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| Décryptage |
| 27 oct. |
Actualité
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Le Fil de la semaine
Fondation de Service politique
Téléthon : des cathos font de la résistance ; les scouts d’Europe à Vézelay sur fond de débat liturgique ; l’Europe, toujours à tâtons avec le traité simplifié… voici le “Décryptage” express de la semaine qui vient de s’écouler par la Fondation de Service politique.
 Semaine précédente |
FRANCE
Téléthon : des cathos font de la résistance
■ Les organisateurs du Téléthon n’hésitent pas à faire le siège des curés de paroisses pour orchestrer des manifestations dans leur église. Mais certains ne se laissent pas faire. Pour preuve cette petite histoire vraie, adressée par l’un de nos correspondants.
Un maire du département de l’Oise annonce à ses administrés, dans le bulletin municipal, que le Téléthon organise un concert les 7 et 8 décembre prochain dans l'église paroissiale. Des paroissiens s’en émeuvent. Ils alertent leur curé, le conseil pastoral et leur évêque. Le Conseil de gestion de la paroisse écrit donc au maire pour faire part de la décision du Conseil pastoral : « Par le passé, des choses semblables ont pu se faire, avec l’accord du curé de notre paroisse.
Toutefois, cette année, après délibération du Conseil Pastoral en date du 17 octobre 2007, et avec le soutien du vicaire général de l’évêque — le Conseil de gestion en accord avec le curé, ne souhaite pas que l’église soit utilisée à cette fin en ce jour de la fête de l’Immaculée Conception de Marie, car des prières sont prévues à l’église à cet effet. » Les signataires motivent leur décision avec charité et fermeté : « La communauté catholique est bien sûr solidaire des actions qui sont menées pour soulager toutes les détresses et elle salue le travail remarquable qui a été fait en ce sens par le Téléthon depuis des années, auquel elle s’est d’ailleurs largement associée.
Toutefois, elle regrette les options qui ont été prises depuis un an, une partie des fonds collectés étant affectée à une recherche qui passe par la sélection embryonnaire, ce qui est en contradiction flagrante avec les valeurs défendues par l’Église catholique. Il n’est pas question, pour la communauté catholique de la paroisse, de mener une campagne contre le Téléthon mais vous comprendrez que nous ne pouvons désormais user d’un double langage en soutenant ouvertement cette action. » Invoquant la conscience de chacun, le Conseil de gestion de la paroisse termine sa lettre en formant le vœu que la municipalité trouve « un lieu qui convienne au mieux pour ce concert ».
Après plusieurs rebondissements, il semble acquis que le concert n’aura pas lieu, y compris dans la commune elle-même : le promoteur du concert, lui-même paroissien, a démissionné de ses fonctions, et renoncé à son projet. À sa place une adoration continue est proposée à l’église aux habitants dans la nuit du 7 au 8 décembre.
Cette histoire de clocher prouve qu’il est possible de se mobiliser pour faire respecter le caractère sacré de nos églises, et la conscience des chrétiens à l’égard de la vie humaine.
Car l’intérêt du Téléthon pour la population catholique n’est pas neutre : statistiquement, elle est la plus généreuse. Les catholiques n’hésitent pas à donner très largement à des œuvres profanes. Toutes les associations et ONG le savent. Le soutien de l’Église – ou à défaut sa neutralité bienveillante — est donc un enjeu majeur pour les organisateurs du Téléthon.
Aujourd'hui, il n'est pas trop tard pour résister à la pression que le Téléthon exerce, au nom du bien, et avec des moyens colossaux sur la conscience de chacun.
Pour la petite histoire, le conseil pastoral de notre commune de l’Oise n’est pas au bout de ses peines : les militants du Téléthon ont prévu de quêter… les enfants du catéchisme.
