Lundi 12 mai 2008
Liberté Politique Le site de la Fondation de service politique Diffusion des dépêches d'actualité de l'Agence de presse et d'analyse catholique Décryptage
Evangile du jourL'Évangile du jour
Site de la revue d'idées catholique Liberté politique, éditée par la Fondation de service politique  
Initiatives
• Colloque
10 mars 2007, Paris
Humaniser le travail dans une société libre

IIe Rencontres Doctrine sociale de l'Eglise
> Le texte des communications

 
Etudes & Analyses
La newsletter Décryptage La newsletter Décryptage
Inscrivez-vous ici pour recevoir gratuitement notre lettre d'information hebdomadaire
La revue Liberté politique La revue Liberté politique
La revue Liberté politiqueRevue trimestrielle, N°40 :
Printemps 2008
HUMANISER LE TRAVAIL dans une société libre
Rapport : Priorités politiques 2008
Dossier : Education, questions qui fâchent
Dossiers Dossiers
• NOUVEAU ! <b>Le Blog</b><bR>de Libertepolitique.com • NOUVEAU ! Le Blog
de Libertepolitique.com
<b>• Les Notes Bleues</b><br>Argumentaires de la Fondation de service politique • Les Notes Bleues
Argumentaires de la Fondation de service politique
<b>•  Le FIL de la semaine<br></b>Les archives • Le FIL de la semaine
Les archives
• <b>Enquête :<bR> la liberté de conscience à l'école</b>Enquête :
la liberté de conscience à l'école
• <b>La reconnaissance civile du mariage religieux</B>La reconnaissance civile du mariage religieux
Autres dossiers
Archives Archives
Toutes les archives de Décryptage, la revue politique, les colloques ...
Espace librairie Espace librairie
Notre sélection du mois 
Notre sélection du mois
Ch. Delsol et M. Grimpret (dir),
Liquider Mai 68 ?

Presses de la Renaissance, avril 2008, 300 p., 21 €

• Drogue-Danger-Débat
Le site le plus documenté du d�at sur la drogue et les d�endances
• G��ation-Benoît XVI.com
Tout savoir sur la pens� de Joseph Ratzinger et l'enseignement de Benoît XVI
Décryptage
14 mars Actualité
Le Fil de la semaine Le Fil de la semaine
Fondation de Service politique

Benoît XVI s’intéresse à Luther ; la fermeté des évêques espagnols et italiens ; les femmes, victimes de l’avortement ; la spiritualité du Carmel au travail ; le “oui mais” polonais au traité de Lisbonne… voici le “Décryptage” express de la semaine qui vient de s’écouler, par la Fondation de Service politique.





FRANCE

La presse en bonne santé

En 2007, la presse a gagné des lecteurs, effet des élections ou évolution durable ? Selon l’étude Audipresse publiée mardi 11 mars, les quotidiens et les magazines ont gagné des lecteurs l’an dernier. 1, 2 % de juillet 2006 à juillet 2007. 48,3 millions de Français (soit (97,2 % des15 ans et plus), lisent chaque mois au moins un magazine. Les hebdomadaires ont augmenté de 1,5 %. L'ensemble de la presse d'information a progressé de 4,2 %. La presse économique et patrimoniale de 5,6 %.

Xavier Dordor, directeur général d'Audipresse se félicite dans Le Monde que « toutes les familles de presse sont en progression en 2007, ce qu'on n'avait pas vu depuis dix ans». Autre enseignement, « les titres augmentent en lectorat sur les publics les plus utilisateurs d'Internet, preuve que le Web ne concurrence pas le papier mais que les deux se complètent ».

Même la presse quotidienne nationale (PQN) qui avait perdu des lecteurs, connaît une légère hausse. Chaque jour, 22,7 millions de Français lisent un quotidien. 7,78 millions de personnes lisent chaque jour un quotidien national (+ 0,2 %). Le Figaro ne gagne que 0,5 %. Le Monde en revanche a vu le nombre de ses lecteurs augmenter de 7,7 %. Il passe en tête devant Le Parisien-Aujourd'hui en France. Bon score aussi pour Libération, qui a vu ses lecteurs progresser de 10,4 % en 2007 (à 890 000). Quant à la presse gratuite, elle poursuit sa progression spécialement en province. Il est rare que les patrons de presse écrite soient heureux. Il ne reste plus qu’à profiter, si possible, de la fin de la publicité sur les chaînes publiques !


