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24 nov. Actualité
Le Fil de la semaine Le Fil de la semaine
Fondation de Service politique

École catholique, recadrage du Vatican ; une page de l’après-concile se tourne ; le père du clonage renonce … voici le “Décryptage” express de la semaine qui vient de s’écouler par la Fondation de Service politique.




ÉGLISE

La deuxième encyclique le 30 novembre

L’encyclique aura pour titre Spe salvi (« Sauvés par l'espérance »), et sera consacrée à l’espérance chrétienne. Le document pontifical sera rendu publique le 30 novembre, a officiellement indiqué un communiqué de la Salle de presse du Saint-Siège. Rédigée en grande partie cet été par le Saint-Père, la deuxième encyclique du pontificat sera un commentaire d’un passage de la Lettre de saint Paul aux Romains : « Dans l’espérance nous avons été sauvés » (Rm 8, 24).

C’est le cardinal suisse Georges Marie Cottier op, ancien théologien de la Maison pontificale, et le cardinal français Albert Vanhoye, jésuite et bibliste, qui présenteront ce document.



Benoît XVI dénonce la tentation euthanasique

Au congrès du Conseil pontifical pour la pastorale du monde de la santé, dimanche 18 novembre, Benoît XVI a encouragé le développement des soins palliatifs. Et le pape a voulu rappeler le témoignage laissé par les souffrances de Jean Paul II, répondant à ceux qui avait voulu faire de sa mort un exemple d’euthanasie :
« À différentes occasions, mon vénéré prédécesseur Jean-Paul II, qui, spécialement pendant sa maladie a offert un témoignage exemplaire de foi et de courage, a exhorté les experts scientifiques et les médecins à s’engager dans la recherche pour prévenir et soigner les maladies liées au vieillissement, sans jamais céder à la tentation de recourir à des pratiques abrégeant la vie âgée et malade, des pratiques qui se révèleraient être de fait des formes d’euthanasie.
Que les scientifiques, les chercheurs, les médecins et les infirmiers, mais aussi les politiciens, les administrateurs et les agents pastoraux n’oublient pas que “la tentation de l’euthanasie apparaît comme l’un des symptômes les plus alarmants de la culture de la mort qui progresse surtout dans la société du bien être” (Evangelium vitae, 64).
La vie de l’homme est un don de Dieu, que nous sommes tous appelés à toujours protéger. Ce devoir concerne aussi les agents de santé, dont la mission spécifique est de se faire “ministres de la vie”, dans toutes ses phases, particulièrement celles qui sont marquées par la fragilité liée à l’infirmité. Il faut un engagement général pour que la vie humaine soit respectée non seulement dans les hôpitaux catholiques, mais dans tous les lieux de soins. »
Dans son prochain numéro, la revue Liberté politique consacrera un dossier à « La mort ambiguë ».



École catholique : recadrage du Vatican

Un document de la Congrégation pour l'éducation catholique « Éduquer ensemble dans l'école catholique », a été présenté par le cardinal Zenon Grocholewski et Mgr Angelo Vincenzo Zani, préfet et sous-secrétaire du dicastère où vient d’être nommé l’archevêque français Jean-Louis Bruguès. L’Église scolarise dans le monde 42 millions d'élèves, dans 250.000 établissements répartis dans les différents continents : Afrique, 10.000.000 ; Amérique, 12.000.000 ; Asie, 10.000.000 ; Europe, 9.000.000 ; Océanie, 800.000.

Pour le cardinal Grocholewski, il existe « un profond malaise dans le monde de l'école, surtout en Occident » ; les professeurs « sont démotivés et frustrés dans leur tâche éducative ». Il ne faut pas l'oublier, a rappelé le cardinal, « les familles sont les premières responsables de l'éducation des enfants », et elles doivent concourir à la mission des écoles pour être « un levain chrétien dans le monde ». La première condition, c’est la « motivation » des personnes concernées, qui doivent « se reconnaître dans leur adhésion personnelle et communautaire au Seigneur », ainsi que dans une formation théologique « appropriée ».