Pour en savoir plus :
■ À propos du Téléthon 2006, la voix des évêques : « Pas de chèque en blanc »
ÉGLISE
À Naples, l’esprit d’Assise
■ Le Saint-Père a participé au rassemblement annuel de Sant'Egidio, qui s’est achevé à Naples le 21 octobre sur le thème « Pour un monde sans violence. Dialogue des religions et des cultures ». Au séminaire de Capodimonte, Benoît XVI a reçu les chefs de délégations participantes à cette XXIe Rencontre internationale pour la paix. « La rencontre de ce jour nous rappelle celle de 1986 — leur a dit le Pape — quand Jean-Paul II invita à Assise les représentants religieux à prier ensemble pour la paix, soulignant en la circonstance le lien étroit entre un authentique geste religieux et une sensibilité envers ce bien fondamental de l'humanité. » Cette rencontre rappelle aussi, a t-il précisé, celle de 2002, lorsqu’ après l'attentat contre les tours jumelles de New York, Jean-Paul II avait invité à Assise les chefs religieux « pour demander à Dieu d'éloigner les graves menaces qui pesaient sur l'humanité, spécialement à cause du terrorisme ».
Dans la ligne de son appel à la nécessaire purification de la foi et de la raison, « l'authentique esprit d'Assise » s'oppose pour lui
« à toute forme de violence et à l'abus de la religion comme prétexte pour la violence. En ce monde lacéré de conflits, où parfois la violence est justifiée au nom de Dieu, il est important d'affirmer une nouvelle fois que les religions ne pourront jamais se convertir en véhicule de haine, on ne pourra jamais justifier le mal et la violence en invoquant le nom de Dieu…
Les religions peuvent et doivent offrir de précieux recours pour construire une humanité pacifique, parce qu'elles parlent de paix au cœur de l'homme. L'Eglise catholique veut poursuivre dans la voie du dialogue pour améliorer la compréhension entre les cultures, les traditions et les sagesses religieuses. Je désire vivement que cet esprit se répande toujours plus, surtout là où les tensions sont les plus fortes, là où sont niés la liberté, le respect de l'autre et là où les hommes et les femmes souffrent des conséquences de l'intolérance et de l'incompréhension ».
Pour en savoir plus :
■ Le texte intégral de l’homélie de Benoît XVI à Naples
L’unité scoute à Vézelay ?
■ Du 1er au 4 novembre, les routiers scouts d’Europe se retrouvent pour leur 32e pèlerinage national à Vézelay. En cette année du centenaire du scoutisme, celui-ci prend une dimension particulière sur fond de débat liturgique… Dernier évènement de ce centième anniversaire, le pèlerinage des scouts d’Europe rassemblera plus de 2 000 routiers. Signe d’unité du scoutisme, des centaines de routiers SUF (scouts unitaires de France) se sont joints à eux.
C’est le père Yannick Bonnet, curé du sanctuaire Saint-Joseph-d’Espaly, au pied du Puy-en-Velay, qui les accompagnera dans cette démarche. Il leur présentera la vie de l’abbé Franz Stock, le prêtre allemand artisan de paix et de réconciliation durant la dernière guerre (c’est lui notamment qui accompagna Honoré d’Estienne d’Orves au peloton d’exécution, cf. Décryptage, 19 octobre). Mgr Aumonier, évêque de Versailles, présidera la veillée d’adoration dans la basilique Sainte-Madeleine, le samedi 3 novembre à 20h, et la messe le dimanche 4 novembre à 10h.
Ce signe d’unité est d’autant mieux venu que le conseil d’administration des guides et scouts d’Europe vient de prendre une décision, soumise par l’équipe nationale, qui a surpris de nombreux cadres et parents du mouvement. Celui-ci a validé une interprétation du Motu proprio Summorum pontificum au sein du mouvement, qui n’autorise que la seule forme ordinaire du missel, et qui refuse comme conseillers religieux des prêtres qui célèbrent habituellement la messe selon la forme extraordinaire. Bref, des mesures en recul par rapport aux textes de référence précédents, et à rebours de la volonté d’ouverture de Benoît XVI. Bien que la question ne concerne qu’un nombre marginal d’unités, elle a valeur de symbole dans une association qui a longtemps souffert d’un véritable ostracisme de la part du clergé français.
