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| 20 mars |
Politique
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Après les municipales, mobilisons-nous !
Thierry Boutet*
[Blog] — Les résultats du second tour des élections municipales sont à peu près conformes aux prévisions (cf. dans cette édition l’analyse de Roland Hureaux) : la gauche retrouve les villes perdues en 2001, la droite patine. Les Français s’impatientent. Dans quelle voie le gouvernement agira-t-il ? De grands chantiers attendent les catholiques.
UN AVERTISSEMENT a été envoyé par la majorité des Français à Nicolas Sarkozy, passé selon le journal Le Monde du statut de « candidat convainquant » au statut de « président déroutant ». Pour autant, les électeurs ne remettent pas en cause les raisons pour lesquelles ils ont voté en sa faveur. Ils attendent que le chef de l’État et son gouvernement réforment et, impatients, trouvent que les résultats tardent à venir. Mais ont-ils un autre choix ?
Le Parti socialiste bénéficie du rejet de Nicolas Sarkozy, mais il n’a pas de projet. Les électeurs ne sont pas dupes de la démagogie de François Hollande et la posture de Ségolène Royale les lasse. François Bayrou a tenu le cap obstiné jusqu’au bout de sa logique, mais le chemin s’arrête à Pau, en impasse.
Les résultats démontrent surtout, une fois de plus, que la droite élue sur le changement et les réformes ne sait pas transformer sa victoire. La France aura-t-elle les réformes dont elle a besoin ? En partie sans doute, mais à quel prix ? Les paramètres internationaux ne sont pas à négliger. Si la croissance mondiale s’enraye, le programme de réformes de Nicolas Sarkozy deviendra totalement impossible à appliquer.
Dans ce contexte, quel est le rôle des chrétiens ?
Dans de nombreuses municipalités, les chrétiens ont arbitré les résultats. Un grand nombre d’élus locaux sont catholiques, et les chrétiens sont présents à l’Assemblée. Si notre poids dans la vie politique peut être parfois déterminant quantitativement, il l’est plus encore qualitativement. Par la force de propositions que nous représentons et par la capacité que nous avons de sortir de la pensée commune et du politiquement correct, nous pouvons faire bouger les lignes. Sur quelques points essentiels nous pouvons agir.
En premier lieu, l’éducation. La question de la laïcité fait couler beaucoup d’encre. Nicolas Sarkozy a brisé un certain nombre de tabous. Mais au-delà des polémiques idéologiques, quelle est la réalité ? Dans nos établissements scolaires, catholiques ou non, la liberté de conscience est-elle véritablement respectée ? Les témoignages que nous recevons chaque jour témoignent que non. Les préjugés, des formes insidieuses de persécutions religieuses sont beaucoup plus fréquentes que certains ne l’imaginent. L’Église et les pouvoirs publics doivent être alertés. Nous ne laisserons pas nos enfants être victimes des trop nombreux petits-pères-Combes qui sévissent dans nos établissements scolaires. Nous allons poursuivre notre action à travers la pétition qui rencontre un grand succès. Des initiatives pratiques sont à l’étude pour protéger la liberté religieuse à l’école.
En second lieu, la famille. Le gouvernement concocte, sous la pression du lobby gay, un « statut du beau-parent » qui risque, avec les amendements que le Parlement ne manquera pas de proposer, d’être la porte ouverte à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. Nous veillerons à ce que les intérêts des enfants ne soient pas menacés par l’égoïsme des adultes.
Derrière, se profile la question du mariage. Le CUC évoluera t-il vers le mariage civil de couples homosexuels au même titre que celui des hétérosexuel ? Dans la mesure où le mariage est une institution qui structure la société, nous continuerons nos actions pour alerter l’opinion et les responsables politiques.
En troisième lieu, la révision des lois de bioéthique. Les grandes manœuvres ont commencé. Le refus de conférer un statut à l’embryon permet toutes les dérives. Nous travaillons pour le moment à un document de synthèse qui sera publié prochainement sous forme d’un grand dossier dans notre revue Liberté politique. Nous préparons aussi des argumentaires que nous diffuserons, le moment venu, sous forme notamment de Notes bleues de la Fondation de Service politique. En ce qui concerne l’euthanasie, la loi Léonetti est menacée. Sans être parfaite, elle permet au corps médical d’apporter une réponse adaptée au cas de grande détresse sans tomber dans le suicide médicalement assisté. Le gouvernement jusqu’ici a fait front. Nous continuerons, sur ce point, de le soutenir (cf. dans cette édition la note de Pierre-Olivier Arduin).
En quatrième lieu, l’encyclique sociale. Le second document majeur du magistère de Benoît XVI devrait paraître au printemps ou à la rentrée prochaine. Des difficultés de traduction expliquent le retard. Avec nos amis de l’association des économistes catholiques nous proposerons un travail d’analyse et de réflexion approfondie à son sujet. L’encyclique évoquera, en particulier, les questions d’environnement et de mondialisation, deux thèmes sur lesquels nous assurons une veille de ce qui se dit et fait dans l’Église.
Enfin il y a l’Europe. En août, la France présidera l’Union européenne. Nous souhaitons notamment qu’elle mette parmi ses priorités l’application de la convention de Varsovie sur la traite des femmes. En septembre, se sera le début de la pré-campagne pour les prochaines élections européennes. L’Europe constitue pour nous un chantier majeur. La pétition que nous avions lancée avec nos partenaires en faveur de la mention des racines chrétiennes dans le préambule du traité constitutionnel avait recueilli un million de signatures : du jamais vu en Europe ! Nous continuerons de suivre l’actualité européenne et d’intervenir à Paris comme à Bruxelles lorsque ce sera possible et opportun.
Beaucoup de travail nous attend et de nombreux chantiers sont en cours. Nous travaillons à la refonte du site Internet de la Fondation et comme vous avez pu le constater, de nouveaux collaborateurs nous ont rejoints. À travers notre lettre hebdomadaire Décryptage et notre site que vous êtes de plus en plus nombreux à consulter régulièrement, nous allons amplifier, avec votre soutien, notre action culturelle et politique au service du bien commun et de la mobilisation de la conscience chrétienne, sans esprit partisan, éclairés par l’enseignement de l’Église et de Benoît XVI.
Dans la communion de l’Église et dans la joie de Pâques, soyez assuré de la fidélité de tous les animateurs de la Fondation de Service politique à l’immense espérance que nous portons ensemble.
* Thierry Boutet est porte-parole de la Fondation de servicde politique, directeur du comité éditorial de Liberté politique.
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