Deuxième tour : les évêques politiquement circonspects

Dans un dossier mis en ligne sur le site de la Conférence épiscopale, plusieurs évêques appellent les chrétiens à se rendre aux urnes. Le dossier contient des messages publiés dans des médias catholiques locaux ou adressés aux fidèles des diocèses de France. « Les chrétiens doivent se mobiliser parce que la commune est le cadre d'un vivre-ensemble », écrit un évêque.

Les interventions épiscopales ont en commun d’encourager les chrétiens à l’engagement politique mais demeurent résolument dans le politiquement circonspect, laïcité « à la française » oblige.

Un autre évêque a mobilisé ses troupes pour savoir comment occuper le terrain électoral. « J’y ai réfléchi avec des membres de l’Action catholique, jeunes et adultes du diocèse. À partir d’une enquête de “connaissance du territoire”, une dizaine de groupes (CMR, ACGF, MRJC, ACO, ACE, JOC…) interrogent les candidats sur leurs programmes. » Le résultat est à la hauteur du panel choisi pour cette enquête. Les valeurs fortes mises en avant sont « le respect » et « l’attention au plus pauvre ». Pour ce prélat, « dans les programmes des candidats, il nous paraît important au nom de l’Évangile, de veiller au bien commun, c’est-à-dire les services essentiels aux personnes, jeunes ou adultes, bien portants ou handicapés, français ou non. » Vision bien réductrice du bien commun…

Puis il est question de la « collaboration entre associations caritatives et pouvoirs publics », et de « l’intercommunalité », une dimension de la politique locale qui interpelle toujours beaucoup. Conclusion : « Ça vaut la peine d’écouter les jeunes qui s’intéressent au développement durable, à l’environnement, autant qu’à l’accès à la culture comme aux pistes cyclables. » Pourquoi l’Église n’est-elle pas écoutée, on se le demande. Mais nous irons voter. T.B.




ÉGLISE

Italie : principes non négociables

À l’approche des élections, le cardinal Bagnasco réaffirme les valeurs qui fondent la politique. Le président de la conférence épiscopale italienne (CEI), archevêque de Gênes, a fermement rappelé que les « principes non négociables étaient à la base de l’engagement des chrétiens en politique ».
Après avoir déclaré que l’Église n’était « aucunement impliquée dans des choix de partis ou d'orientations politiques », il a clairement rappelé que les évêques ont pour mission d’éclairer « un discernement moins distrait, et une bonne entente entre les esprits ». Il a souligné qu’au Congrès ecclésial de Vérone, Benoît XVI avait mis en garde contre le « danger d'options politiques et législatives en contradiction avec des valeurs fondamentales et des principes anthropologiques et éthiques enracinés dans la nature de l'être humain », en particulier dans les domaines de « la défense de la vie humaine dans toutes ses étapes, de la conception à la mort naturelle, et la promotion de la famille fondée sur le mariage, refusant d'introduire dans la législation publique d'autres formes d'union qui contribueraient à la déstabiliser, en occultant son caractère particulier et son rôle social irremplaçable ».

Et il ajouté : « Il n'y a pas de quoi s'étonner ou être scandalisé si l'Église réaffirme les valeurs morales qui jaillissent de la foi chrétienne, et que la raison, qui ne cesse d'enquêter sur ce qu'est l'homme — selon l'expérience universelle — découvre souvent elle-même […] L'Église apprécie le grand bien de la raison » et elle la défend « aussi bien de toute prétention rationaliste qui tendrait à réduire les horizons, que de la prétention de certains fidéismes qui refusent de se donner la peine de penser. »