Alors que le Pape veut la paix dans la diversité des expressions liturgiques, l’annonce de cette décision, motivée officiellement par des raisons pédagogiques, heurte de plein fouet la dynamique de rassemblement qui progressait chaque année entre les diverses sensibilités présentes dans le mouvement. S’affranchir si nettement du Motu proprio étonne quand le document romain permettait, sous l’autorité du pape et de l’Église, d’exiger un comportement irréprochable de la part de groupes qui avaient tendance à cultiver une autonomie assez peu « esprit scout ».
Cette démarche unitaire, certains évêques l’ont bien comprise et s’efforcent de la mettre en œuvre ou de la soutenir dans leur diocèse, comme à Toulouse ou à Toulon. La défaillance des mouvements chrétiens réputés les moins conformistes et les plus loyaux à l’égard du magistère, peut les mettre en difficulté.
Il reste que les réactions à la décision de l’équipe nationale paraissent décalées : blogs, pétitions, manifestes pleuvent en tous sens. Tous devraient savoir que les principes élémentaires du réalisme scout et de la pédagogie (« le sens du concret ») commandent la patience et, sans doute, le traitement des situations au cas par cas, à l’échelon local, avec prudence et charité. Un mouvement scout ne fonctionne pas selon les règles d’une administration armée, ni ne peut consentir à des manifestations de type syndical. C’est plutôt une famille où les chefs connaissent leurs brebis et savent panser les blessures.
Cela, les jeunes générations le savent bien, qui vivent mieux que leurs anciens la diversité de l’Église. Les membres du conseil d’administration du mouvement ne peuvent pas l’ignorer non plus. Les parents, qui leur font confiance, comptent sur leur discernement pour faire œuvre d’unité en direction de ceux qui sont attachés loyalement à la pédagogie des scouts d’Europe.
Appel aux catéchistes
■ « Comment élargir la responsabilité de la transmission de la foi à toute l’Église et à tous les âges de la vie... ? » C’est la question qui réunit pendant trois jours à Lourdes plus de 7000 catéchistes. À quelques jours de l’assemblée des évêques de France qui abordera aussi ce dossier, le cardinal Hummes, préfet de la congrégation pour le clergé, publie une « Lettre aux catéchistes ». Ce message plein de joyeuse affection, est riche d’enseignement sur les priorités que chaque catéchiste, « maître et témoin de la vérité » doit introduire dans sa vie pour « révéler le message du Christ ».
Comment enseigner ce que l’on ne connaît pas ? Comment témoigner de ce que l’on ne vit pas soi-même, dans la prière et la charité ? Le cardinal propose un hymne à la sainteté à tous les éducateurs chrétiens. Extraits : « Continuez à manifester votre passion et votre volonté d’acquérir la physionomie propre aux maîtres, aux éducateurs et aux témoins de la vérité, afin de la transmettre intégralement et fidèlement aux hommes de notre temps.
Soyez capables de fortifier votre foi, "toujours prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous" [1Pi 3,15], par la prière, par la formation, par la charité. Montrez-vous toujours joyeux et zélés pour que, à travers votre travail, "Dieu reçoive sa gloire par Jésus Christ, car c’est à lui qu’appartiennent la gloire et la puissance" [1 Pi 4,11].
Je vous exhorte à prier et à cultiver avec confiance une relation d’amour, de disponibilité, d’écoute et de silence avec le Seigneur.
Dans un monde souvent privé d’espérance, en proie à la violence et à l’égoïsme, que chacun de vos gestes, chacun de vos sourires, chacune de vos paroles soit le témoignage vivant que le Seigneur a vaincu le péché et la mort, et que l’amour est possible !
Redécouvrez les racines profondes de votre témoignage dans le baptême et la confirmation.
Nourrissez votre service de catéchistes de la nourriture des forts : l’Eucharistie.
Révélez le visage du Christ à tous ceux que vous rencontrez, dans la gratuité et dans la fidélité à votre service.
Que l’Esprit du Seigneur renouvelle votre vie, et qu’il fasse grandir la communion entre vous. "Que le monde de notre temps qui cherche, tantôt dans l’angoisse, tantôt dans l’espérance, puisse recevoir la Bonne Nouvelle, non d’évangélisateurs tristes et découragés, impatients ou anxieux, mais de ministres de l’Évangile dont la vie rayonne de ferveur, qui ont les premiers reçus en eux la joie du Christ, et qui acceptent de jouer leur vie pour que le Royaume soit annoncé et l’Eglise implantée au coeur du monde" » (EN 80).