Dans une école catholique, « être un bon enseignant ne suffit pas ». L’Église sait accueillir des élèves issus de parcours culturels et religieux différents, mais cela doit conduire les enseignants à offrir un authentique « témoignage de foi ». Un cadrage qui ne pourra que conforter Mgr Jean-Pierre Cattenoz dans son entreprise pour libérer l’enseignement catholique en France.


Une page de l’après-concile se tourne

L’universitaire Romano Amerio était proscrit. Dix ans après sa mort, il est réhabilité. Une petite révolution vient d’avoir lieu à Rome. Après La Civiltà Cattolica – la revue des jésuites italiens imprimée après révision préalable des autorités du Vatican —, l'Osservatore Romano — qui a changé de directeur — a décidé de parler d’un intellectuel catholique peu connu en France : le Suisse Romano Amerio, mort à Lugano en 1997 à 92 ans.

Cet universitaire de grande envergure auteur entre autre d’un maître ouvrage intitulé Iota unum. Studio delle variazioni della Chiesa cattolica nel secolo XX, était « officieusement » à l’index. Lorsque le livre paraît, en 1987, le journal du Saint-Siège refuse d’en publier la critique. Depuis il était « officieusement » mis au ban de l’Église, accusé d’être un emblème de la « réaction anti-conciliaire ». À L’occasion d’un congrès organisé à Ancône, par le Centro Studi Oriente Occidente, dix ans après sa mort, le journal officiel du Vatican rompt donc le silence.

La question que pose Amerio dans Iota unum – et dans sa suite posthume Stat Veritas (1997) – à propos du problème de l’état actuel de l’Église se résume ainsi :
« L’essence du catholicisme est-elle préservée ? Les variations introduites le font-ils perdurer dans des circonstances variables ou bien le transforment-elles en quelque chose d’autre? [...] Notre livre tout entier est un recueil de preuves de cette transformation. »
Autrement dit, ce que l’on a appelé « l’esprit du concile » est-il bien celui de l’Esprit Saint ou celui de ses commentateurs ?

Il faut dire que cette thématique est aussi celle de Benoît XVI dans son discours à la curie, du 22 décembre 2005, centré justement sur la juste interprétation des « variations » de l’Église avant et après le Concile Vatican II.

Dans un article signé par Raffaele Alessandrini, l'Osservatore Romano reconnaît aujourd’hui chez Amerio une critique « prévoyante… du processus de sécularisation qui est aussi en cours au sein du monde chrétien" et les "risques du relativisme envahissant ». La critique conduite par Amerio repose sur la « primauté de la vérité sur l’amour » dont le renversement conduit à une confusion qui met toutes les religions au même niveau. Pour Amerio, dit encore Alessandrini, « seule la vérité rend libre et non l’inverse… la fidélité de l’Église à son essence originelle se fonde sur cet ordre ».

L’interprétation du Concile comme « rupture et nouveau début » serait-elle sur le point de disparaître des cercles ecclésiastiques les plus influents de l’intelligentsia romaine ?


Au nom du Christ-Roi

Une fois n’est pas coutume, pour la fête du Christ-Roi, nous vous proposons une homélie. C’est celle d’un humble curé de paroisse. Il a 83 ans. Il vit seul. Une dame chaque matin lui apporte un panier. Laissé dans son presbytère par son évêque et par ceux qui ont acquis des postes en prêchant « la pastorale de l’enfouissement », ce vieux lion est un peu « le soutier des âmes cauchoises » comme nous écrit l’ami qui nous a fait parvenir son texte. Un texte bourru, fort, humble, dans la ligne de certains sermons de Suso.