Enfin le président de la CEI a fait appel à la générosité les futurs élus, et à leur sens de la justice, leur demandant de mettre au cœur de leurs priorités
« l'appauvrissement de la population, la nécessité d'augmenter les salaires minimums, la défense du pouvoir d'achat des retraités, l'urgence logement, des initiatives de soutien des familles en cas de maternité, la sécurité sur les lieux de travail et l'amélioration de certaines infrastructures fondamentales, notamment pour les populations de banlieues… Nous devons sortir de l'individualisme, de cet égoïsme qui consiste à ne penser qu'à soi, à sa propre catégorie, et à oublier tous les autres », a encore dit le cardinal italien… il faut que le monde politique tienne compte de tout cela, qu'il cesse de faire de la politique trop politicienne, pour lui rendre cette dimension éthique qui ne peut que lui être bénéfique ». T.B.


Luther réhabilité ?

Un site protestant annonce la prochaine réhabilitation de Luther par l’Église catholique. Selon le site évangéliste Topchrétien, « les protestants belges sont positivement étonnés et impatients de connaître les résultats d’une rencontre qui devrait aboutir, en septembre prochain, à la réhabilitation par le pape Benoît XVI, du réformateur Martin Luther (1483- 1546). »

Nos amis citent le journal anglais The Times, pour prétendre que « le pape se prononcerait après une consultation avec son équipe de quarante théologiens, pour revenir sur la condamnation d’hérésie à l’encontre de Martin Luther. Il reconnaîtrait ainsi que l’intention de ce dernier n’était pas de diviser l’Église mais bien de lutter contre des pratiques corruptrices ». La dépêche ajoute que « selon le cardinal Walter Kasper, en charge du Conseil pontifical pour la promouvoir l’unité chrétienne (sic), ces déclarations vont encourager le dialogue œcuménique et contrecarrer les propos de juillet dernier, dénigrant la foi orthodoxe et protestante. Ces dernières n’étaient en effet pas reconnues comme de véritables Églises ».

À cette nouvelle, « le président de l’Église protestante unie de Belgique, le docteur Guy Liagre, se dit très heureux mais aussi intrigué de la manière dont seront présentés les résultats des débats de septembre ». Nous aussi ! mais à suivre. Benoît XVI a sûrement un allié dans Luther pour fustiger les errements du cléricalisme. Pour le reste… P.S.G.


États-Unis : pédophilie

Nouvelles plaintes déposées en 2007 contre des prêtres pédophiles. Un rapport publié récemment fait état de 689 plaintes déposées contre des prêtres pédophiles de l'Église catholique américaine en 2007, pour des faits en généralement antérieurs aux années 1990.

D’après Le Monde (7 mars), ces plaintes ont déjà coûté 615 millions de dollars l'an dernier à l’Église américaine, dont 526 millions pour mettre fin aux poursuites, 23 millions de soutien aux victimes et aux prêtres incriminés et 60 millions de frais d'avocats. Le nombre de plaintes est en baisse de 3% par rapport à l'année précédente, et de 36% par rapport à 2004. Seulement 5 plaintes ont été déposées pour des faits s’étant déroulés en 2007.

Au total, les plaintes visent 491 prêtres ou diacres. 58% d’entre eux faisaient déjà l'objet de précédentes accusations déposées par d'autres victimes et 76% étaient morts ou revenus à la vie laïque.

C’est en 2002 que pour la première fois, un cardinal a reconnu avoir protégé un prêtre dont il savait qu'il était coupable d'attouchements sexuels. Un aveu qui a déclenché une cascade de plaintes et l’adoption d’une charte de transparence et de formation pour éviter de nouveaux abus. Pour Teresa Kettelkamp (photo), la directrice du Secrétariat à la protection de l'enfance et de la jeunesse au sein de la conférence des évêques, « personne ne doit plus douter, même les critiques les plus virulents, que l'Église a fait beaucoup de chemin », qui invite les paroisses et les congrégations à « ne pas relâcher leur vigilance ».


