Dossier
La reconnaissance civile du mariage religieux
Face au projet de Contrat d’union civile (CUC) (le mariage moins la filiation), la Fondation de Service politique propose la reconnaissance civile du mariage religieux. Conçue comme une réponse politique à une promesse électorale de Nicolas Sarkozy, cette proposition reprend une formule pratiquée dans onze Etats européens.
Ce projet a suscité un grand nombre de remarques et d’interrogations, critiques positives et négatives. Sa mise en œuvre ne risque-t-elle pas de renforcer les tensions communautaristes ? N’affaiblit-elle pas le caractère naturel du mariage ? Et quid des revendications musulmanes ?
Liens connexes
Commentaires (5)
Michel Rotheÿ (15/11/2008):
Le problème aujourd'hui n'est pas d'opposer le mariage civile au mariage religieux, ou l'inverse, mais de défendre le mariage en tant qu'institution au regard des autres statuts récemment institués et dénigrant le mariage (PACS ou CUC).
La plupart des législations occidentales situe le mariage au niveau le plus élevé. Sachons nous y appuyer pour maintenir le mariage chrétien au niveau auquel nous souhaitons le conserver pour le bien de la société.
La plupart des législations occidentales situe le mariage au niveau le plus élevé. Sachons nous y appuyer pour maintenir le mariage chrétien au niveau auquel nous souhaitons le conserver pour le bien de la société.
Annie (19/01/2009):
Le raisonnement sur la valeur civile du mariage religieux tirée de son interdiction est très fort.
Il n'y a en fait qu'un seul mariage, et il est religieux.
L'autre n'est qu'un contrat à connotation patrimoniale. pour preuve l'importance de la réalisation des actifs matrimoniaux lors du divorce qui sont à l'origine des contentieux et de la prise en otage des enfants. Exemple de la belle mentalité qui a présidé à l'instauration du mariage civil.
Il n'y a en fait qu'un seul mariage, et il est religieux.
L'autre n'est qu'un contrat à connotation patrimoniale. pour preuve l'importance de la réalisation des actifs matrimoniaux lors du divorce qui sont à l'origine des contentieux et de la prise en otage des enfants. Exemple de la belle mentalité qui a présidé à l'instauration du mariage civil.
Etienne (28/01/2009):
L'origine de cette obligation légale est parfaitement anti-cléricale d'origine : il s'agissait pour les républicains de la IIIè République d'empêcher les catholiques de "faire bande à part" et d'ignorer le mariage de l'époque "concubinage légal" comme on disait. Il s'agit d'une vexation basse... typiquement révolutionnaire et français (l'Angleterre reconnais les mariages religieux...).
Robert (11/09/2009):
Quelque soit l'origine culturelle de la distinction du mariage civil et du mariage religieux en France, il me semblerait pratique qu'il n'y ait qu'une célébration de mariage. Elle faciliterait le travail de nos élus! Mais plus important, il me paraît nécessaire que tous les Français participent d'un socle commun de valeurs; les mariages religieux qui seraient célébrés vaudraient comme reconnaissance juridique directe, mais ne pourraient se réaliser s'ils ne reconnaissent les valeurs de liberté de consentement, de fidélité (et donc de monogamie), de responsabilité mutuelle en cas de maladie, de responsabilité éducative à l'égard des enfants. Ces principes au moins devraient être respectés par toutes les religions.








Cette reconnaissance civile du mariage religieux ne serait que la fin d'une hypocrisie.
En effet, actuellement il faut passer devant le maire avant de passer devant le curé (ou le rabbin, ...). On a ainsi vu récemment un imam se faire condamner (tribunal correctionnel d’Orléans) pour avoir pratiqué des mariages sans reconnaissance civile préalable.
Pourtant, pour la société civile, si un mariage religieux n'avait pas de valeur, il n'y aurait pas de problème à en faire sans passer par le maire : ces mariages n’auraient tout simplement aucune valeur ni aucune existence légale. Ce qui apparemment n’est pas le cas, puisque l’État condamne en cas d’entorse à cette règle.
Donc, si pour l'État un mariage religieux n’est pas rien, c’est qu’il a pour lui une valeur. La reconnaître officiellement ne serait donc qu’une clarification d’une approche actuellement ambiguë. (c’est un peu le coup de la personne baptisée enfant qui, une fois adulte, veut se faire « dé-baptiser » car elle ne croit pas ; or, si elle ne croit pas, le baptême n’a pas de valeur et un « dé-baptême » est ainsi inutile. Dans l’esprit de la personne, inconsciemment, ce baptême a donc une valeur).
Cependant, dans 1 Timothée 2, 1, Paul reconnaît une autorité civile qui permet une concorde de vie communautaire et pour laquelle il faut prier.
Se marier civilement c’est donc aussi se reconnaître tous d’un même élan civil, d’une même nation, en dehors de toute option religieuse.
De plus, comment être contre le PACS, le CUC et autres dénigrements du mariage, si on milite aussi pour une multitude de mariages religieux qui ne vaudront que pour des coreligionnaires ? Il n’y aurait alors plus de mariage reconnu par tous, mais de multiples formes d’union qui n’auraient pas la même valeur pour les uns ou les autres. La mort du mariage quoi, car une union libre pourrait alors prendre dans l’esprit de ceux qui la vive une sorte de mariage informel et personnel.
Le mariage, comme l’interdit de tuer participe à la concorde civile. Les croyants peuvent demander – en plus - un appui céleste auquel ils croient. Mais je pense qu’il faut un mariage dénominateur commun, qui est civil dans notre État laïc.
Ceci n’empêcherait pas une reconnaissance civile du mariage religieux (par une inscription dans le livret de famille civil, …).