Évangile du Christ-Roi, dimanche 25 novembre
Luc 23,35-43

35. Les soldats aussi se gaussèrent de lui : s'approchant pour lui présenter du vinaigre, ils disaient : "Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même!" Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : "Celui-ci est le roi des Juifs." L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait : "N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi même, et nous aussi." Mais l'autre, le reprenant, déclara : "Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait: "Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume." Et il lui dit: "En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis." C'était déjà environ la sixième heure quand, le soleil s'éclipsant, l'obscurité se fit sur la terre entière, jusqu'à la neuvième heure.

Homélie

Nous fêtons aujourd’hui le Christ-Roi, en ce dernier dimanche de l’année liturgique C. C’était également l’inscription sur le "titulus", la pancarte au dessus de la tête des crucifiés, pour indiquer le motif de leur condamnation.

En effet, les Romains, cruels et sadiques pour ce qui est du fond des choses, tenaient absolument à ce que tout soit fait dans les règles, au niveau des formes, y mettre la forme.
L’inscription ordonnée par Ponce Pilate était ironique : "Jésus de Nazareth, qui se dit, qui prétend être le roi des Juifs”....

Le Ponce Pi, il s’était un peu fait manoeuvrer par les Juifs sur la condamnation d'un innocent. En revanche il voulait les ridiculiser, on se dédouane comme on peut. Et c'est pourquoi il avait fait mettre sur le titulus "Jésus de Nazareth, roi des Juifs" — “I.N.R.I”, Jesus Nazarenus Rex Judeorum. C’était rédigé en trois langues, latin, grec et araméen. Maintenant il se frottait les mains le procurateur, content de son coup. Il se disait : en guise de roi, ils en auront pour leur argent, il ne paye vraiment pas de mine leur Jésus.

“Roi des Juifs”, c'était une accusation de sédition (c'est-à-dire : révolte, révolution, soulèvement). Les Juifs avaient trouvé ce prétexte pour cacher leur jalousie et leur haine.

La sédition, le coup d'État, pour Pilate cela avait un soupçon de vraisemblance. Il se disait : pensez donc, un homme qui a une si grande popularité et qui ne prend pas le pouvoir, c'est incroyable, il a dû au moins essayer, ou bien alors c'est un faible, un naïf. Le pouvoir, tout
le monde court après, nous voyons cela, qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour prendre le pouvoir...

Pilate était quand même étonné que Jésus, ayant fait tant de miracles, n'ait pas été tenté par le moindre petit 18 brumaire, et qu'il se soit laissé faire ainsi, sans résister...

Chers amis, vous avez entendu l'Évangile : au pied de la croix, tout le monde se moquait de lui. Les chefs des prêtres ricanaient en demandant à Jésus de jouer les Rambo : "Descend de la croix, et nous croirons en toi", disaient-ils avec dédain, avec arrogance.

La soldatesque aussi se moquait, on est toujours courageux loin du danger. Pas de risque qu’il descende de son poteau le condamné, les clous étaient solides, 10 à 15 centimètres de bonne ferraille... Quant aux bandits décoratifs plantés à droite et à gauche, l'un des deux glapissait également, drôle de tableau.

Chers amis, ne trouvez-vous pas que nous avons là un roi bizarre, et étrange ? Car il ne répond pas, pas un mot, aucun “cinéma”. Il aurait pu, comme on dit, s'”arracher” de la croix. En bon cascadeur, il aurait pu atterrir au milieu de la racaille pour leur “flanquer une volée” :
non ! Au contraire, il ne répond pas aux insultes.

La seule parole qu'il ait prononcée se trouve juste avant notre Évangile, quand il demande à son Père de leur pardonner. Bien loin de les accuser, il les excuse. C’est incroyable, du jamais vu. Il dit à son Père qu’ils ne l’ont pas fait exprès, qu’ils ne savent pas ce qu'ils
font...

Mais venons en au fait, c'est la question de Pilate. Pilate, qui ne comprend toujours pas.

