Hugh Johnson (photo), ancien président de l’Église protestante d’Algérie (EPA) qui devait finalement quitter le pays après un ministère local de 45 années. Au total 19 communautés protestantes ont reçu l’ordre de cesser toute activité et de se conformer à la loi. Malgré ces pressions, Mustapha Krim, l’actuel président de l’Église protestante d’Algérie affirme : « Je sens l’efficacité des prières dont je bénéficie d’un peu partout. »




Philippe de Saint-Germain,
Thierry Boutet



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