Les Rameaux vers les JMJ

L’Église australienne, se mobilise en vue des JMJ qui auront lieu à Sydney du 15 au 20 juillet 2008. Le dimanche des rameaux, tous les diocèses australiens et les jeunes Australiens sont invités à organiser des événements, des manifestations, des soirées pour sensibiliser et évangéliser d’autres jeunes « à la bonne nouvelle du salut » et les inviter à participer aux JMJ.

La campagne de sensibilisation est également destinée aux adultes et aux familles. Elle leur propose d’adhérer au programme d’hospitalité des pèlerins et de s’inscrire comme volontaires pour l’accueil des pèlerins. Actuellement les familles qui ont donné leurs disponibilités pour accueillir les jeunes sont au nombre de vingt mille et les volontaires inscrits huit mille.
Selon l’agence Fides « l’enthousiasme parmi les jeunes Australiens est palpable, les jours d’attente sont vraiment nombreux et beaucoup font déjà le “compte à rebours” ».

Cent vingt-cinq mille jeunes du monde entier sont attendus à Sydney sans compter les jeunes d’Océanie, eux aussi attendu très nombreux.

À Rome, comme chaque année aux Rameaux les jeunes fidèles du diocèse du pape se réunissent au Colisée. On se souvient de l’exclamation confiante de Jean-Paul II en 1984 lors de ce premier jubilé international : « Quel spectacle extraordinaire de vous voir aujourd’hui ici rassemblés ! Qui donc a déclaré que les jeunes d’aujourd’hui ont perdu le sens des valeurs ? Est-ce vrai que l’on ne peut pas compter sur eux ? »

Cette année, Benoît XVI veut aider les jeunes à redécouvrir le pardon de Dieu dans le sacrement de la confession. Dans une réflexion sur le sacrement de pénitence, en préparation de la cérémonie que présidera le Saint-Père, Mgr Parmeggiani attribue la difficulté que les jeunes et les moins jeunes éprouvent face au sacrement de la confession, à « la perte du sens du péché, la perte du sens de Dieu ». L’aveu de ses fautes à un prêtre, à « une autre personne », est selon lui un « faux problème » :
« Dans un monde où nous sommes disposés à tout raconter de notre personne, partout, sur les ondes de la radio, sur Internet, dans les blogs, dans les forums, sur Messenger, et avec toutes les possibilités de communiquer qui s’offrent à nous, de livrer nos pensées les plus intimes, les plus personnelles, je pense qu’il n’y a pas de honte à ouvrir notre cœur au ministre de Dieu qui, en ce moment précis, représente le Christ, le Christ qui m’écoute, le Christ qui m’encourage, le Christ qui me dit “lève-toi et marche” ».
Ce moment essentiel de conversion devrait infléchir, selon le vœu de Benoît XVI, la « fête extérieure » de ces Journées internationales en une « fête intérieure pour célébrer la rencontre entre l’homme et Dieu, l’homme qui rencontre la miséricorde de Dieu dans son cœur. C’est de là que naît la joie du chrétien ». T.B. et H.B.


Espagne : fermeté catholique

Après la victoire des socialistes, les relations entre l’Église et le gouvernement demeurent tendues. Selon Ouest France qui commente la victoire du socialiste Zapatero, « le président du gouvernement espagnol, a dû affronter deux forces d'opposition, au cours de son mandat : d'une part la droite politique, avec le Parti populaire et, d'autre part, l'Église catholique. »

Trois conflits opposent le pouvoir et les évêques. « Le premier, en 2005, a eu pour objet l'adoption de deux lois. L'une a simplifié les procédures du divorce et l'autre [consacrée au] mariage homosexuel, au nom de l'égalité des droits entre tous les citoyens ». Le deuxième conflit a porté sur l'éducation et la mise en place d’un programme d’instruction civique dénoncé par les catholiques comme un « endoctrinement ».

Le troisième conflit, porte sur « la mémoire historique ». « La démocratie avait été restaurée, en 1978, au prix d'un « pacte de l'oubli » censé laisser les blessures de la guerre civile et de la dictature se cicatriser d'elles-mêmes, sans l'aide de la justice ». Cette volonté d'oubli a été remise en cause par le gouvernement qui reproche aussi à l’Église la béatification de 500 martyrs de la foi assassinés par les républicains pendant la guerre civile en haine de la foi. Les évêques espagnols ont fait le choix de la fermeté en réélisant à leur tête le cardinal Varela, archevêque de Madrid, connu pour sa grande envergure intellectuelle, et sa détermination. T.B.