"Alors, dit-il, goguenard, alors tu es roi, oui ou non, faudrait savoir"... Pilate ne pouvait imaginer un roi sans apparat, sans appareil. Un monarque désarmé, sans soldats ni larbins, c’était inouï... On en viendrait presque à lui donner raison au gouverneur romain, tellement il est invraisemblable que cet homme supplicié, qui se tord comme un ver sous les ricanements de la foule, puisse être roi. Autour de lui, drôles de courtisans, les oiseaux de proie et les chiens galeux qui attendaient leur pitance... C'est à n'y rien comprendre, le
“Tout-Puissant” ici cloué !

Et pourtant, chers amis, nous, nous sommes là. Nous baissons la tête devant ce crucifié, et... nous l'aimons, nous l’adorons. La clé de l'énigme, la voilà : nous l'aimons. Ce que Pilate l'intelligent, Pilate le civilisé, Pilate l'homme instruit ne comprend pas, un enfant de huit ans
qui fait son catéchisme le comprend.

Il comprend quoi, cet enfant ? Une chose simple, élémentaire. Il comprend qu’on peut régner de deux façons, ou bien par la force, ou bien par l'amour.

Oui, voilà le miracle. Ce crucifié est roi par amour.

Le deuxième bandit est le seul de tout ce joli monde à avoir compris. Il commence par conseiller à son truand de collègue de se taire, “boucle-la”, dit-il. Il défend Jésus. Il est le seul à y voir clair dans ces choses pourtant simples.

Comme dira plus tard Aragon, "est-ce ainsi que les hommes vivent ?" Le bon réplique au mauvais larron : "Lui Jésus n'a rien fait de mal. Nous, nous avons bien mérité ce qui nous arrive, après tout ce que nous commis"... Et se tournant vers Jésus il lui adresse, les larmes aux yeux, cette prière : "Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume", c’est-à-dire "Jésus, t'aurais pas une petite place pour moi au Ciel, dans un coin, gratos ?..."

Et Jésus lui a donné tout de suite son ticket d'entrée pour le Paradis... Une bonne place, aux premières loges, qui ne lui a pas coûté cher au sacripant. Jésus, qui se taisait devant les visages haineux et tordus, par contre il a répondu tout de suite à cet homme : "Ce soir, c’est juré, tu seras avec moi dans le Paradis", quelle promotion...

Et là, subitement nous comprenons. Puisque cet homme Jésus dispose du Paradis, on voit bien qu'il est roi. Vive Jésus notre roi. Un coin du rideau de la souffrance étant soulevé, nous apercevons par derrière la lumière de la Résurrection qui filtre.

Évidemment, si le bandit lui avait demandé la rosette de la légion d'honneur, Jésus n'aurait pas bougé. Mais il lui demande le Paradis, et là Jésus donne, il donne royalement. Car il est souverain, je veux dire souverain dans le domaine de l’amour, un roi caché.

Les idéologies nous avaient promis le paradis sur la terre, et des lendemains qui chantent... Mais rien n'est venu. Pas de paradis à l’horizon. En guise de paradis, nous voyons quoi ? Nous voyons la jungle, toujours la jungle. Le Docteur Folamour. Et des lendemains qui déchantent.

Quant à nous, chers amis, adorons notre roi. Promettons-lui obéissance et amour. Suivons son exemple de silence et de service. Non pas rechercher le pouvoir ni les honneurs, mais le dévouement. Afin de mériter d'entrer au Paradis. Vivons comme lui cachés aux yeux des
hommes. St Augustin disait : "Donnez-moi quelqu'un qui aime, il comprendra ce que je dis". Amen.