Paris : colloque de l’Union pour la Vie
■ L'union pour la Vie organise tous les ans un colloque le 20 novembre. Au programme cette année : « Petites cellules… Grands espoirs. La vie au prix de la vie ». Cette réunion se situe dans la perspective de la révision de la loi de bioéthique et de la réunion des États généraux de la bioéthique.
Parmi les intervenants : Alexandre Varaut, Jean Sévillia, Nicolas Forraz, biologiste à Newcastle dans l'équipe du professeur Mac Gücking, également présent, dont les travaux sur les cellules souches issues du cordon ombilical, sont de nature à remettre en cause la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Les interventions seront suivies d'un débat.
XIIe colloque de l’UPV
20 novembre, 18h30 à 22h,
Salle Rossini, 8, rue de l’Annonciation, 75016 - Paris
Métro : Muette, Passy – RER C : Boulainvilliers – Bus : 63
Renseignements : www.unionpourlavie.net
AFFAIRES ETRANGERES
Avortement : un nouveau chemin
■ Le nombre d’avortements baisse dans le monde d’après Lancet, mais le doute subsiste sur la cause de cette diminution. Au Royaume-Uni, les évêques proposent un nouveau chemin. Gènéthique.org rapporte les chiffres de Lancet : les avortements auraient diminué de 17 % dans le monde entre 1995 et 2003, passant de 46 à 42 millions. Bien qu’ils soient de 50 % en Europe de l’Est, la diminution serait plus importante dans les pays développés que dans les pays en voie de développement où ils seraient responsables de 97 % de la mortalité maternelle. Mais au total, c’est encore 20 % des grossesses dans le monde qui se termineraient par un avortement spontané ou provoqué.
Selon les auteurs de l’étude, la réduction de l’avortement coïncide avec l’augmentation de l’usage de la contraception, une information et des chiffres à prendre toutefois avec précaution. Comme l’a relevé Gènéthique.org, « une étude publiée le 5 juin dernier par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) révélait que malgré un taux d’utilisation des contraceptifs les plus élevés d'Europe, la France affichait un taux annuel très élevé de 200 000 avortements provoqués. La moitié des femmes qui avaient avorté utilisaient un contraceptif efficace... L'étude parlait du paradoxe contraceptif français. » De leur côté les cardinaux anglais constatent dans une lettre publiée lundi dernier, à l’occasion du 40e anniversaire du décret de 1967 sur l’avortement, que « l’avortement a pris des proportions telles qu’il est devenu une source d’angoisse pour tous les habitants, indépendamment de leur croyance ou de leurs convictions politiques. »
Ils déplorent l’usage du slogan « le droit de choisir », qui nie le rôle du père dans la vie de l’enfant : « [Ce slogan] semble ignorer le fait que la majorité des hommes veulent être pères de leurs enfants, écrivent-ils. Si nous acceptons le slogan “le droit de choisir des femmes” comme un principe décisif d’un choix aussi profond entre la vie et la mort, au lieu d’encourager les hommes à accepter leur responsabilité, cela risque d’encourager un refus ou une fuite de leur part.
C’est la raison pour laquelle nous pensons que l’avortement n’est pas seulement un choix personnel. Il concerne les choix que notre société décide de faire pour soutenir les femmes, leurs partenaires et les familles dans ces situations. Si notre société choisit la vie, il n’y a alors aucune raison pour laquelle l’enfant, la mère et le père, et même la famille et la société tout entière ne puissent pas grandir en fonction de leur potentiel. L’avortement vole à chacun son avenir. Sur le plan individuel et en tant que société, nous sommes convaincus que nous avons un autre choix : celui de donner naissance à la vie. » Les cardinaux proposent en conséquence un plan en sept étapes, dont la première serait de « respecter et soutenir la décision de membres du personnel de la santé qui refusent de pratiquer des avortements ou d’assister un médecin qui le fait, pour des raisons de conscience ». Pour eux « l’heure est venue de prendre un autre chemin ».
