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Décryptage

Christine Boutin écartée du gouvernement

3 Juillet 2009 | François de Lacoste Lareymondie

La présidente du nouveau Parti chrétien-démocrate, Christine Boutin, évoque son « jetage » du gouvernement en termes peu amènes. L’ancien ministre du Logement se plaint d’avoir été maltraitée et se dit « victime d’un délit de sale gueule ». A-t-elle été écartée en raison de ses idées ?

En préliminaire, on doit se rappeler que la constitution d'un gouvernement est ce qu'il y a de plus imprévisible et de moins logique. C'est l'acte le plus politique qui soit, le plus politicien devrait-on dire, par conséquent le plus frustrant pour les exclus, les évincés, et les malchanceux de toute sorte. S'il y a un domaine où les droits acquis n'existent pas et où les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent, c'est bien celui-ci.

Deuxièmement, l'actuel équilibre des pouvoirs au sein de l'exécutif est tel que cet exercice est totalement dans les mains du président de la République, plus encore après les résultats des élections européennes. Il est notoire que François Fillon n’a contribué que marginalement à la constitution de ses gouvernements successifs, ayant surtout joué le rôle ingrat qui consiste, éventuellement, à déblayer le terrain préalable, plus sûrement à faire avaler les pilules présidentielles par ceux avec qui il entretient de meilleurs rapports. S'en prendre à lui pour épargner le chef de l’État n’est pas raisonnable.

Enfin, bien que Christine Boutin se soit bien tirée d'un ministère politiquement exposé à l'agitation politique récurrente (chaque hiver comporte un nouveau risque de dérapage qu'elle a su gérer avec doigté), elle paie probablement plusieurs ardoises. Peut-être des dysfonctionnements internes. Sans doute l'institution du « droit au logement opposable » (la loi du 5 mars 2007, dite DALO) dont elle est à l’origine mais qui, à l'expérience et une fois qu'on a quitté l'euphorie démagogique pour entrer dans le concret, s'avère politiquement scabreux et débouche sur un imbroglio juridico-administratif, notamment avec les collectivités locales, dont les prochains gouvernements n'ont pas fini de souffrir.

Plus certainement, mais cette circonstance est à son honneur, on lui reproche ses prises de position récentes contre plusieurs projets chers au Président (statut du beau-parent, mères porteuses, travail du dimanche).

On est en droit de penser que cette dernière raison a pesé lourd, d'autant plus que les faits sont récents et que Christine Boutin n'a pas eu le temps de les faire oublier ou de les compenser par d’autres actions. Or la solidarité gouvernementale, fût-elle de façade, est un principe-clé de fonctionnement de tout gouvernement. À cet égard, l’élue des Yvelines n'a pas les liens historiques ou personnels avec le président de la République qui lui eussent permis de prendre des libertés. Celui-ci n'a certainement pas apprécié d'avoir été bloqué de façon aussi visible politiquement sur des propositions symboliques : il l'a d'ailleurs fait savoir publiquement à l'époque. Pas plus qu'il n'a pardonné à Roger Karoutchi, malgré son "coming out" de sauvetage électoral, les plantages parlementaires récents que le ministre chargé des Relations avec le Parlement avait précisément pour mission de parer.

Poids politique


Même si l’amertume de Christine Boutin est compréhensible, il est toujours mal perçu de se lamenter sur sa propre éviction. On se souvient des femmes nommées dans le premier gouvernement Juppé, qu’on a appelé les « juppettes », évincées en 1995, et dont rares sont celles qui ont survécu politiquement.

La question de fond est celle du poids politique de Christine Boutin. Le gouvernement remanié vise davantage à renforcer l’efficacité du dispositif et à maintenir la pression sur la gauche, qu’à soigner l’équilibre des courants politiques au sein de la majorité présidentielle. Certains ont cru que l’ouverture de Nicolas Sarkozy et son approche « positive » du fait religieux ouvraient un espace aux porte-drapeaux de telle ou telle tendance. Christine Boutin a volontiers campé un rôle dans cette perspective. Or les catholiques français ne fonctionnent pas sur le registre partisan : même unis sur l’essentiel, ils ne s’enferment jamais dans un seul parti ni autour d’une seule personnalité, ce qui est la sagesse même. Le nombre de parlementaires indépendants qui partagent leurs convictions en témoigne.

Sans doute une part des Français, catholiques ou non, ne restera pas insensible à l’éviction de la présidente du Parti chrétien-démocrate. Mais cette part est probablement insuffisante et trop peu homogène pour que celle-ci s’attribue le poids politique de cet électorat, que nul n’a jamais pu fédérer.


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Commentaires (11)

Philippe E. Pouzoulet (03/07/2009): Je souscris au décryptage en finesse de François de Lacoste-Lareymondie et naturellement à sa conclusion.