INITIATIVE

Été 2008 : retraites théologiques

Trois prêtres proposent trois retraites théologiques en réseau, c’est-à-dire simultanées. Voici la proposition que nous adressent les dominicains Jean-Miguel Garrigues (Bordeaux) et François Daguet (Toulouse) et le père Benoît Domergue, curé de la paroisse Saint-Ferdinand à Bordeaux.
« Qu’est-ce qu’une retraite théologique ? Ce n’est pas une session de théologie, ni une retraite pour théologiens ou étudiants en théologie. C’est une retraite en silence donnée par un théologien qui propose le contenu doctrinal qu’il enseigne habituellement par ailleurs, mais sous la forme d’une prédication spirituelle.

Elle est destinée avant tout à des laïcs qui désirent approfondir leur intelligence de la foi, à l’aide d’une théologie priante, dans le contexte d’une retraite spirituelle se déroulant dans le cadre d’une communauté contemplative. Elle est aussi ouverte, bien entendu, à des prêtres, religieux et religieuses qui ont le même désir. Nous sommes convaincus, pour notre part, que tout baptisé a droit à un approfondissement théologique des mystères de la foi et qu’il est possible de l’y initier d’une manière simple mais consistante et spirituelle.
Ces retraites s’inspirent de l’exemple d’un grand théologien, le cardinal Charles Journet, qui chaque été proposait dans une retraite ouverte à toute la prédication spirituelle des traités de théologie qu’il enseignait à Fribourg (ses retraites sont publiées par l’éditeur Parole et Silence sous le titre Entretiens sur…).

Chacun de nous, nous proposons une retraite de quatre jours pleins, du lundi soir au samedi matin. Chaque jour nous proposons trois instructions d’une heure (matin, midi et soir), situées de manière à pouvoir participer avec la communauté monastique à la messe et aux offices du matin et du soir (laudes et vêpres) de la liturgie des heures.

En août 2008, du lundi 4 au soir samedi 9 au matin, chacun de nous anime donc une retraite théologique autour d’un thème différent et dans une région différente de France :
  • Fr. Jean-Miguel Garrigues, dominicain, à l’hôtellerie de l’abbaye de Mondaye (prémontrés), à côté de Bayeux dans le Calvados. Son thème sera : « La vie éternelle. »
  • Fr. François Daguet, dominicain, à l’hôtellerie de l’abbaye de Notre-Dame des Neiges (trappistes) à La Bastide en haute Ardèche. Son thème sera : « Le mystère de l’Église. »
  • P. Benoît Domergue, curé de la paroisse de Saint-Ferdinand à Bordeaux, à l’hôtellerie de l’abbaye d’En-Calcat (bénédictins) près de Castres dans le Tarn. Son thème sera : « Magie et religion à la lumière de la théologie. »
Les places étant limitées dans ces trois hôtelleries, les personnes intéressées peuvent s’inscrire dès maintenant. L’inscription se fait auprès du Père hôtelier des abbayes de Mondaye (hotelier@mondaye.com) ou d’En-Calcat (hote@encalcat.com). Pour la retraite du Fr. François Daguet à l’abbaye de N.-D. des Neiges, l’inscription doit se faire directement auprès du prédicateur lui-même (fdaguet@gmail.com).

© Photo : Mondaye, par Eric Pouhier


INTERNATIONAL

Le père de Dolly renonce

Le Daily Telegraph puis l’ensemble de la presse ont annoncé cette semaine que Ian Wilmut, le père de Dolly, la première brebis clonée, abandonnait ses recherches sur le clonage, au profit de la production de cellules souche sans embryons. Le chercheur écossais avait obtenu il y a deux ans la licence pour cloner des embryons humains. Il y renonce et se rallie au professeur Shinya Yamanaka, de l'université de Tokyo qui, en août 2006, avait réussi à créer des cellules souches adultes pluripotentes à partir de cellules de la peau de souris auxquelles il avait ajouté 4 gènes.

