|
|
| Décryptage |
| 29 juin |
Actualité
|
Le FIL de la semaine
par la Fondation de Service politique
L'attelage Boutin/Amara interpelle la gauche, la montée du satanisme, la France et la Pologne au centre du jeu européen... les points chauds de l'actualité de cette semaine par l'équipe de la Fondation de Service politique.
 Semaine précédente |
FRANCE
Christine Boutin et Fadela Amara, même combat
■ « Sarkozy réussit à pacser Boutin et Fadela Amara ! », écrit Evariste, le chroniqueur de ResPublica, le site de la “gauche républicaine”. « Alors que l’une a accompagné tous les combats des intégristes catholiques contre le droit des femmes, des homosexuels et la laïcité, note l’observateur, l’autre mène, depuis les années 1980 le combat contre le racisme et pour l’intégration, sur des bases laïques... Il était donc pour le moins surréaliste, et même gênant, de les voir toutes les deux, bras-dessus bras-dessous, devant les journalistes, en train d’éclater de rire au souvenir des leurs affrontements passés, Fadela se permettant même de dire avec son langage bien à elle : "C’est vrai qu’on s’est bien fritées" ».
Son commentaire d’une nomination qualifiée par lui d'"ubuesque" pose une question qui peut aussi être la nôtre : « Certains de nos proches, qui, comme nous, ont mené des combats communs avec NPNS et sa présidente, craignent que ce ralliement ne discrédite le combat des laïques et des féministes, surtout après avoir entendu les propos de Nicolas Sarkozy sur le droit de grève, et l’ensemble du programme qu’il a annoncé dans la foulée, pour cet été.
« D’autres se montrent moins circonspects, et espèrent que Fadela, dans ce gouvernement, aura les moyens de faire progresser la cause qu’elle défend depuis ses engagements militants de jeunesse. Ils se disent que les quartiers n’ont pas le temps d’attendre que la gauche revienne au pouvoir, et que si Fadela profite de sa connaissance pour faire avancer le droit à l’égalité hommes-femmes, et faire reculer l’intégrisme dans les quartiers, eh bien, qu’elle y aille ! » Et le militant laïc poursuit : « Faut-il... refuser au nom des principes, et rester dans une opposition stérile, ou négocier un rapport de forces qui permet de travailler utilement pour la commune, sur des dossiers précis ? »
La réponse est nuancée :
« Les réponses ne peuvent être toutes faites, mécaniques, face à des situations variées, dont la réponse peut bouleverser l’engagement d’une vie militante, et le quotidien d’un individu. » La gauche aussi a son débat sur les principes non négociables…
Amniocentèse, triste record mondial
■ Le diagnostic pré-natal a des effets dramatiques. Selon Genethique.org, 15 % des femmes enceintes pratiquent une amniocentèse en France. Ce record mondial, précise le journal TV de TF1 « provoque une fausse-couche dans 1% des cas, ce qui au total entraîne l'avortement spontané de deux enfants sains, pour l'avortement volontaire d'un enfant atteint d'une malformation ou d'une maladie génétique dépistée soit 900 bébés chaque année. »
Une situation que la Haute autorité de la Santé (HAS) voudrait réduire, non pour des raisons morales mais “économiques”.
ÉGLISE
Liturgie : le motu proprio présenté aux évêques
■ Benoît XVI s’est entretenu pendant une heure avec les cardinaux et évêques de différents pays venu assister à la présentation du motu proprio sur la messe dite de saint Pie V par le cardinal Tarcisio Bertone, le 27 juin. « C'est une forme de publication interne à l'Église», a confié le cardinal secrétaire d’État. La publication « externe », c'est-à-dire officielle, devrait intervenir sous peu, par le truchement de l'Osservatore Romano. Le texte, rédigé en latin, sera accompagné d'une lettre de Benoît XVI en plusieurs langues.
Le Vatican avance donc à petit pas. Depuis la dernière réunion officielle de la commission Ecclesia Dei, le 12 décembre 2006, de nombreuses modifications du texte ont eu lieu.
L’objectif fixé par Benoît XVI à la commission était de favoriser le retour des communautés attachées au missel de 1962 à la pleine communion de l'Église et de légitimer une tradition liturgique malmenée depuis Vatican II.