France : une conférence de carême enflammée

Remarquable conférence du philosophe bouddhiste Fabrice Midal, dimanche 9 mars à Notre-Dame, particulièrement le développement final sur le feu que le Christ voudrait voir allumé (mettant d'ailleurs en cause, au passage, la propension que les religions ont à nier le feu...). Régis Debray et ses épigones qui voient dans ce « feu sacré » la source de tous les dangers, en particulier du fanatisme religieux, et qui militent pour une laïcité « coupe-feu » n'ont qu'à bien se tenir ! « Car seul à l'endroit du brasier tout est nécessaire » conclut Fabrice Midal.

On ne le suivra cependant pas sur sa vision critique et restrictive de la raison : au contraire de ce que pense Midal, l'Église ne parle pas comme « les scribes et les pharisiens ». À preuve, l'encyclique Deus caritas est qui approfondit Fides et ratio ; elle dit bien la folie raisonnable, une folie de la raison elle-même ; cette folie est bien à l'œuvre dans l'amour de Dieu pour les hommes, amour passion, amour-eros de Dieu. Et cette « ample » raison-là, avec sa part de feu, est médiation vers Dieu. H.B.

Pour en savoir plus :
L’intervention de Fabrice Midal
L’intervention de Rémi Brague
■ À propos des conférences du 17 février : « L’art contemporain du sermon de carême, transgression en direct à Notre-Dame », par Aude de Kerros, dans cette édition de Décryptage, 13 mars 2008


INTERNATIONAL


Irak : assassinat de Mgr Rahho

L’Église d’Irak est à nouveau endeuillée. Benoît XVI appelle l’Église à prier pour les chrétiens martyrisés. Un appel relayé, en France, par l’Aide à l’Église en détresse. L’archevêque de Mossoul avait été enlevé à l’issu du chemin de croix qu’il avait présidé le 29 février. Depuis on était sans nouvelle de lui. Son corps a été retrouvé enterré.

À l’annonce de sa mort, le directeur de la Salle-de-Presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, a publié la déclaration suivante :
« Tout le monde espérait sa libération et priait pour lui comme le pape l'avait plusieurs fois demandé en appelant à sa libération. Malheureusement, une violence absurde et sans justification continue de frapper le peuple irakien, et en particulier la petite communauté chrétienne, à laquelle le Pape est tout particulièrement proche dans la prière. Nous devons tous en être solidaires en ce moment de grande épreuve. On ose espérer que cet évènement tragique montrera la nécessité de renforcer un engagement général, de la communauté internationale en particulier, en faveur de la paix pour ce pays tellement accablé. »
Benoît XVI a envoyé un télégramme au cardinal Emmanuel III Delly, patriarche de Babylone des Chaldéens (Irak). Dans le texte, le Pape « manifeste sa proximité avec l'Église chaldéenne et à toute la communauté chrétienne" en réaffirmant sa “condamnation la plus ferme d’un geste de violence inhumaine qui offense la dignité de l'être humain et porte un grave préjudice à la cause de la cohabitation fraternelle du bien-aimé peuple irakien” ». Benoît XVI assure de ses prières l’archevêque et invoque la miséricorde du Seigneur pour que « cet évènement tragique serve à reconstruire un avenir de paix sur la terre martyrisée d’Irak ».