Mme Boutin avait fait le pari qu'en soutenant N. Sarkozy, et en entrant au gouvernement, elle pourrait agir plus efficacement de l'intérieur de l'appareil de pouvoir qu'au moyen d'une contestation "tribunicienne", pour changer la culture politique de la droite et faire régresser le libertarisme dans sa version libérale (comme on le voit : une version « bruno-sarkozienne »). C'est manifestement un échec, dont les propos de l'intéressée accusent le coup. Avec sa culture chrétienne, Mme Boutin est expulsée du gouvernement comme un corps étranger. Avec sa culture libertaire, M. Mitterrand, l'un des meilleurs amis de P. Bergé, sponsor du lobby gay, y fait son entrée en fanfare.

Il va falloir aller plus au fond des choses et, chez les catholiques, réviser une idée reçue : on ne travaille pas mieux à la promotion de la doctrine sociale de l'Eglise en votant UMP et en soutenant N. Sarkozy. Cela ne veut pas dire que les catholiques n'ont pas d'excellentes raisons de continuer à voter ainsi, ce que, d’ailleurs, ils continueront majoritairement à faire avec ou sans Mme Boutin au gouvernement : mais ce sont des raisons bourgeoises.

C'est en fait toute une culture politique qui est à réensemencer, à droite, au centre, à gauche. En effet, aujourd'hui, il n'est pas un seul parti auquel un catholique puisse en confiance donner son vote. Et ce n'est pas la fondation d'un parti démocrate-chrétien, contraint à toutes les compromissions électorales avec l'UMP dominante, qui changera quoi que ce soit à la situation.

