Décryptage
Crucifix : la faiblesse d’une politique sans religion
6 Novembre 2009 |
[Communiqué] — L'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme condamnant l’Italie à retirer les crucifix des salles de classes est une erreur profonde. En soi, l'éviction des symboles religieux de l’espace public est un acte qui relève de l’absolutisme et de l’intégrisme.
En outre, en Europe, la religion chrétienne est un élément constitutif de la culture sociale et politique. Sans racines, il n'y a pas de liberté ; sans identité, il n'y a pas de véritable dialogue.
Mais la raison la plus importante pour laquelle la décision de la Cour doit être considérée comme une faute, c'est que la politique, en se proclamant indifférente à toutes les religions, se déclare impuissante à évaluer rationnellement les propositions religieuses.
Le christianisme ne demande pas seulement à la « raison » politique d’accepter sa présence historique pour des raisons culturelles — les « racines de l’Europe » — mais parce qu'il aide la société à être meilleure, à contribuer au bien commun, à élever les âmes à ce qui est vrai et bon, en d’autres termes à sa vérité. Le crucifix représente la vérité de l'homme, les valeurs de la vie et de l'amour, pour tout un chacun, croyant ou non croyant.
Une politique indifférente aux religions, ou qui les réduirait à un sentiment personnel ou privé, en viendrait tout d’abord à se renier elle-même, ainsi que sa capacité, laïque et rationnelle, à saisir la vérité de la religion et des religions. Une « raison » politique aussi faible serait dangereuse. En l’absence de foi en elle-même, elle cèderait sur un certain nombre de domaines où la dignité humaine est en danger.
* Mgr Crepaldi est archevêque de Trieste, président de l'Observatoire international Cardinal-Van-Thuan sur la doctrine sociale de l'Église.
© Traduction française Liberté politique.com
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Commentaires (5)
Personnellement je n'y ai jamais cru et j'ai toujours voté contre (Maastricht, 2005) car cette europe des technocrates ne pouvait rien nous apporter de bon.
La peuve, s'il y en avait encore besoin, est faite
Malheureusement on a que ce qu'on mérite ! et il faut subir pour les autres !
C’est un fait sociologique : au fil des décennies, la déconfessionnalisation et la laïcisation progressent, du moins en Europe, à de rares exceptions près, comme la Pologne.
Même des pays à tradition catholique comme l’Italie (mais pas la Belgique) ont inscrit le principe de la laïcité e (politique) dans leur Constitution.
A notre époque de pluralisme des cultures et des convictions, la laïcité est en effet la condition sine qua non de la coexistence pacifique entre les religions et entre croyants et incroyants. Elle concrétise la lente mais irréversible évolution des esprits et des mentalités vers plus d’autonomie, de liberté et de responsabilité individuelles. N’en déplaise à certains.
Il était donc prévisible de voir de plus en plus contestée la présence de crucifix dans les écoles (elles n’ont pas mission à évangéliser), et d’ailleurs dans les lieux publics (la neutralité de l’Etat ne pouvant favoriser une religion). Pour motiver sa décision d’interdire les crucifix dans les écoles italiennes, et implicitement ailleurs, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a notamment invoqué la laïcité (constitutionnelle) de l’Italie, l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits Humains de 1948. (pour rappel :« Toute personne a droit à la liberté de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction (…) », ainsi que le fait que « la principale connotation du crucifix est religieuse », ce qui implicitement et même insidieusement, constitue un prosélytisme cautionné par l’Etat.
Il était donc logique et juste, à mes yeux, que la Cour européenne ait condamné la persistance (et implicitement la multiplication des signes religieux, dont le voile islamique à l’école), sans quoi elle aurait favorisé tacitement la mainmise de l’Eglise sur les jeunes consciences, (du moins si l’on accepte que l’éducation familiale et scolaire ne doivent pas nuire au droit ultérieur des jeunes de pouvoir choisir, légitimement, aussi librement que possible et en connaissance de cause, entre la croyance ou l’incroyance).
La Cour va même jusqu’à mentionner dans ses motivations que « L’Etat devrait garantir à tous les citoyens la liberté de conscience, en commençant par une instruction publique apte à forger l’autonomie et la liberté de pensée de la personne, dans le respect des droits des droits garantis par l’article 9 de la Convention ».,( c’est l’article 18 cité ci-dessus).
Il serait donc étonnant que la thèse de l’Etat italien, qui s’est pourvu en appel, soit entendue.
L’avenir, certes encore lointain, devrait être la mise en place, partout, d’une école pluraliste, proposant à tous une information neutre, objective, intellectuelle, progressive et non prosélyte, à la fois sur les différentes religions et sur l’humanisme laïque (qui n’est pas antireligieux), la spiritualité laïque, etc …Cela permettrait peut-être aussi de faire évoluer l’éducation coranique qui, hélas depuis toujours, impose une soumission totale au coran (que les enfants doivent apprendre par cœur sans rien y comprendre), ce qui constitue à mes yeux un crime contre l’esprit et une source d’intolérance inadaptée à la modernité.
Michel THYS Ã Waterloo.
Compte tenu d'autre part de la vitesse de croissance de l'Islam en France combiné par l'Immigration et l'Islamisme on peut d'ores et déjà prendre des paris, qu'avant d'assurer une évolution de l'éducation coranique grâce à la Laïcité, cet "Ordre Laique" sera détruit¨par un Islam conquérant.
Le Recteur de la mosquée de Paris a déclaré il ya 10 jours à propos du débat sur la Burka que c'est maintenant Trop tard par faiblesse des autorités contre les Fondamentalistes.
Il vaut mieux la croix de Christ qui a donné à l'Europe ses fondements de civilisation y compris les Droits de l'Homme qui sont antérieurs à 1789. Malheureusment ces derniers détruisent aujourd'hui ses racines. Comme nous sommes le 9 novembre je rappelle que c'est à partir des Eglises que la contestation est partie il y a 20 ans contre cet autre monument de la Laïcité qu'était le Communisme.
« Une chambre de sept juges CEDH, parmi lesquels une TURQUE, a rejeté à l’unanimité ces raisonnements en invoquant « le droit fondamental à l’instruction » sur lequel « se greffe le droit des parents au respect de leurs convictions religieuses et philosophiques », que ce soit dans l’enseignement public ou privé. Les juges y ont associé l’importance de la sauvegarde de « la possibilité d’un pluralisme éducatif, essentiel à la préservation de la ‘société démocratique’ telle que la conçoit la Convention », ajoutant : « En raison de la puissance de l’Etat moderne, c’est surtout par l’enseignement public que doit se réaliser cet objectif. »