Une démarche qui s’inscrit dans l’invitation lancé pour le mois de mars par Benoît XVI de prier pour les chrétiens persécutés dans le monde en raison de leur fidélité au Christ et à l'Église. Pour relayer cette demande, l'Aide à l'Église en détresse (AED), propose une minute de prière et de silence le mardi 18 mars à midi, « pour tous les chrétiens qui souffrent à cause de leur foi, et en particulier pour les chrétiens qui sont en Irak ».
« En 2007, vingt et un missionnaires ont été assassinés pour leur foi. L'Asie (quatre prêtres, trois diacres, et un séminariste) est le continent qui compte le plus grand nombre de victimes, avec, bien sûr l'Irak au coeur de la tourmente », précise l'AED dans un communiqué.
Une délégation de l'AED, ainsi que tous les chrétiens qui le souhaitent, se retrouveront à 10h pour uen monter en procession vers la basilique de Montmartre. Une messe sera célébrée à 11h15, et se terminera par la minute de silence et de prière, souligne le communiqué.

« S'il y a bien une Église en détresse aujourd'hui, c'est l'Église d'Irak » déclare Marc Fromager, directeur de l'AED, qui a visité il y a trois semaines les communautés chrétiennes en Irak avec la délégation menée par Mgr Stenger, évêque de Troyes et directeur de Pax Christi France. » T.B.


Chine : peine de mort

La Chine est le plus grand pays du monde à pratiquer la peine de mort. L’ACAT lance une campagne de sensibilisation. 68 délits entraînent la peine de mort en Chine, parmi lesquels des infractions ne relevant pas d’une criminalité violente, tels que délits économiques ou jeux de hasard illégaux.

Les statistiques officielles sur le nombre d’exécutions ne sont pas divulguées. Les données publiques recensent au moins 2790 condamnations à mort et au moins 1010 exécutions en 2006. Certaines sources locales estiment qu'il y a en réalité entre 7500 et 8000 tués, que le recours à la torture pour extorquer des aveux est fréquent, de même que les erreurs judiciaires à la suite de procès expéditifs. Ces exécutions donnent lieu à un trafic d'organe systématique et relèguent dans des foyers les milliers d'enfants de personnes exécutées ou condamnées à mort.

Pour le Vendredi Saint, l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture et de la peine de mort (ACAT suisse) appelle à protester contre la peine de mort en Chine, où se dérouleront du 8 au 24 août prochain les Jeux Olympiques d'été 2008. Les personnes intéressées peuvent commander du matériel de campagne à l'adresse www.acat.ch.


Europe : mondialisation et hausse des prix

Les banquiers centraux français, européens et américains reconnaissent que la mondialisation n’ pas que des effets positifs. Réunis à Paris le vendredi 7 mars pour un colloque intitulé « Mondialisation, inflation et politique monétaire », les banquiers centraux américains, européens et français ont avoué que « le bon temps » était terminé pour l'économie planétaire. Motifs la flambée des prix des matières premières.

Pour Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, « la mondialisation a sans doute beaucoup aidé les Banques centrales au cours de la dernière décennie. Ce n'est plus, aujourd'hui, aussi évident ». Elle tempérait l'inflation, grâce aux biens fabriqués dans des pays à bas coût. Mais la croissance de la demande entraîne mécaniquement la hausse des prix des matières premières et des denrées alimentaires. Cette demande des pays émergents, « a transformé l'intégration mondiale en vecteur de transmission des risques inflationnistes », a noté Jean-Claude Trichet (photo), président de la Banque centrale européenne (BCE). De fait l’inflation repart un peu partout. 3,2 % en un an dans la zone euro au lieu des 2 % prévus. 3,7% aux USA en janvier, an plus haut depuis 17 ans. T.B.


Pologne : moratoire sur l’avortement

L’hebdomadaire catholique polonais le plus diffusé en Pologne soutient le moratoire sur l’avortement. L’hebdomadaire Niedziela a publié le texte du moratoire sur l’avortement proposé par le journaliste italien Giuliano Ferrara, « lançant un appel à tous les Polonais pour qu’ils soutiennent l’initiative dans les écoles, dans les universités, dans les paroisses, à l’intérieur des différents mouvements ecclésiaux. En outre, l’hebdomadaire a expédié le texte du moratoire aux députés, aux hommes politiques polonais, aux hommes du monde de la culture et de l’Église ».