L’Europe, toujours à tâtons
■ Le secrétaire général de la COMECE, Mgr Treanor, salue l’annonce d’un accord sur un nouveau traité institutionnel pour l’Union européenne. La Fondation de Service politique relève des points inacceptables. Adopté à Lisbonne le 18 octobre par les vingt-sept chefs d’État et de gouvernement, le traité dit "modificatif" ou "simplifié" sera solennellement signé le 13 décembre.
Le lendemain de son approbation, la COMECE (Commission des épiscopats européens) a rendu public un communiqué signé par son secrétaire général. Pour Mgr Treanor, l’annonce de l’accord « met fin à quatre années de tentatives difficiles et de crise institutionnelle suite au rejet du Traité constitutionnel par les référendums en France et aux Pays-Bas en 2005 ».
La COMECE ne cache pas sa satisfaction, après avoir redouté « les menaces qu’ont fait peser jusqu’au dernier moment les revendications nationales sur l’issue des négociations » (sic).
Elle « salue le fait que le souci du bien commun et l’intérêt de 500 millions de citoyens l’aient finalement emporté ».
En particulier, la COMECE « salue particulièrement l’introduction de l’article 15b du Traité sur le fonctionnement de l’UE, qui stipule que “l'Union respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les églises et les associations ou communautés religieuses dans les États membres… reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l'Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces églises et organisations.”
Sur la base de cet article, qui introduit une nouvelle disposition dans les traités, les institutions de l’UE s’engagent à mener un dialogue plus approfondi avec les Églises, permettant ainsi aux chrétiens d’accompagner plus efficacement le processus de construction européenne vers un Union plus solidaire et plus juste pour les citoyens européens, une Union plus responsable face aux grands défis mondiaux. » Mgr Treanor note enfin « avec intérêt que le Traité modificatif introduit un préambule au Traité sur l’Union européenne qui reconnaît les héritages culturels, religieux et humanistes de l'Europe ». Le texte est le suivant : « S'inspirant des héritages culturels, religieux et humanistes de l'Europe, à partir desquels se sont développées les valeurs universelles que constituent les droits inviolables et inaliénables de la personne humaine, ainsi que la liberté, la démocratie, l'égalité et l'État de droit… » La reconnaissance des racines chrétiennes est rejetée, mais le prélat semble se satisfaire de lui trouver une place « dans le débat », un « débat bénéfique pour la réflexion sur l’identité européenne ; il doit donc rester d’actualité».
En conclusion, le secrétaire de la COMECE « encourage les chrétiens à s’approprier dans les prochains mois les questions et les enjeux du débat européen ».
Précisément, la Fondation de Service politique pense que l'unité politique européenne est un problème qui reste entier, et ne cache pas son inquiétude, malgré quelques satisfactions, sur le texte du traité simplifié. Parmi les points positifs :
- il ne comporte plus toute la symbolique étatique qui tendait à subvertir les peuples pour imposer l’idée d’un processus inéluctable et irréversible ;
- il encadre davantage les compétences de l’Union européenne et limite un peu mieux les empiètements de la Cour de justice ;
- il rééquilibre les pouvoirs des différents organes…
Mais certains points du traité et de ses modalités d’application demeurent inacceptables : - la question des racines chrétiennes de l’Europe a de nouveau été éludée (on ne peut se satisfaire de la réduction de sa place dans le « débat ») ;
- la réintroduction de façon détournée du caractère contraignant de la Charte dite « des droits fondamentaux », qui sacralise le principe de non-discrimination (donnant par exemple force de loi aux revendications des minorités homosexuelles) : c’est une lecture relativiste de la morale, qui laisse à l’arbitraire des juges le pouvoir de décider ce qui est bien ou mal ;
- que ce qui a été refusé par le peuple (essentiellement, la tutelle d’une administration sur la loi nationale) soit voté par le Parlement.
Comment, dans ces conditions, se reconnaître dans une Europe qui se cherche toujours à tâtons, refusant son histoire et ses valeurs fondatrices, au péril de son avenir et son unité ?
Pour la Fondation de Service politique,
Thierry Boutet et Philippe de Saint-Germain
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