Extraits
Caritas in veritate : un appel à libérer la société civile
Par François de Lacoste Lareymondie,
Liberté politique n° 49, été 2010.
SANS ETRE TOTALEMENT NEUF dans la doctrine sociale de l’Église, le concept de « société civile » a pris une dimension centrale avec la dernière encyclique de Benoit XVI, Caritas in veritate. Il figure même dans le titre du chapitre III, « Fraternité, développement économique et société civile », chapitre central où le pape développe l’un des aspects les plus originaux de son enseignement pour le monde de notre temps, celui qui porte sur « l’esprit du don ».
La loi Debré et la liberté religieuse de l’école
Par EMMANUEL TRANCHANT*
LE 31 DECEMBRE 1959, le Parlement votait la loi portant sur les rapports entre l’État et les établissements d’enseignement privé défendue par Michel Debré : en fêter les cinquante ans suppose un droit d’inventaire que le consensus de rigueur a quelque peu occulté. S’il faut rappeler les circonstances de la naissance de l’enseignement privé sous contrat, sur le berceau duquel se penchent les deux bonnes fées de l’Église et de l’État soucieuses d’annuler d’un trait définitif les querelles surannées du Sacerdoce et de l’Empire, il convient surtout d’évaluer la croissance du nouveau-né à l’aune des libertés éducatives, et particulièrement celles des familles et de l’Église.
Recherche embryonnaire et eugénisme : espoirs et craintes
Par AUDE DUGAST*
AFIN DE MOBILISER le plus grand nombre de Français sur les questions bioéthiques soulevées par la révision parlementaire de la loi de 2004, le président de la République avait souhaité la tenue d’états généraux de la bioéthique[1] et la publication de rapports par le Comité consultatif national d’éthique, l’Agence de biomédecine et le Conseil d’État. Enfin le 20 janvier 2010, la mission parlementaire d’information sur la révision de la loi de bioéthique a publié son rapport, attendu pour les débats parlementaires.
Aux sources de la crise de l’identité française
Par MICHEL ROUCHE*
« NOUS, EN FRANCE, nous avons du pain du vin et de la joie » disait le roi Louis VII au roi d’Angleterre, Henri II Plantagenet, lequel se vantait devant lui d’être en outre duc de Normandie, comte de Bretagne, comte d’Anjou, comte de Touraine, comte du Poitou et duc d’Aquitaine. Le père de Philippe Auguste posait ainsi en termes de rapports humains et non point de dominations territoriales le problème de l’identité française au XIIe siècle.
Identité nationale
Par FRANCOIS DE LACOSTE LAREYMONDIE
DEBATTRE de l’identité nationale ? Voilà une idée bien française ! Surtout si le débat est organisé par l’État qui y commet ses représentants au travers des préfectures si emblématiques du quadrillage national. À la limite, tout est ainsi symbolisé en une phrase, ou presque, qu’on s’en réjouisse ou qu’on s’en scandalise. Fermez le ban !
Mais voilà, rien ne se passe comme prévu. La finalité électoraliste du débat est dépassée par sa dynamique propre ; les salles de réunion préfectorales sont à moitié vides, mais rien ne s’arrête ; les opposants boycottent mais remplissent les journaux de leurs explications qui sont — pour dire « oui », pour dire « non », peu importe — autant de contributions. Le débat est suspendu ? La discussion ne s’arrête plus… Crise d’introspection maladive ? Défouloir des arrière-pensées ? À suivre ce qui se dit et s’écrit depuis six mois, rien de tout cela, mais beaucoup plus. Alors ?
Climat : vers un réchauffement du débat ?
Par JEROME STEVENSON
« UN ARTICLE DU WASHINGTON POST déclare faussement qu’il existe un “consensus” parmi les scientifiques [...] sur l’origine humaine de l’augmentation mondiale et dangereuse des températures par les émissions de carbone. Les faits accablants montrent qu’un tel consensus n’existe pas. » Cette déclaration issue d’un éditorial du Washington Times du 24 mai 2009 montre un tournant dans la bataille médiatique grandissante entre les tenants du réchauffement global et ceux qu’il est maintenant convenu de nommer les Global warming sceptics, les sceptiques du réchauffement global.
L’inflation ? Une tentation, mais pas une solution au surendettement
secrétaire général d’un grand groupe bancaire français.
TOUT VA BIEN. La reprise est là ; la bourse remonte ; les banques remboursent les aides reçues des États ; et le G20 sera forcément présenté comme un succès… Reste l’ampleur des dettes publiques au moyen desquelles on a financé sauvetages et relances. La reprise épongera tout cela, nous dit-on…
Cette question des dettes publiques tracasse certains ; mais à force de les entendre crier « au loup », on ne les écoute plus. Elle ne constitue cependant qu’une partie du problème. Seuls quelques économistes commencent à s’inquiéter d’un phénomène de surendettement qui, en réalité, ne concerne pas que les États, mais l’ensemble des acteurs économiques des pays développés : États, entreprises, et particuliers. Cette prise de conscience est nouvelle. C’est à ce niveau qu’il faut considérer les choses et s’inquiéter des remèdes. Y en a-t-il ? Ce n’est pas sûr si l’on n’accepte pas de sortir des sentiers battus.
Benoît XVI, les médias et la liberté
Par TANGUY-MARIE POULIQUEN,
prêtre de la Communauté des Béatitudes, enseigne la théologie morale à l’Institut catholique de Toulouse où il est maître de conférence. Dernier ouvrage paru : Mieux vivre ensemble en temps de crise (EDB, octobre 2009).
LE VOYAGE du pape Benoît XVI en Afrique, du 17 au 23 mars 2009, et les très fortes réactions médiatiques qui ont suivi en Occident ses prises de position concernant la lutte contre le Sida et le préservatif , conduisent à s’interroger sur les fondements culturels qui portent une telle réaction perçue jusque dans l’arène politique française et les arcanes du Parlement européen . En réfléchissant sur les présupposés de la culture médiatique occidentale, on est directement conduit à analyser ce qui est communément appelé le postmodernisme , dont le lieu emblématique d’application est la liberté absolue dans la pratique sexuelle.
Minorité créatrice
UNE FOIS N’EST PAS COUTUME. Nous empruntons une longue citation pour ouvrir Liberté politique, mais une citation qui résonne comme une feuille de route. Nul ne contestera la légitimité de l’auteur puisqu’il s’agit du pape lui-même. Pourtant, voici un homme dont l’autorité a été contestée comme rarement en ce début d’année. Pour les uns, ce sont ses propos qui « posent problème », selon les mots d’un ancien Premier ministre (hélas !), pour beaucoup, c’est la fonction elle-même qui dérange.
Recherche sur l’embryon : le choix crucial de la France
auteur de La Bioéthique et l’Embryon (Ed. de l’Emmanuel, 2007).
Appelée à réviser son dispositif en matière de recherche sur l’embryon humain, la France est à la croisée des chemins : faut-il autoriser la recherche sous conditions comme le propose le Conseil d’État ou maintenir le statu quo législatif actuel ? L’auteur passe en revue les aspects scientifiques, éthiques et législatifs de la question avant de dégager une troisième solution réaliste et cohérente, réconciliant la science et la morale. Ce travail a été exposé devant Jean Leonetti, rapporteur de la mission parlementaire de révision de la loi de 2004 et président des états généraux de la bioéthique, le 28 mars 2009, en tant qu’invité d’honneur de Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon.