En présentant l’initiative du moratoire, le rédacteur en chef de Niedziela, Mgr Ireneusz Skubiś, a expliqué aux lecteurs de l’hebdomadaire qu’« il faut signer l’appel aux Nations-unies aussi en Pologne, car toute vie humaine est un don sacré » (Fides).


Le “oui, mais” polonais au traité de Lisbonne

Le parti Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski et de son frère Lech, président de la République, exige que le préambule à la loi de ratification stipule la primauté de la Constitution polonaise sur le Traité européen. Jaroslaw Kaczynski souhaite que soit réaffirmé que « la République polonaise reste et restera un État souverain ». Cette condition est pour lui nécessaire pour donner le feu vert de son parti. « Si on décide de faire passer en force la version de la ratification proposée par le gouvernement, nous serons obligés de voter contre ou au moins nous abstenir, ce qui revient au même » a-t-il déclaré.

La ratification du traité devant être votée à une majorité qualifiée des deux tiers, Jaroslaw Kaczynski dispose avec 159 députés sur 460 d’une minorité de blocage d’un peu plus d’un tiers. Il est donc en mesure de pouvoir bloquer la ratification du traité. Mais les conservateurs sont partagés et le Premier ministre libéral Donald Tusk a prévenu : « Les Kaczynski ont dépassé les bornes. Je ne les laisserai pas faire. » Certes, mais comment ? T.B.


Suisse : bataille laïque

Feu vert pour des cours d’histoire des religions sur le christianisme. Le groupe parlementaire socialiste et CS-POP/Verts, s’opposait dans le Jura suisse à l'article 53 de la loi scolaire adopté en août dernier à une voix de majorité et qui prévoyait que l'enseignement de l'histoire des religions accorde un « accent particulier » au christianisme. La Cour constitutionnelle du canton a rejeté leur requête. Le site Romandie news indique que dans son arrêt, « la Cour constitutionnelle considère que les cours d'histoire des religions peuvent être dispensés d'une manière conforme aux principes de laïcité de l'État et de neutralité confessionnelle de l'école. Pour autant qu'ils le soient avec la distance critique que suppose tout enseignement historique. »


RFA : homosexualité et police de la pensée

La Commission européenne avait mis l’Allemagne en demeure d’aggraver sa loi actuelle de lutte contre les discriminations à l’égard des personnes homosexuelles. Le groupe CDU/CSU du parlement a décidé de dire « non ». Les démocrates chrétiens allemands refusent l’injonction de la commission. Il n’aggravera pas la loi allemande. Le parti conservateur considère que la loi existante va «déjà bien au-delà du raisonnable».

Le président du groupe CDU/CSU, Volker Kauder, l’a écrit dans une lettre adressée au commissaire européen aux Affaires sociales, Vladimír Špidla, publiée par le Süddeutsche Zeitung. Volker Kauder y invite ses collègues à « s’opposer à toute initiative visant à étendre les normes européennes anti-discrimination » et souhaite un front commun avec les partenaires conservateurs des vingt-six autres États membres de l’Union européenne.


Philippe de Saint-Germain,
Thierry Boutet,
avec Hélène Bodenez



D’accord, pas d’accord ? Envoyez votre avis à l’auteur
Retour au sommaire


© [DECRYPTAGE ™] sur www.libertepolitique.com, lettre d’information électronique de la Fondation de service politique, réseau catholique de presse et d’analyse. Droit de reproduction totale ou partielle autorisé sous réserve de citer la source : © www.libertepolitique.com.
Fondation de service politique, 83 rue Saint-Dominique F75007 Paris.
Contact : decryptage@libertepolitique.com



Décryptage
Leçon économique : la congélation des droits acquis 05 mai
Leçon économique : la congélation des droits acquis

09 mai
Le Fil de la semaine

09 mai
Mai 68 ou le chant du cygne du marxisme

07 mai
Famine ? La productivité agricole, condition de la sécurité alimentaire

09 mai
Une Tibétaine à Paris : la sainte alliance du bobo et du Bouddha

Soutenez nos actions !
Faites un don  Faites un don
Abonnez-vous !  Abonnez-vous !
Devenez Membre actif  Devenez Membre actif