Le fil
France
La mort de Jean Foyer
3 octobre 2008
Nous apprenons la mort de notre ami Jean Foyer. Un grand Français, un grand chrétien nous a quittés. L’ancien garde des Sceaux s’est éteint vendredi matin 3 octobre à son domicile parisien à l'âge de 87 ans, a fait savoir l'Académie des sciences morales et politiques.
Ancien ministre du général de Gaulle, Jean Foyer participa à la rédaction de la Constitution de la Ve République, et se montrait très critique à l’égard des modifications que les gouvernements successifs n’ont cessé de lui apporter avec l’aval du Congrès depuis ces vingt dernières années. Son attachement à la souveraineté de la France le conduisit également à s’opposer au traité de Maastricht et au projet de Constitution européenne.
Docteur en droit, résistant, il commença sa carrière à la Libération comme conseiller technique au cabinet du ministre de l'Éducation nationale René Capitant (1944-1945). Il entre au gouvernement comme secrétaire d'État chargé des relations avec la Communauté auprès de Michel Debré (1960-1961), avant de devenir ministre de la Coopération (1961-1962) puis garde des Sceaux, ministre de la Justice dans le gouvernement de Georges Pompidou (1962-1967). Sa carrière gouvernementale s'achève en 1972-1973 comme ministre de la Santé publique dans le gouvernement de Pierre Messmer. Il est élu parallèlement député de Maine-et-Loire et maire de son village natal de Contigné en 1959. Il siège à l'Assemblée nationale jusqu'en 1988.
Garde des Sceaux, il doit traiter les suites de la guerre d'Algérie et des attentats de l'OAS. Créateur de la cour de sûreté de l'État, il se distingua par sa rigueur et son humanité, ce qui ne fut pas le cas de tous ses prédécesseurs. Il travailla aussi la modernisation du code civil et du droit des sociétés, qu'il mènera à bien en tant que président de la commission des Lois de l'Assemblée nationale de 1968 à 1972.
Jean Foyer était un catholique fervent, désigné par le général de Gaulle pour représenter la France au concile de Vatican II. Sa foi catholique le conduisit à s'opposer farouchement à la contraception et à l'avortement. Ce combat déterminé fut sans doute à l’origine de sa mise à l’écart du monde politique. Ce n’est un mystère pour personne qu’un abîme culturel le séparait de l’héritier politique du parti gaulliste, Jacques Chirac. Dans ses mémoires, Sur les chemins du droit avec le Général : Mémoire de ma vie politique (1944-1988) (Fayard, 2006), il racontera par le menu sa bataille pour la vie au Parlement, quand le droit demeurait encore pour la majorité des élus l’expression de la morale, mais que la trahison et la faiblesse de ceux qui devaient le soutenir précipitera la France sur la voie de la culture de mort.
Membre de l’Académie des sciences morales et politiques, il fut à l’origine de l’accueil du cardinal Joseph Ratzinger à l’Institut (comme il le fût du professeur Jérôme Lejeune). Nul doute que la venue du pape Benoît XVI sous la coupole, le 14 septembre dernier, fut pour lui comme le couronnement de sa vie, et le signe de la gratitude de Dieu pour les batailles qu’il mena sans relâche au service de la France et de l’Église. La promesse, aussi, que ses combats n’ont pas été vains. Qu’il repose en paix, avec l’assurance de notre fidélité dans le souvenir et la prière à ses intentions.