Le projet, on le sait, a suscité de nombreuses réactions d’évêques notamment en France. Ceux- ci ne voulant en aucun cas que le rite tridentin soit de « plein droit », au même titre que celui de Paul VI. L’évêque étant le « liturge par excellence dans son diocèse », le motu proprio devrait comprendre des dispositions pour protéger l’exercice de sa responsabilité.
Recrudescence du satanisme
■ Les actes sataniques se multiplient en France. En cause : une sous culture de plus en plus répandue chez les jeunes. Dans la nuit du 15 juin, un incendie a détruit la chapelle de la Croix à Loqueffret, au centre de la Bretagne. Sur les murs : l'inscription "TABM" (pour : True Armorik Black Metal ) et une croix renversée. Cette profanation fait suite à la destruction de calvaires à Bénodet, Gouesnac'h et Langolen. On a relevé également des profanations de croix au Drennec, et au cimetière de Léhon, près de Dinan.
Selon Infocatho, du 24 juin, « plusieurs personnes ont été interpellées qui déclarent agir ainsi parce qu'elles sont opposées à ces présences ecclésiastiques».
Des dépravations que l’agence rapproche de la croissance en France de courants sataniques, et du succès de groupes de hard rock très sulfureux. Ainsi le site catholique rapporte les propos de Marylin Manson (photo) : « En fait, je suis prêtre de l'église de Satan! Le satanisme est une philosophie qui me passionne, c'est l'ultime rébellion contre l'ordre établi et Dieu. »
Tout récemment, le chanteur avait programmé (le 31 mai) un concert à Toulon au Zénith Oméga pour présenter son tout nouvel album « Eat Me, Drink Me ». Des chrétiens de toutes confessions se sont levés pour faire annuler ce concert, en organisant un "Jéricho de prière". Il s'agissait de marcher autour de la salle de spectacle… en priant comme à Jéricho ! D'où le nom de l'opération. Contrairement à ce que nous avions écrit (le 29/06), le concert n'a pas été annulé, mais, d'après un de nos correspondants, le chanteur ne s'est pas déclaré très "à l'aise", et il semble que les spectateurs soient ressortis très déçus du spectacle, largement écourté (seulement 1h20).
En revanche, le même chanteur avait prévu un spectacle en 2003 à Marseille, qui a bien été annulé pour cause... d'inondation. Il y a des démons que l’on ne peut chasser que par le jeûne et la prière ! [mise à jour, 2/07]
AFFAIRES ETRANGERES
Traité simplifié, Europe compliquée
■ Gérard Leclerc signe dans France catholique un éditorial nuancé sur l’accord de traité européen simplifié (texte intégral dans notre édition, avec l’article de Roland Hureaux, plus sévère). « Est-ce une Europe simplifiée qui émergera de ce traité simplifié, négocié dans la douleur à Bruxelles, sous les auspices de la chancelière Angela Merkel, puissamment secondée par le nouveau et dynamique président français » demande l’éditorialiste ? La réponse est « oui et non... Oui, parce que le compromis obtenu permet de sortir de la confusion engendrée par les refus français et néerlandais au projet du traité constitutionnel. Non, car l’Europe qui s’est ainsi retrouvée n’a nullement éliminé ses propres contradictions... »
Comme G. Leclerc le souligne, il manque toujours un accord de fond sur le sens de l’Europe et une absence de vrai consentement populaire à la construction européenne, ce que Roland Hureaux déplore également. Celle-ci reste prisonnière de sa logique réductrice et de son refus de reconnaître « son lien avec ses origines chrétiennes ».
L’absence de la Charte des droits fondamentaux, mais le maintien de son caractère contraignant en est l’un des signes. Ce qui explique les réserves justifiées des Polonais qui craignent que l’Europe porte atteinte « au droit des États de légiférer dans le domaine de la moralité publique, du droit de la famille, de la protection de la dignité humaine, de l’intégrité humaine, physique et morale ».
Mais une fois de plus, on relève que l’objet des compromis européen consiste avant tout à sauver la face, et de repousser les sujets qui fâchent. Ce vendredi, le Premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski a remis les pendules à l’heure en déclarant qu'il "voulait rouvrir le débat" concernant les droits des pays minoritaires. Il a exigé une clarification du "compromis de Ioannina", du nom de la ville grecque, qui permettra aux pays de l'UE en minorité sur une décision de la geler provisoirement, dans le nouveau traité simplifié. "Cette question doit être réglée par la Conférence intergouvernementale (CIG)", chargée de rédiger le texte du traité suivant le mandat du Conseil européen, a affirmé le Premier ministre polonais.