Ce travail sur les cellules dites « IPS » vient à nouveau de faire l’objet de publication scientifique par deux équipes d’Américains et de Japonais travaillant séparément. Pour James Thomson, l'auteur de l'étude américaine publiée par l'édition en ligne du magazine Science, « ce travail change totalement le champ de la recherche ». Deepak Srivastava, directeur de l'Institut Gladstone sur les maladies cardiovasculaires commente : « Il est monumental par son importance dans le champ de la recherche sur les cellules souches embryonnaires et par son impact potentiel sur notre capacité à accélérer les applications de cette technologie. » Pour Ian Wilmut, « le travail de Yamanaka, véritable révolution scientifique, prouve qu'il est possible de reprogrammer des cellules adultes ordinaires et montre que la plasticité des cellules est beaucoup plus grande qu'on ne le pensait ».

Un autre chercheur, John de Vos, biologiste spécialiste des cellules souches (CHU de Montpellier), nuance l’optimisme général : « Ce travail est une preuve de principe qu'il est possible d'obtenir des cellules très proches, sinon identiques, à des cellules embryonnaires souches, à partir de cellules adultes. […] Un champ de recherche s'ouvre. Au bout, il y a la médecine régénératrice », mais il estime que les recherches sur les embryons humains sont encore utiles : « Pour savoir si les cellules ainsi obtenues ont les mêmes capacités que celles des embryons, il faut bien travailler sur l'embryon. »

Ce que Genetique.org commente ainsi :
« L'intérêt est en fait de savoir si ces cellules sont pluripotentes, c'est-à-dire capables de se différencier en tous types de cellules du corps humain, ce qui semble démontré par ces publications. Pourquoi donc chercher à les comparer aux cellules embryonnaires ? Attention à ne pas confondre cellules pluripotentes et cellules embryonnaires : si les cellules embryonnaires sont pluripotentes, cela ne signifie pas que toutes les cellules pluripotentes sont embryonnaires, c'est-à-dire extraites de l'embryon.
Ces découvertes sont essentielles. C’est peut-être la fin des bébé médicaments dont la fondation Jérôme-Lejeune rappelait encore dernièrement que pour chacun d’entre eux, 100 embryons étaient détruits.

Pour en savoir plus :
"Recherche embryonnaire : la France s’obstine dans l’absurdité scientifique", par Pierre-Olivier Arduin, dans cette édition de Décryptage, 22 novembre 2007
Nouveau : débattez à ce sujet sur notre blog ObjectiondeConscience-Téléthon

Le scandale de l’esclavage sexuel des immigrées

Un séminaire organisé par le Conseil des conférences épiscopales européennes - CCEE et par le Symposium des conférence épiscopales d’Afrique et de Madagascar - SECAM s’est tenu entre évêques européens et africains, au Ghana, à l’occasion de la célébration du 200e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Au cours du séminaire, il a été largement question de l’esclavage historique, mais aussi des formes que prend celui-ci, en particulier l’esclavage sexuel que nous avons déjà évoqué ici. Cette esclavage concerne des millions de femmes dans le monde. Selon l’agence Fides du 19 novembre, Mgr Aldo Giordano, secrétaire général du CCEE, a proposé en conclusion de ce séminaire trois lignes d’action :
« La première est celle de la dénonciation au niveau de l’Église et de l’opinion publique du caractère insupportable du scandale de l’exploitation des êtres humains. La seconde concerne la formation universelle, du clergé à la société civile, pour mettre les personnes en mesure d’apporter des réponses au problème. La troisième prévoit la sensibilisation du monde politique pour qu’il affronte la question ».
Sur ce dernier point les évêques africains et européens ont écrit une lettre aux chefs d’État africains et européens qui sera présentée au prochain Sommet Europe-Afrique qui se tiendra en décembre à Lisbonne. Mgr Giordano précise que les évêques demandent « d’affronter le scandale de la traite des êtres humains mais aussi de résoudre les causes profondes qui poussent des millions d’êtres humains à se fier à des organisations criminelles pour tenter leur chance en Europe. »




Thierry Boutet
Philippe de Saint-Germain




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