Sortons de l'illusion, de l'hypocrisie, ou de l'ingénuité…
Jean Bourdil (04/07/2009): De mon point de vue, cet article et son commentaire sont remarquables de finesse. Bravo, ça nous change de la saga Michael Jakson.
J.B.
Nicolas Journé (04/07/2009): Je souscris parfaitement à l'analyse de l'article et à son premeir commentaire, celui de Mr Pouzelet.
Mme Boutin a bien entendu des qualités de coeur mais elle a commis les erreurs que vous dénoncez. Son parti démocrate, inféodé à l'UMP, donc à Sarkozy avec tout ce qu'il représente d'insupportable dans sa volonté d'adapter notre pays à son abominable style de vie, et son incapacité pathétique à avoir une seule réflexion profonde. Je ne sais plus quel président européen, insoumis disait de notre président: " Je crois que ce Monsieur parle beaucoup plus vite qu'il ne pense"
Dominique Daillet (05/07/2009): Sur l'analyse des causes politiques qui ont conduit à évincer Mme Boutin du gouvernement, le constat me semble juste. Mais allons plus loin : si le poids politique de Christine Boutin n'est pas celui que tous les défenseurs des convictions chrétiennes sont en droit d'espérer (et vous avez raison de souligner qu'elle n'a pas failli sur l'essentiel, bien au contraire), à qui la faute ? Mme Boutin n'a jamais prétendu fédérer sous son drapeau tous les chrétiens de France, elle leur propose simplement un espace d'engagement pertinent, un espace sur lequel les lecteurs de ce site verseraient d'amères larmes s'il venait à disparaître. Car, au coeur du pouvoir, l'ex-FRS, Parti Chrétien-Démocrate aujourd'hui, est la seule formation politique à porter le poids des "points non négociables" chers à "Liberté politique" et à tous ceux qui sont issus de la génération Jean-Paul II. Aide-t-on assez cette formation politique à se faire entendre et à se développer ? La question est-elle de savoir si oui ou non il faut s'afficher chrétien en politique ou celle de savoir s'il n'est pas grand temps de se retrousser les manches ensemble, au coeur du monde politique, pour défendre la dignité absolue de la personne humaine ? Veut-on, oui ou non, des parlementaires chrétiens assez nombreux et assez organisés pour peser dans les débats politiques cruciaux de ce temps ? Que dira "Liberté politique" dans quelques mois quand les lois bioéthiques auront marqué un nouveau recul ? On constatera que ces élus chrétiens réellement fidèles à la doctrine sociale de l'Eglise -rares au demeurant et éparpillés dans l'hémicycle - n'auront pas été assez nombreux et pas assez unis pour faire face à la pression des lobbies et des idéologues. Mme Boutin gêne ? Le PCD gêne ? Mais qu'attend-on exactement ? Un parti politique idéal, avec un président idéal ? Un parti où tout le monde se reconnaîtrait à 100% ? N'est-ce pas un luxe insensé ?
Il ne s'agit pas de s'attribuer un électorat, vision tellement étriquée des enjeux, excusez-moi. Est-ce que le capitaine des pompiers n'est pas fondé à appeler chaque personne capable de tenir un seau quand l'incendie fait rage ? On n'aime pas le capitaine des pompiers ? On prend le seau quand même ! Non, il s'agit d'appeler à l'engagement chrétien en politique au moment où la France et le monde sont en pleine tourmente et ont grand besoin d'hommes et de femmes chrétiens en politique, si rares aujourd'hui.
Soutenons le Parti Chrétien-Démocrate ! Il durera le temps qu'il durera. Mais pour les temps actuels, pour lutter efficacement contre l'éclatement de la famille, le mépris de la vie, le relativisme éthique, l'échec de l'éducation nationale, la pauvreté, le devoir de tout chrétien est de soutenir la formation politique qui ne triche pas et qui ne transige pas. Il faut savoir ce qu'on veut. Le PCD offre une possibilité de faire élire des élus chrétiens aux convictions fermes : n'est-ce pas une chance ?
Jacques BILLOT (05/07/2009): Lors de l'entrée en politique de Mme BOUTIN, la plupart d'entre nous s'est donné la consigne de la soutenir, de soutenir ceux des jeunes qui voulaient aussi y croire, de coopérer dans la mesure du possible à l'arrivée d'une nouvelle race d'hommes et de femmes ayant dans leur bagage personnel autre chose qu'un formatage politicard du niveau Giscard-Chirac.
Et ceci malgré les évidentes faiblesses politiques de cette femme courageuse...
Il n'aura pas fallu longtemps pour voir que le jeu politicien a exercé ses ravages au sein même du FRS, et que les coups bas se sont échangés jusque dans ce participule.
De ce fait, nul ne pouvait espérer que la plâtrage du FRS relooké en PCD donne quelqu'encouragement que ce soit... exit le FRS et Mme Boutin !!!!
Mais n'oublions pas qu'elle a eu aussi à lutter contre la redoutable Carla qui, tenant le Président, n'a pas eu besoin de fonder un parti, et mène une politique souterraine de 1ère force, dont on n'a eu récemment qu'un écho similaire en la personne de la non moins redoutable Danièle, femme de Mitterand.
Et contre ces dames-là, il n'y a pas grand chose à faire dans le domaine des compromis qui, tous, s'apparentent à des compromissions.
Dommage, on pouvait y croire !
Martial BANVILLET (06/07/2009): Quand on sème des graines, on met des épouvantails et quand bientôt la moisson arrive, on les enlève. M.B.
Jean-Philippe Picard-Bachelerie (09/07/2009): L'analyse que dresse Philippe Pouzoulet est des plus pertinentes. L'éviction de Christine Boutin est significative de l'attention réelle que porte , me semble-t-il, N.Sarkosy sur la place des religions et les Eglises chrétiennes en particulier. Comme il l'a bien formulé au Latran, les religions ont pour mission de porter l'espérance de l'au-delà. Pour ce qui concerne la gestion du temps présent, ce rôle revient aux politiques. "Car il faut rester tout de même sérieux". Grave erreur d'analyse pour bon nombre de catholiques qui suivent béatement l'actuel locataire de l'Elysée qui, chaque jour, défi l'enseignement social chrétien avec le bouclier fiscal, le travail dominical, le RAS financé par certaines catégories sociales, le statut du beau-parent, les mères-porteuses, l'endettement massif de la France, la dérèglementation sociale dans le monde de l'entreprise, etc. Et la stigmatisation de certains, la mise en opposition frontale entre des français, ceux qui se lèvent tôt...
Le fait que le parti de madame Boutin soit associé à l'UMP le conduit à soutenir, de fait, la politique de ce dernier, et inscrit symboliquement la dimension chrétienne de façon univoque dans une seule orientation politique.
Effectivement, nous chrétiens en politique, nous avons à analyser notre comportement et les choix que nous faisons dans le cadre de nos mandats, comme à discerner les choix d'orientation que nous nous devons d'opérer, personnellement, afin que notre foi ne reste pas cantonnée dans la sphère privée de notre vie, et expressive le dimanche matin ou tard en soirée.
Engagé au sein du MoDem, qui m'apparaît comme l'un des lieux où peuvent se vivre les valeurs du catholicisme social (Sangnier, Mounier, Maritain, Schuman...), ces questions m'engagent et me questionnent. Et j'invite mes collègues chrétiens engagés en politique dans le parti qu'ils ont choisi comme "lieu d'incarnation" à entrer dans cette démarche.
JPh. Picard-Bachelerie, élu municipal, restonsable territorial du MoDem en Val d'Oise, délégué syndical Cftc.
FREMUS (22/07/2009): Je suis pour ma part d'accord sur le fond de l'article, quoique je le trouve un peu désabusé. En revanche, je ne valide pas les conclusions et m'inscris en faux par rapport au commentaire de Philippe E. P. qui, à mon goût, manque cruellement d'espérance et de confiance.