Le mandat pour la CIG prévoit qu'à partir du 1er avril 2017, si "55% des États nécessaires pour constituer une minorité de blocage, ou 55% de la population nécessaire à cette minorité sont réunis", le Conseil "fait tout ce qui est en son pouvoir pour aboutir dans un délai raisonnable à une solution satisfaisante".
"La Pologne, alliée par exemple à la France, pourrait en profiter", a déclaré M. Kaczynski en précisant qu'il en avait parlé avec le président français Nicolas Sarkozy. La France et la Pologne au centre du jeu européen ? C'est peut-être la bonne nouvelle de la semaine...
Espagne : la liberté religieuse menacée
■ Les évêques espagnols se sont à nouveau prononcés contre la loi sur l’éducation. « Quand un droit aussi fondamental que celui de la liberté de conscience et d’enseignement est en question, tous — et les catholiques en particulier — doivent se montrer unis dans sa défense » déclare leur communiqué publié par l’agence Fides, à l’issue de la réunion de la Commission permanente de la conférence épiscopale espagnole (CEE), qui a lieu du 19 au 21 juin.
Ils considèrent que « le décret royal réglant le travail des professeurs de religion, publié le 9 juin, « ne répond pas à l’Accord sur l’enseignement entre l’Etat espagnol et le Saint-Siège, par lequel devient effectif pour les catholiques dans ce domaine le droit à la liberté religieuse reconnu de façon générique par la Constitution espagnole... nous ne pouvons exclure qu’il est nécessaire d’exercer des actions légales opportunes afin que soit respectée l’ordre juridique en vigueur qui protège les droits de tous ».
En cause notamment les cours d’« Education pour la citoyenneté », qui diffuse une formation dite « morale », profondément contraire à une conscience catholique. Dans ces conditions, « tous les élèves, catholiques ou non, restent lésés dans leurs droits, puisqu’à personne ne peut être imposée une formation morale non choisie par lui ou par ses parents ».
Les évêques exhortent chacun à « agir de façon responsable et engagée devant une matière inacceptable tant dans la forme que dans le contenu... La gravité de la situation ne permet pas d’avoir des positions passives ni de céder ». Les catholiques espagnols sont invités à faire appel « à tous les moyens légitimes pour défendre la liberté de conscience et d’enseignement, qui est en jeu ».
RU : Tony Blair chez Benoît XVI
■ Les évêques espagnols se sont à nouveau prononcés contre la loi sur l’éducation.Au moment de quitter ses fonctions, Tony Blair a été salué par une standing ovation au parlement de Londres. s’est rendu auprès du Pape le 23 juin. Voici le communiqué publié par Vatican information Service : « À la suite de la rencontre de M. Tony Blair avec le Saint-Père puis avec le cardinal secrétaire d'État et le secrétaire pour les rapports avec les États, la Salle-de-Presse du Saint-Siège précise que “les entretiens ont permis de revenir sur certains points forts du mandat du Premier ministre britannique”.
Ce tour d'horizon des dix dernières années a été suivi d'un échange d'opinion sur la situation internationale, et en particulier sur certains points délicats au Moyen-Orient et sur l'Union Européenne après le sommet de Bruxelles... Après un examen commun de certaines lois récemment approuvées par le parlement britannique, [les diplomates du Sain,t-Siège] ont souhaité plein succès à M. Blair qui s'apprête à quitter ses fonctions et entend s'engager tout particulièrement en faveur de la paix au Proche et Moyen-Orient, ainsi que dans le dialogue interreligieux. » Une visite d’autant plus symbolique que l’on sait Tony Blair désireux de se convertir au catholicisme, une décision alors incompatible avec sa fonction de Premier ministre britannique.
Pour la Fondation de Service politique,
Thierry Boutet
Philippe de Saint-Germain
■ D'accord, pas d'accord ? Envoyez votre avis à Décryptage
■ Retour au sommaire
■ L’actualité romaine avec Generation-BenoîtXVI.com
© [DECRYPTAGE ™] sur www.libertepolitique.com, lettre d'information électronique de la Fondation de service politique, réseau catholique de presse et d'analyse. Droit de reproduction totale ou partielle autorisé sous réserve de citer la source et le lien Internet.
|
|
|
|
|