Que veux dire cette volonté rester en dehors de la scène politique ? de critiquer par écrit mais de ne rien tenter pour que notre pays change ?
Je suis attristé par cette volonté de pointer les erreurs plutôt que d'encourager ceux et celles qui ont agi. Je trouve ce comportement contradictoire avec le but même de cet excellent site de formation et d'information politique.
Nous ne sommes peut-être pas de ce monde... mais nous y vivons et nous avons le devoir d'y apporter notre grain de sel afin que ce monde ne devienne pas fade et sans saveur.

S'il n'y a pas un seul parti pour lequel un catholique puisse voter en confiance, alors pour qui voter ? celui qui en serait le moins éloigné ? ou alors ne pas voter du tout (et laisser le champs libre à nos détracteurs) ?

Avec toutes les limites qu'elle porte en elle, Christine BOUTIN a au moins le mérite d'être là, au milieu du champs de bataille, alors qu'il lui serait autrement plus aisé de rester assis pour critiquer les dérives de la France par clavier interposé.

Reveillons-nous, proposons, agissons.
Accrocher le FRS-PCD à l'UMP est une mauvaise idée ?
- Il vaudrait mieux qu'il soit autonome afin d'avoir les mains libres ?
Alors il faudra en faire la demande et la soutenir afin que ce parti soit une force de proposition et que cela se traduise lors des élections.
- Il vaudrait mieux, au contraire, que nous ne soyons pas représentés par un parti politique ?
Alors il ne faudra pas s'étonner que le vote catholique soit marginalisé et que nos idées n'aient aucun poids pour peser sur les prochaines orientations politiques. (Et pas s'étonner non plus qu'une majorité des catholiques votent UMP, que ce soit pour des raisons bourgeoises ou autres)...

Sortons de la critique pour construire.
L'engagement des Chrétiens en politique ne doit pas rester que des mots.
Marie de Montbel (06/09/2009): S'engager en politique, il en faut du courage et de l'ardeur dans quelque camp que ce soit. Je salue le courage de Madame Christine Boutin et j'ai lu son parcours politique, voilà bien quelqu'un qui va jusqu'au bout de ses convictions malgré les insultes, et les critiques de beaucoup trop de gens qui ne font rien et ne feront jamais rien. Monter un parti, avoir le courage d'être à la tête de ce parti, vouloir toujours avancer, s'intéresser, s'investir, défendre et proposer, c'est l'expression même de notre liberté, Christine Boutin est témoin d'une espérance, celle de donner aux cathos et à bien d'autres les mêmes moyens de s'exprimer que ceux qui sont "tendances". Je suis élue municipale dans ma ville, et qu'il est difficile de se battre en politique au milieu de ceux en qui on avait confiance et que l'on découvre toujours sous un autre jour dès qu'il s'agit de défendre certaines convictions...
Alors oui, sortons de la critique, analysons, proposons, engageons-nous dans le monde, soyons effectivement acteur et non pas spectateur..
sylvie de bordeaux (12/10/2009): j'ai découvert madame BOUTIN depuis son éviction du gouvernement et lors d'une émission télévisée. J'avoue j'ai perdu du temps. C'est une femme solide, une femme de terroir, qui en veut au détriement de personne, elle fait sa place seule, je la soutiens et m'engage avec elle, oui à l'heure ou l'on parle de la difficulté de trouver sa voie, où beaucoup de personnes ont peur du lendemain, où des millions de gens de cherchent, ici Madame boutin est l'expression même de l'espoir, oui nous avons besoin de trouver des valeurs perdues dans les méandre du gouvernement politiquement non corect, il existe donc une possibilité encore pour se découvrir, le PCD peut être un gisement extêmement important pour créer sa liberté morale, avec une telle femme à sa tête nous pouvons être rassurer d'être protégé le temps que se parti restera.
fremus (06/11/2009): Le message laissée par Sylvie de Bordeaux est intéressant en ce sens qu'il démontre bien que le PCD de Mme Boutin n'est pas en concurrence avec un autre parti existant : mis à part les fondateurs (UMP, sociaux démocrates, centristes...) les nouveaux adhérents sont plutôt des personnes qui n'étaient pas engagés en politique jusqu'à présent. Ce ne sont pas des transferts de personnes déçus par l'UMP par exemple... Mme Boutin susciterait donc des vocations et c'est très bien pour le renouvellement de notre nation.

C'est pour ma part mon cas qui suis également de Bordeaux. J'appréciais Mme Boutin et la soutenais depuis 1998 (ses prises de position sur le PACS), mais je ne suis adhérent que depuis cette année.
Cependant, même si je comprends l'analyse et les réticences de l'auteur de l'article, et que je suis conscient de ses maladresses, je trouve malgré tout que son engagement de fond mérite que je la soutienne pleinement.
Bon courage Mme Boutin.

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